Alors que plusieurs chercheurs se sont attardés à identifier les facteurs qui augmentent le risque de psychopathologie, d'autres auteurs se sont intéressés aux 20 % à 44 % des victimes d'agressions sexuelle qui ne semblent pas éprouver de symptômes atteignant des seuils cliniques jugés critiques. Ces victimes sans séquelles apparentes sont en fait des personnes qualifiées comme «résilientes». Ces études, bien que peu nombreuses, laissent entrevoir que ce qui distingue les victimes résilientes de celles présentant des problèmes de santé mentale se situent probablement au niveau de l'utilisation de certaines stratégies d'adaptation.
Les premiers travaux s'intéressant aux mécanismes d'adaptation employés par les victimes résilientes et celles présentant des problèmes d'adaptation ont mis en relief l'utilisation de différentes stratégies. Ainsi, il semble que la recherche de soutien social, la révélation de l'abus sexuel et le fait de lui accorder un sens font référence à des stratégies cognitives d'adaptation. Dans la même veine, les stratégies d'adaptation telles que « tenter de mettre l'accent sur les aspects positifs de l'abus » ainsi que « l'attribution de l'abus à l'agresseur » sont associées, non seulement à moins de souffrance psychologique, mais aussi à un meilleur rétablissement chez les résilientes. Par ailleurs, de multiples études
soulignent le rôle non négligeable du soutien parental en tant que variable déterminante dans la santé mentale des victimes. Plusieurs victimes résilientes indiquent qu'un soutien à l'extérieur de leur famille, notamment auprès d'amis et à l'église, contribua à leur rétablissement. De même, ces études ont souligné que le fait d'adopter un style d'attribution externe pour expliquer l'événement tout en croyant avoir la
maîtrise de sa vie (locus de contrôle interne) étaient des caractéristiques des victimes résilientes. Par ailleurs, ces études ont mis en lumière différentes stratégies adaptatives cognitives pour faire face à l'abus dont la minimisation de la gravité de l'événement, la restructuration de l'abus (lui donner un sens, trouver des bénéfices) et la confrontation de l'agresseur. Enfin, aller en psychothérapie et
arrêter de s'appesantir sur le passé semblent aussi être des éléments associés à la résilience. Bref, tant les victimes résilientes que celles présentant des problèmes de santé mentale utilisent une grande variété de stratégies d'adaptation. Bien que plusieurs auteurs stipulent que les stratégies utilisées par les victimes résilientes diffèrent de celles utilisées par les victimes non résilientes, peu d'entre eux ont directement étudié la question. En fait, une seule étude, à notre connaissance, mentionne que comparativement aux victimes toxicomanes, les victimes résilientes se blâment moins pour l'abus qu'elles ont subi, ressentent moins de stigmatisation et ont moins recours au hasard pour expliquer les événements.
Source: Dufour, Magali H., Stratégies d'adaptation des victimes d'abus sexuels résilients et toxicomanes, Revue québécoise de
psychologie, vol. 22, n° 1, 2001 (L'article original cite les études).
Nouvel et rare article de plus présent ici ou je me reconnais en plusieurs points ::).
Mélange entre satisfaction d'avoir eu la chance plus que d'autres de mieux supporter les choses, et impression étrange d'être différent...
Toujours étonné quand j'explique aux autres qui vont mal que tout est dans le mental, que dès que l'on se force à positiver les choses on retrouve une pente ascendante et ça va de mieux en mieux...
De voir qu'ils n'y arrivent pas :-[ :'(.
Ou que le processus pour y arriver soit si long et douloureux chez eux :-\.
Les façons d'avancer sont si différentes...
:-* :-*
positiver les choses... tout est dans le mental... si cela était si simple ça ce saurait !
attention à ne pas lisser les vagues de l'être par envie que l'autre aille mieux "se redresse"
il y a des baisses effectives de neuro transmetteurs qui inhibent bien des fonctions de vie aussi
la douleur est une expérience complexe et chacun va avoir son propre écho (comme une marque) et va trouver sa voie trés singulière
Respectons tout ce processus qu'est la réaction à l'abus, quelqu'il soit, il nous faut acceuillir toute souffrance, si longue si creusée soit elle, sinon la personne s'isole et n'osera plus se confier.
La vie n'est pas une stratégie ::) on pourra tenter d'intellectualiser ou décortiquer toute étude que l'on veut, l'essence de l'humain a qql chose de non définissable, je reste choquée je vous le dis d' entendre des mots comme bénéfices et aspects positifs quand on parle de cette grande faille qu'est l'abus
alors la personne "non résilientes" rentreraient dans la catégorie des "pb de santé mentales" et serait donc en rade, à défaut d'"utiliser" les bonnes srtatégie d'adaptation ?!!! Et lorsque l'on a pas la chance de bénéficier de soutien parental, on fait quoi ? >:(
Ah les chercheurs qui s'attardent aux facteurs de risque ::) Pourquoi ne chercherions nous pas les facteurs de croissance, d'amour ? :D
Je suis désolée si ce sujet vous offense... c'est pour en mettre pour tous les goûts et besoins... on dit bien que c'est pour une petite partie des victimes d'abus... pas la généralité
C'est un article qui a le mérite de faire réagir. Je suis d'accord avec Kentaka, je pense qu'il ne s'agit pas de stratégies (le mot stratégie est dérivé du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » c'est l'art de conduire une nation ou de gérer une crise (oups)).
Dans la vie et pour l'avoir vécu, je n'ai pas tout prévu, je me suis laissé surprendre par.... Ce qui me met en colère dans cet écrit c'est la bipolarité entre les personnes à priori résilientes donc par hypothèse "normales" et les autres ces autres là qui ont un souci de santé mentale.
Là, je me sens très en colère , comment ne pas avoir été tétanisée par cette souffrance, cette intrusion de mon intimité, cette honte de ne pouvoir en parler cela m'a poursuivi toute ma vie et encore maintenant ... Suis je pour autant pathologiquement atteinte? car, je n'ai pas eu le soutien de ma famille ou de mes proches. Que fait-on de la honte, de la peur, des dénis de notre entourage, de nos "mécanismes" de défense... Chaque être est unique face à l'horreur...
Cet article me fait réagir, et je précise c'est l'article qui me fait réagir...
Merci Cath de l'avoir envoyé. Étant à mon job, malheureusement je ne peux continuer. J'y reviendrai plus tard.
Chaleureusement
Tanga
ce n'est pas le sujet effectivement qui serait offensant cathy, juste la façon scientifique d'aborder la subtilité d'un personne, et de séparer les choses (pour les analyser ...)
j'imagine que je peux être un jour un mois une année en état de résilience, un jour en grand désordre psychique tant ma peine est incontenable, un autre jour libre et loin d'interprétation du hasard ou de la transmission de situation de victime !
Cet article est un peu blessant je trouve :-\
Pour être honnête je ne vois pas comment je pourrai tirer bénéfice de mon enfance. Je me serai bien passé de la vivre croyez moi.
Après je précise que c'est juste l'article que je trouve blessant.
Comment obtenir le soutien familial, alors que c'est justement la famille même qui est à l'origine des douleurs qu'une victime ressent toute sa vie, culpabilité, honte, peur de l'autre, peur de soi et j'en passe.
Et quand enfin on se décide à parler, il faut faire face à la colère et au déni de son interlocuteur...
Cet article est assez choquant et troublant pour moi, lorsque je le lis je me demande ce que vient faire le côté scientifique dans ce genre de chose, j'ai l'impression qu'il essaie de nous faire rentrer dans des cases bien définies. Et franchement je crois que je ne rentre dans aucune des deux catégories annoncées. Alors je me demande ou est ma place...
Enfin ce n'est que mon opinion, en tout cas Cath, je te remercie de nous faire partager toute ta doc, ça permet d'ouvrir le débat et par conséquent de s'exprimer un peu.
je me sens un peu mal d'avoir mis ce texte... je suis désolée... certaines personnes s'y sont déjà retrouvées..
je crois que je vais m'abstenir de certains articles..
je ne veux aucunement vous choquer ou vous blesser.. je suis vraiment désolée
Tu n'as pas à te sentir mal, ce n'est pas toi qui nous fait réagir mais seulement l'article. Tu n'en es pas l'auteur...
Alors ne sois pas désolée, cet article aura eu le mérite de nous faire dire ce que nous pouvons ressentir. En tout cas pour ma part.
Mais rien n'est dirigé contre toi rassures toi. :-*
D'accord!
J'ai tendance à me sentir mal et à me dire que j'ai fait quelque chose de mal très rapidement ces temps ci.. toujours sur la défensive :S..
Point à corriger pour moi!
Mais non tout va bien 8)...
C'est vrai qu'il est maladroit, mais tout n'est pas à jeter dedans non plus ::).
:-* :-*
Ne soit pas désolé cath, mon commentaire est en lien uniquement avec l'article, bien au contraire comme je l'ai dit précédemment , cet article a le mérite de nous faire réagir et je trouve cela enrichissant. Continue à nous envoyer des articles.
Chaleureusement
Tanga