Bonsoir à tous
Je suis une jeune femme avec beaucoup de difficultés.
Je suis en thérapie psychanalytique depuis 3 ans après diverses thérapies non abouties.
Il y a environ 8 ans après de sévères troubles du comportement alimentaires et crises d'angoisse, j'ai commencé à avoir de vives inquiétudes quant à mon père (décédé il y a 10 ans)
J'ai eu des crises avec des manifestations corporelles (terreur, vives douleurs au bas ventre) où je me suis "souvenue" comment mon père avait broyé mon corps. Des sentiments et impressions, goût métallique dans la gorge. sentiment d'avoir le corps morcelé etc.
Je me souviens de scènes mais aussitôt je ne peux le croire, d'autant que les psychanalystes arguent souvent la "résurgissance" de fantasmes sexuels traumatiques de l'enfance que le patient tient pour réel. Il y a également cette vague médiatique du synrôme des faux souvenirs.
Cela fait 8 ans que je patauge dans le doute.
Je ne sais plus si je peux me croire, j'ai le sentiment d'être folle, de tout inventer pour trouver un coupable à mon profond mal être, qui somme toute n'a peut être rien fait.
Je n'en peux plus de passer autant de temps et d'énergie à me questionner sans cesse et me à harceler. Il n'y a pas un seul moment de la journée où je n'y pense pas et puis souvent je finis par éclater en sanglots ou en crise alimentaire.
Quand je dors seule je suis terrorisée à l'idée qu'un homme dangereux s'introduise chez moi pour me faire du mal, j'ai toujours peur de me faire agresser dans la nuit si jamais je marche seule.
J'ai le sentiment d'être complètement folle et de dérailler très loin.
Comment en être certaine?
Fred.
Bonjour Frederik,
Bienvenue à vous sur ce forum ! :)
Il fut un temps où je cherchais des témoignages de personnes ayant vécu un viol.
Je cherchais des références d'ouvrages, des articles, des blogs, des forums.
Je tenais particulièrement à trouver un site complet sur la question, de préférence écrit par une personne l'ayant vécu.
C'est à dire ne se contentant pas de théories.
Rayondesoleil répondant à mes attentes, je suis ici aujourd'hui.
Il m'arrivait quelques fois de m'attarder sur les rares émissions Tv traitant du sujet.
Je remarquais toujours que les débats n'était en rien suffisant.
Les médias sont à la fois un outil d'information, de distraction...
Mais ils ne font pas l'expérience.
Il n'y à que vous qui sachiez qui vous êtes, ce que vous vivez.
Ensuite ce que vous en dites sera perçu selon l'interprétation de chacun.
Je ne trouvais pas toujours d'écho, mon regard ne trouvait pas forcément d'interlocuteur attentif, avertit.
Dans un autre post Alexandra témoigne de sa difficulté à parler dans le passé.
Il se trouve que j'ai vécu cela aussi, comme vos interrogations.
La séance chez le psy également, avec sa compréhension à lui, son propre savoir, sa propre expérience.
Sans forcément qu'elle est avoir avec le viol.Mon premier post dit que je suis une anti-psy convaincu.
Puis dans un autre je parle de l'EMDR.
En réalité elle à été une bonne expérience, la seule dans ce domaine en ce qui me concerne.
J'ai ouvert des portes.
J'y ai trouvé de tout et de n'importe quoi.
Il m'a fallu 15 ans avant de trouver un praticien digne de ce nom.
Par chance tout le monde n'est pas amené à trouver un interlocuteur efficace au bout d'une si longue période. :)
J'ai cumulé les mauvais praticiens au détriment de mon bien-être..
Ils se souciaient avant tout à ce que je leur donne raison.
Sur le site à la rubrique " Conséquences d'un abus (3) " Alex dit :
CitationJe me suis souvent demandée comment ça se faisait que le moindre stress quotidien me mettait dans un état tel que je n'étais souvent plus bonne à rien alors que d'autres personnes, qui avaient des situation bien pires que la mienne, semblaient faire beaucoup mieux face au stress.
Disons que j'ai découvert avec le temps, que le matin quand je me lève, à cause de ce qu'il m'est arrivé et du processus de guérison, ma capacité à encaisser les petits trucs de tous les jours est déjà à 90% quand les autres démarrent à 0%.
Donc le moindre petit truc devient la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
En état de faiblesse, j'étais vulnérable, sensibilisée, à fleur de peau.
J'ai ouvert de mauvaise portes.
J'ai perdu du temps.
Malgré cela je n'ai jamais cessé d'en ouvrir.
J'ai entendu tout et son contraire.
Dans ce capharnaüm de discours..j'en étais parfois désorientée.
Avec le temps la parole se fait plus facile, ont grandit quelque soit la nature de ce que l'on vit.
Ma parole s'est déliée, prenant de l'assurance.
Je suis écoutée, entendue aujourd'hui.
Nous sommes tous/toutes victimes de l'ignorance, du jugement..
Je ne m'attendais pas à reconnaître un jour le droit d'être considérée comme étant celle d'un pédophile entre autre.
Mon sentiment était que j'avais été punie et que je ne méritais que cela.
Quitte à entendre des gens me descendre...après tout n'avaient-ils pas raison, me demandais-je alors.
Je ne pouvais pas faire abstraction de ma souffrance.
La culpabilité en faisant partie, celle de ne pas être entendue aussi.
Il y a des contextes propices à la délivrance..
Si j'en avais eu les moyens, je me serais contentée d'une villégiature au soleil.
Pour me retrouver, me poser, me reposer.
Loin de tout, à vivre de chose simples.
Trouver le calme en moi...sans devoir rendre de compte à personne.
Citation" Je n'en peux plus de passer autant de temps et d'énergie à me questionner sans cesse et me à harceler."
J'aurais évité cela plus tôt si j'avais rencontré les bonnes personnes...eu le bon contexte.
Si on n'avait pas cesser de me faire perdre du temps à dépenser de l'énergie, par des harcèlements, des questionnements in-constructifs faute d'absence de solidarité.
Je me suis perdue sans soutien.
Ce que l'on perds on le gagne.
Vous méritez le meilleur ! ;)
Bonjour Frederik.
Bienvenue ici, 8 ans d'errances, de souffrance.
J'espère que ton arrivé sur ce forum t'aidera a franchir un nouveau virage, en trouvant les bons conseils, le réconfort nécessaire.
Tu n'es pas seule! Tu n'es pas folle!
Juste démunie face à tes souffrances; réminiscences d'un traumatisme enfouis dans les méandres de ta mémoire.
Réflexe de survie, la conscience est ainsi faite que pour supporter les atrocités elle préfère les enfouir. Mais un jour une parole, un lieu, un parfum, et l'insupportable ressurgit du néant, souvent par brides, accompagné de son lot de souffrances et d'incompréhensions. Ce ne sont là que des symptômes.
Désolé que tes psychanalyses n'aient pas aboutis au réconfort et à la compréhension qu'elles auraient dues t'apporter.
N'en ayant jamais suivis mois même je ne serais pas un bon conseil en la matière.
Par Contre, pour atténuer tes terreurs nocturnes, une petite astuce toute simple! Pourquoi ne pas te trouver un petit chien, c'est une bonne compagnie qui rassure.
Bon courage à toi.
Bonjour Frédérik
j'ai envie de crier comme Chrysalide et Intime idée : TU N'ES PAS FOLLE !!!! bien au contraire.... ce sont les psychanalystes qui sont fous plutot non ? Comment peut-on inventer de tels symptomes que ce que tu as vécu ? Personne ne peut inventer sans avoir vécu. le syndrome du faux souvenir, je n'y crois pas. Ce sont des cas très particulier, des gens perdus à qui un psy a fait un lavage de cerveau. mais ce n'est pas ton cas, n'est ce pas ? je dis cela car j'ai fait une thérapie psychanalytique alors que je faisais une dépression pour cause de flashback liés à un abus sexuel dans l'enfance. Ma psy, très gentille au demeurant, n'était absolument pas compétente pour traiter mon cas; mais je n'en savais rien à l'époque. elle m'a aidée, à sa façon. mais elle a laissé le doute en moi. j'ai l'impression que c'est à peu près ton cas aussi. C'est la discipline des psychanalystes qui n'est pas adaptée à nos cas de traumatismes, à mon humble avis. C'est comme tenter de soigner un cancer avec des anti-biotiques ! Je voudrais être en face de toi et te consoler comme j'aurais voulu qu'on me console, alors que je pensais que j'étais complètement folle, à "imaginer" des trucs qui se seraient passés, avec quelqu'un "au-dessus de tout soupçon".... Plein de courage et d'encouragements pour toi, à très bientot
entièrement d'accord avec toi, Toma. à mon sens, la psychanalyse est une discipline assez nébuleuse, et hasardeuse, absolument pas adaptée aux vrais problèmes psychologiques, psychiques...
pour te répondre, frederik, tu n'es pas folle ! moi aussi j'ai fait une amnésie traumatique, et j'ai longtemps cru que j'étais bonne à enfermer dans un asile de fou, quand les souvenirs ont commencé à revenir.
et puis, ne dit-on pas qu'il n'y a jamais de fumée sans feu ?
en ce qui concerne les fantasmes sexuels des enfants, à mon avis, la psychanalyse comme une grande erreur. je ne nie pas qu'un enfant aie des fantasmes sur son père ou sa mère. mais sa sexualité n'est de loin pas celle d'un adulte. et à moins d'avoir été victime d'abus, les fantasmes seront de l'ordre du "touche-pipi", pas de pénétration, fellation, et j'en passe...
en tout cas bon courage à toi, le retour des souvenirs et la première étape vers la guérison. après, et à mon sens la plus difficile, ce sera d'accepterla réalité de cette horreur. aujourd'hui, malgré deux ans de lutte, j'ai toujours du mal... il m'arrive toujours de douter. et si j'accusais mon père à tort ?
mais non, ce n'est pas possible, ça ne peyut-être que lui...
Bonsoir
Merci de vos réponses
Je trouve extraordinaire de voir autant d'entraide sur ce type de forum, de constater que souvent les personnes en souffrance sont toujours celles qui aident le plus.
Oui c'est vrai la psychanalyse est très étrange, il n' y a absolument rien de l'empathie ouverte entre le psychanalyste et l'analysant, et c'est pour cette même raison que je me suis tournée vers ce type de "cure".
J'ai besoin de la neutralité et de la distance pour moi même prendre de la distance vis à vis de mon histoire. Même si elle part que de doutes...
Ce qui ne signifie pas pour autant que cela soit facile... J'ai besoin de trouver du sens, malgré mon traditionnel un pas en avant deux pas en arrière. Par contre j'aimerais que cela aille plus vite car cela reste un travail très lourd que d'éplucher chacun des détails du passé. En gros je ne suis pas définitive quant à mon choix de "thérapie"
Accuser le "père" en psychanalyse et dans la vie en règle générale c'est quelque chose de très lourd, c'est un ébranlement de nos représentations traditionnelles
Toma, Chrysalide, intime idée et Indigo, merci de vos réponses.
C'est vrai dans la vie de tous les jours je ne me sens pas folle, le doute quant à ma santé mentale ne concerne que tous ces sentiments questionnements, et doutes que j'éprouve vis à vis de ce qui ce serait passé...
soyez forts
pour des résultats "rapides", tu peux envisager l'EMDR. personnellement, ça fait 5 mois que j'ai commencé une thérapie, à raison d'une scéance tous les quinze jours, et en si peu de temps, les changements sont radicaux. ou alors, tu peux essayer l'hypnose, qui est un peu l'inverse de la psychanalyse. c'est à dire que quand tu es en état d'hypnose, le thérapeute s'adresse à ton inconscient, et lui donne les clefs et les ressources nécessaires pour avancer, par le biais d'histoires symboliques.
bon courage à toi
Hello
J'ai déjà essayé l'EMDR à la période où les "souvenirs" ont commencé à remonter pendant la séance j'étais apaisée, mais en dehors des séances ça a été une catastrophe, ça a réveillé toutes sortes d'angoisses apocalyptiques, j'en ai bavé... J'ai voulu en refaire il y a 3 ans et la thérapeute (une nouvelle, le premier ayant pris a retraite...) avait refusé. Elle m'a dit que je devais d'abord aller mieux...
J'ai fait quelques séances d'hypnose à part un sentiment d'engourdissement, ça ne m'a pas fait grand chose
Mais je songe souvent à refaire des séances d'EMDR.
bonne fin de journée
bonjour Frederik,
vue "de ma fenêtre" ce que tu écris là, tes sensations, ta perte de repères,
est suffisant pour je crois, je sois sûre, que tu aies été victime d'abus.
ne laisse pas les gens ou les concepts te mettre la tête sous l'eau, avec leur dénégations
au fond de toi ces images ont un sens, et tu ne pourrais les inventer, ton corps aussi te parle
prends tout le temps qu'il te faut ... pour apprendre à l'écouter, pour trouver le bon soutien .
et bienvenue sur Rayon, oui ici quelle communauté de belles personnes qui s'entraident, tout simplement !
ps : les fantasmes sexuels de l'enfant ne sont pas traumatiques ils participent à son développement,
en aucun cas ils peuvent être aussi abusifs tordus "poussés" , justement, comme le dit Indigo, car
l'enfant a une grande vie affective++, sensorielle++, mais pas axée sur le génital avant la puberté
Bonjour
Merci à tous pour vos réponses.
Ces quelques jours de nombreux souvenirs me sont revenus. Ça a été infernal. Je ne fais que pleurer en silence. Ma tête est constamment prise par des scènes, images ou constructions mentales représentant des situations d'abus sexuel, de violence sexuelle, de détresse et de corps paralysés.
Je suis incapable de penser à autre chose. Sauf si je fais des crises de boulimie, elles me permettent de liquider et d'évacuer mon état d'angoisse et de chaos. ce que je fais constamment à chaque moment de la journée. Ce n'est pas une vie. J'aimerais tellement vivre et dormir apaisée. Pourquoi est-ce je ne peux pas vivre comme ces autres, pourquoi? Comme si tout cela n'avait pas suffi, des années pourries à me haïr, à courir de psy en psy, à déverser tout mon argent en crise de boulimie. Je suis très en colère et cette haine je la retourne contre moi.
J'aimerais tant vivre, aimer et travailler comme ces autres autour de moi, je suis comme un cri sans voix. Toute la journée je me désole de mon triste sort. Les années passent. Je suis un cimetière en ruines.
Mon enfance et mon adolescence ont été à elles seules une horreur: famille pauvre et disfonctionnelle, absence totale d'amour et d'affection, violence verbale et physique, le travail au foyer (je devais tout faire comme si c'était moi la mère: m'occuper des derniers, ménage, démarches administratives etc.) des cris, des cris et les incessantes plaintes de la mère que je me devais d'éponger. Il n'y avait pas de place pour l'amour, pour les loisirs, pour l'épanouissement individuel, la mère contrôlait tout, le père nous battait et puis il a fini par broyer mon corps jusqu'à ce qu'il parvienne à brûler mon âme.
Personne ne m'a consolé quand c'est arrivé, il n'y a eu personne sauf la peur, le désespoir, le dégoût, la culpabilité, la honte et l'envie de mourir.
Ma vie a été volée. Je me sens tellement seule. Je ne peux rien faire pour aller mieux.
Bonsoir Frederik,
Je connais bien ce sentiment...
Citationun cimetière en ruines
Le pire est passé...vous nagez comme en eau trouble..
tout en étant consciente !
Une eau calme, limpide est troublée pas une pierre faisant ricochet ..
Les ronds dans l'eau sont l'effet de l'impact.
Ils s'amplifient..puis se résorbent peu à peu !
Ce ne sont que des effets !
..Aussi douloureux soient-ils ;)
Le temps passent oui...un temps de re-construction !
Des ruines ont en bâtie une forteresse ! :)
Pour le moment les sensations qui s'animent en vous sont des réactions normales.
C'est ce que l'on vous à fait subir qui ne l'est pas ! ;)
Le dégoût, le dépit, la tristesse, la rage, la colère, la haine
sont présents en même temps que la joie, la bonne humeur, le rire, l'amour !
Votre force est là qu'elle vous paraisse probante ou pas !
Le fait que vous parliez est déjà une victoire sur le cri sans voix.
Votre parole n'est pas chaotique, elle est consciente, limpide pleine de vie !
La conscience est toujours une dynamique de vie !
CitationJ'aimerais tant vivre, aimer et travailler
C'est ce que vous faites à chaque instant !
Peut-être pas de la façon que vous souhaiteriez...c'est un début..ou une continuité..
Vous êtes intacte !
Une eau trouble...n'est pas disparue !
Elle revient à ce qu'elle est depuis toujours !
Votre potentiel est intact tout comme votre force !
La force dirigée contre vous...parce que vous êtes ébranlée..
est là disponible à chaque instant de votre existence à prendre le chemin constructif qui vous anime !
Les fondations sont toujours présentes !
Votre force de vie est dans chacun de vos mots, chacune de vos paroles, chaque souffle !
Quand bien même il vous arrive de vous sous-estimer, votre force est en vous !
Vous êtes née ainsi !
Vous ne pouvez pas perdre contact avec la réalité aussi dure ou cruelle soit-elle,
même la réalité des rêves par exemple est inhérente à la vie et non à la mort !
Votre soleil flamboie...comme chaque jour, le voile du trouble se lève à l'aube..et réapparaît.
Le temps dévoile sa présence et il vous apparaît plus lumineux ! ;)
Je vous embrasse très fort ! :-*
A très bientôt !
Bonjour frederik !
moi aussi, j'ai eu ce problème avec l'EMDR au début. j'en ai parlé à la psy, elle m'a dit que c'était normal. car en scéance, comme on traite certains aspects, cela libère de la place pour d'autres choses, qui ont alors tout le loisir de s'épanouir et de te pourrir la vie. dans un sens, c'est une bonne nouvelle, cela prouve que tu étais bien sur le coeur du sujet.
cependant, une fois que je lui en ai parlé, elle m'a conseillé d'attendre avant de refaire des scéances d'EMDR "pures et dures", et de d'abord mettre en place des techniques de relaxation, de "recentrage" sur soi, et de traiter les émotions annexes (pour moi, ce fut la honte, la culpabilité, la peur, le sentiment d'impuissance). avant cela, on a fait une séance ou j'ai placé le "gros morceau" dans un coffre fort qui reste dans le bureau de la psy (le tout symbolique, bien sûr).
tout cela m'a permis d'être plus en confiance avec moi, de me sentir plus légère, plus sereine.
bon, la prochaine fois, on commence à ouvrir le coffre et ça m'inquiète un peu, mais bon, si ça me permet d'aller encore mieux, je n'hésite pas à foncer !