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Le Trouble de stress post-traumatique après un viol consiste en des dysfonctionnements physiques, émotionnels, cognitifs, comportementaux et de la personnalité. Le trouble a été défini pour la première fois par le psychiatre Ann Wolbert Burgess et le sociologue Lynda Lytle Holmstrom .
Le trouble définit un canevas commun de symptômes psychologiques et physiques communs à la plupart des victimes de viol durant, immédiatement après et pendant des mois et des années après le viol.
La plupart des recherches se sont focalisées sur des victimes de sexe féminin mais des victimes masculines ont également révélé des symptômes semblables, qu'ils aient été sexuellement abusés par des hommes ou des femmes. La définition de ce trouble a également permis de dessiner les contours du Trouble de stress post-traumatique complexe, qui décrit plus précisément les conséquences d'un traumatisme
Phase aiguë
La phase aiguë se produit durant les jours ou semaines après le viol, la durée varie et peut se chevaucher avec la phase d'ajustement.
Selon Scarse il n'y a pas de réponse typique parmi les victimes de viol. Par contre, le centre américain U.S. Rape Abuse and Incest National Networ(RAINN) affirme que, dans la plupart des cas, la phase aiguë chez une victime peut, dans la plupart des cas, être classifiée en réactions:
-Expressive ("Il ou elle peut apparaître agitée ou hystérique et peut souffrir de crises de larmes ou d'attaques d'anxiété");
-Contrôlée ("la victime parait ne pas ressentir d'émotions et se comporte comme si rien n'était arrivé et comme si tout allait bien");
- Choqué/Déni ("la victime se comporte de manière désorientée. Elle peut avoir des difficultés à se concentrer, à prendre des décisions, à accomplir des tâches quotidiennes. Elle peut également n'avoir qu'un souvenir diffus de l'agression.").
Les victimes n'expriment pas forcément leurs émotions. Certaines peuvent rester calme et sans affectation particulière après l'agression.
Parmi les comportements présents dans la phase aiguë.
Vigilance diminuée.
Vacuité.
Pensée désordonnée.
Vomissements
Nausée
Anxiété paralysante
Terreur persistante
Obsession de se laver
Hystérie, confusion, larmes.
Sensiblité accrue aux réactions d'autres personnes.
La phase d'ajustement vers l'extérieur
Les victimes ayant atteint ce stade semblent avoir retrouvé leurs habitudes de vie normale. Par contre, elles souffrent d'un profond traumatisme intérieur, qui peut se manifester de manière variée. En 1976, Burgess et Holmstrom notent qu'un sujet sur 92 a montré un symptôme de mauvaise adaptation. Cette phase peut durer de quelques mois à quelque années après le viol.
RAIN identifie 5 stratégies majeures qui se manifestent chez la victime durant cette phase :
-Minimisation (prétend que tout va bien)
-Dramatisation (ne peut pas s'arrêter de parler de l'agression)
-Déni (refuse de parler du viol)
-Explication (analyse ce qui s'est passé)
-Fuite (déménage dans une nouvelle maison ou ville, change son apparence)
D'autres mécanismes d'adaptation peuvent apparaître durant la phase d'ajustement, par exemple :
mauvaise santé en général.
anxiété continuelle
sentiment d'abandon
peur persistante ou dépression, à des taux bien plus élevés que la population
sautes d'humeur, de joie relative à la dépression ou l'agressivité
agressivité extrême et hostilité (se rencontre plus chez les victimes masculines)
troubles du sommeil comme des réveils en sursaut ou des cauchemars récurents
insomnie, rêves éveillés, terreurs nocturnes
Flashback
Dissociation (sentiment de ne plus être rattaché à son corps)
Attaques de panique
Confiance dans des mécanismes d'ajustement dont certains peuvent être bénéfiques (philosophie, support familial) et d'autres qui peuvent être contre-productifs (automutilation, abus de médicaments ou d'alcool)
Manière de vivre
Les victimes dans cette phase peuvent avoir leur manière de vivre affectée dans quelques uns des cas suivants:
Leur conscience de la sécurité personnelle est affectée.
Ils hésitent à s'engager dans de nouvelles relations.
Ils s'interrogent sur leur identité, voire leur orientation sexuelle (cas que l'on rencontre plus fréquemment chez des hommes violés par d'autres hommes).
Les relations sexuelles deviennent problématiques.De nombreuses victimes ont témoigné qu'elles étaient incapable de rétablir des relations sexuelles normales et fuyaient l'interaction sexuelle durant un laps de temps après l'agression. Certains témoignages faisaient état de réponse sexuelle inhibée et de rétroaction (flashbacks) du viol durant l'acte. Couramment, des victimes deviennent hyper-sexualisées et entreprenantes après un viol, comme une façon de se réapproprier leur sexualité.
Certaines victimes vont réduire ou placer des restrictions dans leur vie sociale, parfois à un point tel que leurs activités habituelles pourront en être interrompues. Elles peuvent par exemple résilier leurs abonnements dans des sociétés, groupes ou clubs, voir restreindre par peur l'accès de leurs proches (enfants) à leur propre vie sociale.
Réponses physiologiques
Qu'elles aient été blessés ou pas durant leur agression, les victimes de viol montrent des taux plus élevés de mauvaise santé dans les mois et années après une agression, incluant le trouble somatoforme (symptômes physiques sans cause identifiable). Des réactions physiologiques comme les maux de tête, la fatigue, des sentiments généraux de douleur ou plus localisée dans la poitrine, la gorge, les bras ou les jambes. Des symptômes spécifiques peuvent apparaître dans les zones du corps agressées. Les victimes d'un viol oral peuvent ressentir une variété de troubles liés à la gorge et la bouche tandis que celles victimes d'un viol anal ou vaginal peuvent avoir des réactions en relation avec ces zones.
Nature de l'assaut
La nature de l'acte, la relation avec l'agresseur, le genre et l'intensité de la force utilisée et les circonstances de l'agression influencent l'impact qu'a produit l'agression sur la victime.
Quand l'agression est commise par un étranger, la peur est l'émotion la plus difficile à gérer pour la plupart des gens, un sentiment de vulnérabilité apparait.
Communément, les agressions sont commises par quelqu'un que la victime connaît et dont elle a confiance. Cela entraine des sentiments de culpabilité et d'auto-critique.
Phase souterraine
Les victimes tentent de revenir à leurs vies comme si rien ne s'était passé.
La victime peut bloquer les pensées résultant de l'agression et peut ne pas vouloir parler de l'incident ou de faits s'y rapportant. (Elles ne veulent pas y penser).
Les victimes peuvent avoir de la difficulté à se concentrer et se retrouver en dépression.
Dissociation et tentative de revenir à leur vie d'avant l'agression.
La phase souterraine peut durer des années et la victime peut considérer qu'elle a surmonté l'épreuve, malgré le fait que des éléments émotionnels ne sont pas résolus.
Phase de réorganisation
La victime peut revenir à des perturbations émotionnelles.
Il peut être extrêmement effrayant pour une personne à ce stade de se retrouver encore dans la même douleur émotionnelle.
Peurs et phobies peuvent se développer. Elles peuvent être en relation spécifique avec l'assaillant ou les circonstances de l'attaque ou revêtir un caractère plus général.
Des perturbations de l'appétit comme les nausées et les vômissements peuvent apparaître. Les victimes sont sujettes au développement de troubles des conduites alimentaires comme l'anorexie mentale ou la boulimie.
Cauchemars et terreurs nocturnes peuvent tourmenter la victime.
De violents fantasmes de vengeance peuvent apparaître.
Phobies
Une défense psychologique commune qui est constatée chez les victimes du viol est le développement de peurs et phobies spécifiques liées aux circonstances du viol, par exemple:
Peur de la foule.
Peur d'être laissé seul quelque part.
Peur des hommes.
Peur des femmes.
Peur de sortir en public (agoraphobe).
Peur d'être touchée (haptophobe).
Peurs spécifiques en relation avec certaines caractéristiques de l'assaillant, par exemple la moustache, les cheveux bouclés, l'odeur d'alcool ou de cigarette, un type spécifique d'habillement ou de voiture.
Certains développent une véritable suspicion paranoïaque à l'égard d'étrangers.
Certains ressentent une peur permanente envers la plupart des autres personnes.
La phase de normalisation
Dans cette phase, la victime commence à reconnaître leur phase d'ajustement. Il est particulièrement important de reconnaître l'impact du viol pour les victimes qui étaient dans une phase de déni et reconnaître tout type de dommage secondaire auto-inflingé comme étant une tactique contreproductive (par exemple reconnaître un abus de médicament comme étant peu adapté pour se positionner face aux conséquences du viol).
Un comportement typique d'une victime masculine est d'attendre un long intervale de temps entre l'agression sexuelle la recherche d'une aide psychothérapeutique. Selon Lacey et Roberts,23 moins de la moité des hommes victimes d'aggression sexuelle recherchait une thérapie dans les 6 mois et l'intervalle moyen entre l'agression et la recherche de thérapie était de 2,5 an. Selon King et Woollett's24 une étude sur 100 hommes victime de viols a mis en relief que l'intervalle entre l'agression et la thérapie s'élevait à 16.4 ans.
Durant la phase de normalisation, la victime intègre l'agression dans sa vie de façon qu'elle n'en constitue plus le point focal. Durant cette phase, des sentiments négatifs comme la culpabilité et la honte se résorbent et la victime ne se blâme plus pour l'agression.
-Phrases typiques qu'expriment des victimes de viol:
Je deviens folle.
Je n'arrive pas à me souvenir de ce que je voulais faire.
Je veux boire tous le temps, je veux juste oublier.
Je ne puis aller travailler ou respecter de simples engagements.
J'ai des cauchemars et des rétroactions (flashbacks) tout le temps.
Je ne peux ni manger ni dormir.
Tout ce que je veux c'est manger.
Je ne ferais plus jamais confiance à personne.
Tout ce que je veux c'est dormir.
Tout va bien. Les gens en font une montagne à ce sujet.
haptophobe :D,
J'adore apprendre de nouveaux mots, surtout quand ils me concernent ::),
tout résilient que je sois, chaque fois que je lis des symptômes ici, je me reconnais pour certains d'entre eux.
Effectivement, depuis toujours, si l'on me touche par surprise, sans que je vois le contact venir que ce soit un proche ou non je fais des bons... :o
Aujourd'hui est donc une journée difficile pour moi, car je connais une tribu de petits et même plus grands qui vont essayer de me coller des poissons dans le dos, et donc multiplier les excuses de contacts surprises pour arriver à leurs fins... ;D
Ça étonne toujours mes proches, et je n'avais jamais fait le lien avec ce qui m'a mené ici...
merci ;).
Enfin je ne suis pas désespéré, si j'ai le temps de voir venir et d'appréhender ces contacts, je les supporte très bien...
Bon dimanche
:-* :-*
Vive le poisson d'avril pour ça en effet! :)
C'est bien de pouvoir associer certaines "conséquences" dans notre vie de tous les jours, ça nous aide parfois à mieux les comprendre, mieux les apprivoiser, mieux intégrer en fait.
Oui on a parfois l'impression que toute une vie sera nécessaire pour apprivoiser les symptômes :P.
Venir ici, lire les autres aide beaucoup à les identifier, certains paraissent si anodins que l'on en a du mal à en définir l'origine. :-\
Une fois que c'est fait on y est plus attentif, on sait ce qu'il reste à travailler ::).
Ça nous fait gagner du temps... ;)
:-* :-*
Oui, je suis totalement d'accord avec toi! Lire les histoires des autres et les conséquences sur leur vie, leurs moyens d'avancer, leurs bons mots d'encouragement qui va toujours droit au coeur, tout ça ici m'aide énormément de plusieurs côtés. Ça me donne des pistes à introduire dans ma vie à moi, à ramener à mon histoire pour que ce soit bien pour moi, dans mon cheminement!
Les symptômes,... si je réussis à inventer la baguette qui guérit tout, je vous fais tous signe et je vous en offre une :)
On gagne du temps oui! :) il est tellement précieux notre temps ;)