Auteur Sujet: Besoin de partager mon histoire  (Lu 69 fois)

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Delphine

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Besoin de partager mon histoire
« le: Avril 09, 2019, 05:06:53 pm »
Bonjour à toutes,
Je suis nouvelle sur le forum.
La semaine dernière j’ai écrit ce que je n’ai jamais pu dire. J’ai besoin de le partager, je n’ai pas écrit simplement pour moi-même, parce que ça fait du bien d’écrire les choses, mais pour que des personnes le lisent.
J’ai voulu mettre mon témoignage sur le site balancetonporc.com, mais, 10-15 minutes après avoir posté mon message, il a été supprimé ! J’ai écrit au contact qu’il y a sur le site pour savoir si quelque chose posait problème dans mon message, mais ils ne m’ont pas répondu ! Je leur ai écrit un 2e message pour leur dire le mal que je pensais d’eux, car supprimer la parole de quelqu’un qui s’exprime pour la première fois sur quelque chose comme ça est grave ! Bien sûr ils n’ont pas répondu à ce deuxième message non plus…
Je me permets de raconter ça car je me dis que si l’un-e d’entre vous ou quelqu’un de votre entourage veut témoigner sur leur site, mieux vaut savoir avant quelles pratiques ils ont!
J’ai trouvé ça très violent.
Depuis, je cherche un autre site où je pourrais être entendue. J’ai lu des messages sur ce forum et il me semble qu’il y a de la solidarité ici…
Je vous mets donc ce que j’ai écrit la semaine dernière.
Merci beaucoup pour ce site !




29-30 mars 2019

Hier j’ai lu des témoignages diffusés par un collectif sur une liste de diffusion féministe à laquelle je suis abonnée. Les témoignages sont ceux de femmes victimes de violences sexistes, recueillis dans le cadre d’une enquête sociologique. Je lis le troisième témoignage. Crise immense de sanglots et larmes. Un viol « ordinaire », celui si fréquent, qui arrive sans violence autre que les mots et le viol lui-même. Pas de couteau sous la gorge, pas de pistolet sur la tempe, pas de coups, pas de contrainte physique. Même pas besoin. Comme pour moi.
En fin d’après-midi j’ai acheté King Kong Théorie de Virginie Despentes. Sur la quatrième de couverture j’ai lu : « Je n’échangerais ma place contre aucune autre, parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire. » Ça a résonné. Arrêter de mettre des pans entiers de ma vie sous le tapis…
Ce soir j’ai des phrases, plein de phrases, dans ma tête, depuis quelques heures. Moi aussi j’ai besoin d’écrire les agressions, les viols. Avec les détails. Parce que ce ne sont pas des détails, justement. J’ai déjà eu cette idée d’écrire il y a quelque temps, pour l’instant je ne l’ai pas fait. J’en ai eu l’idée quand j’ai vu le site balancetonporc.com. Ça fait des années que ça revient, régulièrement, de plus en plus. Par moments j’ai l’impression de ne penser qu’à ça, tout le temps. Impossible de faire le pas d’en parler. J’ai parlé d’un des viols, il y a peut-être cinq ans, à la psy que je vois depuis des années. Ensuite, froissage, broyage, de mon cerveau. C’est insupportable, insurmontable. Je ne peux pas me voir comme une femme violée. J’en ai parlé une fois puis je n’en ai plus parlé. Je n’ai pas pu dire « viol ». Elle, l’a fait. J’ai dit « je sais ». Mais je n’ai pas prononcé le mot.
Il faut commencer quelque part. Je commence, sans savoir si je vais tout dire. Je vais peut-être écrire ce soir puis laisser tout ça à moitié écrit dans un coin. On verra, mais j’ai quand même le sentiment que quelque chose s’enclenche.

Voyage en Turquie avec une amie. Été 1998. J’ai 21 ans. Mon amie 20.
Un soir on est dans un bar-discothèque. On fait la connaissance de deux hommes. Un jeune comme nous, la petite vingtaine, l’autre un peu plus âgé, peut-être 30-35 ans.
On « fleurte ». Mon amie danse avec le plus jeune et l’embrasse. Moi aussi j’ai envie de fleurter. L’autre homme ne me plaît pas, mais j’ai envie de fleurter. Je danse avec lui, on s’embrasse. Plus tard dans la soirée, ils nous emmènent dans leur boutique-atelier, ils sont potiers. L’homme que j’ai embrassé m’offre un cendrier et une petite boîte, ou peut-être il me les offre après le viol, je ne sais plus. L’atelier a plusieurs pièces. Ils nous séparent, chacun nous emmenant dans une pièce. Je me retrouve seule avec cet homme. Je ne sais plus s’il tente à nouveau de m’embrasser, s’il me touche, comment ça se passe exactement. Mais je sais que je suis mal à l’aise, que je veux esquiver. Je dis que je ne veux pas. Il prend une de mes mains et la pose sur son sexe en érection et me dit : « Ce n’est pas moi qui veux, c’est lui, tu ne peux pas dire non. ». Je sais que je vais y passer. Je n’ai pas de souvenir précis du viol lui-même, je me souviens juste que j’ai eu mal au dos, sur ce banc.
Je ne me souviens pas bien de l’après, non plus. Je ne me souviens pas si j’ai retrouvé mon amie dans l’atelier ou si on s’est retrouvées au camping où on était installées. Elle m’a demandé, ce soir-là ou le lendemain matin : « tu as couché avec lui ? ». J’ai répondu « oui ». Elle m’a dit qu’elle non avec le jeune homme, elle n’avait pas eu envie.
Les jours qui ont suivi, on les a revus. Mon amie était un peu amoureuse du jeune homme. Il y a eu un soir où on était tous les quatre à boire un verre. Moi je ne voulais plus que l’homme qui m’avait violée me touche ou m’embrasse. Je n’avais pas la conscience à ce moment-là que c’était un viol, mais je ne voulais plus qu’il m’approche. Il était insistant, il me disait « mais je t’aime ». Moi et mon amie on disait « mais on parle d’amour quand on se connaît un peu, là ce n’est pas le cas ». Mon amie a dit : « mais elle veut plus ». Il était un peu énervé. Puis, il a dit : « on vous connaît, vous, les occidentales ». J’ai eu droit à ça…
Les jours qui ont suivi il y a eu des allusions de la part d’au moins un autre potier, qui était « embêté » : moi, la fille qui veut puis qui veut plus… Peut-être c’est lui qui m’a donné le cendrier et la boîte de la part de l’homme, je ne sais plus.

J’ai été violée deux autres fois, ou plutôt trois.
Les deux autres fois ont eu lieu à la même période, mais je ne sais plus si c’était avant ou après ce voyage en Turquie. Je ne sais plus non plus quel viol a eu lieu avant l’autre.

Un soir à Montpellier où je vivais à l’époque. Je vais au Rockstore, seule. J’ai pas le moral, je suis un peu perdue. À la sortie un mec me parle, me fait des beaux discours sur je ne sais plus quoi. Il a bu. Ce qu’il dit n’est pas inintéressant, je discute avec lui. Il me propose d’aller voire un verre chez lui, j’accepte. On y va. Chez lui c’est en fait un squat, je trouve l’endroit glauque. Il me demande si j’ai un copain, je réponds « oui » alors que ce n’est pas vrai, j’ai l’impression que ça me protège. De fil en aiguille il me propose de me masser, je suis mal à l’aise mais je n’arrive pas à m’y opposer. Je me retrouve allongée sur le ventre, il me masse le dos. Je me dis pour m’en persuader « jusqu’ici, tout va bien, rien de grave ». Puis il descend, je dis « non », je lui demande d’arrêter, plusieurs fois, d’un ton suppliant. Mais il continue, il enlève mon jean. Je suis incapable de réagir. Il se passe alors un truc dans ma tête. Puisque je suis là et que je n’ai pas le choix, autant prendre du plaisir. Il me viole et je crois que j’ai joui.
L’année dernière Brigitte Lahaie a dit dans une émission qu’on pouvait jouir lors d’un viol, il y a eu une polémique. C’était immonde de dire ça en réponse à quelqu’une qui disait qu’après un viol, la sexualité, c’était moins bien. Le contexte était immonde aussi, Brigitte Lahaie venait de signer la tribune défendant la liberté d’importuner !! Mais malheureusement sa phrase n’est pas fausse. Sauf qu’il faut immédiatement dire que ce n’est pas une jouissance de plaisir. Visiblement, on peut jouir de mal. Ou peut-être que pour moi c’était moins pire ça que de ne faire que subir ?... Je ne sais pas.
Après le viol, il dit quelque chose comme : « c’est magnifique, les hommes et les femmes, on est faits pour s’emboîter – ou s’accoupler, quelque chose comme ça – parfaitement… » ! Ensuite il s’endort, et j’en profite pour m’enfuir. Je rentre chez moi, on est au milieu de la nuit.
Le lendemain, ma sœur, qui est chez moi pour quelques jours et avec qui je m’étais engueulée la veille au soir, engueulade qui avait fait que j’étais partie au Rockstore, est en colère contre moi parce qu’elle s’est inquiétée de savoir où j’étais. Ma sœur n’est pas quelqu’un-e à qui je peux raconter ce qu’il s’est passé. Il ne me vient même pas à l’esprit que ce serait possible d’en parler de toute façon. À personne. Ça ne se dit pas. Et je ne me rends pas compte de ce qu’il vient de se passer.

Un autre soir, à Montpellier aussi, je traîne mon mal être dans un bar. Je rencontre deux types. Ils sont de passage, ils vadrouillent en camping-car. L’un des deux me plaît, il a les cheveux longs, j’aime les cheveux longs. J’ai envie d’être dans la séduction. On discute tous les trois. En fin de soirée je leur propose de venir boire un verre chez moi. On se retrouve donc chez moi, on discute. On est tard dans la nuit et celui qui me plaît s’endort sur mon canapé. Je vais aux toilettes et quand je reviens, l’autre gars est dans ma chambre, installé dans mon lit ! Je dis que je préfère qu’on ne dorme pas ensemble. Il répond : « moi j’ai envie qu’on dorme ensemble ». C’est un ordre, alors je m’exécute, comme une machine. Au moment où je me déshabille je ressens un truc que je n’arrive pas à décrire. C’est de la honte, peut-être. Je me mets au lit avec lui. Il sent la transpiration, ça me dégoûte. Mais je fais les gestes. Cette fois-là aussi, je retourne le truc dans ma tête : tu es en train d’y passer, il n’y a qu’à prendre du plaisir.
J’ai joui. Cette fois-là c’est sûr, je m’en souviens bien. Deux orgasmes.
D’un côté la douleur que ce soit si long, c’était interminable, ça n’en finissait pas… Mais ces deux orgasmes, là au milieu ??? Rien de mieux pour sceller mon silence.
Le lendemain, l’un des deux est allé acheter des croissants. Comme si tout était normal, tout allait bien, le viol n’est pas un viol. Celui qui m’a violée fait une plaisanterie parce qu’on a des courbatures, du style « on s’est bien envoyés en l’air ».
Ils partent.
J’ai des ressentis contradictoires durant cette journée du lendemain. Du dégoût, et, chose inavouable, une sorte de fierté, que je ne m’explique pas bien. Comme si c’était ça être une femme « libérée », avoir des « conquêtes » !... J’en reviens pas d’avoir pu penser, ressentir des trucs comme ça, mais c’est bien ça qu’il se passe pour moi ce jour-là…
Sur fond de honte.
Je crois que c’était quelques jours après : on va boire un verre avec un ami, qui deviendra plus tard le copain de ma sœur, peut-être ma sœur, et une autre amie, je ne me souviens plus. J’évoque la rencontre avec ces deux hommes en disant que je les ai invités à boire un verre chez moi. Cet ami me dit : « Delphine, fais attention, un jour il va t’arriver quelque chose ». J’avais l’étiquette de l’imprudente à cette époque. Pour ma mère, en particulier. Moi je ne voulais pas avoir peur.

Avant tout ça il y a eu mon premier « amour ». J’avais 16 ans. Il avait le même âge que moi.
J’étais en admiration, j’avais l’impression d’être très très amoureuse. C’était de la dépendance.
C’était un grand tordu, manipulateur. Impossible de savoir sur quel pied danser. Il était style tout amoureux, puis me disait des trucs humiliants, en rigolant. En rapport avec la sexualité. Il m’a traitée de pute – dans sa bouche c’était une vraie insulte – comme ça style en « plaisantant ».
C’étaient mes premières expériences sexuelles. Lui avait déjà eu des expériences avant. Je ne voulais surtout pas passer pour une « gourde ».
Dès le début il y a eu cet événement. Ce n’était pas la première fois, mais une des premières fois. J’étais d’accord pour faire l’amour mais il m’a imposé une fellation : c’est allé trop vite pour que je puisse exprimer quoi que ce soit. Il s’est retourné, allongé sur moi en position 69, m’imposant son sexe au niveau de ma bouche. Je n’étais pas prête, je n’avais pas envie. Dégoût. Le mot est faible. Dégoût redoublé par la présence d’un « ami » chez qui on était, qui voulait être avec nous et était là, assis près de nous dans un fauteuil, dans le noir. Il se masturbait. Dégoût, dégoût, DÉGOÛT. Je n’étais pas en mesure de savoir ce pour quoi j’étais consentante ou pas, je ne m’étais pas opposée à la présence de cet « ami » dans la pièce avec nous.
Je n’ai réalisé la gravité de cet événement qu’il y a peu, plus de 20 ans après.
Cette relation avec cet « amoureux » a duré 9-10 mois. Je me suis forcée plein de fois à avoir des relations sexuelles avec lui.
Il a bien préparé le terrain pour tout ce qui est arrivé ensuite dans ma vie.
La façon dont s’est terminée cette relation a été très traumatisante, je n’ai pas envie de l’écrire aujourd’hui.

Je n’ai pas eu une seule relation heureuse. Tous les hommes avec qui j’ai eu une histoire – courte, très courte, ou longue – m’ont d’une manière ou d’une autre maltraitée.
Ma dernière histoire s’est terminée début 2011, il y a 8 ans. J’étais avec lui depuis 3 ans, on cohabitait depuis plus de 2 ans. Un jour j’ai eu un coup de fil des flics, il était en garde à vue, ils l’avaient pris en flagrant délit de voyeurisme/exhibitionnisme dans un train. Ça a été un énormissime traumatisme pour moi. Bien sûr on s’est séparés sur-le-champ – et je ne l’ai jamais revu. Moi je suis restée bloquée longtemps dans « comment est-ce que j’ai pu ne pas voir, pendant 3 ans ? » Il m’avait dit des trucs, sans aller jusqu’à ce que ce soit très clair, mais quand même, tout était là, sous mon nez. Il y avait eu des choses pas normales. Je n’ai pas voulu voir, c’était trop impensable que ça arrive dans ma vraie vie à moi ce genre de truc.
Après le coup de fil des flics, une des pensées qui m’est venue très vite, c’est : « je suis comme ces femmes dont le conjoint abuse les enfants et qui font semblant de ne pas voir. » Ça a été ingérable cette culpabilité.
Pendant les mois qui ont suivi, j’ai été dans des états psychiques que je ne peux même pas décrire, je n’ai pas de mots.
Je n’ai plus eu de vie affective et/ou sexuelle après.
Aujourd’hui je vais mieux, je crois même que je serais capable d’aimer. Encore faut-il rencontrer quelqu’un avec qui la confiance serait possible.


Aujourd’hui on est le lendemain du soir où j’ai commencé à écrire ce texte. Il y aurait encore des choses à dire, mais j’ai besoin d’arrêter là pour l’instant. Peut-être plus tard, dans un autre post, ou ailleurs sous une autre forme.
Merci à la femme qui a témoigné, dont j’ai lu l’écrit hier, et merci au collectif d’avoir diffusé ce témoignage. Sur la liste, quelqu’un a répondu au message pour dire : « Attention, pour les personnes sensibles à des déclencheurs (triggers) par rapport à des violences sexuelles, ce troisième épisode décrit clairement une scène d’agression sexuelle. » En effet… mais ça a été bénéfique pour moi.
Merci aussi à toutes les autres personnes dont j’ai pu lire les témoignages auparavant, à toutes les personnes qui ont fait des œuvres de fiction sur ces sujets-là, et aux chercheur-e-s féministes pour leurs écrits. En particulier les féministes matérialistes. C’est avec la lecture de certains de leurs textes il y a une quinzaine d’années que tout a commencé pour moi : remettre à l’endroit des choses qui étaient inversées dans mon esprit.
Chaque lecture, chaque film, m’a permis de faire un pas de plus.


31 mars 2019

Je viens de lire cet article :
https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180127.OBS1325/jouir-lors-d-un-viol-un-traumatisme-de-plus-pour-les-victimes.html?fbclid=IwAR1jKtqT6SOg9HyUxxGon7zs_Mv_WMCWXNn628Q7U3csoNzxNJDoCU-VJwU
Et je doute maintenant que les mots que j’ai écrits plus hauts soient justes. Je fais un effort de remémoration, qu’est-ce que j’ai ressenti et pensé exactement… pas facile.
Pour le viol dans le squat, je ne me souviens pas si j’ai eu un orgasme ou pas. Je me souviens en revanche que quand il a commencé à toucher mon sexe, j’étais mouillée. Il s’est passé un truc dans ma tête mais ce n’est pas clair. Je crois que je me suis dit quelque chose du genre « en fait il y a du plaisir ? j’en ai envie alors ? » Il y a quelque chose en moi qui a cessé de lutter contre la situation, mais c’était peut-être le cas déjà juste un peu avant, j’avais déjà arrêté de lui dire d’arrêter, puisqu’il continuait quand même.
L’autre fois, chez moi, je suis sûre d’avoir eu deux orgasmes, mais je ne suis plus sûre d’avoir pensé « tu es en train d’y passer, il n’y a qu’à prendre du plaisir ». C’est plutôt que, comme j’étais en train d’y passer, dans ma tête j’ai fait abstraction de la situation et de cet homme-là. J’ai fait les gestes comme une machine. Et il se trouve qu’il y a eu ces deux orgasmes.
Ça fait une putain de confusion. Déjà que j’ai toujours tout confondu : le sentiment amoureux, la dépendance…
N’importe qui peut m’embrouiller la tête, me faire douter en deux/deux et je ne sais plus ce que je veux, ce que je pense… Heureusement, moins aujourd’hui.

En tout cas aujourd’hui encore plaisir et dégoût sont très souvent un peu liés, pas loin l’un de l’autre. Même quand je me masturbe, donc seule avec moi-même, je peux ressentir du dégoût après avoir joui, et je fais souvent des crises de larmes après la jouissance. C’est la merde.


intime idée

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #1 le: Avril 10, 2019, 01:50:42 am »
Bonjour Delphine,

Soit la bienvenue ici,
Bravo d'avoir réussi à écrire ton histoire,
c'est difficile, mais souvent un peu libérateur aussi de le faire...

Nos approches "biaisée" de la sexualité nous conditionnent souvent,
et font de nous des victimes à répétition, comme si c'était écrit sur nos fronts que c'était possible...
J'ai ressentis ça durant des années aussi...

Le plaisir, oui,
assez rarement évoqué ici,
parfois à demi-mots ou en MP. ,
 trop difficile à assumer, à comprendre, à admettre quand c'est arrivé,
et pourtant oui, parfois elle est là la jouissance...

Il y a un coté mécanique peut être simplement,
le sexe masculin comme féminin reste la partie la plus sensible du corps,
alors parfois les sensations viennent même si tout,  l'environnement comme les circonstances,
s'y opposent...
Ce même plaisir qui nous pousse même parfois à y retourner,
devenant un moyen de plus aux manipulateurs en face,
 d'arriver à leurs fins...

J'espère que ton partage ici aura un peu allégé ton fardeau,
que lire les autres t'aidera aussi...

Tu sembles n'avoir pu tout écrire,
mais prends ton temps, il n'y a aucune urgence,
vas à ton rythme...

Je suis étonné que sur l'autre site ils aient supprimé ton témoignage,
peut être juste une nécessité de faire lire et valider par des modos ,
qui ce seraient trouvés débordés par le nombre et l'ampleur des témoignages,
ça expliquerait peut être aussi qu'ils ne t'aient pas encore donné d'explications...
Peut être que ça viendra dans les jours à venir...
Je l'espère pour Toi, car je ne vois pas de raison qui ferait censurer tes écrits...

Tu ne nous dis pas si tu as déjà pensé te faire aider par un psy ou autres?

Bon courage et à bientôt.

" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Alexandra

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #2 le: Avril 10, 2019, 11:08:49 am »
Bienvenue sur le forum. Je comprends à quel point le fait que ton corps réagisse peut te faire te poser des questions, douter. Mais je pense, comme l'a dit Intime, que notre corps est programmé pour répondre physiquement donc une réaction physique n'est pas toujours la réflection de ce que tu ressens, plus une réaction automatique, programmée. Je pense que quand tu dis avoir été "dégoutée," c'est plus ta vrai réaction car c'est psychologique.
Je suis désolée d'entendre toutes ces malheureuses choses qui te sont arrivées. J'espère que d'en parler t'aidera.
Alex.

Delphine

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #3 le: Avril 10, 2019, 11:12:38 pm »
Merci infiniment de vos messages, ça compte beaucoup ! J’ai toujours cette crainte comme quand j’étais petite de ne pas être entendue, crue, comprise (mes parents ne comprenaient jamais rien à rien). Tout à l’heure quand je me suis connectée j’avais même peur de lire vos réponses… Donc encore une fois, merci !!
Je vois une psy depuis de nombreuses années et ça m’aide beaucoup, je pense que si j’ai réussi à écrire c’est parce que grâce à ça je me sens plus solide qu’auparavant. Mais pour l’instant, sur ces sujets-là, malgré les années, je ne lui dis les choses qu’à demi-mots… À l’oral c’est vraiment difficile pour moi, pour l’instant je n’y arrive pas. Pas à pas, j’espère, je pense, que ça viendra…
Quand j’ai commencé à écrire l’autre jour, j’ai eu l’impression que si je voulais tout dire, il me faudrait 200 pages… Du coup j’ai commencé par ce qui est le plus difficile à porter, les événements qui à mes yeux sont les plus graves. Mais malheureusement il y a eu pas mal d’autres abus/agressions… Comme tu le dis Intime idée, tout ça fait de nous des victimes à répétition…
Mais je pense, j’ai espoir en tout cas, que commencer à en parler aide à sortir de la répétition…
Je sens aussi en effet que lire les autres est important. Dans la vie « courante », quasiment personne ne parle de ces choses-là. Là, de lire d’autres témoignages, je me sens déjà moins isolée.
Pour mon témoignage sur l’autre site, j’espère que tu as raison Intime idée et qu’ils vont finir par me répondre…
Je vous dirai.
À très bientôt

intime idée

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #4 le: Avril 11, 2019, 01:34:52 am »
Peur de lire nos réponses?
Non pas ici, ailleurs peut être, là ou il y a foule,
 et que des ados viennent "plaisanter" dans des échanges ou ce n'est pas l'endroit,
 ça arrive oui je l'ai déjà vu...

Ici le forum reste intimiste, respectueux,
 c'est essentiel!

La psy à "demi-mots" ça aussi c'est un classique ici,
c'est hyper compliqué de tout raconter et encore plus de vive voix,
mais parfois ça ralenti nettement ou fausse un peu la thérapie aussi...

Si tu arrives enfin à écrire,
 c'est une autre solution pour t'aider à avancer avec elle,
tu peux écrire et lui remettre ce qui est encore trop douloureux à dire...

Oui ne plus se sentir seul(e),
je me souviens comme ça m'a fait du bien en arrivant là,
parce que je me retrouvais dans les écrits des autres,
que mes "bizarreries" ne l'étaient plus soudainement,
pour la première fois j'avais l'impression de comprendre tout une part de moi qui me faisait me sentir différent,
et ça aussi ça aide à avancer.

J'espère aussi qu'ils vont te répondre,
dans le cas contraire c'est que leur site ne fonctionne pas bien,
mais devant la masse soudaine de témoignages,
 possible qu'ils soient aussi débordés par tout ça...
ce n'est pas tout négatif non plus, les paroles se libèrent,
les tabous tombent les uns après les autres, ils ont "boosté" ce mouvement,
c'est bien...
Après plutôt que de blesser celles qui témoignent en mettant les écrits en veille dans l'attente d'une validation,
il leur aurait été plus simple et judicieux de le signaler en quelques mots sur une page d'accueil,
il vaut mieux prévenir que guérir comme on dit...

A bientôt
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Delphine

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #5 le: Avril 18, 2019, 04:20:01 am »
Merci Intime idée de ta réponse. Je réponds un peu tardivement… Ça chamboule de commencer à exprimer ce qui a été tu si longtemps… J’ai eu besoin de me déconnecter un peu cette semaine…
J’ai des ressentis étranges. Ça fait longtemps que je lis des choses à propos des abus, des agressions sexuelles. Ça fait longtemps que je me penche sur tout ça, en sachant que moi aussi j’ai vécu des choses, mais c’est comme si je pensais que ça ne me concernait pas vraiment, que moi c’était pas vraiment pareil, que ce n’étaient pas des « vraies » agressions. Et là maintenant c’est comme si je réalisais, je reconnaissais que ben oui, moi aussi, « pour de vrai », j’ai été victime. C’est comme si avant il me manquait un maillon pour prendre au sérieux ce que j’ai vécu…
Ça fait un sacré chamboulement ce changement…

Oui, pour les demi-mots avec la psy, c’est sûr que ça ralentit certainement les choses, mais probablement qu’il me faut faire encore un peu de chemin avant d’arriver à avoir une parole plus « libre »… En tout cas je sens que m’exprimer ici va avoir des effets sur ce qu’il se passe avec elle, j’espère que ça me fera avancer à différents niveaux.

Pour balancetonporc.com, oui, il y a un manque d’informations sur le site. Il y a très peu d’infos, on ne sait pas bien qui gère le site et comment. C’est dommage car en effet le mouvement metoo/balancetonporc a libéré et libère encore beaucoup de paroles. Ça a joué pour moi dans mon cheminement de voir, d’entendre, toutes ces femmes oser parler. Spontanément du coup c’est à ce site que j’ai pensé en premier.

Quoi qu’il en soit, en tout cas, je suis heureuse d’avoir trouvé Rayon de soleil ! Comme tu le dis, le forum est respectueux. Je trouve que c’est très très précieux !

À bientôt

intime idée

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #6 le: Avril 18, 2019, 10:30:03 am »
Bonjour Delphine,

pas de souci, ici chacun avance à son rythme,
écoutes tes intuitions, et n'hésites pas à repasser par là
quand tu en as envie ou que tu en ressens le besoin.

Belle journée à Toi,
à bientôt.
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Alexandra

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #7 le: Avril 18, 2019, 11:12:39 am »
Salut Delphine,

Tu as dit: "Ça fait longtemps que je lis des choses à propos des abus, des agressions sexuelles. Ça fait longtemps que je me penche sur tout ça, en sachant que moi aussi j’ai vécu des choses, mais c’est comme si je pensais que ça ne me concernait pas vraiment, que moi c’était pas vraiment pareil, que ce n’étaient pas des « vraies » agressions." C'était la même chose pour moi, entre vouloir éviter ce sujet mais en même temps, attiré comme si une partie de mon cerveau voulait me dire "regarde, c'est ce qui t'es arrivé."
Se reconnaître en victime est difficile, ca "chamboule" énormément comme tu le dis. Mais c'est aussi le début du processus de guérison. Ce n'est pas facile d'accepter le passé et les douleurs qui vont avec. Mais un jour, ça commencera à aller mieux et tu ne seras plus juste qu'une victime mais quelqu'un qui a survécu.
D'arriver à l'écrire t'aidera dans le futur à en parler à ta psy. Tu peux aussi l'écrire pour ta psy. Parler était presque impossible pour moi donc j'envoyais un email à ma psy et elle me posait des questions sur ce que j'avais écrit. C'était plus facile pour moi.
Tout ce que tu ressens est "normal." Accroche-toi!
Alex.

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Re : Besoin de partager mon histoire
« Réponse #8 le: Avril 18, 2019, 11:44:08 pm »
Merci pour vos partages d'expériences et vos mots chaleureux ! Je laisse résonner tout ça et je reviens bientôt,
À bientôt