Auteur Sujet: Trois troubles de l'alimentation chroniques ont été identifiés  (Lu 2615 fois)

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cath83

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L'Anorexie mentale se caractérise par  une  perte  de  poids  considérable  due  à  l'extrême  réduction  de  l'apport  alimentaire.  La Boulimie  se  caractérise  par  des  épisodes  d'ingestion  incontrôlée  d'une  grande  quantité  de nourriture  suivis  de  purgations  occasionnant en conséquence  de  fréquentes  fluctuations  de poids. L'Hyperphagie  boulimique,  ou  alimentation  compulsive,  se  caractérise  par  des  périodes
de suralimentation, souvent en cachette et souvent dans le but de se réconforter.   
   
Entre 1 et 2 % des femmes âgées de 15 à 25 ans sont anorexiques et entre 3 et 5 % sont boulimiques¹. Le taux de mortalité associé aux troubles de l'alimentation est plus élevé que celui  de  toute autre  maladie mentale,   puisqu'entre  10 à 20 %  y succombe tôt  ou  tard en raison de complications¹. Les troubles alimentaires ne sont pas réservés qu’aux femmes; plus de 5%  (il  s’agirait  d’un  chiffre  très  conservateur-  l’anorexie  chez  les  hommes  étant  souvent  relié  à  l’homosexualité)  des anorexiques  sont  des  hommes.  Ils  représentent  aussi  une  assez  forte  proportion  des  personnes  souffrant  d’hyperphagie (soit 2 hommes pour 3 femmes). Et depuis quelques années, de plus en plus d’hommes, souffrent de bigarexie (« complexe d’Adonis » ou dysmorphie musculaire- exercices physiques et diètes).
 
Les  troubles  alimentaires  peuvent  être  liés  à  la  présence  de  violence  sexuelle.  Selon  les  études,  on  estime  que  12  à  37  % (pourcentage  plus  élevé  chez  les  boulimiques)  des  sujets  présentant  des  troubles  de  l'alimentation  ont  été  victimes  de violence sexuelle³. L'abus sexuel répété amène souvent un sentiment de perte de contrôle. L'enfant ne peut contrôler son agresseur  et  les  gestes  qu'il  commet.  Comme  il  est  incapable  de  contrôler  son  environnement,  il  cherche  donc  à  avoir  un contrôle sur lui-même. L'enfant abusé devenu adolescent cherchera donc à reprendre un certain contrôle, après ce qui lui est arrivé dans son enfance. Comme il se perçoit impuissant face à son environnement, il cherchera à avoir de l'emprise sur lui-même,  notamment  en  contrôlant  son  poids.  A  travers  l'anorexie,  la personne  contrôle  ce  qu'elle  mange  et  elle  a  donc  une  victoire  sur  un aspect de son environnement  (la nourriture) et sur quelqu'un  (elle-même).
Les  victimes de  violence  sexuelle ont  souvent une perception déformée de leur  corps  et  craignent  d’en  perdre  le  contrôle  et  d’être  mutilées;  elles éprouvent également un dégoût pour leur corps et pour tout ce qui évoque la  féminité  (seins,  fesses,  hanches,  cuisses)  et  la  sexualité.  Par  la  perte  de poids et de forme liées à l’anorexie, la femme victime d'agression sexuelle, rejetterait  les  parties  féminines  de  son  corps,  ce  qui  la  protégerait  d'éventuelles  agressions:  elle  ne serait plus un objet sexuel de désir. A travers la boulimie, la personne devient anxieuse face à la perte de contrôle que l'on retrouve dans la compulsion alimentaire mais elle reprend le contrôle en éliminant cette nourriture. De même, les femmes souffrant de compulsion alimentaire se cacheraient derrière leur poids excessif pour ne plus être un objet sexuel de désir.  Dans certains cas, les troubles alimentaires peuvent être une reconstitution de la violation et de l’intrusion subies par la personne au cours de l’agression. Ces tentatives de punition ou de maîtrise du corps représentent ainsi, symboliquement et littéralement, une « simulation » infligée à son corps. Ces  victimes ont souvent l’impression d’avoir  été trahies par leur corps  qu’elles  tiennent  pour  responsable.  Le  cycle  frénésie  alimentaire-purge  peut  avoir  une  fonction  protectrice.  Ce comportement  semble,  en particulier, diminuer l’intensité  et la conscience d’états émotionnels  et cognitifs intolérables  et servir d’exutoire pour exprimer sa colère,  relâcher le stress et la tension,  reconstruire le soi, prendre les choses en mains, assurer une certaine prévisibilité, acquérir un sens de son espace personnel, se purifier de l’agression et se recentrer.

Source : 1) www.acsm.ca   2) www.anebquebec.com 3) www.troublesalimentaires.org  4) Parent, Geneviève, Revue Corps et âme, no. 38