Je ne sais pas trop où j'en suis, je ne sais plus ce que je suis, ce que j'ai fait, si j'ai fait quelque chose d'ailleurs... J'ai été abusée sexuellement par un de mes proches et je ne sais pas quoi faire pour m'en sortir, et aujourd'hui je ne me sens pas trop capable d'en parler... Je me demande simplement ce que j'ai pu faire pour qu'il me fasse ça, comment j'ai pu ne rien dire, laisser faire alors que je savais que c'était mal.
Je me demande ce que ej suis, ce qu'il y a en moi qui a provoqué chez lui ce désir coupable, ce désir qui n'aurait pas dû exister... Je me demande à quel point je suis pourrie et pervertie pour en être arrivée là.
J'en ai parlé à deux de mes amies et à qqn qui a vécu la même chose que moi, mais j'ai honte en fait et j'ai tellement peur d'embêter mon monde avec ces horreurs...
Je n'en ai pas parlé à ma mère ni à mon fiancé ni a personne de ma famille et bien sûr pas porté plainte, parce que ... j'ai peur de tout et comme je l'ai déjà dit je ne sais plus où j'en suis et ce que je dois faire...
Je vous laisse, c'est idiot ce que je fait, c'est idiot ce que je dis...
Bonjour Farcry et bienvenue dans le forum,
Tu n'as pas à te culpabiliser sur les raisons qui ont poussé ton agresseur à abuser de ta confiance, et te manquer de respect sans aucun état d'âme, aucun remord.
Ces raisons ne dépendent pas de toi, mais de lui, qui a surement déjà opéré de la même manière sur d'autres enfants.
La grande majorité des victimes de viols : enfants, ados, ou adultes, se retrouve avec le même sentiment de culpabilité. Pourquoi, ne pas s'être échappé ou débattu. Tout simplement, que nous évaluons très vite ce qui va se passer, que nous sommes en danger, et nous savons tous, que notre petite poid ou notre force physique ne suffirons pas à nous défendre et nous échapper, pour sortir indemne de cette situation qui se présente. Alors, dans la logique de minimiser les dégats, nous adoptons instinctivement, la même attitude qu'un animal traqué, par plus fort que lui physiquement, qui se laisse capturer ne voyant pas d'autres issues.
Les violeurs, ne s'attaquent jamais à plus forts qu'eux physiquement. Je t'assure, que lorsque je me suis retrouvée dans une situation de viol, je regrettais de ne pas connaitre le kung fu. J'aurai maîtrisé mon agresseur.
Hélas, ce ne fut pas le cas.
Tu n'as pas à avoir honte, d'en parler, mais il faut choisir les gens à qui tu peux en parler, car tous ne sont pas réceptifs pour recevoir un tel témoignage, qui, souvent embarrasse. C'est comme ci tu annonçais que tu avais une maladie incurable et transmissible, ou, que tu as trois mains au lieu de deux.
Ici, tu peux t'exprimer en toute confiance, mais en préservant ton anonymat.
Bisous A bientôt de te lire
Bonsoir Farcry,
tu ne dois pas te sentir coupable, si quelqu un a abusé de toi, tu es innocente, et c est justement pour ça qu on t a abusée...
Ensuite tu n ennuie personne avec ton témoignage, car il faut aider les autres quand on peut, surtout des gens comme nous qui savent ce que c est d avoir mal...
:?
Tu ne dois pas avoir honte d en parler, mais considérer celà comme un progrès...certaines victimes mettent des années ou n en parlent jamais...
En tout cas, courage à toi, et à bientôt :) si tu veux reparler n hésite pas, ici tout le monde t écoutera :wink:
Bonjour et merci de m'avoir répondu. Le problème, c'est que justement je ne me suis pas retrouvée dans un rapport de force, face à la violence mais face à la manipulation. Je ne me suis pas rendu compte de ce qui m'arrivait, qu'il allait toujours plus loin... Je n'aimais pas ce qui se passait mais il me disait que c'était normal, que tout le monde faisait ça, qu'il faisait ça pour m'apprendre ce que c'était pour que je ne sois pas bête plus tard avec celui que j'aimerai... Et je l'ai cru. Dans une situation d'abus avec violence ou menaces, on n'est peut-être pas coupable mais moi je l'ai cru et j'ai accepté ce qui se passait jusqu'à il y a un an ou deux... c'est seulement là que j'ai compris que ce qui se passait n'était pas normal et que ça me faisait souffrir. Mais je m'en veux terriblement parce que j'ai laissé faire pendant tellement d'années... Je dis que c'est depuis que j'ai 13 ans mais en fait c'était déjà avant et je ne me souviens même pas quand ça a commencé... J'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec ça :oops:
J'ai peur parce que je me retrouve enfermée dans ma propre tête et dans mon corps dont je ne sais plus quoi faire... Je ne sais plus rien du tout, est-ce que je dois le dénoncer ou pas? Est-ce que j'ai le droit de prendre le risque de détruire ma famille juste parce que moi je n'accepte plus une situation horrible à laquelle j'ai largement contrubué? Est-ce que je peux, comme ça, tout démolir autour de moi juste pour moi?
Une phrase que tu as dite, Laurine, me remplit de terreur "Ces raisons ne dépendent pas de toi, mais de lui, qui a surement déjà opéré de la même manière sur d'autres enfants. "
Elle me fait peur parce que j'y ai déjà pensé. J'ai déjà pensé que je n'étais pas la seule. Et j'ai une petite soeur et des cousines très jeunes. J'ai peur pour elles. S'il leur arrive quelque chose je meurs... parce que ça sera de ma faute. Si je le dénonçais, ça n'arriverait pas... et si je ne le fais pas et qu'il les attaque, ce sera un peu de ma faute...
Le problème c'est que cet homme qui est de ma famille est beaucoup aimé et respecté et il sait bien manipuler tout le monde pour que tous croient qu'il est un homme génial alors que c'est une pourriture...
Bonjour Farcry,
Tu as bien fait de souligner que c'est de manipulation mentale qu'il s'agit dans le cas d'inceste et viols à répétition. Et, je t'en remercie, car, cela m'a fait réfléchir et faire des recherches sur le net pour trouver un ouvrage ou une étude sérieuse pour te faire prendre conscience que tu n'est en rien responsable de ce qui t'arrive depuis le début.
Tu trouveras ci dessous, à la suite de mon message, les extraits du livre de Gérarld Brassine, dont le titre est "Prévenir, détecter, et gérer LES ABUS SEXUELS subit sur les enfants".
Tu trouveras dans le lien suivant la Présentation du Livre :
http://www.artema.be/abus-sexuels/livre.htm
J'espère que cet extrait te permettra de reprendre un peu confiance en toi, et t'aidera à te préparer doucement à dénoncer la situation que tu subit depuis tant d'années.
Aujourd'hui, tu réalises que cette situation est anormale et tu n'acceptes plus de subir. Oui, tu es en droit de dénoncer ton agresseur, peut importe comment ta famille réagira face à cette terrible réalité.
Le devoir de ta famille est de te soutenir et t'aider, hélas, souvent, elle tourne le dos car elle refuse d'accepter la réalité.
C'est le meilleur moyen de stopper l'horreur que TOI et peut etre d'autre enfants subissent.
Oui, tu as le droit comme tous les enfants abusés par des adultes malveillants, de faire éclater la vérité pour sauver ta peau et celle d'autres victimes, puisque personne dans ta famille ne s'en soucie.
Sache qu'ici, tu auras notre soutien, pour t'aider dans tes démarches.
Tu trouveras dans le lien suivant, l'extrait du livre qui peut en aider plus d'un ou une, à se reconstruire :
http://rayondesoleil.mmorpgs.info/forums/viewtopic.php?p=10383#10383
Surtout, n'hésite pas de venir dans le forum
A bientôt de te lire Laurine
Bonjour Laurine,
Je tenais à te remercier pour les extraits que tu viens de mettre en effet je pense que ça va aider beaucoup de victimes.
Je vais essayer de me procurer ce livre qui me parraît très interessant.
Merci pour tout ce que tu fais.
Je t'embrasse
Martine
Coucou Farcry,
Comment vas tu ? Es tu en danger ? Ton agresseur abuse t-il toujours de toi ?
Dans le cas ou tu te sent prête de partir et porter plainte.
La première démarche à faire et la seule, est d'aller porter plainte au commissariat ou mieux à la brigade des mineurs.
Pour connaître l'adresse, la plus proche de chez toi, tu peux téléphoner à :
ENFANCE ET PARTAGE qui existe pour répondre à tous les enfants mineurs, mais aussi aux jeunes adultes en danger comme toi, et vous écouter, vous permettre de parler de vos souffrances et surtout pour vous aider. Tu peux les appeler juste pour te renseigner sans laisser ton nom et ton adresse. Il suffit que tu leur précise que tu souhaite rester anonyme pour le moment. Ils répondront à toutes les questions que tu peux te poser, à tes craintes, et t'expliquer ce que tu peux faire, pour te sortir de ta situation :
Au Numéro Vert, 0800.05.1.2.3.4
http://www.enfance-et-partage.org/
Demande leurs de te donner l'adresse du commissariat ou de la brigade des mineurs où tu peux porter plainte. Ils t'aideront et te soutiendront dans tes démarches. Tous ce que tu diras resteras confidentiel et si tu le demandes, ton anonymat sera préservé.
Le numéro vert est gratuit (celui qui appelle ne paie pas la communication et peut rester anonyme), ainsi les enfants peuvent appeler même s'ils n'ont pas d'argent, d'une cabine téléphonique, d'un portable et de n'importe quel téléphone fixe, le numéro n'apparaît pas sur les factures.
Important, si tu téléphone d'un portable efface le ou les numéros que tu as composé si tu ne veux pas qu'ils apparaissent . Si tu téléphone d'un fixe dès que tu raccroches, appuie sur la touche bis puis sur la touche efface ou n'importe quelle touche numéroté (le dernier numéro composé s'efface).
Surtout, donne nous de tes nouvelles et n'hésite pas à te confier dans ce forum.
Où en es tu ?
Bisous Laurine
Merci Martine pour ton message d'encouragement Bisous
Farcry, tu n'es pas coupable. Cette personne t'a manipule psychologiquement. Ne t'en veux pas, tu n'as pas a avoir honte. Tu n'as rien fait pour susciter ce desir malsain. C'est l'abuseur qui est pervers et coupable. Il n'y a pas d'excuse pour abuser une autre personne.
Bonjour!
Désolée pour ma longue absence mais je ne peux pas venir souvent...
Merci pour vos réponses et pour votre aide ainsi que pour les renseignements. Malheureusement je n'ai pas le courage de partir et encore moins de porter plainte, j'ai tellement peur de briser ma famille et tout ce qu'il y a autour de moi... Je m'en veux terriblement malgré vous tous qui me dites que ce n'est pas ma faute parce que je ne peux pas m'empêcher de penser que 'jai participé à ça... que je l'ai accepté et même défendu pendant des années et qu'encore maintenant je le protège vu que je ne dis rien...
J'ai l'impression de mourir à petit feu et je lui en veux autant que jem'en veux, et je ne sais pas quoi faire pour m'en sortir. JE ne saurais pas dire si je suis en danger ou pas... la dernière fois c'était il y a quelques mois et j'ai l'impression que c'est fini mais je ne sais pas... et j'ai toujours l'impression qu'il n'attend qu'une occasion d'être seul avec moi...
Je suis majeure maintenant et je vais avoir 20 ans et pourtant je suis toujours incapable de lui dire non, de lui résister... de faire quelque chose pour casser le cercle. Je m'en veux d'autant plus que j'ai un petit ami depuis plusieurs années et j'ai l'impression de le tromper.
Merci à vous tous, à très bientôt
Bonjour Farcry,
Depuis ton plus jeune age, alors que tu n'étais qu'une enfant, il faut que tu comprennes Farcry, qu'il t'était impossible de comprendre à ce moment là que ce que t'imposait ton agresseur, était interdit, puisqu'il t'affirmait le contraire tout en utilisant les méthodes de manipulation affectives, pour gagner ta confiance et surtout ton silence.
Il n'y a pas d'inceste heureux Farcry, l'inceste est toujours subit par l'enfant, qui ne trouve généralement pas d'issue à cette situation. Lorsque tu dis que tu as accepté cette situation et même défendu, et, que tu protèges toujours ton agresseur en gardant le silence, cela démontre à quel point tu as été conditionnée dès ton plus jeune âge, et combien il est difficile de se libérer de cette emprise qu'a sur toi ton agresseur, tant que l'on reste prisonnier d'un tel secret.
Je veux dire par là, que tant que ce secret restera en toi, tu ne pourras pas te libérer de cette emprise qu'a sur toi ce violeur d'enfant. Une fois ce secret dévoilé, ton agresseur, n'aura plus aucun pouvoir sur toi. Mais, il te faudra suivre une thérapie, pour arriver à te libérer de toutes ces années de souffrances que tu as du subir.
Heureusement qu'aujourd'hui, tu as bien conscience, et surtout depuis ta majorité, que tout ce que tu as vécu, n'aurait pas du arriver. Je sens bien à travers tes messages, que tu aimerais le dénoncer mais,
Le problème qui se pose à toi, c'est que cet homme qui est de ta famille, est beaucoup aimé et respecté et il sait bien manipuler tout le monde pour que tous croient qu'il est un homme génial alors que c'est une pourriture... C'est toi qui le dit Farcry, alors tu vois bien que tu n'accepte pas en réalité cette situation, que tu ne le protège pas et ne le défend pas, mais que sa notoriété et l'opinion qu'a de lui l'ensemble de ta famille, t'empêchent d'agir naturellement, comme tu l'aurais fait probablement, si tu avais senti lorsque tu était enfant, qu'il était possible d'en parler à tes parents qui sont sensés te protéger contre ce genre d'individu infâme.
Puisque tu as la majorité, il t'est possible d'aller voir un psy sans l'autorisation de tes parents, c'est le premier pas à faire, en attendant que tu sois prête à porter plainte. Et même si tu ne comptes pas dénoncer ton agresseur, il est très important que tu prennes soins de toi, que tu consultes régulièrement un psy, qui saura t'aider à ne plus être sous l'emprise de ce monstre qui s'imagine qu'il peut faire ce qu'il veut de ta personne.
Est-ce que tu as pensé à entamer une thérapie ? Je suis prête à t'aider à préparer tes premières séances en te conseillant via le forum ou en mp si tu préfère plus de discrétion.
Qu'en penses tu ?
A bientôt de te lire Sincèrement Laurine
Bonjour laurine,
Merci pour ta réponse et merci pour l'aide que tu me proposes. J'ai bein conscience de tout ce que tu me dis, et je sais que cette situation ne peut plus durer, mais je ne sais pas quoi faire... Oui je continue à le défendre, mais simplement parce que je suis terrorisée à l'idée que tout ce qui existe autour de moi pourrait exploser par ma faute, et parce que je ne veux plus jamais voir la douleur sur le visage de ma mère. Parce que si reconstruire ma vie veut dire briser la peine, ce n'est pas la peine. Je veux bien faire le sacrifice de ma vie si c'est pour la protéger, parce que de toute façon ma vie est déjà détruite... Et c'est justement là qu'est le problème, je n'arrive pas à me faire à l'idée que, peut-être, je pourrai avoir un jour une vie à moi, une vie "normale".
J'ai déjà pensé à suivre une thérapie mais je ne suis pas sûre de le vouloir ou d'avoir le courage de le faire... je ne sais pas, à vrai dire je ne sais pas grand chose dans ma vie
Tu vois à quel point je suis morte?
Bonjour Farcry,
Tu dis dans ton dernier message, que tu ne veux plus jamais voir la douleur sur le visage de ta mère.
Que lui est il arrivé, pour que sont visage exprime cette douleur qui t'a tant marquée. Quelle en est la cause ?
Veux tu en parler ? surtout tu n'y es pas obligée, mais peut être que cela pourra te libérer, de laisser ici, un peu de ta douleur. Je pourrais mieux comprendre ton désarrois.
Surtout n'hésite pas, à dire ce qui te ronges, seulement si tu le veux.
Prend soin de toi
A bientot de te lire Sincèrement Laurine
bonjour laurine,
La douleur qui m'a tant marquée chez elle... Il y a quelques temps je n'ai plus pu supporter tout ce qui m'arrivait et j'en ai un peu parlé, c'était quand j'étais encore au lycée... mes profs en ont entendu parler alors j'ai eu peur et au lieu de leur dire ce qui m'arrivait, j'ai inventé une histoire, pour leur dire que je n'en pouvais plus sans leur dire ce qui se passait réellement. Et le lycée a convoqué ma mère, et lui ont dit ce que j'avais raconté. Déjà à ce moment là j'ai vu la douleur qu'elle ressentait et je m'en suis voulue, ça a creusé un fossé entre nous parce que nous n'avons jamais été proches mais elle m'en a voulu d'en avoir parlé à des personnes extérieures avant elle, et elle s'est repliée sur sa douleur... enfin je passe les détails qui n'ont pas tant d'importance. Toujours est-il qu'il y a une semaine on s'est disputées et elle en a reparlé, et j'ai vu la même douleur sur son visage... C'est pourquoi lui dire la vérité aujourd'hui me semble impossible, lui dire que je lui ai menti et que la réalité est bien pire, bien plus sordide...
Je ne la crois pas de taille à supporter la réalité, et je ne la crois pas de taille à se battre pour me défendre, à se battre parce que si je lui dis tout ce qui s'est passé sa vie sera détruite au même titre que la mienne. Et surtout, je ne veux pas prendre ce risque.
Ce qui me ronge c'est de savoir que tout ça est en train de me tuer doucement mais sûrement et que la seule personne qui peut changer quelque chose, la seule personne par qui tout passe, est incapable d'y faire quoi que ce soit. C'est de penser à ce silence qui m'étouffe et que pourtant je garde pour la protéger, elle qui n'est pas capable de me protéger.
J'en ai assez de penser qu'il n'y a personne autour de moi, que quoi que je fasse, quoi que je pense, je serai toujours seule avec mon désarroi, à cause de ce foutu secret
Merci beaucoup laurine de me répondre comme tu le fais, à bientôt
Bonjour Fracry,
Qu'est ce qui fait que ta mère n'a jamais été proche de toi ? est elle proche de ta petite sœur ? as-tu un ou des frères ? Et ton père, tu n'en parles pas, comment tient-il son rôle de père ? Est ce que leur situation professionnelle empêchent tes parents d'être présent et ou disponible pour leurs enfants ?
Dans quelle ambiance familiale as-tu grandit ?
Et ton agresseur, qui est-il ? un oncle, un cousin ? autre ? est-il marié ? a-t-il des enfants ?
Crois tu vraiment que ton agresseur qui est aimé et respecté par ta famille le soit toujours autant lorsque l'ensemble de ta famille découvrira son vrai visage ?
Le fait que tu donnes plus de détail sur le climat familial dans lequel tu évolue, te permets de te libérer un peu de ce poids du silence et m'aide à y voir plus clair pour mieux t'aider à supporter la situation compliquée, dans laquelle tu te trouves en ce moment.
En faisant le point sur tout ce qui te préoccupe et t'empêche de dénoncer ton agresseur, nous pourrons peut être trouver une solution adaptée à ta situation et alléger ainsi, ton fardeau.
Le fait d'exprimer tes inquiétudes dans le forum, ne peut pas aggraver ta situation.
J'espère que tu vas bien ou mieux
A bientôt de te lire Sincèrement laurine
Bonjour laurine
J'espère avoir le temps de répondre à tes questions tt de suite, si tel n'est pas le cas je complèterai plus tard... Je ne sais pas ce qui fait que je ne suis pas proche de ma mère, je connais certains facteurs venant de moi mais je ne sais rien de ce qu'il en est pour elle... Ce que je sais, c'est que quand mon grand-père est mort, j'avias 8 ans, j'ai décidé de ne plus aimer les gens proches de moi parce que c'était trop douloureux de les perdre, alors je me suis éloignées de tout le monde, et il me semble qu'on m'a laissée faire... Puis à l'adolescence avec ce qui m'est arrivé je me suis de plus en plus coupée du monde, et j'avais l'impression que quoi que je dise à ma mère je me ferais disputer, ce serait de ma faute... Tout ça est assez flou pour moi même si j'y réfléchis beaucoup.
Mon père... est en fait mon agresseur c'est pourquoi je ne parle pas que lui en tant que père, que je n'en parle pas du tout en fait... Il donne l'apparence d'un bon père mais en fait...
Ma famille est ce qu'on pourrait appeler "conservatrice" au sens où on ne parle pas de sexualité, l'inceste est inconnu et les agressions d'enfants, évidemment sont méconnues, taboues et n'arrivent qu'aux autres.
J'ai eu une petite enfance en or, vraiment, parce que j'était très proche de mon grand père qui était pour moi comme un père, parce que pour des raisons professionelles je ne le voyais que très peu... J'ai reçu beaucoup d'amour, jusqu'à ce que je décide de me couper du monde. Puis il m'est arrivé "ça" et ce secret a achevé de me couper des autres. Je n'ai pas à me plaindre de mon enfance, je crois, et à vrai dire je ne sais pas trop quoi te répondre parce que j'ai un excellent souvenir de mon enfance.
Enfin, mis à part ces cauchemars que je fais de tps en tps, où je me vois enfant avec un homme, qui me fait ce que, plus tard, "l'autre" m'a fait... Mais je ne sais pas si c'est la réalité ou pas...
Merci pour tes réponses et merci de chercher à m'aider comme tu le fais, je pense avoir répondu plus ou moins à tes questions mais je ne suis pas sûre de ne rien avoir oublié...
A très bientôt
Il s'agit de ton grand père maternel ou paternel ?
Si j'ai bien compris, lorsque tu étais enfant, tu voyais régulièrement ton grand père, et rarement ton père qui était très pris par son activité professionnelle ?
Tes parents forment ils un couple unis ? sont ils très proches l'un de l'autre ? se parlent ils, ou s'évitent il ? Ton père a-t-il beaucoup d'influence sur ta mère ?
Comment imagine tu exactement que ta famille (grands parents, oncles tantes, cousins cousines, amis) réagira dans l'ensemble si tu portais plainte ? comment réagira ta mère ? Explique comment tu les vois se comporter une fois qu'ils apprendront que ton père a abusé de toi sexuellement ?
Crois tu que ton agresseur qui est aimé et respecté par ta famille le soit toujours autant lorsque l'ensemble de ta famille découvrira son vrai visage ?
Es tu étudiante ? si oui, pour combien d'années encore ? Simplement pour savoir combien d'années il te reste à dépendre de tes parents pour tes études, avant d'entamer une vie professionnelle ?
Tu habites chez tes parents, ou avec ton ami ? Ton ami, est il d'un bon soutien pour toi ? j'imagine qu'il ne sait rien de ton calvaire ? Pourra t-il te soutenir s'il apprenait la vérité ?
As-tu une amie sur laquelle tu peux compter pour te soutenir ?
Pour les cauchemars qui se répètent souvent, où tu te vois enfant, avec un homme qui abuse de toi sexuellement, sais tu si cet homme est de ta famille ?
Si certaines de mes questions t'embarrassent, tu n'es pas obligée d'y répondre. Tu peux t'aider de tes messages postés dans le forum pour rédiger ton récit détaillé que je te conseille de faire plus haut.
A bientôt de te lire et bon week end
Sincèrement Laurine
Bonjour! Il s'agit de mon grand-père maternel. Je ne connais pas la famille de mon père car il n'ont pas accepté son mariage avec ma mère et il a rompu les ponts avec eux. Je voyais très souvent les parents de ma mère parce que par commodité, comme mes deux parents travaillaient, je restais chez eux toute la journée, ils s'occupaient de moi, de mes devoirs, de me faire manger... J'étais toujours avec mon grand-père, j'avais énormément de mal à le quitter. Mes parents forment un couple uni en apparence et en société mais à la maison la plupart du temps ils s'ignorent, ne se parlent pas beaucoup et ne se donnent quasiment jamais de marques d'affection. A tel point que je me suis souvent demandé s'ils n'allaient pas divorcer, ou bien ils attendaient que ma soeur et moi soyons installées... mon père, en revanche, a beaucoup d'influence sur ma mère parce qu'il se sert de sa "culture" et de son "expérience" pour "l'aider à s'orienter" (c'est ce qu'il dit).
A mon avis, ma famille réagira très mal, je pense même que la plupart éviteront le sujet ou diront que ce n'est pas vrai que je l'ai inventé... Cela dit je pense que ma grand mère me croira et sera derrière moi, au moins elle me soutiendra au fond d'elle, mais le problème c'est que la plupart du temps quand j'ai un problème elle se juge trop vieille pour rentrer dans mes histoires... C'est déjà comme ça qu'elle a réagi il y a quelques années et ça ne va pas en s'arrangeant. A mon avis, d'une façon générale, les gens de ma famille, qu'ils me croient ou pas, prendront leurs distances par rapport à moi et mon père, pour éviter d'avoir à rentrer là-dedans
Je vis avec mes parents, ce qui rend ma situation d'autant plus difficile, et j'ai une petite soeur comme je l'ai déjà dit, dont ma mère est très proche parce qu "elle au moins me parle, me raconte des choses et je peux avoir confiance en elle". Je ne comprends pas pourquoi ma mère a cette attitude à notre égard, et nous venons encore de nous disputer à cause de ça... Je l'ai toujours entendu dire qu'elle n'avait plus confiance en moi, que je l'avais trahie ou que je lui faisais honte. Et je ne sais même pas pourquoi. Elle dit simplement que je me moque d'elle, que je ne prends que le matériel et ne lui parle pas, ce qui n'est pas totalement faux comme je l'ai déjà dit...
Je terminerai plus tard
A bientôt
Vraiment, merci Farcry de ta participation, ce n'est pas toujours évident de répondre à tant de questions d'un seul coup, même si on sait que c'est nécessaire de mettre tout à plat pour y voir plus clair et gérer au mieux par la suite, la situation qui se présente.
Fais à ton rythme, c'est le mieux. Et s'il y a des souvenirs qui te viennent et que tu souhaites exprimer, ne t'en prive pas. Dis comme ça vient.
A bientôt de te lire Laurine
Merci à toi laurine de m'aider comme tu le fais, il est vrai que ce n'est pas facile, mais je me sens tellement perdue, j'ai tant besoin d'aide...
Comme je te le disais, je suis étudiante pour encore au moins deux ans. Donc il est à peu près certain que je suis chez mes parents pour encore cette période. De plus, je suis pressée de partir mais en même temps j'ai tellement peur pour ma petite soeur que je resterais bien jusqu'à ce qu'elle aussi prenne son indépendance... Ce que je ne ferai pas parce que d'abord elle a 6 ans de moins que moi donc ça risque de durer encore longtemps puis parce que je pense qu'à travers nos discussions elle a pu comprendre des choses que j'ignorais à son âge. Par exemple elle sait que mon père est un manipulateur est très souvent lorsque nous parlons elle décrypte ce qu'il dit et dit à quel point elle le trouve horrible quand il essaie de manipuler tout le monde comme ça... Donc je la crois capable de faire face si une situation de ce genre se présente. Enfin j'espère....
Mon fiancé ne sait rien de tout ça, en fait, il sait qu'il s'est passé quelque chose qui m'a traumatisée, mais je lui ai dit que ça n'était arrivé qu'une fois et je ne lui ai jamais dit qui l'avait fait donc il en a déduit que c'était un inconnu... :oops: Je lui ai dit ça simplement parce qu'à l'époque je rencontrais de gros blocages, par exemple je ne supportais pas qu'il soit derrière moi et il ne comprenait pas pourquoi je le "repoussais" ou pourquoi je ne voulais pas aller plus loin avec lui, pourquoi je pleurais tout le temps... Je le lui ai dit pour justifier mon malaise sans avoir à lui dire une vérité qui, pour moi, détruirait tout.
Cependant, je pense qu'il serait un bon soutien pour moi. Dans un premier temps, il serait choqué et je crois blessé que je lui aie caché la vérité pendant tant de temps, mais ça ne durerait pas et après il m'aiderait. Mais j'ai peur quand même qu'il m'en veuille de lui avoir menti, et surtout qu'il m'en veuille parce que, même alors que j'étais avec lui, "l'autre" continuait : qu'il ait l'impression que je l'ai trompé ou que je suis sale comme moi je me vois.
Je crois que ce que je dis est un peu confus, j'espère que tu comprends ce que je veux dire...
Pour ce cauchemar que je fais, je ne sais pas qui est la personne parce que je ne la vois pas... je sais que je suis enfant et à mon avis c'est quelqu'un de ma famille parce que je suis chez moi dans ma chambre. En même temps peut-être que j'exagère et que je ne fais que revoir ce qui s'est passé plus tard, mais c'est bizarre parce que dans ce cauchemar j'ai vraiment l'impression d'avoir 8-9 ans...
Je pense avoir répondu à toutes tes questions.
A très bientôt, et merci beaucoup
Bonjour tout le monde,
Je ne sais pas pour vous mais pour moi aujourd'hui est encore une mauvaise journée... Une journée où je ne sais plus qui est quoi, qui est coupable et qui ne l'est pas... Je ne sais plus quoi faire. J'ai à la fois besoin de vider mon sac et de garder tout ce poids sur mes épaules pour éviter une catastrophe plus grande encore. J'ai peur de laisser passer ma chance, de ne jamais pouvoir vivre normalement...
Pardon de vous importuner vous avez sûrement autre chose à penser
A bientôt
Bonsoir Farcry,
Je suis désolée de n'avoir pas donné suite à ton dernier message. J'ai souvent des problèmes de connexions internet en ce moment et je n'arrives pas à avoir au téléphone mon fournisseur d'accès. C'est pourquoi je n'ai pas pu répondre.
Non tu ne me déranges pas du tout Farcry, je veux vraiment te venir en aide.
Comme je te l'ai dis dès le début, dans le cas d'inceste, pour mettre fin immédiatement à cette situation, il faut porter plainte aux commissariat ou mieux, à la brigade des mineurs, qui est organisée pour accueillir les victimes d'inceste et de viol.
C'est la seule solution d'urgence.
En restant dans le milieu familial sans porter plainte, tu reste en danger. Je sais combien, il est difficile pour une victime d'inceste, de prendre cette décision, car son seul soucis généralement est de protéger avant tout, le fragile équilibre de sa famille et ou, ses frères et soeurs plus petits. Mais, il faut bien que tu réalise, que ton père a déjà détruit depuis longtemps, le sens de la famille.
En relisant tous tes messages, j'en déduit que tant que tu étais avec ton grand père, tu étais en sécurité, c'est juste après son décès, entre tes 8 et 9ans qu'à du commencer ton calvaire. Le fait que ton agresseur s'y est pris par la douceur pour abuser de toi, cherchant de cette façon à te convaincre que ce qu'il te faisait subir était normal, ne te rend pas coupable de n'avoir rien dit ou refuser.
Même si pour toi c'était une contrainte, tu l'acceptais par ignorance, car tu as été conditionnée, au fil des ans à croire que ce qu'il te faisait subir, faisait partie de l'éducation. Tu n'avais que la version de ton agresseur, tu ne pouvais pas savoir et comprendre du haut de tes 8,9 et 13ans, qu'il te mentait.
Il ne faut pas que tu perdes de vue, que pendant plusieurs années ce sont répétés ces viols qu'en réalité tu n'acceptais pas. C'est dans le cadre d'un suivi psychologique régulier, que tu pourras te déconditionner et reconnaître enfin que tu as été victime d'un manipulateur et ne plus te sentir coupable.
La solution la plus adaptée à tes craintes, si tu n'es pas prête à porter plainte directement, c'est d'entamer très rapidement un suivi psychologique.
- Il est très important que tu consulte un psy, qui pourra vraiment t'aider et t'accompagner dans tes démarches. Tu pourras lui demander de convoquer ta mère, et de l'informer en douceur en ta présence, de ce que tu as subit. Le psy sera témoin de la réaction de ta mère, et lui conseillera de voir un psy, pour qu'elle puisse exprimer ce qui la dépasse. Le fait que ce soit un psy qui lui annonce ton drame vécu, la fera réagir différemment. Tu pourras ainsi faire la démarche de porter plainte.
Si tu craint ne pas pouvoir parler aux premières séances, écrit un résumé de ce que tu te rappelle avoir subit en prenant soin de garder une copie, et remet le au psy. La copie te permettra de te rappeler au début ce que tu as donner comme infos à ton psy, et tu pourras ainsi gérer tes premières séances.
Dis moi si tu es prête à prendre RV avec un psy ?
- Que s'est il passé lundi Farcry ? J'espère que ton père n'a pas abusé de toi ? Si c'est le cas, il est urgent que tu ailles porter plainte.
Quelle sorte de catastrophe veux tu éviter à ta famille en portant plainte ?
- Peux tu me dire si tu dispose d'un ordi à toi et si tu l'a à portée de main, et si tu peux l'utiliser en permanence ? Je pensais, que tu avais accès à un ordi que le Week end.
- J'aimerai savoir si ta grand mère pourra te recueillir chez elle, dans le cas ou tu portes plainte ?
Je sais qu'elle ne peut pas t'aider à régler ce problème et bien d'autres, mais si elle pouvait juste te recevoir chez elle le temps que tu termines tes études ?
- Peux tu envisager de te confier à ton fiancé, Farcry, à travers une lettre, qui t'aidera à mieux exprimer ensuite en paroles ce lourd secret qui te ronge ? C'est très important pour toi pour lui que tu lui en parle.
- Peux tu envisager d'en parler à ta mère en te faisant aidé d'un psy de préférence, dans ton intérêt ?
Car ainsi, elle ne pourra pas dire que tu ments pour fuire la réalité, et le psy sera témoin de sa réaction et pourra t'aider à surmonter la suite. Farcry, est ce qu'il t'est possible de dire à ta mère que tu as besoin de lui parler d'urgence, que tu as besoin de lui confier, une grande souffrance qui te ronge depuis que ton grand père est dcd.
Pour t'aider, j'ai préparé un petit mot en reprenant des éléments que tu as exprimés dans tes messages, pour rédiger un petit message adressé à ta mère. Je te l'ai envoyé dans ta boîte de mp, dis moi si tu l'as bien reçu et ce que tu en pense. Tu pourras le remettre à ta mère lorsque vous serez toutes les deux en entretien avec le psy ?
Crois tu vraiment que ta mère n'est pas de taille à se battre pour te défendre, si tu lui dis tout ce qui s'est passé ? Qu'est ce qui te donne la certitude que sa vie sera détruite ? Est elle aussi fragile que tu le penses ?
N'a-t-elle jamais du affronter de grosses difficultés, dans sa vie ? ne serait ce que dans sa vie conjugale ?
T'es t-il possible de téléphoner d'un fixe sans que personne de ta famille n'écoute la conversation ? Autrement tu peux appeler d'un portable, la communication est également gratuite.
A défaut de porter plainte, et quand personne sur le forum, faut vraiment que tu fasse la démarche de téléphoner à Enfance et partage 0800.05.1.2.3.4 ou au 119 pour simplement exprimer par la parole ce que tu vis en ce moment.
Précise que tu ne souhaites pas donner ton identité et ton adresse, que tu viens juste te renseigner et parler de ce que tu subit depuis tant d'années.
Le soir, il est souvent difficile de les avoir, car les appels sont nombreux, il faut tout de même essayer. Autrement, essaye de leur téléphoner en journée, ils y a moins d'appels.
j'attends de tes nouvelles pense à toi et protège toi
Bonjour laurine
Pardon de ne pas avoir répondu avant mais je n'ai pas accès à internet régulièrement... J'ai un ordinateur chez moi mais je l'utilise que très rarement, en fait seulement quand mes parents ne sont pas là ce qui n'arrive pas souvent... mais j'ai un accès à internet à l'université où je suis cela dit en ce moment ils ont des problèmes de connexion....
Ce qui s'est passé lundi, c'est ce qui se passe souvent dans ma tête... Par moments je ne peux pas empêcher les souvenirs de remonter, et ça me déprime terriblement, je perds pied et je dis n'importe quoi... Il ne s'est rien passé de très grave, seulement ça...
Je n'ai pas reçu le mot dont tu me parles, je ne sais pas pourquoi??
Demain je me retrouve seule avec "lui" pour la première fois depuis dse mois et je ne peux rien faire pour l'éviter j'ai donc un peu peur mais en même temps j'ai l'impression que quelque chose a changé pendant les vacances, je ne sais pas ... Je verrai bien de toute façon mais j'ai peur de cette confrontation et j'ai peur qu'il essaie de faire quelque chose, de ne pas avoir la force ou le courage de le repousser.
Je ne me sens pas prête à prendre rendez-vous chez un psy et encore moins à porter plainte, je ne me sens capable de rien faire en fait. J'ai à la fois envie et peur que les choses bougent, envie d'aller mieux et peur de ce que j'appelle une catastrophe, peur de tout révéler et me retrouver seule. Par seule je veux dire sans ma mère parce que s'il est vrai que je n'ai jamais été vraiment proche d'elle, pour ça j'ai désespérément besoin d'elle. J'ai l'impression que mon avenir est bouché parce que je suis constamment bloquée par mes peurs....
Je peux envisager de parler à mon fiancé, d'ailleurs je le ferais si je n'avais pas aussi peur de sa réaction. Mais je le ferai un jour parce que ça me ronge de vivre comme ça dans le mensonge. Pour ce qui est de ma grand-mère, elle pourrait m'accueillir chez elle, en fait c'est presque le cas parce que je dors (et vis) très souvent chez elle, vu que je suis chez elle depuis toute petite, mes parents ne trouvent rien à redire à ce que je dorme chez elle une ou deux fois par semaine quand je vais en cours et tout le temps quand je suis en vacances... Donc, évidemment je pourrais vivre chez elle...
Le problème, Laurine, c'est cette peur dont je n'arrive pas à me défaire, parce que malgré tout je ne peux pas m'empêcher de douter, de me demander si ce n'est pas moi qui en fais trop, si tout compte fait, comme j'ai très longtemps vécu avec ça, ce ne serait pas normal, si j'ai le droit de tout bouleverser autour de moi juste parce que je ne supporte plus une situtatino que j'ai longtemps acceptée...
Je suis bloquée par ça et je sais que ça peut durer longtemps, et ça me fait peur, de voir le temps passer et rester coincée avec tous ces secrets et ces peurs en moi.
J'essaierai de téléphoner à ce numéro que tu m'as donné la semaine prochaine de mon portable parce que le téléphone fixe est juste là où tout le monde est...
Je dois y aller, à bientôt, et merci
Bonjour Farcry,
J'espère que rien de grave ne s'est produit, que tu as pu tenir à distance ton agresseur de père ? Je sais que les conseils que je t'ai donnés en mp, ne sont pas si faciles à réaliser quand on est face à son agresseur.
N'hésite pas à venir en parler, si cela t'es possible.
J'ai lu dans plusieurs de tes messages, qu'en journée comme le soir, des scènes de violences sexuelles que tu as subit, te reviennent souvent en mémoire et défilent sous tes yeux. Ce sont ce qu'on appelle des flash back.
Souvent les victimes de violences sexuelles, croient que ce sont elles qui provoquent ces flash back, alors qu'il n'en est rien.
Tu n'as pas à te sentir coupable lorsque tu as des flash back. Ils apparaissent à n'importe quel moment d'une journée, et, c'est indépendant de ta volonté.
Plusieurs années de viols répétés (c'est très, très long), à vivre dans la terreur sans pouvoir imaginer un instant, qu'il est possible de t'échapper, et donc subir à répétition des horreurs que tu n'as même pas pu imaginer, ni souhaiter. A force de vivre, les mêmes scènes, les mêmes gestes, les mêmes violences physiques et mentales, entendre les mêmes discours incohérents, que ce soit par la violence ou la douceur que tu as du subir les déviances sexuelles de ton père, généralement, pour survivre, et, ne voyant pas d'issue, beaucoup d'enfants voire pratiquement tous, finissent par s'abandonner à cette violence.
Dans le site La rage de vivre , tu pourras lire dans la rubrique « Qu'est-ce que l'état de stress post-traumatique ? »
http://perso.orange.fr/laragedevivre/
Il est précisé que le ou les événements traumatiques sont constamment revécus, d'une ou de plusieurs façons. Et tes flashs back que tu revis, sont des souvenirs répétitifs et envahissants de tout ce que tu as subit. Ils provoquent un sentiment de détresse et comprennent des images, des pensées ou des perceptions.
Il est possible aussi, que tu fasses des rêves, du même type que tes flashs back. C'est en parlant avec ton psy, que tu évacueras petit à petit toutes ces images et sensations. Hélas, tu ne t'en débarrasseras pas en quelques séances.
L'idéal, Farcry, c'est que tu arrives à porter plainte.
J'espère avoir de tes nouvelles très bientôt
Sincèrement Laurine
Bonsoir!
Juste un petit message pour dire que je "vais bien", il ne s'est rien passé pour la simple raison qu' "il" est rentré très tard de son travail, bien après ma mère...
Je n'ai pas le temps ce soir je dois partir, je reviendrai bientôt
Peut-être à demain...
Bonsoir!
Aujourd'hui j'ai un peu plus de temps alors je peux écrire un peu plus... et je crois que j' en ai besoin. Encore une fois, ça ne va pas trop, les "flash backs" comme tu les appelles laurine sont de plus en plus fréquents, ils vont de pair avec mon humeur... J'aimerais que ça s'arrête parce que je suis fatiguée de subir ça encore et encore...
Hier j'ai fêté mes 20 ans, ça aurait dû être une belle journée, mais il y a toujours un mais... Le matin de mes anniversaires, depuis plusieurs années, c'est toujours le même, je vais bien... Et plus la journée avance plus je me sens brisée et je finis toujours cette journée déprimée... plus déprimée que jamais. Pourquoi? Parce que ce jour qui marque le "début de ma vie" marque aussi la fois où "lui" a achevé de me détruire. Parce que comme cadeau d'anniversaire, il y a quelques années, parce que je rentrais dans la cour des grands il a commis l'irréparable... Généralement je pense beaucoup à cet après midi passé "en sa compagnie" mais la période de mon anniversaire est pire parce que c'est aussi l'anniversaire de "ça".
Cet après midi je n'en pouvais plus j'ai appelé Enfance et Partage... mais je ne suis pas sûre que ça m'a aidée, et je ne suis pas sûre non plus de recommencer. Parce que quoi que je fasse, quoi que je dise je suis toujours seule et j'ai l'impression que personne ne me comprend, même les gens qui sont là pour m'aider... Je me sens terriblement seule et j'ai énormément besoin de parler, mais comme d'habitude je ne trouve personne et ça me rend malade... J'aurais pu prendre un rdv avec un psychologue mais comme d'habitude je me suis défilée, j'ai fui devant la difficulté et au fond j'ai même un peu honte d'avoir téléphoné parce que j'ai fait passer son temps à une femme pour rien alors que d'autres en avaient peut-être plus besoin que moi...
Je meurs mais l'écrire et le lire sur l'écran de mon ordinateur n'y change rien. J'ai à la fois envie et peur de parler, envie et peur de porter plainte, d'affronter ma famille, de devoir raconter, d'avoir à affronter mes propres souvenirs...
Au fond c'est tellement facile de continuer à fuir...
En soufflant mes bougies hier j'ai souhaité trouver le courage pendant l'année de le dénoncer, de dire ce qu'il m'a fait... j'allais écrire ce que nous avons fait parce que je ne peux pas me défaire de cette idée que je suis, au moins un peu, coupable de ça... parce qu'il ne s'est rien passé avec les autres, Dieu merci, mais ça veut dire que c'est moi le problème... qu'il y a quelque chose en moi qui l'a provoqué. Je sais que n'importe qui m'affirmera le contraire mais je n'arrive pas à ne pas me croire coupable. Et puis la culpabilité me fait tenir le coup je crois, parce que me dire que c'est ma faute me tient "sous tension" alors que me dire que ce n'est pas de ma faute me fait plonger tout droit dans ce fameux trou qui me terrorise... celui où il y a tous mes souvenirs et toute ma peine.
Bon je crois que je vais arrêter là mon roman...
A bientôt
PS: juste une précision, ENFANCE ET PARTAGE est payant quand on appelle d'un portable...
Bonjour Farcry,
Zut, encore des problèmes de connexion internet, enfin, j'espère que les manips que m'a fait faire mon fournisseur d'accès internet, vont l'arranger.
Vraiment, désolée Farcry pour le téléphone portable, c'est juste avec le 119 que le portable est gratuit, je pensais qu'enfance et partage c'était pareil, mais j'ai fais une erreur, j'espère que cela ne te poses pas trop problème.
Veux tu décrire avec précision, ton entretien téléphonique avec enfance et partage ? Quels sont exactement les échanges que tu as eu. Qu'a tu dit ? Que t'a-t-on conseillé ou dit ?
Sinon, pour ton anniversaire, je comprends combien cette journée doit être difficile et te peser. Déjà, quand, la date d'anniversaire du jour ou le drame a commencé approche, cela met la victime dans un état d'angoisse pénible, mais, si, en plus, cette date marque ton jour d'anniversaire, c'est plus que déstabilisant.
Je te souhaite de trouver très rapidement l'élément déclencheur, qui fera qu'enfin, tu arrives à porter plainte pour te libérer de ce fardeau.
Essaye, de mettre à plat (sur feuille blanche) tous les obstacles qui t'empêchent de porter plainte. Cette plainte, qui peut changer en quelques minutes ce cauchemar que tu vis, en une libération.
Réalise que, le pire des cauchemars que tu dois éviter et stopper, c'est celui que tu vis en ce moment, et depuis que ton père a volé ton enfance et ton innocence, il n'y a rien de pire et de plus grave.
La réaction de ta famille sera ce qu'elle sera, et tu dois te préparer à supporter ce passage, qui, te permettra de découvrir, le vrai visage de ceux qui représentent ta famille et qui sont sensés t'aider et t'aimer (je pense surtout à ta mère). Tes oncles, et tes tantes, tes cousines, s'ils ne te croient pas, quelle importance. C'est de ta vie qu'il s'agit, s'en soucie t-ils. Il est temps de découvrir quels sont les ennemis sur lesquels tu ne dois plus compter, et choisir tes amis, les vrais.
Tu as la possibilité d'aller chez ta grand-mère le temps de finir tes études. Si, sur le coup de la vérité, tes relations avec ta mère deviennent difficiles, elles peuvent toutefois s'arranger par la suite. Tant que tu es étudiante, la loi oblige les parents à financer tes études, c'est un droit, pour l'enfant et un devoir pour les parents.
La première séance psy, est gratuite, cela permet de se rendre compte si le psy nous convient. Essaye de prendre RV, avec 2 pour commencer. Le fait d'aller à ces RV ne t'oblige pas, à poursuivre si le psy ne te convient pas.
J'espère que tu vas mieux, penses à prendre soin de TOI.
A bientôt de te lire
Sincèrement Laurine