Bonjour à tous et toutes
Je crois qu'en plus de mon témoignage laisser il y a quelques jours et pour aider certraines d'entre vous qui se pose actuellement des questions je dois aller plus loin dans mon histoire.
Avant que je ne commence à parler je n'étais pas bien, je me suis fait beaucoup de mal sans comprendre pourquoi et depuis que tout est ressorti, il y a un an j'ai continué au début parceque la douleur que j'avais était trop insuportable et les sentiments de culpabilité, de honte, de sale faisaient que je me détestais. Le psy que j'avais à l'époque me disait toujours qu'il ne fallait plus que je me sente coupable, que je n'y était pour rien mais moi je n'arrivait pas à penser ainsi, ça ne se fait pas tout seul, il ne suffit pas de le dire pour que ça marche.
En début d'année j'ai été hospitalisée en psychiatrie tous les mois de Janvier à Mai, de 5 à 12 jours pour me protéger de moi. A ce moment je n'avais qu'une envie, c'était d'aller le voir, lui crier ma souffrance en face et qu'il souffre autant que moi mais un psy me l'a déconseillé en me disant que de toute façon ce genre de pervers ne reconnaissait jamais les faits, que ça pouvait être encore pire après et que je n'étais pas en état de le supporter. Après avoir touché le fond en Avril je me suis relevée, j'ai pris la décision de changer de psy car je n'avançais plus avec l'autre et depuis j'avance à grands pas. Je fais ma thérapie régulièrement tous les mercredi matin. J'ai trouvé un psy super, qui me comprend, qui n'a jamais douté, qui me soutien et m'explique pourquoi, dans telle ou telle situation j'ai réagis ou je réagis comme ça.
An Août, à un moment où j'étais prête à me faire encore du mal je me suis dis que ce n'était pas la bonne solution, que je me trompais de personne et que c'était lui le pervers qui devait souffrir et pas moi. Alors je suis allée à la gendarmerie pour savoir si on pouvait me dire si d'autres personnes avaient portés plainte contre lui car je savais que je n'avais pas été la seule à l'époque (il y a 30 ans). Mais le gendarme qui m'a reçue a pris le temps de m'écouter et m'a dis que je ne devais pas dire que pour moi il était trop tard, que je ne devais pas dire non plus que ma parole (moi qui ne suis rien) ne vallait rien contre la sienne (lui qui est médecin) et il m'a encouragée à faire une déposition.
C'a été un moment très pénible car on doit raconter en détail tout ce qui c'est passé mais j'ai eu la chance de tomber sur une personne très humaine qui a respecté les moments où je ne pouvais plus dire un mot car l'émotion était trop importante et il m'a encouragée jusqu'au bout.
Au moment où j'ai signé ma déposition je savais que je venais enfin de reconnaitre que j'étais la victime et lui le coupable. Et après, suite au reportage de Bernadette je n'avais plus qu'une seule idée en tête : de le rencontrer, j'étais prête maintenant et je croir que personne n'aurai pu me faire changer d'avis ; c'était "ma décision". Il s'est avéré que lorsqu'il a été entendu à la gendarmerie il a dit qu'il ne pouvait pas nier les faits, que cela avait effectivement pu se produire mais que mon nom ne lui disait rien. Il a également dit que si je voulais le voir il serait d'accord.
Quand le gendarme m'a mis au courant je ne réalisais pas, j'ai mis au moins une semaine avant de réaliser que j'avais raison, que maintenant plus personne n'allait douter de moi, le coupable était désigné aux yeux de tous.
Après j'ai préparé la confrontation avec mon psy et la psychologue d'une association d'aide aux victimes car on m'a dit qu'il ne fallait pas que j'y aille seule car il pouvait encore essayé de me manipuler et me faire du mal psychologiquement.
Pendant des jours et des nuits j'ai pleuré en pensant à tout ce que j'allais lui dire. On m'avait préparée au pire (mais c'était nécessaire), au choc que je pouvais avoir rien qu'en le voyant car je ne l'avais pas revu depuis 30 ans, au fait qu'il nie tout ou qu'il m'accuse. Mais j'étais prête, je voulais aller jusqu'au bout.
Le jour de la confrontation j'étais un peu angoissée bien sûre mais j'étais toujours aussi décidée.
Tout s'est très bien passé, je me suis surpassée, je ne me suis pas reconnue, j'étais passée de l'état de petite fille apeurée à celui de femme sure d'elle. Je lui ai raconté ce qu'il avait fait de ma vie, les souffrances que j'avais endurées et lui, après avoir essayé de nier il s'est excusé. Alors là, je l'ai regardé en face, je luis ai dit que maintenant il ne me ferait plus de mal, que je n'avais plus peur de lui, qu'il était un criminel et que les criminels on les mettait en prison, qu'il avait de la chance que je ne parle que maintenant sinon je serais jusqu'au bout, qu'il nétait plus rien pour moi qu'une m---e et je lui ai demandé de sortir. J'avais gagné, je me sentais bien, j'étais légère pour la 1ère fois depuis 30 ans, j'étais LIBRE. Je n'ai pas eu de procés mais je me le suis faite toute seule, j'ai été à la fois le tribunal, l'avocat et les jurés et je m'en étonne encore. Depuis je vis enfin et je suis heureuse de vivre.
Alors vous devez faire ce que vous sentez, vous devez le faire pour vous avant tout c'est important mais il faut le préparer, il faut pouvoir tout envisager car cela ne se passe malheureusement pas toujours bien.
Mais je dis, avec la volonté de s'en sortir on y arrive, il ne faut pas baisser les bras. Avant je ne le croyais pas, mais il est vrai qu'après la tempête il y a le beau temps mais parfois cela demande du temps.
Je m'excuse d'avoir été aussi longue.
Courage à tout le monde. Maintenant je vous ai rejoint et j'espère rester un moment avec vous. A moi aussi vous m'apporter beaucoup.
Je vous embrasse
Martine
martine, je prends le temps de te lire enfin!!!! :lol:
:oops:
en effet, cela doit etre très dur de se retrouver en face d'un bourreau... tu as très bien fait de te préparer, moi même, je ne sais pas si j'en aurais le cran...
que c'est courageux!!! et plus rapide à la guérison, je pense...
martine, je te souhaite beaucoup de courage, et beaucoup de cran...
Bonne continuation et reste ici : on a bsn de toi!!
martine quelque soit l'ecrit il n'est jamais trop long car chacun raconte son vécu et cela permet d'apporter de l'espoir pour chacun.
ton parcour montre bien qu'apres tant de souffrance on s'en sort et on est heureuse et je ne dirais pas le contraire :wink:
profite de la vie , tu verra les jours, les semaines ,les mois a venir vont etre autrement a tes yeux tu va progresser de jours en jours et devenir plus forte .
j'en fait l'experience et cela m'enrichit bcp;
bisous cathy :lol: