L'étoffe
S'il n'y a plus de frontière avec l'autre , je ne sais plus ou je suis
et le monde grand m'inquiète et me sensible .
Sans séparation d'avec l'autre , j'attends qu'il me perçoive
me parle de ma vie mes besoins , que je sente au travers de lui .
L'acte de m'être évadé de moi-même en survie , fait que je me cherche toujours
désespérément ... et qu'ainsi dissoute je m'en remets à celui qui me fait face ,
avec l'espoir qu'il saura m'aimer ; avec la crainte aussi qu'il ne me gommera pas à nouveau .
Si l'imprécision de mes contours , ouvre autour mon contenu , il est capté et se mélange
au contenu des autres : espace invisible et surpuissant , que je confonds avec l'amour sûrement
lui que je sais sans limite . Mais cet amour là , ou se loge t-il ?
dans mon cœur , et se développe au contact des autres : comment faire la différence
une contradiction apparente , une colère sou tendue , quand ma différence n'est plus !
Pour trouver le chemin : puiser dans ma confiance ébouriffée
arriver à croire , à faire l'expérience , que je peux discerner reconnaître
ce qui est bon ce qui est juste ce que je veux et lâcher , le poids des échecs passés
Si je devais , ne plus avoir peur , de faire du mal à l'autre
-ou peut-être qu'il ne me fasse plus mal- , si j'avouais tout l'amour qui me manque
le lit de mes rivières ne viendrait-il pas se recombler de lui-même ?
Je ne serais plus soumise alors aux marrées alentours .
Il faudrait que je trouve le moyen , de planter des piquets
d'y relier un tissu , franchissable par moi , quand je le souhaite
il faudrait que je sente , le désir de le franchir ...
que je déloge une force , qui fasse fondre l'effroi
de l'isolement , de l'anéantissement
que je crée que j'invente une étoffe de respect
que je porterais , et qui me calmerait , et viendrait relâcher
la tension là , et dans mes relations .
Je crois que vous verriez cette étoffe , je vois même votre sourire
comment fait-on pour tisser une telle chose ?
Vous répondez "cela se fait" ...
Avril 07
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:-* :-* :-*merci :-* :-* :-*
tu ecris toujours si bien, et je me retrouve un peu dans ton texte!!!!
les larmes m'en coulerais presque
je te souhaite de trouver vraiment ton bonheur, tu le merite plus que tous
ton amie!!!!!!!! ::) ::) ::)
Superbe effectivement comme nombreux autres écrits que tu nous as laissée ici!
Pas de doute tu as l'étoffe. ;)
merci, je me sens si si isolée en ce moment, c'est bon d'avoir des mots de vous !
mon fils est parti -vivre chez mon frère- mon amie est partie aussi : je quitte le quai de 8 ans de vie de partages je n'étais jamais restée aussi longtemps au port !
c'est drôle je suis si sociable la journée et dans mon travail, et si sauvage le reste du temps ... aller vers l'autre, ici en France pour moi ce n'est pas facile ...
allez va, je vous transmet mon dernier poème :
L'exil
l'exil c'est naître
naître au milieu de nulle part, un jour des jours
dans un ailleurs que personne ne connaît
sans présage d'abord naître, revenir de tout
et fissurer le temps, perdre ta mémoire
tomber en apesanteur, te remettre dépouillé
aux mains fragiles
mon exil fût d'être aimée, bercée dans des peaux noires
des parfums forts et des rires, et me rendre compte bien plus tard
comme le blanc différencie, et domine
l'exil retour en France, sans dire
si peu pouvoir sentir sans saisir le sens
de l'au revoir
abandonner ta terre
ne pas ressembler
perdre le contact offert
défaire, défaire la chaleur
ce qui sépare aussi t'avance
l'exil, irrémédiable inattendu
nouvelles fréquences auxquelles je m'ajuste
c'est trembler trembler dans l'instant, et soulever le voile
l'exil de recevoir un coup, suffoquer de surprise
être petite chercher un grand, ne pas souvent
trouver refuge
puis cette violence bouillonnante, cachée
geyser qu'un jour explose et dont on n'sait
qui l'a foré ...
l'exil arrivée à l'école
après 5 ans de liberté, le cœur nu
et découvrir l'hiver inquiet
quand tu es né dans le désert
c'est le silence des parents
sur leur passé
la blessure recouverte
de la perte
douleur d'une traversée
émotions enfermées
l'exil c'est trébucher
lorsque je tends ... à rencontrer
ravaler les mots parfois les gestes
qui viendraient dessiner mon paysage
c'est ce retrait sauvage
la toute prison dorée
où le vivant s'interroge et se lasse
l'exil d'être repoussé, par celui qui crée ta différence
n'avoir plus de place que celle d'être jugée, adversité de regard
alors qu'aimer une femme est un cadeau si précieux
à mes yeux une épopée
l'exil encore, de l'enfant sans père aimant ...
porter seule, ô exil des heures d'insomnie
la vie la nuit qui surgit, et que les autres dorment
l'exil de mon corps aussi, en survie
ses pas et ses replis, son combat
Revenir
inventer l'à venir
intégrer la violence
rester assise, dans mes entrailles
laisser aller, grandir l'enfant
comme partir mon fils aimé
chercher mes parts assemblées
pour commencer
Commencer
encore, et encore.
09/01/2010
je relis ce texte de l'exil et envie de le repartager
oui, beaucoup ces 2 années passées, à porter supporter
Trans...porter
A...pporter, a...privoiser, a...nimer
Ouvrir les bras et le coeur et prendre ce risque fou
de la cascade :), du saisissement, du retrait
du vivant et donc de sa souffrance potentielle
de cet engagement fragile subtil sans lequel nous serions en sommeil
les jours mort-vivants !
Lentement sortir, grignoter mon cocon
et oser mes premiers battements d'ailes
sous vos yeux
:)