Bonjour à tous,
Je suis nouvelle sur le forum, et je vous écris après ma "mésaventure" d'il y a peu, que j'aimerais vous raconter. Je vais essayer de faire plutôt court...
Donc voilà, il y a un mois tout pile, j'ai rencontré un homme pour la première fois. Nous avions échangé via une application de rencontre et, confinement oblige, je lui ai proposé d'exceptionnellement venir chez moi pour dîner. La soirée s'est plutôt bien passée, il a essayé de m'embrasser et d'aller plus loin, mais j'ai refusé. Dix minutes plus tard, il m'a dit qu'il partait... Ce qui m'a renvoyé quelque chose de plutôt violent, l'impression de ne pas avoir d'intérêt réel. Du coup, j'ai été stupide, je lui ai proposé de rester et d'essayer d'avoir un rapport, en précisant que "je n'étais pas sûre d'avoir envie", mais que je voulais bien faire des câlins pour essayer.
Bref aussitôt couchés, je n'ai rien compris à ce qui s'est passé, il a immédiatement essayé de me déshabiller alors que j'avais imaginé des embrassades et des accolades. Du coup je lui ai dit "non" à plusieurs reprises (4/5 fois). Mais il n'arrêtait pas d'essayer de me déshabiller, je le repoussais. Au bout de mon 5e "non", j'ai fini par lui dire "ok mais juste le haut". Du coup il m'a déshabillé, et bien sûr il a directement essayé d'enlever le bas. A nouveau, j'ai dit "non" plusieurs fois (2/3 fois), mais j'ai fini par laisser faire sans ne rien dire. Il a commencé à me toucher, et je n'arrêtais pas de lui dire que je ne sentais rien. Honnêtement, je ne comprenais pas du tout ce qui se passait, ça ne m'était jamais arrivé de ne pas prendre du plaisir pendant un rapport... Je lui ai dit que j'allais essayé de me toucher, mais pareil je ne ressentais rien. Il m'a proposé du sexe oral, mais j'ai dit "non" à nouveau 2/3 fois, et à cause de son insistance, j'ai laissé faire. Il a arrêté, je lui ai redit que je ne ressentais rien. Là, j'ai commencé à m'en vouloir. J'ai vraiment été faible et un peu bête, mais j'avais l'impression d'échouer, de ne pas y arriver alors qu'il était évident que mon corps m'envoyait un signal clair.
Du coup je lui ai proposé qu'il me pénètre, ce qu'il a fait mais il était très brutal. Je me suis mise à pleurer, et il n'arrêtait pas de me dire "détends toi", "je sais que tu en as envie". Bref, ça ne l'a pas du tout arrêté... Du coup je lui ai proposé qu'il me pénètre en position couchés sur le côté. Je me suis dit que ce serait sûrement plus doux. Mais pas du tout, il était à nouveau brutal, du coup je lui ai dit "non", et il a arrêté. Il m'a repénétrée après, en redevenant brutal. Quand je lui ai dit "non" cette fois-ci, il n'a pas arrêté. Du coup je me suis un peu redressée en lui disant "arrête", puis "plus doucement", mais ça n'a rien changé. Bref il a fini ce qu'il avait à faire. J'étais mal après, il m'a vaguement rassuré en me disant que c'était normal de se sentir mal quand on se relançait après une rupture (je lui avais dit que je n'avais pas eu de rapport depuis ma rupture, mais c'était faux). Et il a appelé un Uber, et m'a plantée là...
Tout ça s'est passé il y a un mois, et je me sens terriblement mal depuis. Je n'arrête pas d'y penser, de me poser 1000 questions, d'essayer de comprendre ce qui s'est passé. Je me demande si j'ai été suffisamment claire avec lui, sachant que je lui ai proposé certaines choses. Je me dis qu'il n'a peut-être pas bien compris ? Je m'en veux énormément de ne pas m'être énervée, je pense qu'il aurait certainement arrêté si ça avait été le cas, et je m'en veux aussi de l'avoir invité chez moi, j'ai été imprudente. Je ne comprends pas mon état, parfois j'y repense et je me dis que ce n'était peut-être pas si grave ? Mais dans ce cas, pourquoi je me sens si mal ? J'ai l'impression d'avoir été un objet, de ne pas m'être suffisamment affirmée et d'avoir été stupide.
J'ai été porter plainte 3 jours après, sur conseil d'une amie à qui j'avais raconté (sans me dire que j'avais été agressée). Je suis vraiment tombée sur des gens super tout du long (gendarmes, associations, médecins, etc...) Même si tout le monde me dit que c'était un viol, je n'arrive pas à en être sûre. Qu'en pensez-vous ?
Merci
Bonjour,
Tu lui a clairement dit "non" plusieurs fois et tu lui as dit qu'il te faisait mal. Une personne respectueuse se serait arrêtée à ton premier "non." Après, je me demande si tu as compris inconsciemment que tu ne pourrais pas y échapper et tu as peut-être essayé de reprendre un peu de contrôle, de choisir la meilleure des pires possibilités en proposant certaines choses que tu ne voulais pas.
Bon Alexandra, merci de ta réponse !
Ben je ne comprends pas non plus... C'était un mélange de pression qu'il me mettait, de pression que je mettais moi-même, de culpabilité de ne pas y arriver, et d'un peu peur. Bref ce cocktail ça a donné ça... Je m'en veux beaucoup
Tu sembles t'être trouvée "coincée psychologiquement," ce qui est bien plus fort souvent qu'être "coincée physiquement" si tu vois ce que je veux dire.
Encore une fois, ton premier "non" aurait l'arrêter, lui faire demander si tu le voulais vraiment. A partir de là, ce n'est plus une relation consensuelle.
Bonjour,
Alexandra merci pour tes réponses...
J'ai eu mon rendez-vous avec la psychologue de l'UMJ il y a quelques jours, ça a été très violent pour moi. Elle m'a dit que je vivais dans un "monde de bisounours", que le rapport que j'avais eu était un rapport normal et que je devais ouvrir les yeux sur le monde. Je lui ai dit que je n'étais pas d'accord avec ça, j'ai 31 ans et j'ai eu plusieurs partenaires dans ma vie ça ne s'est jamais passé comme ça. Elle m'a dit que j'avais certainement eu de la chance par le passé...
Elle m'a aussi dit que j'avais été ambivalente, que je n'avais pas posé de limites claires car j'avais dit à un moment "non je te jure que je ne suis pas sûre d'avoir envie" (ce qui laissait envisager une possibilité selon elle) et que ça avait dû l'encourager, que je devais comprendre pourquoi j'avais laissé faire, qu'il n'avait pas dû comprendre et que lui aussi avait dû subir une pression vis-à-vis de ses performances.
Elle a aussi ajouté que j'étais influençable, que je ne me connaissais pas, que je ne m'aimais pas, que mon travail thérapeutique ne fonctionnait pas et que je devais certainement changer de psy.
L'entretien a duré 3 heures, j'étais complètement épuisée et culpabilisée en sortant de son bureau, et j'étais à deux doigts de retirer ma plainte.
Je ne suis tombée que sur des gens bienveillants depuis le début, il a fallu attendre la psychologue pour être malmenée. Je n'ai pas compris son attitude à mon égard, peut-être qu'elle essayait de tester mes réactions ? Bref, pas facile ce parcours...
Sinaa,
bienvenue à Toi ici,
si je peux me permettre un conseil,
en plus la personne concernée te l'a suggéré,
change de psy...
Une psy qui prône un monde plein d'intolérance, de violence, de non respect des autres,
je ne sais pas à quoi elle joue, ou voulait elle en venir, elle pourrait parfois exagérer pour te faire réagir,
mais elle se doit de te l'expliquer après...
Si elle n'a pas de raison valable et qu'elle pensait ce qu'elle t'a dit,
change de psy ::)...
Bon courage,
à bientôt.
C'était la psychologue de l'UMJ qui me voyait dans le cadre de l'enquête suite à mon dépôt de plainte qui m'a dit tout ça. Cette psy m'a conseillée de changer de psy personnelle, avec qui tout se passe très bien.
Je ne serai pas amenée à revoir cette psy de l'UMJ, mais j'ai été complètement déstabilisée par ce rdv :/
Excuses moi,
je n'avais pas compris l'UMJ,
j'aurais du chercher sur google "Unité Médico Judiciaire",
du coup je comprends mieux le discours même si je le trouve déplorable,
et je comprends bien qu'il t'ait déstabilisé...
en as tu parlé avec ta psy,
elle peut t'aider aussi pour ça...
Bon courage.
Quelle honte d'avoir quelqu'un parler comme ça! Ne retourne plus voir cette personne, ce n'est pas une psychologue qualifiée.
Essaye de ne pas laisser ses mots t'affecter, va voir ta psy personnelle pour qu'elle t'aide.
Tu as dit non plusieurs fois. A partir de là, cet homme est un violeur.
Même si tu as fini par céder, c'est uniquement car tu étais sous pression, parce qu'après plusieurs "non", tu as compris que ca ne servait à rien de te battre, qu'il aurait de toute façon le dessus. Alors, tu as simplement essayé de minimiser les dégats.
Tu n'as rien à te reprocher dans cette histoire, c'est beaucoup trop compliqué pour une femme de tenir tête à un homme. Ils sont souvent physiquement plus forts que nous, on le sait bien. On se retrouve facilement submergée, impressionnée, effrayée.
Par contre, cette psychologue sur laquelle tu es tombée! Une relation normale, vraiment? C'est parfaitement normale d'être forcée après avoir dit "non" une dizaine de fois? Mon dieu, je ne veux pas savoir ce qu'elle a comme vie de couple si c'est ca sa vision d'une relation normale.
Psychologue de l'unité médico judiciaire,
une enquêtrice avant tout, qui va provoquer, parfois prêcher le faux pour tenter de dénouer le vrai,
qui ne prendra pas de gant car au tribunal les questions de l'avocat de la partie adverse n'en prendra pas non plus et poussera la victime dans ses derniers retranchements pour essayer de minimiser les faits ou de la faire passer pour une affabulatrice...
Une thérapeute ne se serait pas permis ce genre de discours :o...
Enfin j'espère... ::)
Citation de: intime idée le Août 10, 2020, 09:47:24 AM
Psychologue de l'unité médico judiciaire,
une enquêtrice avant tout
Non, ce ne sont pas des enquêteurs.
Autant pour moi...
C'est l'image que les médias m'en avaient donné...
Ils ou elles rendent compte à l'équipe qui enquête, font un rapport,
et si leur approche est différente,
elle me semblait plus chercher des réponses pour étayer l'enquête,
qu'un coté thérapeutique quand même,
non?
???