Bonjour à tout le monde.
Je n'ai jamais osé m'exprimer sur ce qui m'est arrivée il y'a 15ans. Je n'avais que 9ans. Je suis originaire d'un pays d'Afrique où la population est majoritairement musulmane. Moi même je le suis. A l'école, en plus du programme français, on a un professeur de langue arabe, un homme considéré comme sage, devant nous apprendre l'arabe littéraire.
Le professeur que j'avais était un viel homme, barbu, assez sévère.
A chaque fin de cours, il me demandait de rester pour effacer le tableau. C'était l'excuse pour me retenir alors que mes camarades couraient pour rentrer chez eux. Alors aprés que le tableau soit propre, il me tirait à côté de lui, et commençait à carresser mon corps d'enfant.
Je ne me rappelle pas avoir déjà été pénétré sexuellement par cet homme, mais je me rappelle de sa main qu'il mettait dans ma culotte, il essayer de me mettre un doigt tout en me demandant de ne rien dire chez moi, au cas contraire, il me promettait de me corriger.
Aprés avoir eu ce qu'il voulait, il me glissait dans la main une piece de quelque centimes.
En dehors de l'école, je me débarassait de la pièce pour qu'on ne me questionne pas sur son origine, et je courais vite sous la douche dés que j'arrivais à la maison.
Un jour, le fameux jour où je suis sure que seule le bon Dieu aurait pu intervenir et est intervenu, cet ignoble homme, respecté de tous car détenant la bonne parole, me demanda de rester (comme d'habitude). J'avais passé la nuit en me disant que ce jour allait être le dernier où il m'utiliserait à des fins salaces. Je sortis de la classe en lui criant que j'allais tout raconter à mes parents.
Il me promit de me corriger le lendemain si je ne revenais pas.
Je ne tins pas ma parole, de tout raconter; mais lui a bien tenu la sienne, car il m'a frappé devant toute la classe et sans raison. Mais à l'époque, je préférait 1000 fois ces coups que ce qu'il faisait subir à mon corps.
J'ai eu un blocage, je ne pouvais rien dire chez moi. Pour moi, c'était de ma faute. On était facilement plus de 50 gamins dans la classe, pourquoi il n'a ciblé que moi?
Je n'ai pu avouer ce calvaire à ma mère que cet été, aprés 15ans. Elle m'a dit à son tour avoir subit la même chose, il y'a surement 50ans et qu'elle n'en avait jamais parlé à quelqu'un avant moi. Elle ne pouvait pas savoir pour moi.
A l'époque, mon père était de trés influent, il aurait pu en un rien de temps faire coffrer ce malade, mais je n'ai rien dit, il n'a rien su.
La sexualité, à cet époque dans mon pays était encore plus tabou qu'aujourd'hui. Tout ce que l'on savait, on l'apprenait à l'école ou de la bouche de nos copines. Pratiquement rien de nos maman, surtout à 9ans.
Les conséquences de ce traumatismes grandissent au jour le jour.
Aujourd'hui, j'ai 24ans, et j'ai plus peur des hommes qu'il y'a 10ans.
Je ne suis jamais sortie avec un homme plus de 3mois (peut être même 1mois).
je suis encore vierge, même si c'est une décisison personnelle. Mais ne serait ce qu'une déclaration d'amour, pourait provoquer chez moi un malaise. Je suis restée trois jours au lit parcequ'un ami m'avait avoué qu'il était amoureux de moi. Je fuis la présence des hommes. Les rares fois où je me suis engagée avec quelqu'un, j'y allais avec la convictaion ferme que ça ne marcherait pas. Si c'était le cas contraire j'aurais refusé de sortir avec lui.
Je n'ai pas revu mon agresseur depuis, mais j'ai porté sur ma tête le lourd fardeau de tous ces enfants aprés moi, qu'il a pu agressé à cause de mon silence.
Aujourd'hui, je n'ai aucune preuve pour l'amener en justice, et en plus depuis 4 ans maintenant, je ne vis plus dans mon pays.
Je suis venu sur ce site pour trouver un rayon de soleil, et pour oser dire que je n'ai osé raconter depuis tout ce temps.
Merci à tous
Bonjour Lia,
Ce qui t'es arrivé est hélas terrible et, très courant. Le témoignage de ta mère qui a subit les mêmes violences sexuelles, en dit long sur ce silence qui a traversé des générations et, permet à ces pédophiles par les places qu'ils occupent dans la société, souvent à sévir sans être inquiétés le moins du monde, d'être dénoncés.
On sait aujourd'hui, que les pédophiles choisissent principalement, des métiers en rapport avec les enfants. On trouve donc pas mal de médecins, de religieux, de juristes, d'éducateurs, d'instituteurs, de moniteurs (colonies de vacances ou centre de loisirs), profs de sport, etc...
La présence de la preuve, manque souvent à la plainte, mais, s'il y a plusieurs victimes, qui parlent c'est déjà un bon début de preuve.
Pas facile, de vivre avec l'idée que l'on aurait pu porter plainte, mais, dans ton pays, ou la parole de l'enfant n'est pas entendue comme encore il y a quelques années en France, t'aurais ton cru ? A par ta mère qui, a subit le même schéma.
En tout cas, le fait que tu as pu en parler à ta mère et qu'elle ai eu l'ouverture de te dire qu'elle a vécu la même chose, t'a permis de te libérer d'un poids énorme.
As-tu pensé à entamer un thérapie, pour exprimer et, évacuer vers l'extérieur, face à un professionnel de la santé, tout ce qui te pèse.
Bon courage A bientôt de te lire Laurine
Merci de ta réponse Laurine.
En effet, dans mon pays, jusqu'à aujourd'hui, il n'y a aucune loi qui condamne la pédophilie. On est encore à l'époque où on minimise ces choses, on les appelle alors "Attentat à la pudeur".
Je suis pratiquement sure que si j'en avais parlé à l'époque, ça n'aurait servi à rien sur le moment, mais ça aurait pu sauver des enfants.
La première fois que j'ai décidé d'en parler à ma mère, c'était surtout pour qu'elle ouvre les yeux sur mes petites soeurs. Je ne veux pas qu'elle finissent comme moi.
La plus petite a eu ses 14ans tout récemment, et elle est si faible. Je ne veux pas qu'elle termine sa vie à fuir les relations comme je suis entrain de le faire.
Les pédophiles de chez moi sont surtout des vielles personnes qui se cachent derrière la religion. Ils savent surtout le respect qu'on leur accorde en Afrique, ils en profitent.
J'avoue que j'ai déjà pensé en parler avec un spécialiste, mais j'ai aussi peur de découvrir d'autres choses, des choses qu j'ai refoulé de mon esprit par crainte que ça puisse être vrai.
Qui sait, je ne suis peut être plus vierge! je ne saurai jurer le contraire.
Des fois je me dis que j'ai peut être peur de me marier car je ne veux pas que mon mari ne me trouve plus vierge, il ne comprendra pas forcément.
J'ai beaucoup de questions qui me hantent, dont je ne peux hélas trouver de réponses.
A 24ans, je n'ai jamais été voir un gynécologue de peur qu'il m'apprenne que je ne suis pas vierge.
Vous l'aurez surement compris, la virginité est trés importante pour moi, aussi bien sur le plan religieux que sur le plan personnel.
De même, si je devais voir un spécialiste, je n'aurais pas forcément les moyens de payer ses services.
Il faut que je vous dise aussi une chose que je n'ai jamais dit à personne même pas à ma mère. car je n'ai jamais accepté que j'ai pu faire des choses pareilles.
Quand j'étais petite (vers 10ans), mes cousines qui vivaient en France venaient en vacance chez moi. Une de mes cousines a 2ans de mois que moi. Le soir, je la forçait à dormir avec moi, je l'embrassait et la caressait même si elle ne voulait pas. Je me suis retrouver pendant quelques années à jouer le rôle de mon agresseur. Ma cousine est aujourd'hui trés proche de moi, mais je sais qu'elle n'a pas oublié. Je n'ai jamais eu le courage de m'excuser ou de reparler de ce qui s'était passé entre nous.
Pire une autre cousine, beaucoup plus jeune, (la petite soeur de la première), a eu également à subir ces horreurs de ma part. Pareil, on en a jamais reparlé.
Je ne veux pas qu'elles s'en souviennent plus tard et qu'elles me haissent.
Une autre séquelle que cette horreur m'a laissée, je suis souvent sur des sites d'adultes et ça depuis à peut prés 4ans, même si je trouve ça écoeurant.
Pendant un petit moment dans la journée ça devient comme une nécessité. Pour me calmer, il me faut me carresser devant des images pornographiques. Jz peux le faire plus de trois heure au total dans la journée, sinon plus.
Je vis trés mal cette situation et je pense qu'à l'étape où je suis, je suis prête à faire beaucoup pour arriver à maitriser la situation.
Est ce qu'il y'a parmis vous des gens qui comme moi ont eu à faire des vilaines choses suite à leur agression?
Merci de votre aide
Merci Lia de la sincérité de ton message,
Ce qui t'arrive est dramatique, et l'état psychologique dans lequel tu te trouve, nécessite une prise en charge et un suivi thérapeutique régulier.
Les séquelles sont importantes.
Le poids de la religion et des traditions, s'ajoutent au poids du silence qui perturbent gravement ton état psychique de victime de pédophile.
Il me semble, qu'en allant sur les sites à caractères pornographiques, pour te masturber, tu revis inconsciemment les moments de violences sexuelles que t'imposait ce religieux détraqué, comme une punition que tu t'infliges.
Tu dis que, pour te calmer, il te faut te carresser devant des images pornographiques. Mais, pour te calmer de quoi, qu'est ce qui déclenche ce besoin d'aller visualiser ces images ?
Tu dis avoir déjà pensé en parler avec un spécialiste, mais que tu as peur de découvrir d'autres choses, des choses que tu as refoulé de ton esprit par crainte que ça puisse être vrai.
Est-ce le viol que tu aurais refoulé de ton esprit ? Crois tu que la virginité est plus importante que ta santé psychique ?
Tu dis ne pas avoir les ressources nécessaires pour payer un spécialiste, si tu entamais une thérapie.
Es tu étudiante ou salariée ? Tes parents sont sûrement salariés au moins ton père n'ont-ils pas une mutuelle ?
Enfin, je pense sincèrement que tu devrais prendre soin de toi, pour retrouver l'équilibre qui te permettra de te guérir des tes fantômes.
Qu'en penses tu Lia ? n'hésite pas à te libérer ici de ta souffrance.
Courage
A bientôt de te lire Laurine
Je me sens vraiment écoutée et j'ai envie de me libérer.
Je suis étudiante et à côté je travaille pour financer mes études de ce fait, j'ai une mutelle qui pourra peut être me servir.
Quand je vais voir ces sites, j'ai comme une pulsion que je dois assouvir, et tout de suite aprés je regrette de l'avoir fait.
Ceci dit, je peut quand même resté plus d'un mois sans aller sur un site pornographique, par exemple quand j'en ai pas la possibilité. Je pense donc que je ne suis pas une adicte de ces genres d'images.
J'ai une grande peur de découvrir un jour que j'ai bel et bien été violé par cet homme. Mais je suis consciente que pour pouvoir avancer j'aurais besoin de savoir ce qui s'est réellement passé.
J'avoue que je ne suis pas trop aux courants des méthodes que les spécialistes peuvent utiliser pour nouos rammener des années en arrière, mais je suis prête à revivre une dernière fois cet horrible souvenir pour pouvoir démarrer une autre vie.
Merci pour ton écoute
Bonjour Lia,
Pour trouver un centre médico-psychologique ou autre ressource psychothérapeutique, clique sur le département de ton choix (sur la carte qui se trouve dans le lien ci-dessous).
A noter que les consultations en centre médico-psychologique (CMP)
sont gratuites pour tout assuré social.
http://www.sosfemmes.com/ressources/contacts_psys.htm
Autrement, si tu es sur la région parisienne, tu peux joindre le service spécialisé en psychiatrie et psychologie légale, du Dr Roland Coutanceau
Le docteur Coutanceau est directeur du centre médico-psychologique pour adultes de la Garenne-Colombes. Il est responsable d'une consultation spécialisée de prise en charge de victimes et aussi d'auteurs de violences familiales et sexuelles. Il pratique des thérapies individuelles, des thérapies de groupe, des entretiens de couples. Les thérapies sont parfois accompagnées de médicaments anti-hormone mâle.
Il arrive que des hommes et des femmes victimes de viol dans leur enfance ou à l'adolescence, ont, à l'âge adulte des pulsions qu'ils ont du mal à maîtriser, et changent ainsi de partenaire régulièrement sans même aucun sentiment amoureux, ni aucun plaisir.
Ce sont généralement des hommes et des femmes qui n'ont jamais pu dénoncer leur agresseur et parler des violences sexuelles qu'ils ont subit, ou qui n'ont pas été cru ou entendus.
Les consultations psy, permettent de verbaliser cette souffrance, de l'analyser, de comprendre les conséquences de cette violence subit.
De faire ainsi un travail sur soi avec l'aide d'un professionnel de la santé, qui nous permet d'avancer et de nous épanouir.
Le meilleur remède, est la parole face à un thérapeute, formé dans le sujet de l'inceste et la pédophilie.
Si le premier psy que tu consultes ne te conviens pas, va en voir un autre jusqu'à trouver celui qui te conviendra.
N'hésite pas à venir nous parler de tes premières séances, car les souvenirs vont doucement ou brutalement refaire surface, jusqu'à diminuer, au fur et à mesure que tu avances dans ta thérapie.
Si tu as des questions qui te viennent, n'hésites pas, le forum est la pour te soutenir dans ta démarche.
A bientot de te lire
Laurine
merci pour ces coordonnés Laurine. Je pense que j'ai besoin d'aide et je vais pas tarder à en parler à un spécialiste.
Je vous tiens au courant, merci beaucoup.
Que les rayons du soleil retrouvent le chemin de nos coeur :)