Bonsoir, j'aimerais vous raconter ma première fois il y a quatre ans (j'avais 17 ans), j'ai rencontré un garçon chez une amie, on s'est de suite bien entendus mais pas d'ambigüité ni de rapprochement physique, on a un peu bu et fumé à la soirée, par un concours de circonstances on a dormi dans le même lit. On parlait mais comme des amis, pas de sexe du tout, et on ne s'est pas touchés ni embrassés, on était couchés côte à côte sur le dos et on ne se touchait pas on ne se chauffait pas du tout. Il a mis sa main sur mon ventre et l'a caressé, puis il a mis sa main dans ma culotte et m'a pénétrée avec ses doigts (il m'a fait mal), je n'ai pas bougé, pas écarté les jambes, pas dit non, je l'ai pas repoussé j'ai pas bougé du tout en fait et rien dit, je pensais juste très fort "c'est pas censé se passer comme ça est-ce que tu veux vraiment que ça se passe comme ça c'est pas trop normal". Une amie m'a dit que c'était un viol, est-ce que c'est ça pour vous aussi
Bonjour,
J'espère que tu vas bien et que tu es entourée pour le réveillon.
Toute pénétration sexuelle sans consentement est un viol, même avec le doigt.
Comment se passe ta vie maintenant? Tu as quelqu'un? tout va bien dans ta vie amoureuse, sexuelle, amicale etc?
Bon réveillon à toi
Bonjour Laura18,
sois la bienvenue ici.
J'ai envie de te dire que ce que nous pensons n'est pas le plus important dans cette histoire...
Ce qui importe c'est comment tu l'as vécu Toi...
Est ce que tu dormais et t'es réveillé quand c'était fais?
Comment le vis tu avec le recul?
Est ce que cet événement est lourd de conséquences pour Toi,
te cause des troubles, du mal-être?
Est ce que tu l'accueil comme une découverte de la sexualité à deux qui au final ne te correspondait pas,
ou est ce que tu t'es sentie trahie, salie, choquée?
Je ne suis ni juriste ni psy,
et pénalement tout geste de pénétration non consenti est un viol...
Mais je pense que le plus important c'est réellement ton ressenti sur le moment,
et ton vécu depuis...
La réponse est donc en Toi...
Moi aussi je te souhaite un bon réveillon,
et mes meilleurs vœux pour l'année à venir..
Merci de vos réponses. Sur le coup j'ai bien senti que quelque chose n'était pas normal mais ce sentiment s'est très vite effacé, la seul "séquelle" c'était que je n'ai jamais aimé que quelqu'un me mette des doigts.
Mais quand je l'ai raconté à mon amie quand on parlait de nos premières fois (en parlant juste de zone grise car c'était au maximum ce que ça pouvait recouper pour moi), et qu'elle a appelé ça un viol, j'ai eu le sentiment d'être complètement dissociée, j'entendais ma voix de l'extérieur en lui racontant, j'avais l'impression que ce n'était pas réel, et depuis impossible de faire l'amour avec qui que ce soit, j'ai fait plein de cauchemars sur ça, j'ai pleuré tout le lendemain de cette conversation, je sentais physiquement ses mains sur mes cuisses, j'étais en période de partiels et impossible de dormir de manger de me concentrer j'avais le sentiment qu'on m'avait arraché quelque chose, c'était il y a plus d'un an et c'est toujours douloureux, je ne laisse toujours pas mes amoureux /amoureuses me toucher sexuellement. Quelqu'un m'a dit que c'était comme si toutes les émotions que j'aurais ressenties après l'acte lui-même avaient été coupées et qu'elles étaient réapparues quand mon amie m'en avait parlé (la dissociation le choc etc), je ne sais pas si c'est ça ou si c'est le fait qu'on aie nommé ça un viol qui a déclenché les réactions de "trauma"
Peut-être as-tu besoin d'extérioriser les choses, de les exprimer, peut-être devant un bon psychologue ou un groupe de parole? Qu'en penses-tu?
La definition d'un viol au niveau de la loi t'a ete donnee par Anayl, donc oui. Par-contre, comment tu l'as ressenti, comme le dit Intime, est plus important que ce que la loi dit. Il y a beaucoup de formes d'abus sexuels qui n'existent pas au niveau de la loi mais qui sont bien reelles pour les victims.
Tu sembles avoir plus de mal a vivre avec ca maintenant plus qu'avant. Parfois, on se souvient vaguement de quelque chose mais on n'y associe pas vraiment d'emotion, on oublie en quelque sorte. Et puis, il y a un element declencheur qui te fait te rappeler les faits et/ou les emotions enfouies au moment des faits. C'est assez courant chez des victimes de traumatisme "d'oublier" les causes du trauma pendant plusieurs annees, ne pas avoir de consequences directes. Un element declencheur, dont on n'est pas forcement conscient, cause a ce traumatisme refoule de revenir a la memoire.