Tu es ce gouffre , que rien ne peut combler
ce vide absent en soi , ce vent , ce ventre chaud
qui ne donne qu'au printemps , ou par beau temps
tu es le soleil et la branche , ou je n'ai pu me poser ...
tu es la foule de nos échanges , le ressac des joies
mais aussi la somme des dénis qui t'ont permis
de vivre et qui m'ont alourdie , négligence ,
ceux qui pour te protéger , m'ont réduite au silence
tu es le reflet , le roman , la bouée
ou j'ai du m'accrocher seul repère et entrer
dans ta bulle lever mes défenses , pour nous rassurer
tu es la force et le désert qui m'ont portée
ô besoin d'une mère , à être enfin aimée
rêvant d'absolu , m'écoutant sans m'entendre
allégée , ou te battant peut-être dans l'ombre ...
tu es l'eau qui entoure qui dévale qui happe
ce lac qui se ferme , ce large qui se perd
tu es cette enfant seule , que tu m'as laissé .
Je suis une âme qui avance et déchire le voile
un cri retenu , une plainte de longue date
anéantie . de n'être pas reçue . ou vue
je suis cette femme qui , les yeux le front
le coeur écarquillés tisse du lien , soulève des montagnes
étaye des évidences , soigne la vie et porte les souffles
accompagne mes mots qui prient que s'ouvrent
enfin tes bras et que tu te souviennes ...
février 2005
Il faudra que te disent mes mots , à la mère
à la femme que j'estime
à l'enfant aussi que tu as été
le vide , l'effroi , et l'isolement
l'innommable d'une peine , dans un silence renouvelé .
Ce temps en moi passé , froissé , étouffé et perdu ,
le ciel d'une attente à avoir espéré , nouée , le souffle d'une parole
l'esquisse d'un geste , le soupçon d'un retour , la force d'une écoute
à avoir patienté . pour un battement de cœur , de cil .
un écho en partage , ou tout au moins un émoi de mère
une femme qui défend . un réveil d'âme
un voile qui protège , réoffre des contours
et non un voile qui cache , tait et sépare .
Des années de grandir ,
obstinément seule dans ses plaies ouvertes au monde
évidemment grande avant l'heure , mais jamais tout à fait
sans notion de limites , à chercher
les voies ou les voix qui confirment ma présence-existence
et confinent la fragilité , en préservant la vie .
Frivolité d'oublier , qu'une enfant se meure ou s'égare
de donner des non-lieux , à la place d'espaces ,
où elle pourrait lentement s'écouler , dire , ou calmer
trouver place , au lieu de violemment transcrire
l'inconscience de la blessure., que l'on a emmurée ,
comme un brouillard profond , efface les repères .
Être au milieu d'eaux
qui ne me porteront pas
endiguer toutes ces énergies
qui ne s'élanceront pas , comme çà
sans plus aucun mouvement ou infime
construire sa survie
dans l'empreinte creusée ,
le sans fond d'un secret .
:oops: oufffffffff que d'emotion en lisont ce poéme
merci de nous l'avoir fait partager
et moi qui aimerais pouvoir en dire autant a ma mere, du moins parler d'elle comme ca... mais elle a fait son choix.....il y a bien longtemps.......
et va bien falloir qu'un jour, je m'en resigne a attendre quelque chose qui ne viendras jamais
oui tres jolie kantaka