Le véritable dialogue est fondé sur une double possibilité :
Celle de se dire avec le plus de liberté possible et d'être entendu sans jugement, sans rejet.
Celle de permettre à l'autre de se dire avec le plus de liberté possible et d'être entendu avec une liberté équivalente.
Ce qui est entendu est différent de ce qui est dit.
Chacun de nous a des filtres, des références, des points de fixation ou des zones d'intolérance, des seuils de tolérance fragiles... à la fois proches et lointains de ceux qui nous entourent.
Communiquer c'est mettre en commun soit des différences, soit des ressemblances à partir de deux besoins fondamentaux :
Celui d'être reconnu dans mon unicité avec la part de mystère et de possibles qui m'habitent.
Celui d'être entendu dans ce que je dis aujourd'hui, tel que je le sens en ce moment ... avec ce que je suis, ce que je sais, ce que je sens.
J'ai toujours plusieurs possibilités relationnelles, celles d'ouvrir ou de fermer l'échange, de le supporter ou de l'amplifier ; subir sans pouvoir me dire, refuser ou disqualifier le discours de l'autre, rejeter son action ou sa position, recevoir et confirmer ce que me dit l'autre, avec ma différence, amplifier ou prolonger l'apport d'autrui.
Créer des relations vivantes c'est OSER demander, donner, recevoir et refuser.
Extrait/résumé de Salomé, Jacques, T'es toi quand tu parles, Éditions Albin, 1991