Je suis un homme de bientôt 47 ans, je me cherche toujours et me bats au quotidien pour retrouver une quiétude, ma quiétude. Violé à 6 ans par le copain de mon frère, je n'avais pas, par peur, parlé de cette agression dans un pays où les tabous sont légions. Ce viol a complètement détruit ma vie m'a complètement déstructuré. Je n'ai rien construit depuis. Je me venge de mon corps et l'offre à des hommes en refoulant les sentiments de dégout et en ravivant mon sentiment d'incapacité d'être comme eux. La peur m'accompagne, une peur de tout, cette peur demeure et reste et qui se transforme en paranoïa permanente. J'ose aujourd'hui écrire avec beaucoup d'hésitation pourtant je n'ai pas lésiné sur les moyens pour sortir de cette impasse: cours de théâtre, psychothérapie, kinésithérapie, hypno thérapie mais je n'arrive pas à percer toujours les raisons de mes blocages. Tout ceux qui me connaissent pensent que je suis quelqu'un de fort qui gère sa vie, qui sait ce qu'il veut mais en réalité ma fragilité m'enferme de plus en plus au point de me poser des questions sur tout et pour tout. Je suis largué complètement. Je n'ai pas été protégé enfant, on m'accusait d être la raisons des agressions sexuelles (j'en ai eu beaucoup durant mon enfance et après le premier viol). Je fus battu parfois même torturé par mon père et certains de mes frères. J'ai tellement envie de tourner la page et vivre normalement pour le reste de mes jours.
Ce que tu dis me fait penser à l'impression que j'avais de porter un masque, de cacher ma douleur, mais de souffrir à l'intérieur.
Ce que tu as vécu a créé un grand traumatisme. Tu as cherché des moyens d'obtenir de l'aide sans résultat d'après ce que tu dis. As-tu vraiment exploré toutes les causes de ton mal être?
Il est possible d'aller mieux, accroche-toi...
Merci Alexandra,
Ce qui est difficile c'est le problème de genre, mon identité sexuelle et pour quelqu'un qui cherche à se marier et construire un foyer ce n'est pas d'une facilité simple.
Je sais que je n'irai pas mieux mais je veux retrouver ma confiance en moi.
J'ai rdv avec un hypno (Alex ZOUAOUI), ca coute très cher mais ca vaut le coup d'essayer.
Je ne sais pas ce que je peux lfaire de plus
Je suis désolée de ce que tu as vécu..
Tu parles de problème de genre, d'identité sexuelle..
Tu as du mal à te trouver sur ce plan-là ?
Ou au contraire, tu sais qui tu es mais tu as du mal à l'accepter, à être en confiance avec ça ?
Je rejoins Alexandra, il est possible d'aller mieux, il faut "simplement" trouver la méthode qui te convient et qui t'aidera à retrouver confiance en toi et en la vie..
L'hypnose peut valoir le détour oui.
L'EMDR, si tu n'as pas encore essayé, donne de bons résultats aussi.
Bon courage à toi
Ce soir, j'avais terminé mes cours vers 20h, je quitte l'établissement et emprunte mon chemin habituel pour rentrer. Mon corps accueillait des sensations nouvelles. Me suis senti comme libéré. Deux heures plus tot, j'avais pris mon téléphone pour appeler mon frère ainé, je lui demande s'il pouvait se libérer ces jours-ci pour discuter mais stressé comme il est, il me demande de lui dire ce qui se passe, je lui demande de s'isoler et de s'asseoir et lui raconte tout. Que lorsque j'avais 6 ans, c'était une personne qui s'est présentée comme son copain qui m'embarque pour marquer à jamais mon corps. Je lui explique la peur qui avait accompagné ma vie des années durant, la brutalisation de mon père (parti), l'harcèlement moral et physique que j'avais subi que sa protection m'avait manqué, je lui explique que mon appel n'a pas pour but de le culpabiliser mais pour me libérer. Il a marque une pause silencieuse pendant des minutes et me demande de m'assurer de l'auteur puis me dit: "à 6 ans, tu ne connaissais rien, tu étais juste un enfant tu n'es absolument pas responsable" Je sentais sa douleur, son désarroi..je m'attendais pas du tout à sa réaction. Le contraire de ce que pensais. Ca m'a fait un bien fou. Il m'encourage à déposer plainte si c'est encore possible et me dit qu'il me soutient. Lors d'une séance d'hypno thérapie, je m'étais vu accéder à une grotte ou j'ai vu un enfant nu qui pleurait et qui avait peur.....c'était moi, j'avais pris l'enfant dans mes bras et je l'avais rassuré....reste à le sortir au soleil. J'ai pris rendez vous pour l'EMDR. Au passage ma future me quitte car je lui avais parlé des violences sexuelles que j'avais subies.
Bravo d'avoir réussi à en parler à ton frère !
Je suis contente qu'il ait bien réagi et qu'il t'ait soutenu.
Ca a dû te libérer d'un poids énorme.
La prescription pour un viol sur mineur est passée récemment à 30 ans à partir de la majorité de la victime, soit jusqu'à 48 ans.
Le délai est court pour toi, mais si tu en as envie et que tu en ressens le besoin, tu peux encore porter plainte et entamer des poursuites.
Je suis contente pour toi que tu ai pu en parler en parler à ton frère et qu'il t'ai supporté. Je suis désolée par-contre pour ta "future," mais si une personne ne peut pas accepter ton passé, cette personne n'est certainement pas une bonne personne pour toi, car cette personne n'accepte pas une partie de qui tu es.
Merci Alexandra, oui je suppose et j'en suis certain. J'ai besoin d'une personne qui perçoit cette douleur et qui la comprend et qui m'aide à la gérer. Je ne saurais décrire les émotions que je suis en train de vivre en ce moment, un flot de sentiments et des souvenirs qui se précisent. J'ai contrairement à ce que je pensais être enfoui à jamais, ce sentiment de peur, je me revois enfant, et oui j'avais peur très peur et je ne comprenais pas. Il m'arrive en ce moment de trembler et d'assimiler cela à ce moment de peur. Je n'étais qu'un enfant de 6 ans. Mon dieu, comment ai-je pu passer à coté de cela et ne pas le détecter plus tôt. J'ai passé des années à fuir en me convaincant que les choses allaient être mieux un jour. Des années de psychothérapie et d'initiative pour m'en sortir de cela et là tout d'un coup arrive, j'ai même le sentiment de revivre ma puberté...... tout a été déformé, tout a été détruit. J'ai l'impression de ne pas avoir de passé d'un point de départ. Tout s'était arrêté à ce moment là. Je revis tout. Les propos qu'il avait tenu, le chemin emprunté, l'arrivée sur les lieux et l'adulte que j'avais en face de moi. L'odeur de sa salive, son pénis dans ma bouche, la couleur de son slip....j'ai envie de vomir. Je vais continuer à évacuer celà maintenant que les choses se précises. J'ai appelé plusieurs organismes susceptibles de m'aider. Cette peur envahit mon corps, provoque une pression sur mon corps, mais il faut se battre, 40 ans de stratégie d'évitement de recherche de moi même dans ce décor qu'est le monde, la vie. Les insultes, les provocations, la douleur, le rejet de mon corps, la recherche de mon père.......de moi. Quel criminel cet ordure. Il aurait du me tuer que de me laisser suspendu entre ciel et terre avec ce sentiment de vide et de sol qui sol qui se dérobe sous mes pieds, les joies éphémères, le complexe d'infériorité, la paranoïa, les relations conflictuelles....