L'éducateur. Il est là, me parle ou me regarde. Constamment. Je lui signifie de partir, il ne part pas. Il reste. Ce frêle corps qui est mien n'a plus d'ombre, l'éducateur comble ce manque. Peu importe où je vais, là il est, à mes côtés.
L'autre nuit, j'ai décidé de partir, de marcher jusqu'à ce que mort s'ensuive. J'ai marché plusieurs heures sur le bord du fleuve, seule avec lui. Cela me devint insupportable. J'avais marché une cinquantaine de kilomètres, il m'avait encombrée de sa présence tout ce temps, de plus en plus fortement. Je n'en pouvais plus. Je cognai à la porte de la première demeure que j'apperçu.
L'éducateur m'a sauvé, je ne sais qu'en penser. Il m'avait d'abord détruite.
Est-ce que tu ressens sa présence quand tu dors ou aussi la journée?
Il est là le jour et lors de la nuit également. Quelques fois il est moins envahissant, mais reste malencontreusement toujours présent.