Auteur Sujet: bon livre sur les troubles alimentaires  (Lu 3286 fois)

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Indigo

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bon livre sur les troubles alimentaires
« le: Juillet 02, 2009, 08:38:10 am »
Salut à toutes (et tous)

j'ai découvert récemment un bon livre sur les désordres alimentaires. il a été écrit par une sommité française en matière de troubles de comportement alimentaire, le Dr G. Apfeldorfer

Le titre, c'est Mangez en paix, aux éditions Odile Jacob

pour avoir des informations avant d'acheter le livre, il y a le site du GROS (groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids) : http://www.gros.org/accueil/index.php

La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie
http://lesbijouxdeliliane.blog4ever.com/blog/index-446323.html

andrea

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Re : bon livre sur les troubles alimentaires
« Réponse #1 le: Juillet 02, 2009, 03:34:25 pm »
bonjour,
pourrais tu me dire de quoi ça parle?
je suis allé (malgre ma répugnance immédiate en lisant le nom GROS) sur le site mais c'est un site essentiellement destiné aux obèses. c'est a dire ma grosse phobie.. aussi je n'ai pas été très loin dans la visite.
merci,

Indigo

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Re : bon livre sur les troubles alimentaires
« Réponse #2 le: Juillet 02, 2009, 10:40:29 pm »
oui, moi aussi au début j'étais répugnée par le nom du site.

en "gros" (désolée :D), ils expliquent que plus tu vas chercher à restreindre ton alimentation, plus tu vas la dérégler, et provoquer des crises de boulimie ou d'hyperphagie.

c'est ce qu'ils appellent la restriction cognitive, mais en toute franchise, je n'ai pas entièrement compris les mécanismes psychologiques mis en cause. pour faire plus simple, je vais copier l'article en question :

Les conséquences psychopathologiques des efforts d'amaigrissement

Les conséquences psychopathologiques des efforts d’amaigrissement

"Pourtant, tout médecin ayant l’habitude de prendre en charge des patients obèses ne peut guère nier que ceux-ci présentent divers aspects psychopathologiques particuliers. La théorie de Nisbett propose une première explication du phénomène : les caractéristiques psychologiques relevées ne seraient pas un trait caractériel des obèses, mais seraient dues au fait que bon nombre de personnes en surpoids tentent de rester en dessous de leur poids d’équilibre (set-point) et sont obligées pour cela de se restreindre sur le plan alimentaire. On retrouverait alors chez elles les comportements et états mentaux des personnes en état de privation alimentaire : focalisation sur la nourriture, difficultés de concentration, distractibilité, irritabilité et hyperémotivité.
Selon la théorie de Nisbett, les individus cherchant à maigrir luttent contre des mécanismes de régulation de type biologique. Pour Herman et Polivy le processus est avant tout d’ordre cognitif : les individus en restriction cognitive s’imposent des limites rigides pour réguler leurs prises alimentaires, déterminées par des règles et des croyances concernant les aliments et quantités permis ; ces comportements prennent le pas sur les mécanismes de régulation physiologiques. Quand, pour une raison variable, la limite est transgressée, l’individu perd le contrôle de son comportement alimentaire et mange jusqu’à se sentir mal. Ce ne sont pas seulement les obèses qui sont en état de restriction alimentaire, mais aussi un certain nombre de personnes de poids normal.
L’expérience princeps de Herman et Mack , en 1975, mérite d’être décrite : on donne aux sujets de l’expérience un repas constitué de crèmes glacées sans limitation de quantité, précédé ou non d’un ou deux milk-shakes. Les individus ayant une régulation alimentaire satisfaisante mangent moins au repas après avoir consommé deux milk-shakes. Mais d’autres personnes réagissent différemment : elles mangent davantage après deux milk-shakes. Ces personnes, qui sont en restriction cognitive, présentent donc un phénomène d’inversion de la régulation alimentaire (counter-regulation). Elles le justifient par le fait qu’ayant désobéi à leurs interdits, il ne sert plus à rien de se restreindre : c’est l’effet de transgression de l’interdit ou abstinence violation effect.
La perte de contrôle alimentaire n’est pas due à un mécanisme biologique, mais à des facteurs cognitifs : la désinhibition est tributaire des croyances concernant les valeurs caloriques des aliments et non pas de leur valeur calorique réelle. Ainsi une précharge à faible contenu calorique mais présentée comme hypercalorique provoque la désinhibition. En pratique, l’abandon du contrôle est généralement déclenché par des événements stressants, des émotions, de l’anxiété, de l’alcool, tout malaise physique ou psychologique.

Polivy et Herman en viennent à définir la pratique des régimes comme " le fait de remplacer un comportement alimentaire régulé par des critères internes, par des comportements alimentaires planifiés et déterminés selon des critères cognitifs, ou des comportements alimentaires modelés sur des régimes définis, ou encore une restriction alimentaire globale. " Heatherton et Baumeister sont dans la même lignée : ils considèrent que le comportement boulimique chez le sujet en restriction alimentaire est un comportement d’échappement à la conscience de soi. La focalisation sur des sensations immédiates et non distanciées permet temporairement d’échapper à la conscience douloureuse de l’incapacité à vivre selon des standards élevés.
Citons encore le modèle de Lowe qui réalise une synthèse de plusieurs modèles précédents. Dans ce modèle, c’est la succession des amaigrissements et des reprises pondérales qui entraîne les diverses anomalies décrites par Herman et Polivy sous le nom de restriction cognitive. L’individu en restriction cognitive ne ressent pas de faim ou de satiété nette et se situe dans une " zone d’indifférence biologique ". Hypersensible aux facteurs extérieurs, émotionnels et sociaux, il mange en fonction de l’environnement, ou en se guidant sur des croyances (" comment et combien on doit manger ") ou sur l’attente supposée des personnes qui l’entourent. Ainsi, il mange davantage après un prérepas parce qu’il induit de la situation expérimentale que c’est ce que les expérimentateurs attendent de lui. Les expériences de restriction cognitive mesureraient donc surtout la compliance à l’expérience de sujets hypersensibles aux signaux externes.
Lorsqu’il se décide à suivre un régime, l’individu devient temporairement moins vulnérable aux facteurs extérieurs de désinhibition du comportement alimentaire, mais est confronté à des envies de manger dues à des facteurs biologiques (faim) et psychologiques (pensée dichotomique) entraînés par la déprivation alimentaire. S’il échoue dans son régime et reprend du poids, il redevient un restreint ; si au contraire il réussit, il devient un contrôleur aminci, contrôlant son appétit et témoignant d’un dégoût pour le sucré.

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Sémiologie de la restriction cognitive

Sémiologie de la restriction cognitive

Nous proposons dans cet article une description clinique détaillée de la restriction cognitive. En premier lieu, il ne s’agit pas d’un état stable, mais de deux états alternant entre eux avec une périodicité variable. Le premier état se caractérise par un hypercontrôle au cours duquel le sujet inhibe ses sensations alimentaires et maîtrise son comportement alimentaire. Le second consiste en un état de désinhibition et de perte de contrôle, prenant la forme d’accès hyperphagiques, de compulsions ou de crises boulimiques.

1 - L’état d’inhibition sans perte de contrôle.

On peut distinguer deux phases dans l’état d’inhibition sans perte de contrôle : la phase volontariste et la phase inconsciente.

a) La phase volontariste

Cette première phase, que nous appellerons " phase volontariste ", est dominée par des cognitions. Au cours de celle-ci, l’individu renonce délibérément à écouter ses sensations alimentaires de faim et de satiété pour s’en remettre à des règles devant permettre de contrôler le poids. Les règles générales les plus fréquemment évoquées aujourd’hui par les patients sont celles prônées par les professionnels de santé et reprises par les différents médias : il faut faire des repas équilibrés ; il faut faire trois repas par jour et surtout ne pas en sauter ; il faut manger copieusement le matin et alléger le repas du soir ; il faut manger beaucoup de certains aliments qui ne font pas grossir et éviter tous ceux qui font grossir. L’application de règles alimentaires rigides conduit à un comportement alimentaire en décalage avec les systèmes physiologiques de régulation de la prise alimentaire. La faim, les appétits spécifiques et le rassasiement ne sont plus pris en compte et ne guident plus les prises alimentaires. L’individu lutte contre ses envies de manger et doit leur opposer différentes stratégies afin de ne pas y céder.
Il peut pour cela :
1) proscrire partiellement ou totalement certains aliments considérés comme " grossissants " ;
2) développer un système de gestion des " écarts " alimentaires, selon un système de punition-récompense ;
3) mettre en place des stratégies d’évitement des situations dans lesquelles il existerait un risque de perte de contrôle ou de transgression des règles amaigrissantes, par exemple des repas socialisés, ce qui peut conduire à une marginalisation ou une désocialisation. L’installation d’un régime organisé, définissant précisément ce que l’on doit manger et ce qui est interdit, avec ou sans l’aide d’un professionnel de santé, apparaît comme un processus de renforcement des stratégies de contrôle et de mise en place de mécanismes de défense permettant de maintenir l’hypercontrôle nécessaire au projet d’amaigrissement.

Citons, parmi les mécanismes de défense non encore cités :
1) l’identification à un gourou amaigrisseur ou à certains de ses adeptes qui sont parvenus à maigrir, ce qui favorise le déni des sensations de faim et des envies de manger ;
2) le déni de la privation et l’institution de tabous alimentaires, qui consistent à déclarer les aliments interdits non comestibles (on n’en est donc pas privé et on peut déclarer qu’on a accès à tous les aliments comestibles sans limitation) ;
3) les rituels et pratiques fétichistes (consommation ritualisée de certains aliments, médications ou appareillages amaigrissants fétichisés, pesée ritualisée, participation à des groupes d’entraide, appel à Dieu) ;
4) la rigidification et l’obessionnalisation du comportement alimentaire.

b) La phase inconsciente

La phase volontariste de l’état d’inhibition sans perte de contrôle consiste en une lutte identifiée par l’individu. Dans cette seconde phase de l’état d’hypercontrôle, que nous nommerons " phase inconsciente ", les sensations alimentaires de faim, de rassasiement et de satiété sont brouillées et le comportement alimentaire est gouverné par des processus cognitifs inconscients et des émotions. Les processus cognitifs incitent la personne, à son insu, à manger au-delà de sa faim et viennent se substituer à ses sensations alimentaires.
Ils pourraient être exprimés de la manière suivante :

" Si je mange beaucoup d’aliments autorisés, je n’aurai pas envie des aliments interdits ". Il s’agit d’un processus cognitif fréquemment rencontré, qui conduit à la surconsommation d’aliments " autorisés ".

" Si je consomme un aliment interdit, je dois en manger beaucoup car je n’y aurai plus droit ensuite ", ou " si je ne mange pas tel aliment au moment où il est à ma disposition, je n’en aurai plus jamais par la suite " sont des processus cognitifs courants eux aussi, aboutissant à la mise en place d’une situation de pénurie artificielle que le sujet anticipe, le conduisant ainsi à la surconsommation d’aliments " interdits ".

Les émotions induites par les cognitions et les processus cognitifs incitent également à surconsommer en venant brouiller la perception des sensations alimentaires. Le mangeur finit par organiser son comportement alimentaire autour de la peur de manquer, du couple frustration-culpabilité et du trouble du réconfort.

- La peur de manquer est constamment présente. Elle se manifeste par la peur de la faim, la peur de succomber à ses envies d’aliments autorisés, la peur de manquer des aliments interdits et la peur de la disparition des aliments :
L’individu surconsomme les aliments " autorisés " au cours des repas par crainte de transgresser les règles amaigrissantes qu’il s’impose. Il mange ainsi en excès afin de ne pas succomber à ses envies d’aliments " interdits " ou à la faim qui pourrait survenir entre les repas et ainsi ne pas s’exposer aux pertes de contrôle qu’il redoute. Les peurs engendrées par les processus cognitifs prennent le pas sur les sensations de rassasiement et de satiété. Le sujet ne mange plus en fonction de ces dernières, mais pour se rassurer et perd ainsi la capacité de percevoir correctement ses seuils de rassasiement.
Enfin, bien des mangeurs restreints éprouvent de grandes difficultés à laisser de la nourriture dans leur assiette alors même qu’ils ont conscience de ne plus avoir faim. Lorsqu’ils consomment des aliments interdits, ils se comportent comme s’ils les mangeaient pour la dernière fois.
Dans certains cas, la peur de la faim prend les caractéristiques d’un état phobique pouvant déboucher sur des attaques de panique. Les symptômes de nervosité, de sueurs, de tremblements, de tachycardie, de malaise général, de peur de perdre connaissance sont parfois interprétés à tort comme hypoglycémies fonctionnelles. Des conseils nutritionnels incitant le patient à manger avant d’avoir faim jouent alors le rôle de renforçateurs de l’anxiété phobique.

- Le couple frustration-culpabilité est un dérégulateur puissant des mécanismes de régulation. La lutte permanente du sujet contre ses envies de manger provoque une frustration gonflant comme une vague qui viendra ensuite éclater dans une compulsion d’autant plus bruyante que la frustration aura été longue et péniblement vécue. Le rattrapage calorique n’est pas proportionnel au déficit dû à la restriction préalable. À l’opposé, la culpabilité conduit le mangeur restreint à tenter de surcompenser ses écarts alimentaires par une privation exagérée, sans rapport avec la régulation physiologique exigée par l’organisme, mais davantage proportionnelle à l’intensité de la culpablité ressentie.

- Le trouble du réconfort dénature profondément la relation affective du mangeur avec sa nourriture. On considère habituellement que les individus obèses mangent en excès parce qu’ils viennent puiser dans les aliments une forme de réconfort. Il se pourrait, au contraire, que l’anomalie ne réside pas dans le fait de chercher à se réconforter en mangeant, mais dans l’incapacité à y parvenir. Des travaux ont pu démontrer chez l’animal, aussi bien que chez l’humain, que les prises alimentaires constituaient une réponse ordinaire au stress.

La restriction cognitive empêche que la prise alimentaire soit réconfortante dans la mesure où le mangeur ne peut penser du bien d’aliments qu’il juge néfaste au contrôle de son poids, voire à son état de santé. Il est donc conduit à poursuivre vainement sa consommation à la recherche d’un réconfort qu’il pressent sans jamais pouvoir l’obtenir.

2 - L’état de désinhibition ou de perte de contrôle

Quoique dans certains cas, et durant une période de temps variable, l’état de restriction cognitive se résume à la phase d’hypercontrôle, dans la plupart des cas, on assiste à une alternance avec un état de désinhibition et de perte de contrôle. Ces pertes de contrôle sont habituellement considérées comme l’élément prépondérant, caractéristique de la restriction cognitive, par la plupart des auteurs.
Les facteurs déclenchants sont divers : exposition à des aliments interdits, émotions et dysphorie , prise d’alcool ou de médicaments, variations physiologiques, accès de fatigue, événements de vie entraînant une rupture de l’équilibre psychologique de la personne.
Selon leur intensité, leur fréquence et leurs conditions de survenue, elles sont décrites comme des accès hyperphagiques, des compulsions ou des crises boulimiques, et peuvent correspondre à un diagnostic de Bulimia nervosa ou, plus fréquemment, d’Hyperphagie boulimique (Binge eating disorder). Nous ne reviendrons pas sur leur description clinique."

c'est vrai que leurs recherche est essentiellement axée sur l'obésité et l'amaigrissement, mais je pense que cela s'applique à tous les TCA (suis fatiguée, ::))

personnellement, depuis que je suis leurs conseils en matière d'alimentation, c'est à dire manger ce que je veux quand je veux, en prenant le temps de manger lentement, de bien déguster les aliments, et de m'arrêter dès que je ne ressens plus le désir de manger (et non plus le besoin), le miracle se produit, et je commence à maigrir. enfin, quand les nerfs et le stress ne me font pas me jeter sur le premier truc sucré qui passe à ma portée... ::)

voilà, j'espère avoir répondu à tes questions. si tu en as encore, n'hésite pas...
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andrea

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Re : bon livre sur les troubles alimentaires
« Réponse #3 le: Juillet 07, 2009, 04:43:48 pm »
je te remercie de ton message et pour son contenu.
il est vrai qu'il parle de régime, de phases grossir-maigrir...mais c'est bien ça, en lisant...le principe de privation totale jusqu'au "craquage" et alors je bouffe bouffe bouffe.....

ils parlent de très haut critères que l'on s'impose. mais si je ne posait pas de critères...
merci encore

Indigo

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Re : bon livre sur les troubles alimentaires
« Réponse #4 le: Juillet 08, 2009, 08:51:43 am »
le plus dans le bouquin par rapport au site, c'est qu'il y a toute une partie consacrée aux TCA, avec plein d'exercices pour s'en sortir et retrouver un rapport à la nourriture sain
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