Il faudra que te disent mes mots ... à la mère à la femme que j'estime à l'enfant aussi que tu as été :
le vide , l'effroi , et l'isolement , l'innomable d'une peine , dans un silence renouvellé .
Ce temps en moi passé , froissé , étouffé et perdu , le ciel d'une attente à avoir espéré , nouée , le souffle d'une parole , l'esquisse d'un geste , le soupçon d'un retour , la force d'une écoute
à avoir patienté . pour un battement de coeur , de cil . un écho en partage ou tout au moins un émoi de mère . une femme qui défend . un réveil d'âme
un voile qui protège , réoffre des contours et non un voile qui cache , tait et sépare .
Des années de grandir , obstinément seule dans ses plaies ouvertes au mondes
évidemment grande avant l'heure , mais jamais tout à fait , sans notion de limites , à chercher les voies ou les voix qui confirment ma présence-existence , et confinent la fragilité , en préservant la vie .
Frivolité d'oublier , qu'une enfant se meurre ou s'égare ... de donner des non-lieux à la place d'espaces ,ou elle pourrait lentement s'écouler , dire ou calmer . trouver place . au lieu de violemment transcrire l'inconscience de la blessure . qu'on a emmurée . comme un brouillard profond , efface les repères .
Être au milieu d'eaux , qui ne me porteront pas , endiguer toutes ces énergies qui ne s'élançeront pas , comme çà . sans plus aucun mouvement ou infime . construire sa survie . dans l'empreinte creusée . le sans fond d'un secret
février 06
Continue a ecrire comme ca aussi souvent que tu en a besoin. Je t'envois toute mon affection. N'oublie pas que maintenant tu n'es plus toute seule, nous sommes la pour toi si tu en as besoin.
continue a ecrire ainsi et exprimer cette souffrance qui est caché au fond de toi et qui a tant de mal a pouvir s'échapper .
Le poing fermé
Je suis née un matin . une fille c'est bien . mais si je lève le doigt : personne ne me voit !
je suis née en été . et morte un jour de Mai . fracture du corps
étau , d'une parole emmurée
puis j'ai nagé , nagé . pour décoller du fond
le fond des eaux , le fond des mots . où rien ne vous répond
j'ai fait la planche pour respirer , 'suis pas étanche et j'ai tangué
entre silence et égarements . tous ces éclats de verre
et de chair d'enfant , instillent l'âme ouverte . qui s'ébat et attend
Je suis née à nouveau , à l'aube de mes trente ans
osant apprivoiser la peau , le flot de mes tourments
ô miens que je dérange ! lignée de femmes en marge
je vous rends là la cape . d'invisibilité . vous lasserez-vous enfin
de taire et d'épargner , ce qui de l'homme nous frappe ?
Ouvrir ... le poing fermé .
Bonjour Kentaka
quelle beauté tes poèmes. Ce dernier m'interpelle particulièrement : lignée de femmes qui souffrent, nous même ne subissons pas ces siècles de mémoire tue ?
A bientôt, je suis émue par ces mots, j'espère que tout va bien par chez vous.