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Témoignages de Victimes et de Proches => Témoignages de victimes visibles par tous => Discussion démarrée par: Romain le Septembre 17, 2007, 06:34:29 PM

Titre: Finalement je n'ai rien oublié
Posté par: Romain le Septembre 17, 2007, 06:34:29 PM
Ma naissance :

Je nacquis en juillet 1973 dans l'ouest de la france, dernier d'une famille de quatre, je vis le jour dans un couple qui se casse la figure. Je n'étais pas désiré, ni par l'un, ni par l'autre.



Mon enfance :

Mes parents se sont séparés alors que j'avais 5 ans, pour moi c'est l'écatombe. 6 ans, les premiers abus, mes parents étaient naturistes, dabords c'était des caresses sur la plage, mon pere aimait me masser le dos et les fesses. Moi cela me derangeait pas, je pensais que c'était normal.

Le dimanche c'était les repas de famille qui n'en finissaient pas. Un jour nous sommes allés chez un oncle qui possédait une exploitation agricole, le pere de mon géniteur était present. Le repas c'est fini en fin d'apres midi, et le soir nous avons fait une soupe à l'oignon, j'aimais la soupe à l'oignon, aujourd'hui je ne la digere plus. Donc le pere de mon géniteur était la et on devait dormir chez cet oncle que je n'ai jamais aimé. Il n'y avait pas de lit pour moi, le seul endroit où je pouvais dormir c'était dans le lit de ce grand pere, que je trouvais tres froid. Pendant la nuit, il s'est collé à moi et ma carressé le sexe, je ne disait rien j'étais pétrifié, et je pleurais en silence.



Vers 5 ans je suis parti avec ma mere sur paris, on a galerer de logement en logement, d'hlm en hlm. J'étais un enfant solitaire qui parlait pas ou tres peu. Ma mère a essayé de m'integrer chez les scouts, mais je n'aimais pas. Dans des sports co, pareil j'aimais pas. Ce que j'aimais c'était de m'enfermer dans mon monde imaginaire.

Pendant les vacances j'allais chez mon père, la bas, y habitait ma grande soeur et un grand frere.

Quand nous sortions en famille mon pere avait honte de la façon dont je m'habillais et ordonnais à ma soeur de m'habillais, cela a duré jusqu'a l'age de 14 ans environ. Malgré mes protestations, je me laissais faire. Le soir pour m'endormir mon pere venait me faire des calins, un peu spéciaux, il aimait me carresser le torse et mon sexe. Quand je n'arrivais pas à dormir j'allais le voir et il m'autorisait a dormir a ces cotés, et pendant que je dormais il me carressais, un jour je me suis reveiller car je sentais un truc dur et chaud contre ma bouche, c'était son sexe, cela fut le premier viol, suivi de tant d'autre avec sodomie. Quand il me remettais dans mon lit. j'attendais qu'il ferme la porte de sa chambre et j'allais me frapper le pied avec un marteau, jusqu'en avoir mal.

En dehors des vacances je vivais chez ma mere qui, inquiete de mes resultats scolaire et de l'état dans lequel je revenais de chaque vacances de chez ce pere, m'envoya chez un pedo-psychiatre. Enfin quelqu'un a qui je pouvais parlé de ce que je vivais chez mon pere. En fin de consultation il dit à ma mere, votre fils est tres imaginatif, je penses qu'il serait bon qu'il aille habiter chez son pere. Moi j'étais éffondré de la nouvelle. Je devais ecrire à mon pere pour aller habiter chez lui. Il a refusé une premiere fois. Moi j'étais heureux, ma mere était en colère. Je lui envoyait une seconde lettre alors que j'étais en internat et que j'adorais y etre. A la seconde lettre il a accepter, j'étais tres en colere, me mere heureuse.

Jusqu'a sa mort, mon pere a profité de moi.

Mon ex frere :

F. second de la famille et premier des garçons, etait un ado tres dur, c'est a dire qu'il n'acceptait pas ses freres qui habitait chez sa mere qui était partie sur paris. Il montrait sa colère en me privant de ses jouets, m'engeulais, me frappais, me menaçait. Quand je faisais un chateau de sable il aimait detruire ce que je faisais, je pleurais j'étais tres en colere, mon pere ne disait rien. J'ai pris de la distance il y a deux ans. Mon ex-frere n'aime pas les gens qui sont pas à leur compte et qui n'ont pas de fric. Il n'aime pas celui qui se plaint tout le temps. Il aimait me frapper dans le ventre. Un jour lorsque j'avais 14 ans environ, je prenais mon bain et je me suis lavé les cheveux, a un moment donné j'ai senti un liquide chaud sur mon crane, il était en train de m'uriner dessus. A partir de ce moment là, je me suis sentis brisé en mille morceaux, il m'avait humilier, et lui il se marrait. Bref, je suis heureux de ne plus le voir.

Le plus beau jour de ma vie :

C'était le jour du décès de mon geniteur, à 56 ans, son père à lui était dcd quand j'avais 10 ans, ce jour là je n'étais pas triste. Donc le mois de mars 1990 fut un mois de liberation. Lorsque que mon deuxieme frere m'annonce sa mort (celle de mon geniteur), ma premiere réaction fut de rire aux eclats, je me suis dit : "enfin libre !", la nuit de sa disparition je suis allé dormir chez une tante, en descendant les escaliers la premiere réaction que j'ai eu, fut :"ah j'ai super bien dormi". Apres sa mort mes resultats on remontés et j'ai réussi a avoir le bac alors que de son vivant les profs se demandaient ce que j'allais devenir.

J'ai réussi a avoir un boulot puis plusieurs et de faire du theatre pendant 15 ans et 7 ans école du cirque. J'adorais etre sur scene, faire le clown. J'étais enfin heureux.

Ma mère :

Cette femme qui fut ma mère, est née dans une famille de l'ouest de la france, son père un homme tres dur et sa mère une femme tres fourbe.
Donc cette mere qui, pendant des années m'a couvé et parlé de mon pere en ne m'épargnant pas les détails de leurs vie conjugale, cette femme qui pendant des années nous a dit qu'elle etait heureuse d'avoir des enfants comme nous, mais en meme temps nous disait que le boulot qu'elle faisait, elle ne l'aimait pas. Cette femme m'a culpabilisé. A chaque fois que je faisais quelque chose, elle me disait mais tu sais M. ton frère, il a fait ça et cela et c'est super, elle me métait toujours en seconde position. Quand j'ai commencé a bosser, la premiere reaction fut, etre surveillant n'est pas un vrai métier, alors je me suis aventuré dans l'interim, j'aimais pas trop, je voulais a tout prix etre indépendant financierement. Bref, jusqu'au jour où j'ai rencontré ma moitié, j'ai pris de plus en plus de distance et finalement j'ai coupé les ponts, je l'appelle de temps en temps mais c'est rare.

Aujourd'hui :

Je survie, j'ai créer un site internet. J'ai beaucoup de mal à garder un job.
Bref, ma vie est pas superbe.

Merci de m'avoir lu

Amiclament
Romain
Titre: Finalement je n'ai rien oublié
Posté par: Trauma le Septembre 17, 2007, 08:00:26 PM
Bonjour Romain,
J'avais déjà lu ton histoire sur ton site.
Je me suis toujours demandée comment j'allais réagir le jour où ma mére mourra. Je pense que ce sera aussi une délivrance.
Mais pour l'instant, elle n'y pense pas.
Je te souhaite beaucoup de bonheur avec ta compagne.
Titre: Finalement je n'ai rien oublié
Posté par: laviemorte le Octobre 10, 2007, 10:14:59 AM
Merci pour ce témoignage. Les scouts moi aussi je n'ai pas aimé et je vivais dans mon imaginaire avec ma chienne ;-) Bon courage, tu as du courage à l'école je faisais bien le théâtre en fin d'année les profs étaient stupéfaits et mois je me débridais complètement. J'imagine que tu as ressenti la même chose à l'école de cirque, cette sorte de liberté infinie qui s'empare de toi et qui ne donne plus peur de rien comme si on s'envolait dans une seconde enfance bienheureuse. Le plus dur est de contenir ses émotions au début ;-)
Allez, bon courage, je penserai à toi maintenant de temps en temps quand j'aurai le cafard ;-)
@+
Titre: Finalement je n'ai rien oublié
Posté par: Romain le Octobre 10, 2007, 07:48:45 PM
Merci pour vos messages d'encouragements.

Pour le theatres et le cirques, je me sentais enfin libre et je le montrais, j'ai adoré cela.
Titre: Bonjour romain
Posté par: Mija le Octobre 30, 2007, 01:55:17 AM
Je viens de lire ton histoire et tu as eu un sacré courage et je comprends ta delivrance a l'heure actuelle meme si ta vie j'imagine peut etre encore tres douloureuse et tres instable. J'ai retrouvé un pe de moi dans ton histoire bien que je pense que je n'ai pas eu autant de traumatismes que toi, moi ce fut mon cousin qui a abusé de moi et comme toi, je me suis refugié dans mon monde imaginaire et je faisais et fais de la danse ce qui me permet d'exterioriser certaines choses... et j'en ai fé mon metier je suis actuellement danseur et prof de danse et aussi actuellement en pleine precedure judiciaire avec mon cousin... pas tous les jours facil. Bon courage pour la suite en esperant que l'avenir te reserve de belles surprises à bientot.   Mija anciennement Niko sur ce site (article:Double je)
Titre: Finalement je n'ai rien oublié
Posté par: Miraculée le Novembre 17, 2007, 10:03:52 AM
Bonjour Romain,

Merci de ta confiance en ayant partagé ton témoignage ici sur ce forum.
Tu dois avoir une immense force de vie en toi pour être là aujourd'hui.
C'est une honte ce que ce médecin a fait : proposer d'aller vivre chez ton agresseur, c'est un second viol. J'imagine même pas ce qui me serait arrivée si on m'avait obligé à vivre seule avec ma mère (en ce qui me concerne, c'est elle l'abuseuse).
Quel type de relation as-tu avec ta mère ?
Pour ma part, plus ça va plus je ressens de la colère vis-à-vis de mon père qui je pense était soulagé de se débarasser d'elle sur moi.
En même temps, j'ai eu un très fort attachement à lui.

C'est quoi l'adresse du site que tu as créé ?

En tous cas, bon courage à toi
Titre: coucou romain
Posté par: kentaka le Novembre 17, 2007, 10:14:17 AM
Le lien contaminé par un virus a été effacé en 2015
et encore bravo romain pour ce clip formidable , est ce toi qui l'a créé vraiment , si oui quel talent ! 
c'est vrai que les personnes qui n'ont pas déféndu l'enfant sont dites complices , ce n'est pas simple , faire l'autruche est un solide moyen de défénse !!
comment vis-tu tout ça et ta vie nouvelle aussi , en ce moment romain ?
kitty.