Auteur Sujet: L'EMDR Autoguérison  (Lu 4478 fois)

laurine

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L'EMDR Autoguérison
« le: Avril 19, 2008, 05:06:09 pm »
L'EMDR Autoguérison


Sans émotion la vie n'a pas de sens. Nous cherchons toujours à avancer vers plus d'amour, plus de beauté. Mais les émotions livrées à elles-mêmes doivent être impérativement modulées par l'analyse rationnelle dont est chargé le cerveau cognitif. Les désordres émotionnels sont la conséquence des dysfonctionnements du cerveau émotionnel, dus à des expériences douloureuses du passé qui continuent à contrôler notre ressenti et notre comportement actuel. Or la vie psychique est le résultat d'un effort permanent entre deux cerveaux. Le cerveau cognitif, constamment tourné vers l'extérieur, et le cerveau émotionnel préoccupé par la survie et connecté au corps. Très différents, ces deux cerveaux contribuent cependant ensemble à notre expérience de la vie et à notre comportement. Si le cerveau limbique contrôle l'équilibre physiologique, le cerveau émotionnel, lui, est plus intime avec le corps. Et c'est pour cette raison qu'il est plus facile d'accéder aux émotions par le corps que par la parole. Toutefois, lorsque nos émotions sont trop à vif, dépression, stress, angoisse, irritabilité, conséquences de traumatismes graves, nous perdons le flux de nos pensées et devenons incapables d'agir en fonction de notre meilleur intérêt sur le long terme, car le cerveau émotionnel prédomine sur le cerveau cognitif et altère le fonctionnement de notre mental. Mais si au contraire, le cerveau cognitif contrôle trop l'attention consciente et la capacité de tempérer les émotions, on risque de perdre le contact avec les appels au secours du cerveau émotionnel. Les événements très douloureux laissent une marque profonde dans notre cerveau. Les psychiatres parlent de syndrome post-traumatique. Les souvenirs sont inscrits dans notre corps.
David SERVAN-SCHREIBER

Ce sigle américain "Eye-Movement Desensitization and Reprocessing", en français "désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires", est une nouvelle méthode de psychothérapie. Elle utilise un mécanisme naturel de traitement et d'assimilation des informations dans le cerveau pour amortir des traumatismes. Née à la fin des années 1980 dans la baie de San Francisco, cette thérapie repose sur une approche humaniste et intégrative de la médecine et de la santé. La fondatrice, Francine Shapiro, est psychologue. Durant l'évocation d'un souvenir douloureux, elle s'est aperçu que la charge de stress avait tendance à diminuer quand une stimulation oculaire était effectuée. A la suite de cette observation, elle a poursuivi ses recherches et a développé cette méthode1. Pour en savoir plus, nous avons interrogé Pauline Cuiller, psychologue clinicienne, thérapeute en EMDR.
 
Votre santé : Comment fonctionne l'EMDR ?
Pauline Guillerd : L'EMDR utilise un des mécanismes naturels du sommeil. Quand nous rêvons, durant le sommeil paradoxal, nous faisons des petits mouvements oculaires rapides. Cette activité cérébrale très particulière correspond à un travail de classement et de traitement d'informations, de sensations, d'émotions, d'événements. Elle est indispensable à notre survie car elle permet d'assimiler les petits traumatismes de la journée. Les études faites prouvent que, si vous êtes privé de cette phase de sommeil paradoxal, vous mourrez. C'est un peu notre système immunitaire psychique. Souvent au réveil, on s'aperçoit que, dans nos rêves, nous retrouvons des scènes de la journée. Dans le cas de stress post-traumatique, où les cauchemars sont présents, il est facile de voir le rapport entre les rêves et la réalité. Si, après une agression, vous rêvez de façon répétitive que vous êtes agressé, c'est que votre système tente d'intégrer l'événement. L'EMDR est une manière de reproduire volontairement cette activité cérébrale naturelle de digestion des stimuli, des sensations, des faits.

Comment l'EMDR reproduit-elle ce processus naturel ?
Ce processus naturel est reproduit par une stimulation bilatérale, visuelle, tactile ou sonore permettant de retenir l'attention. Cette attention bifocale est dirigée à la fois vers l'intérieur, vers le contenu dans lequel vous êtes absorbé si vous travaillez sur un souvenir traumatique, et vers l'extérieur. La stimulation bilatérale va permettre de déloger l'information traumatique incrustée dans le système nerveux et de la lier au présent. C'est ce partage de l'attention entre quelque chose qui se passe à l'intérieur dont vous avez conscience et l'extérieur qui permet la dilution des émotions de stress inscrit dans le système. Après une agression, une personne peut être persuadée, pendant des années, qu'elle va mourir. Cette croyance est inadaptée au temps présent. Elle est dysfonctionnelle, et le système le sait. On va donc définir la direction cognitive et où l'on souhaite aller. Puis on stimule, on décharge, on retraite l'information. Comme l'information se déloge, la personne va pouvoir la reconsidérer, porter un nouveau regard grâce à sa capacité actuelle de considérer qu' elle est encore vivante. Néanmoins, elle peut encore en douter car la charge est toujours là. Le retraitement permet au présent d'assimiler l'expérience passée, de garder ce qui est nécessaire et d'éliminer ce qui est inutile et inadapté.

Avec quels matériaux travaille-t-on ?
On travaille avec la conscience, le corps et la mémoire faite de sensations, de sens, d'images. Ces images, présentes dans le système, émergent à la conscience. Quand un accident vous terrasse, votre conscience est submergée, hypnotisée par ce sentiment d'impuissance. Elle va rester sonnée et sera dans l'impossibilité de prendre du recul et ne pourra pas digérer l'histoire. L'EMDR permet de désensibiliser, d'avoir une autre conscience, une autre perspective.

Peut-on utiliser l'EMDR quand il n'y a pas d'images, de souvenirs rattachés à des symptômes physiques ?
Oui, en passant par la mémoire du corps, on peut reconnecter avec des images. Dernièrement, une personne n'avait aucune image liée à une sensation de rejet. Je lui ai demandé de se reconnecter à cette sensation et de me dire quelle émotion y était rattachée. Ce fut la peur. En partant d'une sensation, nous sommes arrivées à une attitude corporelle de défense, avec des mouvements autoprotecteurs. En repassant par la mémoire du corps, nous avons pu reconnecter avec des images. Dans ce cas, le processus a été très rapide, très fluide. A partir des sensations de défense, elle a retrouvé ce qui s'est figuré dans son esprit à la suite d'une agression sexuelle subie quand elle avait 5 ou 6 ans. Les images étaient partielles car elles avaient été dissociées, c'est-à-dire écartées du champ de conscience de la mémoire et, petit à petit, elles se réassociaient grâce à la stimulation et à l'attention bifocale. Elle a réussi à constituer un ensemble assez complet.

Pourquoi est-il nécessaire de suivre une préparation ?
Cette préparation, qui varie d'un mois à six mois, vous permet de faire face à ce qui se passe pendant la séance, où l'on va exprimer, désensibiliser et retraiter, mais également à ce qui se passe après. Car on met en route un processus naturel qui ne s'arrête pas à la fin de la séance. Pendant la semaine suivante, des souvenirs, des émotions peuvent remonter et, dans certains cas, vous pouvez retraverser des états pénibles. Il faut s'assurer que vous avez les moyens d'autoréguler vos émotions pour ne pas vous retrouver dans une situation de plus grande vulnérabilité. La préparation permet l'installation et le renforcement des ressources.

Comment se déroule une séance ?
Elle se déroule chez un praticien EMDR. Il peut être psychologue clinicien, psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute. Il doit avoir suivi une formation spécifique en psychothérapie et en EMDR. La séance dure une heure et demie. La première consultation est un entretien durant lequel le praticien vous écoute. Puis, il définit avec vous les orientations possibles. Avant de commencer, il peut vous apprendre des techniques de gestion du stress et des émotions. Ensuite, le processus consiste à évoquer le souvenir traumatique ou la description de l'élément perturbateur. Cette évocation peut être visuelle, émotionnelle, cognitive, physique. Pendant cette évocation, le praticien va effectuer une stimulation bilatérale visuelle (bouger les yeux de gauche à droite en suivant un objet), tactile (tapotement de chaque côté du corps) ou sonore (un son à droite puis à gauche) qui va permettre de réactualiser ce vécu dans le présent et ainsi d'effectuer le travail d'assimilation et de libération.

En quoi consiste-t-elle ?
Le thérapeute doit s'assurer que vous disposez des ressources nécessaires pour faire face aux émotions que vous allez rencontrer. Ces ressources peuvent être relationnelles, un réseau amical, familial qui est prêt à vous accompagner dans des moments difficiles mais également personnel, la façon dont vous autorégulez vos émotions. Le thérapeute intègre des méthodes de gestion des émotions, de stress et des techniques de relaxation, de respiration, de détente permettant de ramener le calme dans votre système. Ces techniques vous préparent à faire face et vous aident à retrouver un certain contrôle et donc à avoir davantage confiance en vous.

L'EMDR peut-elle être dangereuse ?
Ce n'est pas la technique en soi qui est dangereuse, mais le manque de préparation au moment où on l'applique. Si les conditions de sécurité sont suffisantes, les moyens de gestion des émotions sont à votre disposition, rien de nocif ne peut se passer. Il semble vraiment que l'on accède à un mécanisme d'équilibration naturel, de réajustement comme un système immunitaire. Pendant la séance, vous gardez la maîtrise du processus. On convient toujours d'un signe pour stopper dans le cas où vous sentez que cela devient trop pénible. C'est un travail de nettoyage qui fonctionne par couche. On ne va pas en rajouter. Cependant, si une personne est trop vulnérable avec une impossibilité de gérer les émotions, je ne démarre pas l'EMDR.

A qui s'adresse l'EMDR ?
Elle s'adresse à chacun, car nous avons tous vécu des difficultés qui nous accompagnent encore dans le présent. Quand on parle de traumatismes, ce n'est pas uniquement des traumatismes de type 1, à savoir des accidents de la route, une agression, une explosion, un tremblement de terre, mais des traumatismes concernant des personnes qui ont eu des styles d'éducation, des climats familiaux où il existait des schémas comportementaux dysfonctionnels, problématiques, qui couche après couche, ont installé et ancré certaines croyances qui entravent leur liberté.
Pourquoi est-il plus difficile d'accompagner des personnes ne ressentant rien dans leur corps ?
Car, on n'accède pas à la couche profonde de la mémoire qui se trouve dans le corps. On reste au niveau de la tête, de la pensée. Notre pensée est venue après notre corps, ainsi que les mots, le langage, le récit, la narration. Nous naissons tous avec des besoins : on vagit quand on a faim, on gazouille quand on est content. C'est le corps qui parle. Une personne qui ressent peu de choses, qui a peu d'émotions aura besoin de faire un travail lui permettant de se reconnecter à l'émotion. Lorsqu' elle va me parler, je vais lui demander ce qu'elle ressent à ce moment-là dans son corps. Il s'agit de l'aider à porter son attention sur son corps car elle s'est habituée à se couper du ressenti de celui-ci. Certaines personnes fonctionnent comme si elles n'avaient pas de corps tellement il est dissocié. Il peut s'agir de choses simples comme "Est-ce que vous sentez votre chaussure droite ?". L'objectif est de ramener l'attention, la conscience au corps afin que la personne puisse se réapproprier ses sensations.

Qu'est-ce que la dissociation ?
La dissociation est un mécanisme naturel d'autoprotection qui permet à l'individu de se couper plus ou moins partiellement ou globalement d'expériences qui dépassent sa capacité du moment à les intégrer. Ce mécanisme naturel peut être merveilleux parce qu'il nous sauve de pas mal de situations et protège notre intégrité psychique. Mais la dissociation a mille visages, elle peut prendre mille formes. Elle peut se manifester par le fait d'être distrait, dans la lune, sur une autre planète. Dans certains cas, comme ceux des victimes d'agression sexuelle, celles-ci peuvent relater ce souvenir en se décrivant à l'extérieur de leur corps. Elles voient ce qui se passe mais ne sentent rien, elles se coupent du ressenti, de soi, elles ne sont pas là. La conscience se dissocie, elle va ailleurs. A l'extrême, cela peut donner des amnésies totales car l'information a été dissociée du champ de conscience. Mais elle n'a pas disparu et elle apparaîtra dans certains contextes, avec certains stimuli avec lesquels elle va rentrer en résonance. Dans le processus EMDR, on traverse des couches de dissociations. La dissociation est comme un matelas de ouate qui coupe de l'accès direct à l'expérience. L'EMDR permet de réduire, de résorber ces couches de dissociations pour pouvoir avoir accès à l'émotion directe puisqu'on s'est coupé de l'émotion perturbatrice.
Vous parlez du fil d'Ariane que l'on tire, n'est-ce pas sans fin ?
L'EMDR est un processus naturel qui a son propre rythme. Pour certaines personnes, c'est fulgurant, et pour d'autres, c'est progressif. On traverse des strates de dissociations pour accéder à l'information. Le nombre de séances dépend de chacun. Les résultats sont spectaculaires lorsqu'on a affaire à des traumatismes bien circonscrits. Lorsqu'ils sont intriqués avec la construction de l'identité et qu' ils sont fixés dans le développement de la personne, le soin se fait par fines touches. Je travaille dans un centre en psychotraumatologie. On accueille des personnes ayant vécu des traumatismes graves, ce qui sous-entend un contexte d'histoire familiale complexe et donc une opération difficile et longue. Il existe parfois des carrefours de mémoire où l'on peut revenir plusieurs fois sur le même souvenir car la ramification problématique est riche.
Quelles sont les conséquences d'un travail en EMDR ?
Il modifie votre vision de vous-même et du monde par rapport à votre histoire personnelle et à des épisodes traumatiques. Il vous permet d'être mieux intégré dans votre réalité, dans votre présent et d'accéder à vos ressources. Lorsque l'on parle de désensibilisation, cela ne signifie pas qu'on neutralise toutes les émotions négatives, on passe d'une croyance dysfonctionnelle posant problème, dans le sens où elle est anachronique et ne permet pas un fonctionnement actuel correct de la personne, comme "je vais mourir ou je suis coupable", à une croyance fonctionnelle pour le présent. L'EMDR n'élimine pas ce qui est juste.
Quel est le rôle du thérapeute ?
Le thérapeute doit être bien ancré en lui, avoir une relation confortable avec ses propres ressentis et posséder cette juste distance qui permet d'être vraiment présent sans être envahi pas les émotions de la personne. Plus j'utilise l'EMDR, plus je me sens en sécurité. J'ai fait moi-même des séances d'EMDR et j'ai senti dans ma chair cette alchimie particulière où je suis pleinement dans mon ressenti qui peut être pénible et en même temps je vois cette transformation. Cette méthode rend humble car nous n' inventons rien. On écoute la personne, on repère des types de fonctionnement, de manière à filtrer et à repérer quels ont pu être les faits qui l'ont amenée à telle difficulté et on l'accompagne dans ce processus naturel en interférant le moins possible.
Pauline Guillerd, Propos recueillis par Céline ANDRILLON

1. Eye-Movement Desensitization and Reprocessing : Basics Principles, Protocols and Procédures, Francine Shapiro, Guilford Press 2001. EMDR France, 20, rue d'Armenonville, 92200 Neuilly sur Seine. Tél. : 01 46 24 55 02. <info@emdr-france.com> <www.emdr-france.com>
 
Votre santé N° 51 - décembre 2003
[ http://www.votre-sante.net ]

Pour en savoir plus :
EMDR, une révolution thérapeutique , de Jacques Roques , éd. Meridienne ( 2004 )
Des yeux pour guérir, de Francine Shapiro et Margot Silk Forrest, éd. Seuil ( 2005 )
« Modifié: Février 24, 2015, 03:28:01 pm par Dolcezza »
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate

laurine

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Mouvements Oculaires de Désensibilisation et de Retraitement
« Réponse #1 le: Avril 19, 2008, 05:27:32 pm »
EMDR "Eyes Movement Desensitization and Reprocessing "
Mouvements Oculaires de Désensibilisation et de Retraitement
http://www.medecines-douces.com/resources/therapie_emdr.htm

L' EMDR s'adresse essentiellement aux personnes ayant une modification comportementale notable, consciente ou inconsciente, suite à un traumatisme ancien(accident, attentat, agression, pression morale ou physique, viol...).
Ces personnes revivent régulièrement l'événement traumatique sous forme de flash ou de rêves et peuvent avoir des réactions fortes et incontrôlées qui vont considérablement modifier leurs attitudes dans la vie de tous les jours.
Ces réactions, même si elles ont pu être appropriées lors du traumatisme, n'ont plus aucune cohérence par la suite.

Lors du choc traumatique, le cerveau mémorise en une fraction de seconde, tout ce qui compose l'événement.

C'est comme cela que l'on peut voir des personnes ayant une allergie à la vue d'un lapin car, lors de l'événement, un lapin se trouvait dans le champ de vision !
Ou d'autres auront des crises de tétanie chaque fois qu'elles croiseront une voiture blanche venant de la gauche...
On comprend donc que ces mémoires résiduelles peuvent perturber considérablement la qualité de vie de l'individu.

Pour tenter de soulager ces manifestations post-traumatiques, de nombreuses techniques sont utilisées avec plus ou moins de succès. La PNL et la kinésiologie, entre autres, tentent de modifier la perception de l'événement. D'autres thérapies, parfois longues et pénibles vont confronter le sujet aux images du drame.

L' EMDR , apparue en 1987, tente de proposer une alternative aux traitements du stress post-traumatique ainsi que dans d'autres domaines.

Cette technique paraît provenir d'une observation fortuite d'une psychologue américaine, Francine Shapiro.
Elle poursuivit ses recherches et ses résultats semblent confirmer son expérience personnelle. Elle en fit le sujet de thèse de son doctorat.


Comment se déroule une séance avec l' EMDR
A qui s'adresse l' EMDR
Comment expliquer l'efficacité de la méthode EMDR ?
Suite de l'article sur l'EMDR ...
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