Ceci est une réponse à un post de Toma concernant un article d'un journal qui l'avait scandalisé, et qui lorsque je l'ai lu m'a scandalisé aussi.
Le post de Toma est ici : http://www.rayondesoleil.org/index.php?topic=2707.0 (http://www.rayondesoleil.org/index.php?topic=2707.0)
Une part de vrai dans l'article dont parle TomaJ'ai fait quelques recherches, dans certains cas, la façon dont la thérapie est conduite peut générer de faux souvenirs qui semblent pourtant très réels à la personne concernée.
Quelques noms (il existerait selon un site 400 thérapies différentes susceptible de provoquer de faux souvenirs) :
- TMR : Thérapie de la mémoire refoulée ou retrouvée
- TSR : Thérapie des souvenirs refoulée
- RTM : Repressed Memory Therapy
- ART : Age Régression Therapy
- DEPT : Deep Emotional Processing Therapy
- EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing
- Hypnose
- Humanothérapie
Selon les chercheurs américains Poole et Pendergrast aux états unis, la TMR aurait provoqué jusqu'à 1 000 000 de victimes de fausse mémoire par an, soit 17 victimes par an et par psychothérapeute utilisant cette technique. Selon une autre étude (ne portant pas sur une méthode particulière, mais sur un type de plainte particulière) de Robert A Blaker publiée en 2008 sur les 1 700 000 plaintes pour abus sexuels déposés aux états unis en 1985, 65% sont sans fondement
Le risque est d'autant plus grand si la victime potentielle n'avait aucun souvenir avant de commencer à consulter
Une bonne part de fauxLà où comme Toma je ne peux pas être d'accord c'est sur le titre de l'article qui dit que tous les souvenirs sont faux. Prétendre que les souvenirs sont faux c'est refuser de reconnaitre l'existence de victimes. Beaucoup (dans quelle proportion je n'en sais rien) en souffrent longtemps, se souviennent bien avant d'aller voir un psy. L'immense majorité ne font jamais appel à ces techniques dont le fonctionnement scientifique est très incertain voir inconnu. Beaucoup aussi tendance à refuser la réalité des souvenirs le plus longtemps possible avant d'être contraints d'en accepter la validité.
Ensuite, chaque acte a des conséquences, et même si on en masque beaucoup, on sème beaucoup d'indices qui même s'ils ne sont pas compris sont observés, parfois mêmes consignés dans des carnets de santé (par exemple). Au minimum il y a la dépression, ou sous sa forme difficile à diagnostiquer et à constater, la Dysthymie. Alexandra sur ce site mentionne de nombreuses conséquences
Chaque personne est différente, et chaque situation aussi. Personnellement je me suis toujours méfié du risque de corruption de la mémoire, c'est pourquoi j'ai toujours procédé ainsi :
- Faire une description très détaillée des lieux, le plus proche de la description photographique, donc même des plus petits détails, une description très détaillée des faits (c'est le plus éprouvant) et consigner le tout par écrit
- Ensuite et seulement ensuite (pour ne pas polluer la mémoire) faire des recherches aussi poussées que possible : lieux, indices scolaires, indices médicaux, témoignages (même s'ils ne savent rien) sur certains détails (y compris des témoignages de personnes qui se souviennent de mensonges que l'on sait avoir inventé pour cacher le problème) (en posant une question anodine, l'air de rien, pour ne pas éveiller de soupçons), conséquences sur la vie auxquels on n'avait pas forcément prêté attention, correspondance avec des cauchemars récurrents, explication de certaines phobies, faisabilité (etc.)
- Noter toutes les questions que cela peut soulever et les réponses trouvées (ou l'absence temporaire ou définitif de réponse), les preuves trouvées. Evidemment trouver quelqu'un qui savait permet d'éliminer les doutes... Si par chance (ou malchance) un objet particulier, ou autre détail particulier, que l'on ne pouvait pas connaitre si cela n'était pas arrivé supprime aussi tout doute.
- Ne jamais parler à la psy de choses dont pourtant j'étais sûr mais que je n'avais pas réussi à mettre à sa place.
- Faire lire le tout à une personne qui nous connait bien, qui a le cœur bien accroché, à la recherche d'incohérences. Soi même relire de temps en temps pour voir si avec le recul on trouve une incohérence
- Parler de choses avec la psy qu'une fois les choses suffisamment bien établies voire prouvées... Elle peut avoir des questions auxquelles on n'aurait jamais pensé et permettre d'assembler des pièces du puzzle dont on ne savait que faire
Enfin je ne sais pas si c'est un cas particulier accentué par mon anomalie génétique, mais je distingue facilement plusieurs types de souvenirs :
- Ceux que je connais simplement parce qu'on me les a rappelé, même si je ne sais pas qui me les a rappelé ni quand. Mais je sais qu'en réalité je ne me souviens pas de cela, et ils ne sont jamais géo localisés, même si je sais où cela se situe
- Ceux dont je me rappelle bien et qui sont parfaitement géo localisés
- Ceux dont je sais que ce n'est pas cela, que quelque-chose cloche, voire que cela ne correspond à rien
- Ceux dont je me rappelle bien quelque chose que j'ai inventé à l'époque pour masquer le problème
- Ceux pour lesquels c'est si flou que je considère que cela n'existe pas
Par contre, je suis tout à fait d'accord avec Toma, certains détails restent incertains (exemple : c'était quoi ? une corde, une lanière, une sangle ?), dont un en particulier, le temps réel que chaque action a duré qui semble toujours durer des siècles