Bonjour, j'ai découvert ce blog par twitter (mon seul espace de socialisation actuellement) et j'ai besoin de personnes pour essayer d'y voir plus clair. J'ai un suivi psychiatrique depuis deux ans, traversant une dépression qui nécessite des médicaments et un arret de travail et je fais une psychanalyse depuis longtemps (mais là ça travaille vraiment) mais je ressens le besoin d'échanger avec des pairs.
Je me suis separée du pere de mes enfants après le confinement covid, donc 3 ans. A partir du moment où j'ai été seule, j'ai pu prendre conscience que j'avais vécu 20 ans de violences conjugales, psychologiques et sexuelles. J'ai perdu le peu d'amis (culture du viol) qui me restait (l'emprise, l'enfermement m'avait grandement isolée) ainsi que mon nouvel amoureux. Mais accompagnée par association et soignants, j'ai fini par déposer une plainte contre le pere de mes enfants, pour viols et violences conjugales. Il me restait comme entourage mon père, qui quand meme trouvait à redire sur mon depot de plainte "vaut mieux passer l'éponge et pas se focaliser sur le conflit, c'est une sorte de vanité,avance, rebondis". J'ai deux amies, qui habitent loin et qui ont leur vies donc un soutien certes mais surement pas assez suffisant vu les tempetes que je traverse.Après m'être sauvée en tant que femme, je me suis rendue compte qu'il fallait protéger mes enfants (en garde alternée actuellement), donc j'ai lancé une autre procédure judiciaire pour qu'ils soient plus avec moi. Leur père les charge de tout ça, à grand renfort de chantage affectif, bref.
Mais alors j'ai commencé à prendre de la distance avec mon père, parceque le voir avec mes enfants me rappelait mon enfance douloureuse. Je lui ai exprimé mes reproches, de manière calme et affectivement détachée : il ne m'a pas considérée comme une personne, mais comme un objet de valorisation sociale. J'ai bien joué mon rôle de parfaite petite soldate, je n'ai jamais ressenti l'envie de dire non stop, d'entrer en conflit. Je lui ai reproché de ne m'avoir pas protégée de ma mère (j'étais autorisée à faire ce reproche parceque j'experimentais moi meme la lutte pour proteger mes propres enfants). Parceque ma mère était folle (j'emploie ce terme sans mépris aucun), mais avec la force qu'il mérite puisque ça a complètement façonné mon existence, j'ai toujours entendu que j'avais eu une enfance difficile du fait de la maladie de ma mère (divers diagnostics psy (bipolaire, borderline grave, elle était une grande anorexique). De plus en plus, j'ai l'impression que la maladie de ma mère a fait écran à une autre manière de voir les choses : des violences. Et c'est dans ce marasme de déterrer toutes les experiences de souffrance infantile que la question de l'inceste, par mon père est arrivée. Quand, en analyse j'ai dit que ça faisait des mois que je connectais avec moi enfant qui avait vachement souffert quand meme. Ma mère est morte il y a 7 ans, d'un cancer, mon père a eu un deuil extremement difficile (il est devenu hargneux et parano, salissant la mémoire de ma mère) et il m'a dit qu'elle avait probablement été incestée par son père (selon lui) j'ai donc enqueté là dessus comme j'ai pu en appelant amies-famille de ma mère et ça a concouru à ma propre prise de conscience de mon éventuel propre inceste quand j'ai dit à mon psy "je cherche à savoir pour ma mère mais POUR MOI alors?..." Et il s'est passé un truc, très puissant pour moi, c'est que après cette séance, j'ai ressenti, de manière entremêlée, un élorme flip, vacillement terreur ET un soulagement extreme aussi de me dire " mais oui c'est ça, tu as été mal toute ta vie, meme avant la relation connjugale violente, et là ya quelquechose qui fait sens".
Je navigue depuis quelques mois entre une conviction forte, tellement nouvelle (puisque je n'ai jamais vraiment vécu en fait... j'ai 41ans) et dérangeante que j'ai été victime de choses sexuelles avec mon père et un mantra d'incédibilité, je n'arrive pas à la croire, je me protège surement avec cette ritournelle d'illegitimité.
Je revois les éléments de mon enfance avec ce nouvel éclairage et je me demande si je ne suis pas folle, complètement mythomane, méchante haineuse et dans le mensonge.
J'espère que cet écrit n'est pas trop difficile à suivre, j'aimerai expliquer plus mais je ne sais pas si je serai entendue ici où si je parle dans le vide. j'aimerai savoir si les genstes ici ont vécu un moment similaire dans leur chemin, où quoi que puissiez me répondre, j'ai besoin d'autres pour penser.
Merci d'avance
Bonjour P. sois la bienvenue ici,
je t'ai lu et je ressens bien les souffrances, le doute...
Je ne sais que dire en fait, ton vécu est différent du miens...
J'espère que tu trouveras les réponses dont tu as besoin,
un peu d'Amour propre aussi c'est important...
Quels ages ont tes enfants?
Quel est ta situation actuelle?
Evidemment si tu trouves mes questions gênantes, rien ne t'oblige à y répondre...
Bon courage et à bientôt.
Bonsoir P.
Je n'ai pas non plus été dans la même situation que toi, je ne sais pas trop quoi te répondre...
En tout cas ici, tu seras lue, et sans jugement.
Tu n'es pas seule..
Bon courage.
Bonsoir, merci pour vos réponses.
Mes enfants ont 10 et 12 ans actuellement.
Ma situation est solitaire. Ca fait quasi un an que j'ai coupé les ponts avec mon père. Progressivement, et en essayant de l'épargner comme d'habitude. Je ne le lui ai pas re-parlé d'inceste. Mais même sans ça il a adopté une attitude défiante, en se victimisant "Si tu as besoin de t'éloigner de moi pour aller mieux je comprends vu que je suis personne detestable bla bla" l'arsenal de la victimisation (de lui) et de culpabilisation (de moi). Dans la réalité, il l'entends pas du tout mon refus puisqu'il m'a sorti "est ce que vous venez pour les vacances prochaines que je sache pour m'organiser". J'ai du mal à le suivre. Il a aussi glissé des sous entendus en m'écrivant "je ne sais pas ce que tu veux me faire porter mais tu te trompes."
Oui alors parceque dans l'histoire, je l'ai déjà confronté avec une question claire " je pense avoir été victime d'inceste : est ce que c'est toi?". Ca me semble completement dingue. C'était après la mort de ma mère et avant que je me reveille en me séparant de mon conjoint violent. J'avais lu un bouquin sur les troubles de la personnalité (je travaille en psychiatrie) et j'avais été frappée par une descritpion clinique des gens incestés. C'était moi! je me retrouvais complètement dans le tableau et j'ai tout de suite fait un lien avec mon père. Il m'a répondu que non, il a nié en bloc et je l'ai cru, enfin je ne sais pas si je l'ai cru mais ca s'est arrêté là. Dernièrement j'ai connecté avec le fait que dans la même période il m'avait menti, sur un sujet délicat quand meme. Il était, dans son deuil difficile de ma mère, assez fou de jalousie et il ressassait sur d'éventuelles histoires qu'elle aurait entretenu en étant hospitalisée en psy. Dans mon souvenir (j'étais au lycée) il avait crié qu'il allait déposer ses fusils au commissariat (il avait des fusils de chasse) pcq'il avait peur de faire une connerie. (Là aussi en l'écrivant je tremble : qu'est ce que c'était que ce climat familial avec menace de meurtre ou de suicide). Et donc quelques années (dizaine d'année) plus tard je me suis retrouvée accusée par lui (acculée aussi) "tu savais qu'elle voyait ququn d'autre je l'ai lu dans ton journal intime"... sciée.. sa justification : "je ne l'ai pas lu, je rangeais et je suis tombé dessus (pile sur les pages qu'il fallait la coincidence).
Je m'épanche beaucoup, j'espère que si vous lisez vous pourrez au moins me dire ce que vous pensez de la situation. En fait je lutte en moi entre une certaine terreur horreur face à ces souvenirs et une force qui me dit que j'exagère, que je m'affecte trop pour pas grand chose. Mais j'ai envie de partager pour savoir si ça semble normal, ou aceptable. Cette mise en doute profonde et incessante (de moi à moi) est épuisante, je ne sais pas si certains partagent cela.
Ce que m'inspire ton témoignage, c'est que tu n'as jamais connu de relation soutenante et équilibrée..
Ni avec ta mère à cause de ses troubles psychiques..
Ni avec ton père...
Ni avec ton ex-mari violent..
Comment faire confiance aux autres, et à soi, dans ces conditions..
Heureusement, tu as ces 2 amies dont tu parlais dans ton premier message. Même si elles sont loin, elles ont l'air de t'apporter du soutien.
Ça, c'est important.
Et positif :)
Cette mise en doute incessante de soi-même, oui je partage cela avec toi, même si nos histoires sont différentes.
C'est épuisant oui.
Mais je n'ai pas trouvé de remède miracle pour le moment :P
Bon courage.
N'hésite pas à t'épancher comme tu dis, ce site est fait pour ça ;)
Bonjour P.
Tu ne t'épanches pas du tout ,
à mes yeux tu cherches la lumière,
ton entourage semblait si sombre :'(
Alors je n'ai pas les réponses à tes doutes ou interrogations,
mais il semble évident que le jour ou tu prends conscience qu'il y a trop de souffrances dans ta vie,
qu'une partie de ton entourage semble toxique,
il est temps de prendre des distances pour construire du beau, du positif. ;)
Tu es une personne formidable,
parce que tu as su trouver en toi les ressources pour vivre malgré tout,
survivre à tout ça,
tu es forte...
Ne l'oublie jamais,
tu es quelqu'un de Bien :)
Tu tiens debout pour Toi et tes enfant,
tu te protèges et les protège en même temps 8)
Aime Toi,
Aimes les!
Tiens bon!
La vie finira par te sourire,
il n'est jamais trop tard,
tout peu commencer demain,
c'est tout le bien que je te souhaite.
Alors n'hésite pas à venir poser tes maux ici,
tes réflexions, tes avancées aussi bien sur...
On fera notre possible pour t'encourager.
Rayon de soleil, c'est notre cahier intime à tous ici,
à la fois anonyme pour pouvoir poser tout ce qui est trop lourd,
mais surtout interactif,
pour trouver le courage quand on s'essoufle,
avec le soutient des autres membres, sans jugement... 8)
Bon weekend.
Bonjour P.
Je n'ai pas vécu quelque chose de similaire, mais il y a quand même une similarité entre nous tous de devoir vivre avec un passé difficile et comment avancer d'une façon positive. Tu as commencé ton processus de guérison. Ecrire, mettre sur des mots sur ce que tu as vécu, ce que tu ressens aide à avancer dans la bonne direction.
Il y a beaucoup de moments de ta vie qui ont été très difficiles. Reconnaitre les conséquences de ces traumatismes est un pas en soi-même.
Merci pour vos réponses, ça me fait du bien de lire un écho.
Quand j'ai mes enfants, je met un couvercle, comme je peux, pour pouvoir être avec eux. Là je me retrouve seule et je peine à me reconnecter avec moi même. C'est bizarre. Comme si je ne savais pas par quel bout reprendre mon fil. Bon y a aussi une sorte d'aversion, de dégout, de sentiment d'injustice, pourquoi c'est à moi à lutter contre ça (souvenirs, suppositions, tentatives de mettre un peu de sens).
Mes parents étaient instituteurs, en maternelle tous les deux. Ce qui affleure aujourd'hui c'est une tristesse et un sentiment très blessant. Comment étais je si peu considérée alors qu'ils se targuaient de leur excellence professionnelle? Je crois que je jalousais beaucoup tous ces enfants que cotoyaient mes parents et à qui ils ne faisaient pas de mal. Ca me ramène inexorablement au constat douloureux que je n'étais rien, moins que quelqu'un en tout cas.
Recemment j'ai lu un post de CecilCe sur intagram (elle ecrit et dessine sur l'inceste c'est très fort). Son père (son agresseur) était médecin et il lui avait retorqué quand elle l'avait confronté "comment tu peux penser que je t'ai fait ça, je fais beaucoup de pédiatrie et ça se passe très bien". Ca m'a renvoyé à mon père qui disait, après des affaires médiatisées d'instituteurs pédophiles, qu'ils ne s'occupait plus de sa classe dans les douches quand ils allaient à la piscine, pour ne pas être accusé à tort. Et puis il a fait le chevalier blanc aussi, parcequ'il a soutenu une de ses collègue qui a vécu un calvaire (harcèlement par l'éducation nationale) alors qu'elle avait dénoncé un comportement pédocriminel qhez un ancien instit de leur école. Je n'arrive pas à concilier l'image de mon père qui s'engage contre les violences sexuelles sur les enfants et ce que je pense qu'il m'a fait. Ce doute est usant, je me débats.
J'ai entendu des histoires dans lesquelles ceux qui se "battent" contre une forme de crime en public le font pour cacher ce qu'ils font.
Ouais ben c'est à ça que je pense. En fait j'oscille entre une compréhension (une tentative de compréhension) de ce qui m'est arrivé à la lumière de deux trucs :
- d'une entreprise de manipulation, quelquechose de très vil, malsain pervers. un exemple c'est que m'on père m'a dit à propos de mon ex(du père de mes enfants) et de ma procédure judiciaire "attention, tu peux etre sure qu'il va utiliser la maladie psy de ta mère pour te degrader". Et aujourdh'ui, je me dis que cette prévention, ben elle s'appliquerai pour lui. Si je le re accusai de viol, il est possible qu'il se défende derrière "la pauvre elle a souffert a cause de sa mère malade et donc elle est folle parano et m'accuse de n'importe quoi".
- une vision très simple, basique, première, à côté de la morale en fait : mon père manquait de sexe (tjrs du fait de ma mère, malade ou juste deja trop deglinguée par les hommes) et donc j'étais là petite fille,et le lcimat etait tellement merdique que je risquais pas de parler, ni d'etre entendue.
Bonjour P.
Je vois que tu es repassée par là.
Comment te sens-tu ?
Sur les conseils de ma psy, j'ai mis un couvercle sur l'inceste (je fais comme je peux, même si j'ai des pensées assaillantes).
Parceque là je suis dans le tourbillon des procédures judiciares avec mon ex conjoint violent. Je me suis fait voler le seul truc que j'attendais de la plainte pour viol violences conjugales : la confrontation avec mon agresseur. La police l'a entendu mais ne m'a pas attendue pour la confrontation. Et la semaine prochaine je le verrai donc devant le Jaf pour la garde de nos enfants.Ca me terrorise de le voir, de l'entendre parler. J'ai l'impression d'y aller pour me faire crucifier "la mauvaise mère" qui s'enferre dans un "conflit parental" alors qu'en vrai, je refuse ses demandes multiples de contact pour me protéger se son emprise malsaine. Il monte les enfants contre moi, les prend en otage affectivement (la semaine dernière mon petit m'a balancé sans embage que si le juge "votait pour moi" son père se suiciderait... ambiance), c'est dur dur. Il a mis dans sa poche les psychologues des enfants, leur faisant faire des attestations qui ne parlent que de ce fameux "conflit parental". Y en a une qui a écrit que mon grand "questionnait la fonction maternante", je ne vois pas mieux pour me mettre en défaut devant un juge, qui ne connait pas le jargon psy. Je sais que mon aggresseur recueuille des témoignanges auprès de nos amis communs, je me sens quand meme persecutée par tout ca.
En attendant, j'ai envie d'adopter un chat donc si ya des gens sur Toulouse qui ont une portée de chatons (je voudrai en prendre deux dans une fratrie)..
Je t'envoie plein de bonnes ondes pour ton rdv avec le JAF..
Bonjour P.
presque un an après, tu es repassée là hier,
comment vas tu?
n'hésites pas à nous donner des nouvelles si tu repasses par là.
Bon courage.
merci pour ce mot.
J'ai repris le travail depuis un an. Je fonctionne.
Mais reste toujours completement dans le flou quant à l'éventuelle réalité de l'inceste. Plus le temps passe plus je me dis que l'absence de vrais souvenirs légitimant mes soupçons vont dans le sens de "j'ai tout inventé, je suis folle".
Ma psy a proposé d'augmenter mes antidépresseurs hier, je fais beaucoup de cauchemars (on me viole, on me tue). Pour faire la cynique, au moins ça varie entre viols conjugaux et incestueux donc je m'ennuie pas.
Merci de ton retour :) ,
tu avances à ton rythme, courage pour les cauchemars,
même si je ne suis pas fan des médicaments certains bloquent les cauchemars ce qui peut aider un temps ...
Tu n'es pas folle tu as très probablement occulté un trauma qui essaye de refaire surface...
J'espère que le boulot te permet de retrouver un semblant de vie quand même...
Essaye de trouver des plaisirs simples , des petits loisirs, balades, détente, jardinage, mandalas, puzzles, tricot, théatre, cinéma, lecture ou autres qui t'inspirent et t'offrent de belles récrées dans le quotidien, c'est important d'essayer de renouer avec les petites choses de la vie...
Bon courage.
merci.
j'ai pris rendez vous avec mon oncle, le frere de mon père. Je pense que je vais dire, mes doutes puisqu'aucune certitude donc je ne peux pas accuser à tort. J'attends de voir si ça suscitera réaction compréhensive même si je ne fais pas trop d'espoir. Et puis je veux parler en souvenir de mon cousin (fils de cet oncle que je vais voir) qui s'est suicidé à 20 ans, je me dis qu'il y a trop de pourri dans notre famille commune que je ne veux plus taire
Ouille,
bon courage à toi!
ça va remuer beaucoup de choses,
tu risques de te trouver face au dénis,
puis d'être accusée de mentir ou de vouloir semer la discorde dans la famille...
Mais je comprends parfaitement ta démarche et ton désir d'y voir plus clair...
N'hésite pas à venir ici partager,
ça allège u peu le fardeau et ce lieu est vraiment fait pour ça...
A bientot.