Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

SUICIDES DES ADOS.
extrait de travail que j'ai effectué pendant ma formation d'infirmière


Les idées fausses

Les jeunes qui menacent de se suicider ne le font pas.
* Sur dix personnes qui ont fait une tentative de suicide, sept l'avaient déjà envisagé avec leur entourage. Toute allusion au suicide doit être prise au sérieux.


On a le droit d'avoir envie de mourir.
* Le jeune ne recherche pas la mort mais la fin de sa souffrance, il ne voit pas d'autre issue que le suicide.


Il faut souffrir d'une maladie mentale pour se suicider.
* Seulement 10% des jeunes qui tentent de se suicider sont atteints d'une maladie mentale grave. Il peut arriver à tout le monde d'être désespéré à un moment de sa vie pour penser à mourir.


Parler du suicide à un adolescent peut lui donner envie de le faire.
* L'idée de suicide n'est pas contagieuse. Les personnes en ont déjà l'idée ; le suicide est présent partout dans les médias. Un adulte qui pose des questions à un adolescent sur ses idées de suicide lui prouvera simplement qu'il a perçu sa détresse. Parler, c'est lui permettre d'exprimer sa douleur, sa détresse. Ecouter sa souffrance, c'est lui ouvrir une porte sur l'espoir, c'est rompre son isolement.


Certaines tentatives de suicide sont sans gravité.
* Toute tentative est à prendre au sérieux car si les jeunes n'ont pas l'impression d'avoir été entendus, ils récidiveront. C'est le cas de quatre jeunes sur cinq.


C'est courageux de se suicider (ou lâche).
* Pour une personne suicidaire, il n'y a ni courage, ni lâcheté puisqu'elle ne voit plus d'autres choix possibles pour sortir d'une situation intolérable.


Le suicide est héréditaire, c'est une affaire de famille.
* Le suicide ne se transmet pas en hérédité, il n'existe pas de gène du suicide. Par contre, les conséquences émotives d'un suicide dans une famille peuvent être dévastatrices et nécessitent un soutien important.


Il y a plus de suicide chez les pauvres que chez les riches.
* Le suicide est « démocratique » et frappe tous les milieux sociaux.


Suicidaire un jour, suicidaire toujours.
* Lorsque la crise suicidaire est passée, les personnes peuvent se reprendre en main et retrouver leur goût de vivre.


Si quelqu'un veut se tuer, rien ne peut l'arrêter.
* Le fait qu'une personne est encore vivante est une preuve suffisante qu'une partie d'elle même veut rester en vie. La personne suicidaire est ambivalente - une partie d'elle même veut vivre et une autre partie veut moins la mort que la fin de ses souffrances. C'est la partie qui veut vivre qui s'exprime en disant à quelqu'un « je pense au suicide ».


Les signes d'alerte

Avant de passer à l'acte, une majorité de jeunes va lancer des messages à son entourage pour lui signifier sa détresse. Ces messages sont destinés au groupe de pairs, aux adultes d'une école ou encore aux parents. Ils sont les plus couramment observés dans des situations de crise suicidaire. Il n'y as pas de geste suicidaire qui n'ai été « annoncé » ou précédé de multiples signes avant coureurs. Ils sont différents chez les filles et les garçons. Les garçons se signalent généralement par des prises de risque et des conduites violentes. Les filles plutôt par des plaintes chroniques et un désinvestissement progressif de tout ce qui les intéressait jusque là.
Un certain nombre de signes pris isolément, ne retiennent pas l'attention de l'entourage. Expression de malaise ou de souffrance, ils n'ont pas tous la même valeur. Mais lorsqu'ils se cumulent, se répètent, et s'accentuent, ils doivent impérativement être pris au sérieux. C'est l'association de plusieurs de ces signes et surtout leur développement qui augmentent le risque de passage à l'acte. Il peut s'agir :

· De messages verbaux directs :
- Je veux en finir, je vais me suicider ;
- Je ne m'en sortirai jamais , mieux vaut tout arrêter ;
- Si ça continue, moi je laisse tomber ;
- De toute façon, je vais me foutre en l'air ;
- Je ne vous embêterai plus ;
- Des fois, je serais bien plus tranquille mort ;

· De messages verbaux indirects :
- Vous seriez mieux sans moi ;
- Je suis inutile, je ne sers à rien, je n'ai jamais rien fait de bien ;
- J'ai fais mon testament ;
- Je vais partir pour un long voyage ;
- Je te donne ça, là ou je vais , je n'en aurai plus besoin ;
- Dans quelques jours vous n'aurez plus à vous en faire pour moi ;
- Il faut bien mourir un jour ou l'autre ;

· Des attitudes ou des comportements :
- Isolement, retrait, fréquentation d'un groupe dont les comportements sont très différents de ceux de l'entourage habituel ;
- Résultats scolaires qui chutent, ou surinvestissement scolaire brutal s'accompagnant de manifestations anxieuses ou obsessionnelles ;
- Troubles des conduites alimentaires ;
- Conduites violentes ;
- Conduites délictueuses ;
- Consommation de toxiques ;
- Sentiment d'inutilité, d'humiliation, de culpabilité, de haine de soi, « tout le monde s'en fout » ;
- La personnalité devient triste, retirée, fatiguée, apathique, inquiète, irritable ou encline aux accès de colère ;
- Absence d'espoir : la sensation que la douleur continuera ou empirera ; que les choses n'iront jamais mieux ;
- Intérêt déclinant pour le sexe, les amis ou les activités auparavant aimées ;
- Négligence de son bien-être personnel, apparence physique détériorée ;
- Modification dans un sens ou dans l'autre des habitudes de sommeil ;
- Blessures volontaires, comme les coupures, les brûlures, ou se cogner la tête ;
- Comportement imprudent (accidents, overdoses, Sida) ;
- Dire au revoir de façon inappropriée ;


La majorité de la population à tout instant ne présente pas beaucoup de signes d'avertissements et a un taux de risque de suicide faible. Mais un taux faible dans une grande population, cela fait encore beaucoup de personnes - et beaucoup de suicidés ne présentaient que quelques uns des signes mentionnés ci-dessus. Chaque cas étant singulier, toute indication de mouvement suicidaire doit être prise au sérieux.

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Que puis-je faire pour aider une personne qui pourrait être suicidaire ?




1. Prenez la au sérieux.
« Ces problèmes n'étaient pas suffisamment graves pour conduire au suicide » est une phrase que l'on entends souvent chez des personnes qui connaissaient le suicidé. Ce n'est pas parce que vous pensez qu'une chose ne justifie pas que l'on se suicide pour elle que la personne avec laquelle vous êtes le vit de la même façon. Il ne s'agit pas d'évaluer la gravité du problème en soi mais la gravité de la souffrance induite par ce problème chez la personne en question.

2.Souvenez - vous : le comportement suicidaire est un appel au secours.
La personne suicidaire est ambivalente - une partie d'elle même veut vivre et une autre partie veut moins la mort que la fin de ses souffrances. C'est la partie qui veut vivre qui s'exprime en disant à quelqu'un « je pense au suicide ». Si une personne suicidaire s'adresse à vous, il est possible qu'elle pense que vous vous souciez plus d'elle que les autres. Peu importe combien négatif sont le contenu et le ton de son discours, elle effectue une chose positive et a une perception positive de vous lorsqu'elle s'adresse à vous.

3. Soyez prêt à donner et à chercher de l'aide plutôt tôt que trop tard.
La prévention du suicide n'est pas une activité de dernière minute. Tous les ouvrages sur la dépression disent qu'elle doit être prise en charge le plus tôt possible. Malheureusement, les gens suicidaires craignent qu'essayer d'obtenir de l'aide leur apporte davantage de douleur : qu'on leur dise qu'ils sont stupides, fous, coupables ou manipulateurs ; ils ont peur du rejet, de la punition, de la suspension d'école ou de travail, qu'on garde des dossiers sur eux. Vous devez faire tout ce que vous pouvez pour réduire leur douleur, plutôt que l'augmenter ou la prolonger.

4. Ecoutez.
Donnez à la personne toutes les occasion de soulager ses difficultés, de ventiler ses sensations. Vous n'avez pas besoin de dire beaucoup, il n'y a pas de mot magique. Si vous êtes concernés, votre voix et votre attitude le montreront. Donnez - lui le soulagement de ne plus être seul avec sa douleur ; laissez lui savoir que vous êtes heureux qu'elle se soit adressée à vous. Patience, sympathie, acceptation. Evitez le débat et le « donnage de leçons ».

5. Demandez : « Est - ce que vous avez pensé au suicide ? ».
Mythe : « Parler du sujet peut en susciter l'idée ». Les personnes, ont déjà l'idée ; le suicide est présent partout dans les médias. Si vous posez cette question à une personne dans le désespoir, vous faites une bonne chose pour elle : vous lui montrez que vous vous souciez d'elle, que vous la prenez au sérieux, et que vous êtes disposé à la laisser partager sa douleur avec vous. Vous lui donnez l'occasion de décharger ses sensations douloureuses. Si la personne a pensé au suicide, trouvez jusqu'où ses pensées sont allées (a - t - elle un plan, réuni les moyens, fixé une date ?).

6. Si la personne est intensément suicidaire, ne la laissez pas seule.
Si des moyens permettant de se suicider sont présents, essayer de vous débarrasser d'eux.

7. Trouvez très rapidement une aide professionnelle.
Persistance et patience peuvent être nécessaires pour chercher, entamer et continuer cette aide professionnelle quelle qu'en soit l'option. Dans toute situation ou un tiers intervient, faites savoir à la personne que vous vous souciez d'elle et que vous voulez maintenir le contact.

8. Pas de secret.
C'est la partie de la personne qui a peur de souffrir davantage qui dit « ne le dites à personne ». Mais c'est la partie qui veut rester vivante qui vous parle. Répondez à cette partie de la personne et cherchez avec persistance une personne extérieure, mûre et compatissante, avec qui vous pouvez examiner la situation. N'essayer pas de vous en charger seul. Chercher de l'aide pour la personne et pour vous - même. Partager les inquiétudes et les responsabilités rend la prévention du suicide plus facile et beaucoup plus efficace.

9. De la crise à la récupération.
Nous avons tous des pensées ou des sensations suicidaires dans nos vies ; pourtant moins de 2% des morts sont dues au suicide. Presque tous les suicidaires souffrent de circonstances qui passeront avec le temps ou avec l'aide d'un travail thérapeutique. Il y a des centaines de petits pas que nous pouvons faire pour améliorer notre réponse au suicide et pour rendre plus accessible cette aide. Faire ces petits pas peut sauver de nombreuses vies et réduire une grande quantité de souffrance humaine.


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Si vous pensez au suicide, lisez d'abord ceci :




Si vous vous sentez suicidaire, arrêtez-vous pour lire ce qui suit. Cela ne nous prendra que cinq minutes. Je ne veux pas vous dissuadez de la réalité de votre souffrance. Je ne vous parlerai ici que comme quelqu'un qui sait ce que souffrir veut dire.


Je ne sais pas qui vous êtes, ni pourquoi vous lisez cette page. Je sais seulement qu'en ce moment, vous la lisez, et c'est déjà une bonne chose. Je peux supposer que vous êtes ici parce que vous souffrez et vous pensez à mettre fin à votre vie. Si cela était possible, je préférerais être avec vous en ce moment, m'asseoir avec vous et parler, face à face et cœur ouvert. Mais puisque ce n'est pas possible, faisons-le par le biais de cette page.



J'ai connu un certain nombre de personnes qui voulaient se tuer. J'ai moi même été dans ce cas. J'ai donc une petite idée de ce que vous pouvez sentir. Je sais que vous n'êtes pas capable de lire un gros livre, alors je vais faire court. Pendant que nous sommes ici ensemble pour les cinq prochaines minutes, j'ai cinq choses simples, pratiques, a vous dire et que j'aimerais partager avec vous. Je ne discuterai pas de savoir si vous devriez vous tuer ou pas. Je pense juste que si vous y penser, vous devrez vraiment souffrir.

Bien, vous lisez encore ce texte, et c'est très bon. J'aimerais vous demandez de rester avec moi jusqu'à la fin de cette page. J'espère que cela veut dire que vous êtes au moins un peu incertain, au fond, quelque part à l'intérieur de vous , de savoir si oui ou non, vous allez vraiment mettre fin à votre vie. On ressent souvent cela, même dans l'obscurité la plus profonde de désespoir. Etre dans le doute concernant sa mort , c'est normal. Le fait que vous êtes encore vivant à cette minute signifie que vous êtes encore un peu incertain. Cela veut dire que pendant que vous voulez mourir, au même moment, une partie de vous-même veut continuer à vivre. Tenons(nous à cela, et continuons quelques minutes de plus.



Commencer par penser à cette phrase :
« Le suicide n'est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face. »


Dans le suicide, il ne s'agit que de cela. Vous n'êtes pas une personne haïssable, ou folle, ou faible, ou incapable, parce que vous vous sentez suicidaire. Avoir des idées noires ne veut même pas dire que vous voulez vraiment mourir - cela veut juste dire que vous avez plus de douleur que de ressources pour la prendre en charge maintenant. Si j'empile des poids sur vos épaules, vous vous écroulerez au bout d'un moment si j'ajoute suffisamment de poids... quelle que soit votre volonté de rester debout. (C'est pourquoi il est si inutile que les gens vous disent : « debout, garde le moral ! » - vous le feriez, évidemment, si vous le pouviez.)

N'accepter pas que quelqu'un vous dise, « il n'y a pas de quoi être suicidaire pour cela. » il y a différentes sortes de souffrances qui peuvent mener au suicide. Qu'une douleur soit supportable ou non diffère qu'une personne à une autre. Ce qui peut être supportable pour quelqu'un peut ne pas l ' être pour vous. La limite où la douleur devient insupportable dépend du genre de ressources dont vous disposez. Les individus sont très différents dans leur capacité à supporter la douleur.

Quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face, le résultat, ce sont des pensées suicidaires, des idées « noires ». Le suicide n'est alors ni faux ni vrai ; ce n'est pas un défaut de caractère ; il n'y a pas à le juger moralement. C'est simplement un déséquilibre de la douleur par rapport aux ressources qui permettent de les affronter.


Vous pouvez survivre à des sentiments suicidaires si vous faites l'une ou l'autre de ces deux choses :
1) Trouver un moyen pour réduire la douleur,
ou
2) Trouver un moyen pour augmenter vos ressources pour y faire face.
Ou les deux à la fois.


Voici les cinq choses à prendre en considération dont je vous parlais tout à l'heure.

1. La première chose que vous avez besoin d'entendre, c'est de savoir qu'on s'en sort. Des personnes qui souffraient autant que vous en ce moment, s'en sont sorties. Vous avez donc de très fortes chances de vous en sortir. J'espère que cette information peut vous donner un peu d'espoir.

2. La deuxième chose que je veux vous suggérer est de vous donner du
recul. Dites-vous, ²j'attendrai 24 heures avant de faire quoi que ce
soit.² Ou une semaine. Souvenez-vous que sensations et actions sont
deux choses différentes - que vous ayez le sentiment de vouloir
vous tuer, ne signifie pas que vous devez le faire maintenant.
Mettez du recul entre vos sensations suicidaires et un passage à
l'acte. Même si ce n'est que vingt quatre heures. Vous en avez été
capables cinq minutes en lisant cette page. Vous pouvez le faire
encore cinq minutes en continuante à la lire. Continuez et prenez
conscience du fait qu'alors que vous vous sentez encore suicidaire, vous n'êtes pas, en, ce moment, en train d'agir en ce sens. C'est très encourageant pour moi, et j'espère que cela l'est pour vous.

3. La troisième chose est ceci : on pense souvent au suicide pour trouver un soulagement à sa douleur. On ne veut pas mourir mais arrêter de souffrir. Souvenez - vous que le soulagement est une sensation. Et vous devez être vivant pour le ressentir. Vous ne sentirez pas le soulagement que vous cherchez si désespérément, si vous êtes mort.

4. La quatrième chose est ceci : certains réagiront mal à vos sentiments suicidaires, parce qu'ils sont effrayés ou en colère ; ces personnes peuvent même augmenter votre douleur au lieu de vous aider, en dépit de leurs intentions, en disant ou faisant des choses irréfléchies. Vous devez comprendre que leurs réactions négatives ont à voir avec leurs propres peurs, pas avec vous.


Mais il y a aussi des personnes qui peuvent être avec vous pendant ces moments si difficiles. Ils ne vous jugeront pas, ne chercheront pas à vous contredire. Ils feront simplement attention à vous. Trouvez - en une. Maintenant. Utilisez vos vingt quatre heures, ou votre semaine, et dites à quelqu'un ce qui se passe pour vous. Il est normal de pouvoir un jour demander de l'aide. Appelez une ligne d'écoute spécialisée (SOS suicide Phénix, SOS amitié, appelez un centre spécialisé près de vous, ou regardez dans l'annuaire), appelez un psychothérapeute (psychanalyste, psychologue, psychiatre), quelqu'un qui est capable de vous écouter. Mais surtout ne portez pas le fardeau supplémentaire d'essayer de vous charger de cela seul. Juste parler de ce qui vous a conduit là peut vous enlever une grosse part de la pression qui vous pèse, et c'est peut - être juste la ressource supplémentaire dont vous avez besoin pour retrouver l'équilibre.

5. La dernière chose que je veux que vous sachiez maintenant est ceci : les sensations suicidaires sont, dans et par elles - mêmes, traumatisantes. Après leur disparition, vous avez besoin de continuer à prendre soin de vous. Commencer une thérapie est vraiment une bonne idée.


Bien, il s'est écoulé quelques minutes et vous êtes encore avec moi. J'en suis vraiment heureux.

Puisque vous avez été jusqu'ici, vous méritez un cadeau. Je pense que vous devriez vous récompensez en vous donnant une portion de ressources supplémentaires pour affronter la douleur. Souvenez - vous, plus haut vers le début de la page, j'ai dit que l'idée est de s'assurer d'avoir plus de ressources que de douleur. Alors donnez - vous en une supplémentaire, ou deux, ou dix... ! jusqu'à ce qu'elles surpassent vos sources de douleur.

Maintenant, si cette page a pu vous apporter un quelconque soulagement, la meilleure et la plus grande source que vous pouvez trouver, c'est quelqu'un a qui parler. Si vous trouvez quelqu'un qui veut écouter, et si vous lui dites comment vous vous sentez et comment vous en êtes arrivé là, vous aurez vraiment augmenté vos ressources. Heureusement, la première personne que vous choisirez ne sera pas la dernière. Il y a beaucoup de gens qui aimeraient entendre ce qu'il en est pour vous. Il est temps de commencer à en cherhcer une autour de vous.

Et maintenant, j'aimerais que vous appeliez quelqu'un.


David L. Conroy, texte original sur metanoia.org
Traduit et modifié par Stéphane barbery.

FACTEURS DE RISQUES


Il est nécessaire de connaître les facteurs qui précèdent une TS afin de pouvoir la détecter et si possible, de prévenir le risque suicidaire.

Facteurs de risque : « caractéristiques, variables ou menaces qui, présents pour un individu donné, rendent plus probable, du point de vue statistique, que cet individu, sélectionné au hasard dans la population générale, développe un trouble donné » selon Jensen

Facteur de risque est différent des causes.

Les causes du suicide des adolescents restent inconnues, mais des recherches ont permis de mettre en évidence quelques facteurs dont l'apparition précède la TS. Mais leur présence n'est pas une condition suffisante pour prévenir la survenue d'une TS.

TROUBLE PSYCHIQUE
Trouble de l'humeur, trouble anxieux ou trouble de la personnalité. Episode dépressif.

MAUVAIS ETAT DE SANTE
Perception d'un mauvais état de santé

INSERTION SOCIALE PRECAIRE

ANTECEDENTS D'ABUS SEXUEL

ADOLESCENCE EN SOI


La période de transformations psychiques qui suit la puberté jusqu'à l'établissement d'un sentiment d'identité fixe, irréversible représente pour certains adolescents un véritable traumatisme.

Certains paramètres peuvent être considérés comme des facteurs de risques car ils sont beaucoup plus présents dans les familles des jeunes suicidaires par rapport à un échantillon de jeunes non suicidaires. Mais chacun pris isolément ne suffit pas en lui-même pour expliquer le passage à l'acte.


Les jeunes sont fascinés par la prise de risque, et à cet âge, la vie et la mort ont une valeur totalement différente. La mort n'est pas seulement la disparition en tant que personne, mais peut représenter un mode de résolution des conflits.

climat familial détérioré et mauvaise communication dans la famille
séparation des parents (ds de mauvaises conditions)
la perte d'une relation importante : décès ou séparation (ami ou parent)
déménagements successifs
suicide de l'environnement immédiat (rend l'alternative suicide possible)
alcoolisme ou la toxicomanie d'un ou des deux parents
mauvais ttt
abus sexuels, viol, inceste
maladie mentale d'un ou des deux parents
alcoolisme ou toxicomanie du jeune.
Absence de réseau social
Mauvaise intégration sociale, isolement
Compétition scolaire, échecs
Maladie somatique du jeune ( diabète par exemple)

C'est le cumul de plusieurs de ces facteurs qui augmente le risque et qui fragilise l'adolescent de sa capacité à gérer les conflits, et les difficultés qu'il rencontre. Souvent, survient un évènement déclenchant qui va provoquer le passage à l'acte.
L'influence de ces facteurs est évidemment difficile à déterminer, en particulier le poids spécifique d'un facteur par rapport à un autre. Près de la moitié des jeunes suicidants sont exposés à deux facteurs au moins.
 

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POURQUOI A L'ADOLESCENCE ?


Simultanément aux modifications physiologiques de la puberté, d'après le Dr Xavier Pommereau, psychiatre au CHR de Bordeaux, l'adolescence est un moment de profonde révolution psychologique. On parle de puberté psychique, période de résurgence d'expériences affectives vécues dans la petite enfance.
Après la période de latence située entre 8 et 12 ans environ et où l'enfant traverse une phase de calme psychologique, l'adolescence favorise la logique réapparition des craintes archaïques et des difficultés ressenties dans l'enfance.

Les situations éprouvées vis-à-vis des parents sont alors réactivées, sur un mode inconscient. L'adolescent est confronté aux exigences d'un corps sexué, au désir inconscient de tuer le père et de posséder sexuellement la mère.

Pour lutter contre ces pulsions, le jeune doit être aidé par ses parents. A condition que ceux-ci puissent lui renvoyer de façon cohérente l'interdit de l'inceste et l'autoriser progressivement à se tourner vers d'autres choix d'objets hétérosexuels plus adaptés.

C'est ainsi que l'adolescent peut mettre ses parents à distance et se constituer en tant que futur sujet autonome. Chez les adolescents suicidaires, ces processus psychiques n'ont pas été intégrés.


Le suicide chez les adolescents, document réalisé par le Docteur Xavier Pommereau, psychiatre au CHR de Bordeaux.
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PRISE EN CHARGE

Prévention

Très difficile. Cela ne doit pas empêcher les adultes de mobiliser tous leurs efforts, en étant attentif aux préoccupations et comportements des adolescents.

favoriser le dialogue
instaurer un climat de confiance
écoute
prise en compte des difficultés
reconnaissance explicite de ses souffrances

Traitement

Hospitalisation
Ecoute
Psychothérapie


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RISQUES DE RECIDIVE ET EQUIVALENCES SUICIDAIRES


Les TS récidivantes s'observent très souvent dans un contexte de :
maladie dépressive
montée anxieuse dans les jours précédant l'acte
rupture avec la famille, les amis, rupture sentimentale.

Plus il y a récidive, plus la mort risque de survenir. Une grande vigilance est donc indispensable et ce autant pus que 30 à 50% des adolescents ayant fait une TS récidivent.


On décrit sous le nom d'équivalences suicidaires des conduites qui mettent objectivement en jeu la vie du sujet, même s'il en conteste le risque.
toxicomanie
anorexie

Comportements à risques :
sexualité non protégée
refus de traitement
refus de soins
accidents
alcoolisme
troubles de la conduite alimentaire

Fofi

C'est une étude très interressante, remplie de choses vrais que je connais malheureusement, mais tu as raison d'insister sur le fait qu'on peut se sortir de ces situations, et de dire qu'il faut trouer quelqu'un à qui parler, mais ça ce n'est pas toujours possible.

Heureusement à la fin tu as rattrapper une chose que je me disais depuis le début de ton post, c'est que ça ne touche pas seulement les adolescents, et c'est aussi important chez l'adulte, et je ne sais même pas si ce n'est pas encore plus fort. Moi je l'ai vécu adulte et la détermination était vraiment très forte.

Merci pour ce post.
Je t'embrasse
Martine

Bonsoir Fofi !

je te remercie pour cette étude que tu nous communiques !

En effet par deux fois j'ai faillie passer à l'acte, il est vrai que lorsque l'on en peu plus , que l'on ne touve plus d'issue, on ne pense plus à rien , ni a notre famille , ni au concéquences etc... Nous ne sommes plus nous , plus de peur , plus d'angoisse , juste l'envie pressante d'en finir !

Mais cette étude m'interesse surtout pour mon fils , car depuis l'age de 5,5 ans , il nous menace de se suicider, nous ne trouvons pas le problème, nous avons ( mon mari et moi) fait tout ce que l'on pouvais, et rien ! Nous avons vu grandir notre fils avec cette souffrance en lui, tout en étant impuissants , et bien sur tout ceci nous a ammenée à des conflis , qui n'étaient saint pour personne, que ce soit mon mari, sa soeur, lui meme et moi ! Et cette année , nous lui avons imposé le CMP pour qu'il suive un thérapie, on ne lui à pas donner le choix car il à 12 ans actuellement et je peux plus le voir souffrir ainsi sans rien faire ! Par chance il est tombé sur un psychologue avec qui le courant passe bien et il veut continuer et nous à dit réssement que cela lui faisait du bien , et ses notes on remonté un peu ! Mais il y a encore des jours avec des conflis, mais je reste positive, je sais qu'il va y arriver et s'en sortir ! Il a mon carractère , alors c'est bien pour lui !

Merci beaucoup pour cette étude , je l'annalyserai mieux un autre jour , car ce soir il est un peu tard pour le faire !

Je t'embrasse !

Petus !

oui martine.. mon action ciblait les ado... mias.. je rechercherais ce que j'ai sur les adultes.. en fait... j'ai fais un autre dossier sur le site de kristel ou je parle de toutes les personnes, age , milieu social...je  vais esssayer un copier coller...

En effet petus.. ton fils semble avoir besoin d'aide.. tu as bien reagi et c'est bien que ca lui fasse du bien!!!!

article général, neanmoins, je ne reparlerais pas des ados en particulier puisque un dossier leur est consacré....





Suicide : lever le tabou



Avec plus de 12 000 décès par an, le suicide est plus meurtrier que les accidents de la route. Sans oublier les 160 000 tentatives qui sont autant d'appels au secours.


Le suicide aujourd'hui

A travers le monde, une personne tente de se suicider toutes les 3 secondes. Les ados sont-ils les seuls concernés ? Les hommes sont-ils plus vulnérables ? Chaque année en France, 12 000 personnes mettent fin à leur jour.




Le suicide en France : état des lieux

Chaque année en France, 160 000 personnes tentent de mettre fin à leurs jours. 12 000 y parviennent. Le suicide est plus meurtrier que les accidents de la route. Qui sont les personnes touchées ? Revue de détails.

Selon les dernières estimations de l'INSERM, un peu plus de 10 000 suicides se seraient produits en 1999. Mais les chiffres seraient plus proches des 12 000. Car le recueil du nombre de suicides est difficile : les causes de décès ne sont pas toujours communiquées. On estime ainsi à 20 % cette sous-estimation.

La réalité aujourd'hui
En 30 ans, le taux de suicide a fortement augmenté : il est passé de 1,73 à 2,13 pour 10 000 habitants. La hausse a été la plus forte entre les années 1976 et 1985 (plus 40 % en dix ans). Mais la tendance, selon la Direction de la recherche des études, de l'évaluation et des statistiques serait aujourd'hui à la baisse. Et bien sûr il faut prendre en compte le nombre de tentatives : plus de 160 000 par an. Les femmes et les jeunes sont plus nombreux à tenter de mettre fin à leurs jours, mais les décès concernent surtout les hommes (3 suicides sur 4) et les plus de 65 ans (1/4 des décès).

Une augmentation avec l'âge
L'un des premiers scientifiques à avoir étudié le suicide, Emile Durkheim (1858-1917), avait déjà souligné ce fait : le taux de suicide augmente en fonction de l'âge. La probabilité de se suicider à 20 ans est ainsi cinq fois plus faible que celle de le faire à 75 ans. Mais, selon les chiffres de la DREES, la courbe s'est modifiée en tente ans. Alors que le taux de suicide croissait régulièrement dans les années 70, de nos jours il s'accroît jusqu'à 43 ans puis baisse lentement. Ce taux augmente à nouveau à partir de 70 ans.

Des datés clés ?
Est-ce que la survenue d'événements à des périodes données (crise économique, guerres...) entraînent des vagues de suicide ? C'est la question que se sont posés de nombreux sociologues. Et la réponse est loin d'être évidente. Car il n'y a pas de variation directe du taux de suicide en fonction des courbes de croissance économique. Néanmoins, des événements forts semblent avoir un certain retentissement. Ainsi, le pic de mortalité de 1976 serait lié à la hausse du chômage consécutive à la crise pétrolière. Et le pic de 1993 correspond aussi à une année de récession forte.

Un effet de génération
Mais les études soulignent un effet de génération. En effet, lorsqu'il y a une augmentation du taux de suicides dans une tranche d'âge donnée, qui n'existe pas dans le reste de la population, c'est qu'il ne s'agit pas d'un effet contextuel. Il s'agit alors d'une sorte de comportement particulier d'une génération donnée. Par exemple, les générations nées avant 1930-40 se suicident moins que celles nées après 1950. Les générations du Baby-boom sont celles chez qui on observe la plus forte montée du suicide. C'est particulièrement vrai chez les hommes. Comme le souligne la DREES, ce phénomène est lié au fait que les individus nés la même période ont vécu les mêmes événements (guerres, crises...) ou ont acquis des systèmes de valeurs similaires. Les Baby-boomers, après avoir affronté les déceptions de mai 68, le choc pétrolier, la montée du chômage, semblent plus vulnérables.


Tous concernés...
Pour connaître la réaction des Français face au suicide, l'Union Nationale pour la Prévention du Suicide avait réalisé un sondage avec la Sofres en 2000. On y apprend que 35 % des français ont vécu la mort par suicide d'un proche. Pour 18 % il s'agissait d'un membre de leur famille et pour 5 % d'un parent proche (père, mère, frère, soeur ou enfant). Cela les a bien sûr fortement marqués.
Tous ces chiffres confirment que la prévention du suicide est un problème majeur, qui doit être beaucoup mieux pris en compte. Espérons que les actions des différentes associations et des pouvoirs publics porteront leurs fruits pour mettre fin à ces drames.


Le suicide dans le monde

Une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes. Aucun pays n'est épargné. Ainsi, 1 million de personnes se sont données la mort à travers le monde en 2000. Et les plus jeunes semblent les plus fragiles, les hommes étant particulièrement concernés. Etat des lieux.

Selon les estimations de l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), en l'an 2000, à peu près 1 million de personnes se sont suicidées et 10 à 20 fois plus ont fait des tentatives de suicide à travers le monde. Ceci représente en moyenne une mort toutes les 40 secondes et une tentative toutes les 3 secondes. Ainsi, le constat doit être fait qu'il y a plus de morts par suicide que de morts provoquées par tous les conflits armés à travers le monde.


Tous les âges concernés

Dans tous les pays, le suicide est une des premières causes de mortalité chez les personnes de 15 à 35 ans. Jusqu'à tout récemment, le suicide était prédominant chez les personnes âgées, mais il est maintenant prédominant chez les personnes plus jeunes, à la fois en termes absolus et en termes relatifs, dans un tiers des pays. L'analyse comparative du nombre de suicides par âge apporte aussi un regard nouveau. Un des principes classiques en suicidologie fait état de la prédominance du suicide chez les hommes âgés ; c'est incontestable en terme de taux. Cependant, les informations sur le nombre de suicides révèlent une image différente : mondialement, actuellement plus de suicides (57 %) sont perpétrés par des personnes de 5 à 44 ans, que par les personnes âgées de 45 ans et plus. Ceci représente un changement considérable de situation depuis 1950. Ce glissement dans la prédominance des nombres de suicides par groupes d'âge va à l'encontre des changements démographiques puisque la population plus âgée est en augmentation au cours des 50 dernières années.
Le groupe d'âge dans lequel le plus de suicides sont actuellement accomplis est celui des 35-44 ans, tant pour les hommes que pour les femmes. Ce phénomène est à remarquer également en France.
On peut noter aussi la prédominance des taux de suicide des hommes sur les femmes.
La seule exception est trouvée en Chine rurale où les taux des femmes sont en moyenne 1,3 fois plus élevés que ceux des hommes.



Tous les pays touchés

Les taux les plus élevés (au-dessus de 30 pour 100 000) se trouvent dans des pays de la région balte, qui représentent plus que le double du taux moyen mondial de 16 suicides pour 100 000. Il faut noter aussi que les taux les plus élevés des régions d'Afrique, des Amériques, de l'Asie du Sud-est et du Pacifique occidental se trouvent dans les pays insulaires, respectivement à l'Ile Maurice, à Cuba, au Sri Lanka et au Japon. La signification exacte de cet état de fait reste à être élucidée. Si l'on considère les chiffres absolus, il est cependant frappant de constater qu'un quart de tous les suicides du monde se produisent dans deux pays seulement : la Chine et l'Inde, ce qui reflète la taille de leurs populations respectives. La Chine compte à elle seule 20 % des suicides mondiaux.


Des chiffres sous-estimés...

Chaque fois que des chiffres sur le suicide sont présentés, leur fiabilité est toujours mise en question, selon l'argument que dans beaucoup de pays - et pour plusieurs raisons - le suicide est caché et que les chiffres réels doivent être beaucoup plus élevés. Ce point est effectivement reconnu par l'OMS, ce qui renforce la gravité des statistiques présentées.
Une autre question fréquemment soulevée se rapporte à la comparabilité des données entre les pays. Les éléments chiffrés sont issus d'un document de l'OMS "Figures ans Facts about suicide" publié en 1999. Celui-ci présente les chiffres officiels mis à la disposition de l'OMS par ses états membres, chiffres basés sur de réels certificats de décès, signés par le personnel légalement autorisé.


Et la France ?

Dans l'hexagone, les derniers chiffres publiés par l'INSERM dénombrent 10 534 morts par suicide en 1998. C'est la première cause de mortalité pour les 25-34 ans et deuxième pour les moins de 24 ans, après les accidents de la route. Le suicide est majoritairement masculin avec 7 771 hommes contre 2 763 femmes. Le taux de suicide est de 27,1 pour 100 000 hommes et de 9,2 pour 100 000 femmes. Une sous-estimation de l'ordre de 20 à 25 % est reconnue en France, compte tenu qu'un certain nombre de suicides ne sont pas déclarés en tant que tels lors de la certification de la cause de décès. En ce qui concerne les tentatives, le chiffre de 160 000 par an est généralement avancé, sur la base de différentes estimations réalisées par l'INSERM. A l'inverse des mortalités par suicide, les tentatives de suicide concernent surtout la population féminine : 70 % des tentatives sont effectuées par les femmes.

Le suicide est toujours l'expression d'une détresse



Le problème du suicide touche tout le monde, des plus jeunes aux seniors. Mais prévenir ce geste est possible. C'est dans ce but que le Pr Michel Debout a créé avec les responsables de 6 associations l'Union Nationale de prévention du Suicide (UNPS). Pour lui, cet acte est d'abord l'expression d'une souffrance et chaque décès est à comprendre comme un échec de la société. Il dresse un état des lieux aujourd'hui.


Doctissimo : Quel est la situation aujourd'hui en matière de suicide ?
Pr Debout : Le suicide en France est toujours une réalité préoccupante et un réel problème de santé publique. Depuis une vingtaine d'années, il fait plus de morts que les accidents de la route. Alors qu'au début des années 80, il y avait 7 à 8 000 décès par suicide, contre 12 000 sur les routes, à la fin des années 90, ces chiffres étaient inversés. Il est ainsi essentiel de faire un effort pour prévenir le suicide. Les pouvoirs publics ont pris conscience de l'ampleur du problème et se mobilisent fortement. Depuis 1999, un plan national de prévention du suicide a été mis en place et reconduit par les gouvernements successifs. Mais il faut que la société tout entière se mobilise.


Doctissimo : Sur quels points peut-on intervenir pour améliorer la prévention ?
Pr Debout : Ce n'est pas quelque chose de simple. Il n'existe pas de moyen facile et évident. Ce sont un ensemble d'actions qu'il faut mettre en oeuvre, qui correspondent à des réalités humaines différentes. Il faut adapter la réponse des professionnels, des bénévoles, des familles et du public. Tout le monde peut, par son action, sa vigilance, sa disponibilité, être au coeur de la prévention du suicide.


Doctissimo : Lorsqu'on regarde les chiffres, le nombre de décès chez les hommes est frappant. Comment expliquer cela ?
Pr Debout : C'est vrai, il existe une surmortalité masculine : trois morts par suicide sur quatre sont des hommes, alors qu'il y a plus de tentatives chez les femmes. Selon moi, il y a une plus grande difficulté chez les hommes à reconnaître qu'ils vont mal et à se soigner, notamment lorsqu'ils souffrent de dépression. L'homme lutte seul et ne veut pas reconnaître l'existence du problème. Car l'état dépressif va à l'encontre de l'image masculine dans notre société. Il faut sensibiliser le public sur le fait qu'il n'y a pas de honte à connaître une phase dépressive. Je trouve d'ailleurs extrêmement courageux et utile la publication de livres tel que celui de Philippe Labro, "Tomber sept fois, se relever huit", qui aide les hommes à en parler.


Doctissimo : Outre les hommes, la prévention est aussi essentielle chez les jeunes et les personnes âgées ?
Pr Debout : Chez les jeunes, il y a de plus en plus d'information sur la détresse et le mal être. Il faut rester vigilant sur les signes de mal être : replis, échec scolaire... qui peuvent parfois déboucher sur un passage à l'acte. Et toutes les tentatives de suicide chez les jeunes sont autant de signes évidents de mal-être, provoqué parfois par un traumatisme sexuel. Toute la difficulté est de les prendre en compte tout en donnant à ce geste une valeur d'appel à vivre (et non à mourir) autrement.
En ce qui concerne les personnes âgées, le problème est également très important. Si chez les jeunes, on compte un suicide pour 160 tentatives, chez les seniors, ce sont 2 tentatives pour un suicide. Or souvent on pense que chez quelqu'un d'âgé, souffrant ou atteint d'une pathologie lourde, le suicide peut être une solution. Or c'est faux ! Le suicide est là aussi l'expression d'une détresse. Et celle-ci peut trouver une réponse qui soit une réponse de vie.
Il faut savoir reconnaître la dépression chez les seniors. Certains moments sont plus sensibles : les traumatismes de la vie, les deuils, les changements de cadre... L'entourage doit être préparé et attentif à ces périodes de fragilité.


Doctissimo : On parle beaucoup dans l'actualité d'euthanasie et de suicide médicalement assisté. Quelle est votre opinion sur le sujet ?
Pr Debout : Avant tout, il faut préciser les termes. L'euthanasie concerne une situation dans laquelle la personne est menacée de mort dans un futur proche, et pour laquelle il n'existe pas de solution médicale. Il faut la distinguer du suicide médicalement assisté, qui concerne une personne dont la vie n'est pas menacée, mais qui éprouve une douleur à rester en vie, soit d'ordre psychologique liée à une situation pathologique qui la handicape lourdement. Dans les deux cas, la question doit être posée, et c'est à l'opinion publique de se prononcer et au législateur de trancher. Mais il faut être conscient que ce sont deux questions différentes. Je ne pense pas devoir donner mon opinion personnelle mais au sein de l'UNPS, nous pensons que le suicide doit être d'abord médicalement évité avant d'être médicalement assisté !




Doctissimo : Etes-vous optimiste sur l'évolution du nombre de suicides et l'efficacité de la prévention ?
Pr Debout : Oui, car d'après les derniers chiffres connus, il y a une baisse du nombre de décès par suicide. On est passé en 4 ans d'environ 12 000 suicides à 10 500. Mais cette évolution demande confirmation. Et il y a un bémol : si la baisse concerne les jeunes et les personnes âgées, elle est moins sensible chez les adultes de 25 à 55 ans. Ces personnes laissent souvent derrière elles un conjoint, des parents et parfois des enfants qui se retrouvent orphelins de père ou de mère. Tous doivent alors affronter cette immense détresse et ce sentiment de culpabilité. C'est un véritable traumatisme.



Doctissimo : Que conseillerez-vous à quelqu'un qui a dans son entourage une personne qui éprouve un profond mal être et peut-être des idées suicidaires ?
Pr Debout : Lorsqu'on pense qu'une personne va mal, il ne faut pas hésiter à lui dire ce que l'on ressent. Et la manière dont on lui dit est importante. Si vous lui demandez "ça ne va pas" ? Elle risque de se renfermer dans une réponse de type : "Mais si ça va très bien". Alors que si vous dites "je te sens mal", vous vous impliquez personnellement, et vous montrez que non seulement vous offrez une écoute, mais même un véritable dialogue. A partir de là, tout dépend de la situation et de votre lien avec elle. Mais vous pouvez essayer de l'orienter vers un soutien, un spécialiste ou une association qui pourront l'aider.
A ce propos, nous avons mis en place cette année une opération particulière en marge des Journées de prévention du suicide. Il s'agit de l'opération "Un message pour la vie" : nous demandons aux Français de nous faire parvenir un message qu'ils aimeraient adresser à quelqu'un qui va mal, ou de rédiger les paroles qu'ils souhaiteraient entendre si eux-mêmes allaient mal. Cela a pour but de montrer que tout le monde peut faire une action de prévention du suicide. Et pour chaque message, un Euro sera reversé à l'UNPS par la MACIF. Alors n'hésitez pas à envoyer vos textes et idées.

Suicide : qui est à risque ?


Contrairement aux idées-reçues, les adolescents ne sont pas les seules victimes de suicide. Chez l'adulte, de nombreux facteurs de risque existent. Certains environnements semblent favoriser les tentatives : prisons, écoles... Et il est important de lever le tabou sur la situation préoccupante des personnes âgées.



Suicide de l'adulte : de nombreux facteurs de risque

Problèmes professionnels, divorce, alcoolisme...chez l'adulte, de nombreux facteurs de risque peuvent conduire au suicide. Et si la dépression est souvent en cause, il est important de ne pas négliger d'autres troubles psychologiques, d'en reconnaître les signes et d'engager le dialogue.

Le suicide chez l'adulte est préoccupant, notamment chez les moins de 34 ans. Les facteurs de risque sont nombreux.
Jeunes de moins de 34 ans : les chiffres ont quadruplé

Le nombre de suicides a quadruplé en France ces dernières années chez les moins de 34 ans. C'est la première cause de mortalité dans la tranche d'âge 25-34 ans avec près de 1500 suicides qui surviennent préférentiellement chez les hommes de manière violente (pendaisons, armes à feu, défenestration). Il ne faut pas sous-évaluer les conduites toxicomaniaques (abus d'alcool et de narcotiques).


Plusieurs facteurs de risque

Une pathologie mentale préexistante est retrouvée chez 90 % des suicidés. Par exemple, le risque suicidaire est toujours présent chez le schizophrène à tous les stades de la maladie, y compris lorsque, traité, il reprend contact avec le réel. Les associations entre alcoolisme et troubles de la personnalité sont des circonstances propices au risque suicidaire. Autre facteur de risque, notamment chez l'homme : le célibat, le divorce ou le veuvage. Impuissance et désir de maîtriser son destin coexistent, illustrant une perte d'espoir dans l'avenir, confortés par les problèmes de chômage et de précarité d'emploi, de violence au travail. Stress et harcèlement au travail pèsent plus particulièrement sur la population féminine. L'atteinte narcissique et la perte de l'estime de soi précipitent le passage à l'acte.


Dépression, psychose et troubles de la personnalité

La dépression par l'émoussement de l'élan vital qui l'accompagne représente un facteur de risque majeur, qui expose le sujet à 30 fois plus de risque de suicide. Le taux de mortalité suicidaire est alors proche de 15 %. États dépressifs majeurs et dépressions névrotiques sont également concernés. 50 % des tentatives de suicide surviennent au cours des 5 premières années de la maladie dépressive. Certains antidépresseurs en levant l'inhibition provoquent des passages à l'acte (15 % de mortalité suicidaire).
Repérer les changements d'attitude non justifiés
Souvenez-vous qu'on ne suicide jamais pour une seule raison. Le passage à l'acte renvoie à des problèmes complexes jamais univoques. Plongé dans la confusion, le suicidant est rarement dans la plainte. Il ne sait pas ce qu'il cherche, la solution ou la fin de ses problèmes ? Le suicide équivaut pour lui à une façon d'abréger son extrême souffrance. Le danger est qu'il passe au stade de la détermination. Généralement le projet de suicide se construit en plusieurs étapes : du flash au passage à l'acte en passant par l'idéation, la rumination, la planification, la cristallisation, les éventuels dons d'objets, etc. L'aider à formuler son malaise et à envisager des perspectives de solution peut, en le libérant, l'amener à y renoncer. On peut parler d'idées noires, de cafard, témoigner sa compassion, inciter à la confidence : "je ne vous sens pas bien en ce moment".
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Suicide des personnes âgées : halte à l'indifférence !



Le suicide chez les personnes âgées est en hausse... dans l'indifférence générale ! Un problème méconnu et banalisé : passé un certain âge, la mort ne surprend plus... Pourtant, crise suicidaire et crise du vieillissement ne doivent pas être confondus. Notre société a-t-elle le droit de laisser ses personnes âgées se suicider ?


Si beaucoup de personnes âgées se suicident en France, cette violente réalité reste trop souvent occultée.


Un réel problème de santé publique

A l'inverse du suicide de l'adolescent, le suicide de la personne âgée provoque peu d'émoi médiatique. C'est un phénomène constamment sous-évalué et banalisé. Pourtant les chiffres sont accablants et la France reste l'un des pays dits évolués qui "suicide" le plus ses vieillards, dans une certaine indifférence.

Le suicidant âgé est souvent très déterminé, le passage à l'acte est fréquemment préparé avec soin et les moyens utilisés sont volontiers radicaux : défenestration, noyade, pendaison, arme à feu...

Tout ceci explique un taux de réussite particulièrement inquiétant. Qu'observe t-on ?

· Le taux des tentatives de suicide diminue fortement avec l'âge ;
· Le taux des suicides augmente fortement avec l'âge.
En conséquence, à l'âge de 20 ans le rapport est de :
· 22 tentatives pour un suicide masculin ;
· 160 tentatives pour un suicide féminin.
Par contre, à l'âge de 65 ans, le rapport est de :
· Pratiquement une tentative pour un suicide masculin ;
· Trois tentatives pour un suicide féminin.
Donc : si la tentative de suicide de l'adolescent peut avoir une certaine valeur d'appel à l'aide, cela n'est à l'évidence plus le cas au grand âge. Conséquence pratique : En aucun cas chez la personne âgée la tentative de suicide ne peut être attendue comme un indicateur de risque.


Existe-t-il des indicateurs de risque ?

Il convient d'intervenir en amont en repérant les indices de pré-crise et de crise suicidaire. Ce qui suppose que l'ensemble des acteurs "gérontologiques" soient sensibilisés à ce problème. Ce qui impose que les compétences ensuite nécessaires soient effectivement accessibles.


De quelle crise parle t-on ? Il convient en effet de distinguer clairement :
· Ce qui relève de la simple crise du vieillissement ;
· Ce qui révèle d'une crise suicidaire en cours.
La crise du vieillissement, comme la crise d'adolescence, est une étape développementale nécessaire, un passage obligé lorsqu'il faut bien renoncer à l'illusion d'immortalité pour enfin intégrer son devenir mortel. Mais cette crise connaît ses échecs. C'est alors que la crise suicidaire peut s'enclencher. Au début : simple changement d'habitude, d'attitude, d'humeur, de comportement . Les proches parfois s'inquiètent. Doivent alors être évalués :

· La perte de l'estime de soi : je ne vaux plus rien, j'embarrasse ;
· Le sentiment d'impuissance et d'incapacité : je ne peux plus y arriver ;
· Le désinvestissement de la réalité (parfois jusqu'à la confusion) et de la relation à autrui (repli sur soi) ;
· L'intensité de l'angoisse libre qui facilite le passage à l'acte ;
· L'inhibition, qui elle peut protéger d'un passage à l'acte.
A ce stade, trois risques évolutifs existent :
· La régression, moindre mal si bien accompagnée ;
· La détérioration, pour certains véritable suicide de l'esprit ;
· La dépression, porteuse par elle-même d'un réel potentiel suicidaire.


Chez la personne âgée, cette dépression peut s'exprimer de manière trompeuse
· Simples troubles du sommeil ;
· Agitation anxieuse ;
· Etat confus ou délirant ;
· Plainte hypocondriaque ;
· Projection agressive ;
· Pseudo démence ;
· Syndrome de glissement.

La graduation dans la manière dont la mort est évoquée doit alerter :
· Mort présentée comme une simple éventualité ;
· Mort acceptée passivement ;
· Mort attendue puis désirée ;
· Mort réclamée à autrui ;
· Passage à l'acte imaginé ;
· Et en final , passage à l'acte réalisé.


Enfin certains comportements peuvent représenter de véritables équivalents suicidaires. Citons le refus de soin, le refus de s'alimenter, la mise délibérée en danger, la régression massive... En somme, les indicateurs de risque ne manquent pas.


Quelle démarche de prévention chez les professionnels de santé ?

Une réflexion sur le thème du suicide a été engagée dans le cadre du Programme Régional Santé Rhône-Alpes. Il paraissait dès lors évident qu'une action devait être proposée au bénéfice des personnes âgées, population à haut risque suicidaire.

Pour être efficace, cette action devait s'inscrire dans un cadre opérationnel, celui du réseau gérontologique local et de ses bonnes pratiques de prévention et de coordination. Le Programme d'action de la cellule de prévention prévoie la sensibilisation de l'ensemble des acteurs gérontologiques : améliorer la connaissance épidémiologique du problème, dépasser certaines idées reçues et proposer des indicateurs permettant un meilleur repérage des personnes âgées en crise potentiellement suicidaire. L'action de prévention proprement dite passe par plusieurs étapes : identification des personnes âgées à risque ; évaluation précise en respectant l'autonomie de la personne âgée. Une surprotection abusive doit également être évitée. Un plan d'accompagnement préventif est alors élaboré et mis en oeuvre.

Suicide : le monde du travail en accusation



Si le travail peut-être une source de joie et d'épanouissement, dans certains cas il peut aussi se révéler à l'origine d'un mal-être profond. Conflits sociaux et relation au travail sont souvent cités dans les facteurs de risque de la crise suicidaire. Christian Larose, membre du Conseil économique et social, dresse le bilan et propose plusieurs solutions...


Activité humaine par excellence, le travail est supposé anoblir l'homme et participer à l'élaboration de son identité sociale. Qu'en est-il aujourd'hui à l'heure de la mondialisation qui impose ses propres lois, en faisant peu de cas de la valeur humaine inscrite en chacun ? Autrefois valeur ajoutée, celle-ci se dilue dans l'anonymat au rythme des restructurations de société, des reprises successives, des choix stratégiques qui ne s'accompagnent d'aucune explication.


Perte de contrôle...

Progressivement le travail, lorsqu'il est préservé, se retrouve vide de sens. La privation d'emploi devenue monnaie courante plonge, quant à elle, l'individu dans le désarroi, l'isolement tandis quelle lui ôte toute chance de surmonter cette épreuve faute dune reconversion programmée. Toxicomanies, accès de violence, tentatives de suicide signent alors la souffrance de ces individus dépossédés, humiliés qui après avoir perdu le contrôle de leur situation, perdent celui de leurs nerfs et trop souvent de leur vie...
Vers l'amplification et la généralisation des conflits sociaux
L'actualité a récemment mis en lumière de nouvelles tragédies sociales qui commencent par la faillite d'une société, son rachat par un groupe peu scrupuleux, le licenciement des 2/3 de ses salariés, leur révolte qu'ils expriment dans la multiplication d'actes de violence en tout genre avant de la retourner contre eux-mêmes. Les stratégies économiques brutales font abstraction du facteur humain, entraînant des drames en cascade qui se soldent par des dépressions, des tentatives de suicide ou des suicides avérés...

Dans les restructurations de filières à l'échelon national ou international, les groupes tranchent dans le vif sans prendre en considération l'avenir de salariés, souvent peu qualifiés ! Face à des restructurations, des délocalisations qui se multiplient et se succèdent parfois au rythme de trois en trois ans, le choix se pose entre un liquidateur ou un repreneur. Les deux licencieront de toute façon une bonne partie du personnel, qui faute d'une véritable politique de formation professionnelle ne pourra se reclasser.

Attachement viscéral à l'entreprise et déplacement des valeurs au bénéfice de l'entreprise, au détriment de la famille
Un conflit qui éclate est difficilement maîtrisable car il potentialise toutes les rancoeurs, les humiliations subies par des individus attachés depuis parfois 20 ans à leur entreprise. Bien au-delà des revendications pour des augmentations de salaires, ces smicards réclament de la considération, le respect de leur outil de travail et ne peuvent y renoncer sous prétexte que la société fait faillite. Souvent plus attachés à leur cercle de collègues de travail qu'à leur famille, dépourvus d'autres alternatives professionnelles, ils sont incapables de réagir. De nombreuses fermetures ont bien montré que le plus pénible n'est pas seulement de rendre les clefs, mais de se séparer. Détresse psychique, violence, actes de vandalisme, incendies provoqués, séquestrations, tendances suicidaires ponctuent alors leur descente aux enfers dominée par l'absence de toute perspective possible. Face à un avenir professionnel désormais confisqué, inexistant, la famille et le couple souvent en difficulté ne peuvent plus jouer leur fonction de rempart. En l'absence d'autres identifications possibles, la vie se résume à l'entreprise qui va fermer.



Un cocktail détonnant

Humiliations + Impuissance + Manque de perspective + Absence de dialogue et d'interlocuteur sur fond de manque de qualification : le cumul fabrique un cocktail détonant. Très lisibles dans leur déroulement, les conflits qui, chez Lewis, mettaient en scène 514 licenciements et seulement 80 reclassements deux ans et demi plus tard sont l'expression d'un ras-le-bol et du désespoir de centaines de laissés pour compte. Ballottés entre les mains de repreneurs successifs, ils assistent impuissants à leur propre destruction, parfois sans aucune explication. Seule issue : le rapport de force, la réaction épidermique comme chez Cellatex qui a connu 153 licenciements et seulement 15 reclassements, 10 mois plus tard car il n'y a plus d'autres choix possibles. Les 900 personnes évacuées en raison des menaces d'explosion qui pesaient sur le site de Cellatex l'ont bien compris en apportant leur soutien moral aux salariés de l'usine. Le bilan est dramatique : une quarantaine de tentatives de suicide, sans même parler des dépressions nerveuses, conduites alcooliques et 3 suicides féminins, dont deux chez Lewis touchant des femmes de moins de 40 ans.


Les cadres et les seniors touchés

Les cadres ne sont nullement épargnés et souffrent autant sinon plus des nouvelles orientations qu'adopte le management. Plus isolés que les salariés finalement mieux défendus, constamment malmenés, soumis à une politique d'humiliation et à des stress non négligeables, ils font les frais de ces nouvelles exigences. Ils subissent une pression importante découlant des exigences de rentabilité, de compétition. L'arrivée sur le marché de jeunes diplômés fragilise leur position dans l'entreprise. L'avancée en âge contribue à les exclure progressivement des structures dans lesquelles ils se montraient opérationnels. Force est de constater que toutes les sphères sont désormais concernées par l'ampleur de ces mutations industrielles.



Comment réagir ?

Quelles parades proposer face à la multiplication des cessions sauvages d'entreprise ? Quelques pistes :

· Responsabiliser les entrepreneurs.
Il importe de refuser le transfert du plan social vers le repreneur tel qu 'il se pratique habituellement afin d'éviter d'avoir à gérer les conflits sociaux. Cette dilution des responsabilités doit conduire à une révision du code du travail, encore muet sur ce chapitre. Il s'agit, en cas de cession de société, d'exiger la co-responsabilité du vendeur pendant une durée minimale de 2 ans afin qu'il assume ses devoirs. Actuellement, les dédommagements des préjudices sont dérisoires et le suivi médical des salariés inexistant.

· Faciliter le dialogue par la mise en place de nouveaux interlocuteurs.
Hormis les collègues de travail qui sont les premiers confidents, la réhabilitation du médecin de travail dans une optique de prévention pourrait, à condition de lui rendre son autonomie, permettre de repérer les dépressions, les phénomènes de harcèlement moral, sexuel, les souffrances psychiques trop importantes avant quelles ne soient irréversibles et conduisent au passage à l'acte.
Trop longtemps considérés comme l'oreille ou l'espion des dirigeants, les médecins du travail méritent d'être réintroduits dans le circuit de prévention, d'autant qu'ils furent les premiers à attirer l'attention sur le harcèlement moral en entreprise. Si leur capacité d'intervention à l'échelon individuel est encore limitée, ils peuvent en cas d'extrême urgence soustraire l'intéressé au harcèlement, après examen médical.

Le DRH, de nouvelle génération, est généralement bien informé de la biographie des salariés. Il est aujourd'hui en mesure de mieux comprendre les drames qui se jouent au sein et à l'extérieur de l'entreprise. Désormais mieux sensibilisé à la prévention du suicide, il devient l'un des acteurs possibles.

· Créer une cellule psychologique
Il faut aller vers la création dune cellule psychologique rassemblant médecins et psychologues rémunérés par la société pour soutenir et accompagner les salariés en cas de reprise et de façon plus systématique pour permettre un espace d'écoute et éviter les dérapages. Opérationnelle à Hellemmes lors du conflit qui, en août 2001, a touché l'usine textile de Mosley, ce projet est né d'une revendication qui na pu aboutir lors du conflit Cellatex. Cette mesure ponctuelle a permis de suivre efficacement les salariés pendant 2 ans au plan médical et psychologique. On peut aussi revaloriser la fonction du Comité d'Hygiène et de Sécurité pour le rendre plus actif dans le circuit de la prévention.

· Rendre la formation professionnelle obligatoire
Cette possibilité proposée tous les cinq ans permettrait aux salariés de pouvoir se réinsérer dans une autre activité en cas de perte d'emploi. A quoi peut prétendre un ouvrier du textile dont l'horizon professionnel s'est limité à coudre des fermetures de 5 cm pendant 20 ans, dès lors que son entreprise est rachetée ? L'évolution professionnelle au sein d'une même entreprise, qui se mesure à la capacité de gravir les échelons, devrait de même être encouragée.

· Arrêter le harcèlement moral
Il est essentiel de combattre le harcèlement moral en instaurant une prévention efficace et des sanctions punissant les harceleurs. Cette extrême violence, plus répandue qu'il n'y paraît, représente une infraction vis-à-vis de la dignité humaine et du droit du travail. Sous la pression des associations, on étudie actuellement la possibilité de protéger les témoins qui se manifesteraient d'un éventuel renvoi. Indépendamment des attitudes visant à prévenir ce type d'excès, il existe toute une panoplie de sanctions, votées en décembre 2001, plus ou moins lourdes au nombre desquelles figurent un an d'emprisonnement systématique et une amende de 15 000 €uros. De plus en plus répandu, ce harcèlement psychologique s'exerce de façon insidieuse et vise la destruction et l'aliénation de l'autre. Les victimes sont le plus souvent des femmes et les persécuteurs majoritairement des hommes épris de pouvoir. Brimades, quarantaine, agressions verbales, réflexions désobligeantes, tout est bon pour fragiliser et isoler la victime qui vit chaque jour dans la terreur. Les incitations au suicide par perte de l'estime de soi ne sont pas rares.


· Combattre le harcèlement sexuel
Dénoncé dès 1987, le harcèlement sexuel a donné lieu à un projet de loi en 1992. La France fut l'un des premiers pays à s'insurger contre cet abus et à adopter une législation efficace depuis 1994 qui prévoit une amende de 15 000 €uros assortie d'un an d'emprisonnement. Il représente une autre facette de la violence et porte atteinte à l'état psychique de la victime.

· Vers une sécurité sociale professionnelle
Réintroduire la considération humaine et le respect de la dignité, comme préalable à toute approche apparaît indispensable pour redonner au travail toute sa valeur. Est-ce suffisant pour combattre la brutalité de la politique économique et la violence inhérente au harcèlement ?
La pleine mesure des risques de dérapage incite à proposer la construction d'une sécurité sociale professionnelle qui protégerait le salarié de l'exclusion, et des diverses atteintes narcissiques qui font le lit de la dépression et du suicide.
Suicide : l'influence du milieu socioprofessionnel



Les pensées suicidaires et les passages à l'acte varient fortement selon le milieu. Ecoles, prison, travail... Les risques sont différents et la prévention doit donc se faire de manière spécifique. Constats et recommandations...

Peu d'études ont porté sur la crise suicidaire selon le milieu socioprofessionnel. Mais l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (Anaes) a fait plusieurs constats et propose des actions spécifiques pour prévenir le suicide de manière adaptée.



En milieu scolaire

Les chiffres sur le suicide en milieu scolaire sont assez préoccupants : 7 % des scolarisés de 11 à 19 ans déclarent avoir fait une tentative de suicide. Ce taux est multiplié par deux pour ceux qui quittent précocement l'école. Et ces tentatives ne sont que la partie émergée de l'iceberg, puisque 12 % des collégiens et 22 % des collégiennes ont pensé au suicide dans les 12 mois précédents. Point positif : les adolescents en situation de crise ont plus tendance à consulter que les autres. Mais la moitié des jeunes admettent que lors de leurs crises, ils se sont confiés à un ami et non à un spécialiste (médecin, assistante sociale...).

L'Anaes souligne ainsi l'importance de la vigilance à l'école, surtout en cas de difficultés sociales et familiales, d'absentéisme, d'isolement, de demandes de consultation auprès de l'infirmière scolaire ou du psychologue, etc.


Les actions à mener :
Pour l'Anaes, les établissements scolaires doivent :
· Informer sur les réseaux d'écoute et d'accueil jeunes (numéros verts de type Fil santé jeunes : 0.800.235.236) ;
· Favoriser le développement en milieu scolaire des programmes visant à améliorer l'estime de soi et à s'exercer à la résolution de conflits ;
· En cas d'inquiétude ressentie, proposer à l'élève de rencontrer un spécialiste, éventuellement plusieurs fois ;
· En cas d'aveu suicidaire ou de plan suicidaire, toujours se référer à l'infirmière ou au médecin scolaire ;
· Contacter les parents ;
· En cas d'imminence de passage à l'acte, solliciter l'aide urgente du réseau de soins (médecins traitants, dispositif d'urgence ou spécialisé en psychiatrie).


En milieu universitaire

Pour l'Anaes, il est difficile de faire un constat sur la situation en milieu universitaire. Car peu d'études sont disponibles et les universités sont extrêmement différentes les unes des autres, à la fois dans les problèmes rencontrés et dans les solutions proposées. Mais il existerait des risques de crise communs chez les étudiants : problèmes d'adaptation, isolement, échec... surtout lors de la première année d'études.


Les actions à mener :
L'Anaes recommande une amélioration de l'accueil, des dispositifs de parrainage, de la diffusion des informations de prévention...



En milieu professionnel

Les jeunes adultes, qui viennent d'arriver dans le monde du travail, sont de plus en plus concernés par la crise suicidaire. C'est d'ailleurs la première cause de décès chez les 25-34 ans.
Les conflits en milieu professionnel et autres difficultés liées au monde du travail ont un retentissement psychique important. Lire à ce sujet l'article de Christian Larose.
Les actions à mener :
Comme le souligne l'Anaes, l'entourage est toujours un recours, un soutien et l'infirmier(e) et le médecin du travail sont des interlocuteurs privilégiés. Les consultations de médecine du travail, particulièrement après un arrêt maladie, doivent faire s'interroger sur ces idées suicidaires.



En milieu carcéral

Le taux de suicides en milieu carcéral est très élevé : 240 morts par suicide pour 100 000 détenus, soit 125 morts en 1998 (55 000 détenus en France). Selon les sources, cela représente six à dix fois plus que dans la population générale. Or ces décès sont en augmentation depuis les années 1972-1973. De plus, les tentatives sont 24 fois plus élevées que dans la population générale.

Selon les études épidémiologiques citées par l'Anaes :
· La pendaison est le principal mode d'accomplissement du suicide (92,7 % des décès) ;
· Le fait d'avoir une famille, un conjoint ou des enfants est un facteur de risque au moment de l'incarcération ;
· Des périodes critiques sont repérées : le premier mois d'incarcération (1/3 des suicides) et la première année (3/4 des suicides) ;
· 60 % des suicidés sont en préventive (en attente de jugement) ;
· 90,7 % des suicides ont lieu en maison d'arrêt ;
· Il y a 7 fois plus de suicides en quartier disciplinaire que dans une détention normale.


Les actions à mener :

L'Anaes a émis plusieurs recommandations pour améliorer la situation préoccupante de la crise suicidaire en milieu carcéral. Les situations d'humiliation de la personne sont ainsi déconseillées. La prévention du passage à l'acte par la lutte contre les moyens suicidaires et la violence encourage involontairement les situations de crise. Il semble plus utile de développer une réflexion sur des supports et des espaces d'expression destinés aux détenus.

Il faut noter que les ministres de la justice et de la santé ont confié fin janvier 2003 une mission d'enquête sur ce problème au Pr Jean-Louis Terra. Cela pourrait déboucher sur un programme national pour prévenir les suicides en Prison.

Déprime, anxiété, angoisse... La France va mal



Un Français sur 10 a connu un épisode dépressif dans les 15 derniers jours ! Et 13 % disent avoir souffert d'anxiété ou de phobies très récemment. C'est ce que révèle l'une des plus grandes enquêtes sur la santé mentale. Les premières victimes de troubles psy : les femmes, les personnes séparées et les chômeurs. Retour sur ce mal-être français.
Une enquête menée pendant 4 ans, 36 000 personnes interrogées... C'est un énorme travail qu'a réalisé le centre collaborateur de l'organisation mondiale de la santé de Lille, et la Direction de la recherche des études, de l'évaluation et des statistiques. Le but : évaluer la santé mentale des français.


Dépression : l'épidémie !

Premier constat : la dépression est incroyablement répandue dans la population. 11 % des personnes interrogées ont connu un épisode dépressif dans les 15 jours l'enquête. Et 6 % d'entre-elles connaissent régulièrement des baisses importantes de moral. Certes, l'enquête ne cherchait pas à identifier les épisodes dépressifs "majeurs", tel qu'ils sont définis dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux américain (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM IV). L'étude prenait en compte les baisses de moral au sens large. Ainsi, étaient considérés comme épisodes dépressifs des troubles n'ayant pas forcément un retentissement personnel ou professionnel important.

Les femmes, premières victimes
L'enquête confirme également que les troubles psy touchent majoritairement les femmes. Elles sont ainsi 13 % à avoir connu un épisode dépressif dans les deux dernières semaines, contre un peu moins de 8 % des hommes. De même, elles sont beaucoup plus nombreuses à connaître des troubles anxieux généralisés. Les phobies sont également plus féminines et notamment l'agoraphobie, qui touche deux fois plus de femmes que d'hommes.

L'effet protecteur du couple
Mais le sexe n'est pas le seul facteur déterminant pour les problèmes psy : la situation matrimoniale est fortement liée à la santé mentale. Ainsi, les personnes divorcées ou séparées connaissent plus d'épisodes dépressifs. Selon les statistiques, il est préférable pour sa santé mentale d'être marié... ou veuf ! Enfin, comme on peut s'y attendre, le chômage favorise la survenue des troubles dépressifs. Ainsi, il vaut mieux être un homme marié actif (6 % seulement ont connu un épisode dépressif récent) qu'une femme séparée au chômage (une chance sur 3 d'avoir connu un coup de blues dans les 15 derniers jours).




Le suicide : une menace importante

Un point très alarmant de ce rapport : le risque suicidaire. En effet, selon cette enquête, 2 % des Français présenteraient un risque élevé de faire une tentative de suicide ! 9,1 % des femmes et 6,4 % des hommes interrogés ont déclaré avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie. Dans le détail, les chômeurs et les personnes séparées ou divorcées sont les plus touchés. Et logiquement, le fait d'avoir connu récemment un épisode dépressif augmente les risques.
Ces chiffres semblent attester d'un véritable mal-être des Français, qu'il soit lié à leur situation personnelle ou professionnelle. Alors si vous avez autour de vous des personnes qui traversent une situation difficile, n'hésitez pas à les entourer et leur proposer votre aide. Et si vous-même avez un coup de blues, pas question de vous morfondre seul dans votre coin ! N'hésitez à en parler : de nombreuses associations proposent une écoute et des spécialistes peuvent vous accompagner. Il est possible de sortir d'une déprime et de retrouver le sourire !    

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Agir pour prévenir



Prévenir le suicide est une priorité. De nombreux signes peuvent alerter les proches ou les professionnels et permettre une prise en charge adaptée. De plus, après une tentative, il est essentiel d'assurer un suivi pour aider le retour à la vie. Voici quelques réponses à vos questions et des contacts qui pourront vous aider...



Suicide : identifier les signes


Reconnaître la crise suicidaire est complexe et il n'existe pas de méthode absolue. Néanmoins, des indices de "pré-crise", certains comportements, des profils à risque peuvent aider à identifier la personne suicidaire, particulièrement chez les seniors, pour permettre une prévention.

Si les adolescents traversent avec plus ou moins de bonheur ce que l'on a coutume d'appeler la crise d'adolescence, étape inévitable qui leur permet d'accéder au statut d'adulte, les personnes âgées sont elles aussi soumises à la crise du vieillissement. La crise suicidaire est alors plus difficile à repérer chez la personne âgée, puisque contrairement aux adolescents, les tentatives de suicide n'ont plus valeur d'indicateurs et le passage à l'acte est le plus souvent fatal.
Les indices de pré-crise : apprendre à lire entre les lignes
Il est essentiel de décrypter le sentiment d'inutilité et la perte de l'estime de soi qui percent à travers les remarques telles "Je ne vaux plus rien", "je dérange", etc. Il faut être attentif face à une tendance au repli, à l'isolement évocateurs d'un état dépressif dont on mesure les retentissements. Si la position dépressive est inscrite dans l'humain, dès la naissance, elle incite à une réflexion qui ne dépasse pas habituellement le stade philosophique. Deuils et renoncements font partie de la vie et ne causent pas systématiquement un suicide. L'appréciation de la dépression relève d'une connaissance pragmatique de la pathologie. Il faut également interpréter les modifications inhabituelles de l'humeur et du comportement : l'apparence négligée, le refus de nourriture, de soins, le désintérêt ou l'agressivité, l'irritabilité soudaine envers l'entourage...



La problématique de la mort

L'entourage doit mesurer la détermination à en finir en analysant la manière dont la mort est évoquée. Est-elle acceptée comme une issue lointaine, une éventualité ? Est-elle fortement désirée, envisagée comme l'unique solution ?
Il faut aussi évaluer le degré d'angoisse "flottante", sans objet, qui facilite le passage à l'acte, le : "à quoi bon" pouvant devenir le "pourquoi pas" au milieu de la désorganisation psychique. La position mélancolique serait spécifique de la crise, les formes anxieuses dotées d'un fort potentiel suicidaire.



Syndrome de glissement : attention danger

Equivalant au suicide, le syndrome de glissement s'apparente au naufrage d'un individu qui se laisse mourir. Cette attitude fréquemment observée en institution, voire à domicile peut causer la mort du sujet en moins de 5 jours.
Il faut repérer les dépressions masquées (50 % des dépressions du sujet âgé) susceptibles de prendre, selon le cas une allure somatique avec fixation hypocondriaque : le corps perçu comme dangereux, globalement mauvais mérite d'être détruit. L'agitation désordonnée, stérile peut masquer la dépression. Elle peut revêtir dans d'autres cas une allure démentielle ou délirante.

Créer des réseaux de soutien pour sujets en souffrance
Pour les personnes âgées, il est nécessaire de sensibiliser l'ensemble des acteurs gérontologiques pour qu'ils apportent leur concours, repèrent et signalent les sujets à risque et prévoient un accompagnement spécialisé pour le sujet âgé maintenu au domicile (95 % des cas).



Le profil à risque

Le profil à risque cumule ou intègre les éléments suivants :
· Personnalité fragile, dépressive, anxieuse ;
· Isolement consécutif à un veuvage ou à une perte des relations sociales ou familiales ;
· Précarité financière ne permettant plus de faire face aux dépenses courantes relatives à l'hygiène, l'alimentation ;
· Difficulté d'accéder à un système de soins adapté à l'âge, au degré d'autonomie, aux préférences ;
· L'entrée en institution est un facteur de risque supplémentaire.




La prévention

La prévention du passage à l'acte relève de plusieurs aspect :
· Meilleur diagnostic et du traitement de la dépression ;
· Amélioration de l'accès aux soins ;
· Ecoute plus attentive de chacun ;
· Renforcement de la solidarité face à la dégradation du tissu social, familial, professionnel.

Dans le cadre d'une stratégie de prévention, il est néanmoins rassurant de constater que l'ambivalence et la peur de passer à l'acte suicidaire sont présentes jusqu'au dernier moment ce qui laisse place à une possibilité d'intervention à tout moment pour renverser le processus suicidaire. Faut-il envisager, proposer un soutien psychologique à certaines périodes critiques de l'existence sans pour autant tomber dans le piège d'une psychiatrisation ou d'une médicalisation à outrance ?



Suicide : reconnaître et réagir

Il est souvent difficile de reconnaître les étapes qui précèdent une tentative de suicide. Pourtant, déceler la pré-crise est essentiel pour pouvoir réagir au mieux. Pour vous aider, Doctissimo vous livre les recommandations de spécialistes.
Dans ses recommandations sur la crise suicidaire publiées lors de la conférence de consensus l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (Anaes) a abordé les moyens pour l'entourage de reconnaître la crise et de réagir.



Reconnaître les premiers signes

Il n'existe pas de critères diagnostiques de la crise suicidaire au sens strict. Néanmoins l'Anaes, en s'appuyant sur de nombreux cas et avis d'experts, a identifié trois types de signes sur lesquels il convient d'être vigilant :
· Les expressions d'idées et d'intentions suicidaires. La personne en crise va dire certains messages directs ou indirects : "je veux mourir", "je n'en peux plus, je voudrais partir, disparaître". Cela peut prendre la forme de paroles mais aussi de textes, de dessins. Selon les spécialistes, il faut absolument prendre en compte ces signes ;
· Les manifestations de crise psychique. La personne peut éprouver des malaises divers : fatigue, anxiété, tristesse, irritabilité et agressivité, troubles du sommeil, une perte du goût aux choses, un sentiment d'échec et d'inutilité, une mauvaise image de soi, un sentiment de dévalorisation, une impuissance à trouver des solutions à ses problèmes, des troubles de la mémoire, une perte d'appétit ou une boulimie, une rumination mentale, une appétence alcoolique et tabagique ;
· Un contexte de vulnérabilité. La dépression, l'impulsivité (dans les actes ou les émotions), des affections psychiatriques déjà existantes, l'alcoolisme, la toxicomanie sont autant de terrains fragiles. Dans ce cas, des problèmes familiaux, des événements douloureux (perte d'un être cher, etc.) peuvent précipiter la crise suicidaire.
L'entourage doit être attentif

L'Anaes souligne que l'entourage peut repérer des signes de souffrance (visage fermé, inexpressif, regard triste, pleurs...), un changement de la relation avec l'entourage, l'abandon d'activités, la consommation abusive d'alcool ou de psychotropes. Des prises de risque inconsidérées ne sont bien sûr pas à négliger, tout comme un retrait par rapport aux marques d'affection et au contact physique, un isolement. La crise peut aussi s'exprimer par des comportements particuliers : souffrance psychique intense, cynisme, goût pour le morbide voire la recherche d'armes (à feu notamment). Une accalmie suspecte et un comportement mimant les signes d'un départ sont à très haut risque.
Mais bien sûr ces premiers signes ne sont pas spécifiques du suicide, surtout s'ils sont pris isolément. C'est l'association de plusieurs d'entre eux ou leur apparition subite qui doivent alerter. Dans ce cas, outre l'écoute et le dialogue, il faut absolument accompagner la personne vers un médecin qui saura évaluer la situation et proposer une prise en charge.



Repérer selon les situations

Selon l'âge, ou dans des environnements particuliers, il peut être plus difficile de repérer les premiers signes. Voici quelques situations et les recommandations adéquates...



Chez l'enfant
L'expression d'idées et d'intentions suicidaires est rare chez l'enfant. La crise peut s'exprimer par des problèmes de santé psychosomatiques, un isolement, des troubles de la communication et de l'apprentissage, une hyperactivité, des blessures à répétition, des préoccupations pour la mort, une tendance à être le souffre-douleur, etc.
Parmi les facteurs de vulnérabilité soulignés par l'Anaes, on peut noter l'isolement affectif, les bouleversements familiaux, l'entrée au collège, la maltraitance...

Comment réagir :
Les spécialistes préconisent avant tout de ne pas chercher à résoudre le problème seul. Il est primordial de parler avec l'enfant et d'indiquer les signes à la famille, au médecin scolaire.



Chez l'adulte
Chez l'adulte, les manifestations de la crise psychique sont, d'après l'Anaes : l'ennui, le sentiment de perte de rôle, d'échec, d'injustice, de décalage et de perte d'investissement au travail, les difficultés relationnelles (y compris celles de couple), l'incapacité à supporter une hiérarchie, les arrêts de travail à répétition ou au contraire le surinvestissement au travail, les consultations répétées chez le médecin (douleur, fatigue...).

L'Anaes souligne que la vulnérabilité peut être aggravée par un climat conjugal, social et professionnel à problème, voire du harcèlement dans le travail. Sans compter des facteurs tels que les toxicomanies, le sida, la violence...

Comment réagir :
L'entourage proche doit essayer d'établir une relation de confiance et d'opter pour une attitude d'écoute et de dialogue afin de faciliter l'orientation vers des réseaux d'aide.



Chez la personne âgée
Les seniors expriment rarement leurs idées suicidaires. Les manifestations de la crise peuvent comporter une attitude de repli sur soi, un refus de s'alimenter, un manque de communication, une perte d'intérêt pour les activités, un refus de soin... L'association d'une dépression permanente et d'idées suicidaires doit absolument être prise en compte par l'entourage. Selon les spécialistes, les facteurs qui vont favoriser la vulnérabilité sont la dépression, les maladies (surtout si elles entraînent un handicap et des douleurs), les conflits, le changement d'environnement (placement en institution). Selon l'Anaes, un autre facteur de risque est le veuvage pour les hommes.

Comment réagir :
Pour l'entourage, il faut être attentif à la possibilité d'une dépression, prendre en compte les souffrances voire les maltraitances et surveiller tout changement dans le comportement.



Chez les personnes atteintes de troubles psychiques avérés
Selon les troubles et les individus, les idées suicidaires peuvent être exprimées ou à l'inverse totalement dissimulées. L'Anaes souligne que la crise est constituée d'une alternance de moments à haut risque et de moments d'accalmie, sur un fond de variabilité permanente. Certains signes peuvent marquer une aggravation : isolement, rupture des contacts habituels, réduction et abandon des activités, exacerbation des symptômes de la maladie...


Comment réagir :
L'entourage doit prendre contact avec le médecin traitant qui saura réagir. L'Anaes souligne les mesures de sécurité à prendre, notamment par rapport aux objets dangereux et aux médicaments.



Chez les personnes souffrant d'alcoolisme
Les idées suicidaires ne sont par forcément exprimées car elles ne sont pas forcément conscientes. Selon l'Anaes, il faut particulièrement surveiller la prise de risque, l' impulsivité et le manque de contrôle. La vulnérabilité est augmentée par la dépression, le chômage, les séparations et les maladies. Certains facteurs de risque seraient plus spécifiques aux femmes : le désespoir, les séparations et les traumatismes dans l'enfance...

Comment réagir :
L'entourage doit porter une vigilance accrue aux personnes alcooliques, surtout en cas de chômage, séparation ou dépression.


Dans les prisons
Les idées suicidaires peuvent apparaître dès le début de la détention. L'Anaes souligne les signaux d'appel qui peuvent être émis : automutilation, demande de soins...
Les moments les plus à risque sont généralement l'arrivée dans la prison et la période précédant le jugement.

Comment réagir :
L'Anaes recommande une attention toute particulière pour les mineurs qui entrent en prison et les automutilations à répétition.




Après une tentative de suicide : l'importance du suivi
La tentative de suicide est souvent considérée comme un appel à l'aide. Même si cela n'est pas toujours vrai, cela souligne l'importance d'une prise en charge et du suivi après cette crise. Quelle forme doit revetir ce soutien ? Est-il efficace ? L'avis des spécialistes sur ces questions...
Faut-il un suivi après la crise suicidaire et sur quelle durée l'envisager ?



Le suivi est essentiel

Peu d'études existent sur le suivi des patients après une tentative de suicide. Plusieurs constatations se dégagent néanmoins. Ainsi, les patients ayant déjà fait une tentative de suicide sont plus fréquemment hospitalisés par la suite et consomment plus de médicaments. Or il existe un risque important de récidive dans l'année qui suit le passage à l'acte : environ 10 à 20 % des patients. Mais le problème est que les suicidants (personnes qui ont fait une tentative) ne se plient pas facilement au suivi, en particulier après un passage aux urgences ou une hospitalisation de courte de durée. Pour résoudre ce problème, l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (Anaes) évoque diverses solutions : relance systématique (téléphone ou courrier), suivi à domicile...

Les études montrent en tout cas que le suivi est essentiel, notamment lorsque des troubles psychologiques sont associés, tels que la dépression ou la schizophrénie.


Agir de manière appropriée

Il est important de souligner que le suivi est essentiel dans tous les cas. Mais sa mise en place doit se faire de manière adaptée, en fonction de l'évolution, du contexte...
L'Anaes recommande d'organiser les soins dès le début de la prise en charge de la crise. Il est essentiel de favoriser l'établissement d'un lien de confiance entre les intervenants et le patient et son entourage. Il est notamment souhaitable que le suivi soit assuré par une personne déjà impliquée dans la prise en charge ou connue du patient, comme son médecin traitant. L'orientation doit être personnalisée. Lorsqu'il existe des facteurs de risque associés (troubles psychiatriques, addictions...), le suivi doit être spécialisé pour permettre le traitement du problème sous-jacent.
En ce qui concerne la durée, l'Anaes recommande une attention et une mobilisation soutenues durant l'année qui suit le début de la crise.




Le suicide : quelques réponses à vos questions

La crise suicidaire suscite de nombreuses questions. Quels sont les éléments déclenchants ? Quels sont les signes avant-coureurs ? Faut-il en parler ? Voici les réponses à quelques interrogations courantes.


Quels peuvent être les éléments déclenchants ?

Parmi les facteurs déclenchants, on peut citer :
· La maladie grave ;
· La perte d'emploi ;
· Le chômage ;
· L'exclusion ;
· La prison ;
· Le divorce ;
· Les situations d'échecs ;
· La déception sentimentale ;
· La mort du conjoint ;
· La dépendance (alcoolisme, toxicomanie, les emprises) ;
· Les situations de stress :
o professionnel ;
o émotionnel ;
o affectif.
· Les troubles biologiques :
o sommeil ;
o alimentation.

Mais c'est en général l'accumulation de plusieurs de ces facteurs qui conduit à la tentative de suicide.






Pourquoi se suicide-t-on ?
Le geste suicidaire peut se révéler à l'occasion de certains évènements précis, évènements à ne pas confondre avec les causes profondes du suicide.
En ce qui concerne ces causes profondes, la plupart des spécialistes estiment qu'il en existe principalement 4 :
· Une famille non communicante, désunie, repliée sur elle-même ;
· Des transgressions majeures (incestes, climat incestueux, violence extrême) ;
· Des antécédents familiaux (suicide dans l'entourage et l'histoire de la famille) ;
· L'isolement et la solitude (difficulté à s'insérer dans la vie sociale).
Quels sont les signes avant-coureurs du suicide ?
On peut distinguer différents signes avants-coureurs : les messages directs ou indirects et les comportements.
Les messages directs :
· Je veux en finir ;
· La vie n'en vaut pas la peine ;
· Je n'en sortirai jamais.
Les messages indirects :
· Vous seriez bien mieux sans moi ;
· Je suis inutile ;
· J'ai fait mon testament ;
· Je vais faire un long voyage.
Les comportements :
· Isolement, retrait ;
· Intérêt pour les armes à feu ou les médicaments ;
· Dons d'objets qui lui sont chers ;
· Consommation abusive d'alcool ou de médicaments ;
· Consultations répétées et sans raison chez le médecin ;
· Evocations de la valeur et du courage de ceux qui se suicident ;
· Incohérence du langage ;
· Aucune réaction à la perte d'un proche ;
· Hyperactivité ;
· Manque d'énergie, extrême lenteur.




Que faut-il faire ou ne pas faire ?

Evitez de :
· Moraliser ;
· Dire de ne plus penser à la mort ;
· Donner ses recettes personnelles de bonheur : chacun a sa manière d'être heureux ;
· Tout faire à sa place, il penserait qu'il est devenu inutile ;
· Avoir réponse à tout ;
· Faire des promesses que vous ne pourriez pas tenir.
Essayer de :
· L'écouter parler de sa détresse : il ou elle a besoin de toute votre amitié, de votre disponibilité et de votre compréhension ;
· Aborder directement la question du suicide avec lui ;
· Aller chercher de l'aide auprès de professionnels ou de proches en qui vous avez confiance.



Après une tentative de suicide...

Le suicide reste la deuxième cause de décès chez les 15-24 ans et le nombre de tentatives chez les jeunes est en hausse dans l'hexagone. Qui sont ces ados mal dans leur peau ? Comment les prendre en charge et les aider réellement à s'en sortir ? Deux scientifiques ont enquêté sur ce phénomène préoccupant.

Marie Choquet, épidémiologiste à l'Inserm et Virginie Granboulan, pédopsychiatre au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, ont dirigé une enquête sur les "Jeunes suicidants à l'hôpital". Mené sur plus de 700 adolescents, leur travail est riche d'enseignements.



Plus de tentatives en France

La France fait partie des mauvais élèves de l'Union Européenne. Devant l'Italie, la Grèce, le Portugal, les Pays-Bas ou la Grande Bretagne, le suicide est la seconde cause de mortalité chez les 15-24 ans. Pourtant, la situation s'est améliorée, puisque le taux de suicide a diminué de 15 % en 20 ans. Néanmoins, le nombre de tentatives a quant à lui augmenté. Aujourd'hui, 9 % des adolescents de 14 à 19 ans ont tenté de mettre fin à leurs jours. Là encore, la France ne brille pas au sein de la communauté, puisque le nombre de TS chez les jeunes a baissé partout ailleurs.


Des jeunes comme les autres ?

Si les filles constituent la grande majorité de ces jeunes en mal de vivre, ces ados ont, contrairement aux idées reçues, des modes de vie identiques aux jeunes de leur âge. Sport, lecture, activité artistique, amis... ces ados ne semblent pas du tout isolés. En revanche, tous ou presque ont des problèmes avec le système scolaire et surtout avec leur famille. En effet, 17 % sont en dehors de tout système familial, 61 % jugent que leur vie à la maison est tendue, 44 % désagréable et 37 % à fuir ! A noter : 12 % des jeunes suicidants majeurs ont eu des relations homosexuelles (contre 1,5 % des jeunes de leur âge) : rejet et discrimination sont peut-être à blâmer également.


La fugue, une forme de suicide ?

Comment savoir si un ado est "à risque" ? Selon Marie Choquet et Virginie Granboulan, la fugue peut être un marqueur du risque. Elles considèrent d'ailleurs cette fuite comme un "équivalent suicidaire". Car plus de 30 % des jeunes qui ont fait une tentative de suicide avaient fugué dans l'année. Cette fuite ne doit donc pas être regardée comme un acte anodin. Parents, professeurs et proches doivent être vigilants et ne pas hésiter à proposer un soutien psy après ce type d'événement.


Quelle prise en charge ?

Aujourd'hui, la prise en charge hospitalière est devenue quasiment systématique après une tentative de suicide. Elle comprend ainsi plusieurs entretiens avec un psychiatre ou un psychologue. Malheureusement, plus de la moitié des suicidants ne poursuive pas ce suivi psychologique en sortant de l'hôpital. Le problème est ainsi d'améliorer ce suivi, mais aussi de savoir quelle thérapie proposer ! Car en la matière, peu d'études ont permis d'analyser les résultats des différentes méthodes existantes (thérapie familiale, psychothérapies intensives...). Mais l'important semble dans tous les cas d'engager ce suivi, en proposant notamment une thérapie dès la sortie de l'hôpital. Car si l'on ne possède pas encore assez de recul pour savoir si cela permet d'éviter les récidives, un suivi psychologique a au moins pour conséquence d'aider les jeunes à retrouver goût à la vie.

Agir pour prévenir



Prévenir le suicide est une priorité. De nombreux signes peuvent alerter les proches ou les professionnels et permettre une prise en charge adaptée. De plus, après une tentative, il est essentiel d'assurer un suivi pour aider le retour à la vie. Voici quelques réponses à vos questions et des contacts qui pourront vous aider...



Suicide : identifier les signes


Reconnaître la crise suicidaire est complexe et il n'existe pas de méthode absolue. Néanmoins, des indices de "pré-crise", certains comportements, des profils à risque peuvent aider à identifier la personne suicidaire, particulièrement chez les seniors, pour permettre une prévention.

Si les adolescents traversent avec plus ou moins de bonheur ce que l'on a coutume d'appeler la crise d'adolescence, étape inévitable qui leur permet d'accéder au statut d'adulte, les personnes âgées sont elles aussi soumises à la crise du vieillissement. La crise suicidaire est alors plus difficile à repérer chez la personne âgée, puisque contrairement aux adolescents, les tentatives de suicide n'ont plus valeur d'indicateurs et le passage à l'acte est le plus souvent fatal.
Les indices de pré-crise : apprendre à lire entre les lignes
Il est essentiel de décrypter le sentiment d'inutilité et la perte de l'estime de soi qui percent à travers les remarques telles "Je ne vaux plus rien", "je dérange", etc. Il faut être attentif face à une tendance au repli, à l'isolement évocateurs d'un état dépressif dont on mesure les retentissements. Si la position dépressive est inscrite dans l'humain, dès la naissance, elle incite à une réflexion qui ne dépasse pas habituellement le stade philosophique. Deuils et renoncements font partie de la vie et ne causent pas systématiquement un suicide. L'appréciation de la dépression relève d'une connaissance pragmatique de la pathologie. Il faut également interpréter les modifications inhabituelles de l'humeur et du comportement : l'apparence négligée, le refus de nourriture, de soins, le désintérêt ou l'agressivité, l'irritabilité soudaine envers l'entourage...



La problématique de la mort

L'entourage doit mesurer la détermination à en finir en analysant la manière dont la mort est évoquée. Est-elle acceptée comme une issue lointaine, une éventualité ? Est-elle fortement désirée, envisagée comme l'unique solution ?
Il faut aussi évaluer le degré d'angoisse "flottante", sans objet, qui facilite le passage à l'acte, le : "à quoi bon" pouvant devenir le "pourquoi pas" au milieu de la désorganisation psychique. La position mélancolique serait spécifique de la crise, les formes anxieuses dotées d'un fort potentiel suicidaire.



Syndrome de glissement : attention danger

Equivalant au suicide, le syndrome de glissement s'apparente au naufrage d'un individu qui se laisse mourir. Cette attitude fréquemment observée en institution, voire à domicile peut causer la mort du sujet en moins de 5 jours.
Il faut repérer les dépressions masquées (50 % des dépressions du sujet âgé) susceptibles de prendre, selon le cas une allure somatique avec fixation hypocondriaque : le corps perçu comme dangereux, globalement mauvais mérite d'être détruit. L'agitation désordonnée, stérile peut masquer la dépression. Elle peut revêtir dans d'autres cas une allure démentielle ou délirante.

Créer des réseaux de soutien pour sujets en souffrance
Pour les personnes âgées, il est nécessaire de sensibiliser l'ensemble des acteurs gérontologiques pour qu'ils apportent leur concours, repèrent et signalent les sujets à risque et prévoient un accompagnement spécialisé pour le sujet âgé maintenu au domicile (95 % des cas).



Le profil à risque

Le profil à risque cumule ou intègre les éléments suivants :
· Personnalité fragile, dépressive, anxieuse ;
· Isolement consécutif à un veuvage ou à une perte des relations sociales ou familiales ;
· Précarité financière ne permettant plus de faire face aux dépenses courantes relatives à l'hygiène, l'alimentation ;
· Difficulté d'accéder à un système de soins adapté à l'âge, au degré d'autonomie, aux préférences ;
· L'entrée en institution est un facteur de risque supplémentaire.




La prévention

La prévention du passage à l'acte relève de plusieurs aspect :
· Meilleur diagnostic et du traitement de la dépression ;
· Amélioration de l'accès aux soins ;
· Ecoute plus attentive de chacun ;
· Renforcement de la solidarité face à la dégradation du tissu social, familial, professionnel.

Dans le cadre d'une stratégie de prévention, il est néanmoins rassurant de constater que l'ambivalence et la peur de passer à l'acte suicidaire sont présentes jusqu'au dernier moment ce qui laisse place à une possibilité d'intervention à tout moment pour renverser le processus suicidaire. Faut-il envisager, proposer un soutien psychologique à certaines périodes critiques de l'existence sans pour autant tomber dans le piège d'une psychiatrisation ou d'une médicalisation à outrance ?



Suicide : reconnaître et réagir

Il est souvent difficile de reconnaître les étapes qui précèdent une tentative de suicide. Pourtant, déceler la pré-crise est essentiel pour pouvoir réagir au mieux. Pour vous aider, Doctissimo vous livre les recommandations de spécialistes.
Dans ses recommandations sur la crise suicidaire publiées lors de la conférence de consensus l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (Anaes) a abordé les moyens pour l'entourage de reconnaître la crise et de réagir.



Reconnaître les premiers signes

Il n'existe pas de critères diagnostiques de la crise suicidaire au sens strict. Néanmoins l'Anaes, en s'appuyant sur de nombreux cas et avis d'experts, a identifié trois types de signes sur lesquels il convient d'être vigilant :
· Les expressions d'idées et d'intentions suicidaires. La personne en crise va dire certains messages directs ou indirects : "je veux mourir", "je n'en peux plus, je voudrais partir, disparaître". Cela peut prendre la forme de paroles mais aussi de textes, de dessins. Selon les spécialistes, il faut absolument prendre en compte ces signes ;
· Les manifestations de crise psychique. La personne peut éprouver des malaises divers : fatigue, anxiété, tristesse, irritabilité et agressivité, troubles du sommeil, une perte du goût aux choses, un sentiment d'échec et d'inutilité, une mauvaise image de soi, un sentiment de dévalorisation, une impuissance à trouver des solutions à ses problèmes, des troubles de la mémoire, une perte d'appétit ou une boulimie, une rumination mentale, une appétence alcoolique et tabagique ;
· Un contexte de vulnérabilité. La dépression, l'impulsivité (dans les actes ou les émotions), des affections psychiatriques déjà existantes, l'alcoolisme, la toxicomanie sont autant de terrains fragiles. Dans ce cas, des problèmes familiaux, des événements douloureux (perte d'un être cher, etc.) peuvent précipiter la crise suicidaire.
L'entourage doit être attentif

L'Anaes souligne que l'entourage peut repérer des signes de souffrance (visage fermé, inexpressif, regard triste, pleurs...), un changement de la relation avec l'entourage, l'abandon d'activités, la consommation abusive d'alcool ou de psychotropes. Des prises de risque inconsidérées ne sont bien sûr pas à négliger, tout comme un retrait par rapport aux marques d'affection et au contact physique, un isolement. La crise peut aussi s'exprimer par des comportements particuliers : souffrance psychique intense, cynisme, goût pour le morbide voire la recherche d'armes (à feu notamment). Une accalmie suspecte et un comportement mimant les signes d'un départ sont à très haut risque.
Mais bien sûr ces premiers signes ne sont pas spécifiques du suicide, surtout s'ils sont pris isolément. C'est l'association de plusieurs d'entre eux ou leur apparition subite qui doivent alerter. Dans ce cas, outre l'écoute et le dialogue, il faut absolument accompagner la personne vers un médecin qui saura évaluer la situation et proposer une prise en charge.



Repérer selon les situations

Selon l'âge, ou dans des environnements particuliers, il peut être plus difficile de repérer les premiers signes. Voici quelques situations et les recommandations adéquates...



Chez l'enfant
L'expression d'idées et d'intentions suicidaires est rare chez l'enfant. La crise peut s'exprimer par des problèmes de santé psychosomatiques, un isolement, des troubles de la communication et de l'apprentissage, une hyperactivité, des blessures à répétition, des préoccupations pour la mort, une tendance à être le souffre-douleur, etc.
Parmi les facteurs de vulnérabilité soulignés par l'Anaes, on peut noter l'isolement affectif, les bouleversements familiaux, l'entrée au collège, la maltraitance...

Comment réagir :
Les spécialistes préconisent avant tout de ne pas chercher à résoudre le problème seul. Il est primordial de parler avec l'enfant et d'indiquer les signes à la famille, au médecin scolaire.



Chez l'adulte
Chez l'adulte, les manifestations de la crise psychique sont, d'après l'Anaes : l'ennui, le sentiment de perte de rôle, d'échec, d'injustice, de décalage et de perte d'investissement au travail, les difficultés relationnelles (y compris celles de couple), l'incapacité à supporter une hiérarchie, les arrêts de travail à répétition ou au contraire le surinvestissement au travail, les consultations répétées chez le médecin (douleur, fatigue...).

L'Anaes souligne que la vulnérabilité peut être aggravée par un climat conjugal, social et professionnel à problème, voire du harcèlement dans le travail. Sans compter des facteurs tels que les toxicomanies, le sida, la violence...

Comment réagir :
L'entourage proche doit essayer d'établir une relation de confiance et d'opter pour une attitude d'écoute et de dialogue afin de faciliter l'orientation vers des réseaux d'aide.



Chez la personne âgée
Les seniors expriment rarement leurs idées suicidaires. Les manifestations de la crise peuvent comporter une attitude de repli sur soi, un refus de s'alimenter, un manque de communication, une perte d'intérêt pour les activités, un refus de soin... L'association d'une dépression permanente et d'idées suicidaires doit absolument être prise en compte par l'entourage. Selon les spécialistes, les facteurs qui vont favoriser la vulnérabilité sont la dépression, les maladies (surtout si elles entraînent un handicap et des douleurs), les conflits, le changement d'environnement (placement en institution). Selon l'Anaes, un autre facteur de risque est le veuvage pour les hommes.

Comment réagir :
Pour l'entourage, il faut être attentif à la possibilité d'une dépression, prendre en compte les souffrances voire les maltraitances et surveiller tout changement dans le comportement.



Chez les personnes atteintes de troubles psychiques avérés
Selon les troubles et les individus, les idées suicidaires peuvent être exprimées ou à l'inverse totalement dissimulées. L'Anaes souligne que la crise est constituée d'une alternance de moments à haut risque et de moments d'accalmie, sur un fond de variabilité permanente. Certains signes peuvent marquer une aggravation : isolement, rupture des contacts habituels, réduction et abandon des activités, exacerbation des symptômes de la maladie...

#12 Avril 20, 2005, 11:31:07 AM Dernière édition: Mars 29, 2015, 07:36:51 PM par intime idée
Suicide : contacts et sites utiles


Pour prévenir le suicide et soutenir les proches de suicidants, de nombreuses associations proposent des conseils et des services. Vous trouverez ci-dessous des adresses, des sites et des numéros de téléphone indispensables.

ADIS
(association de défense contre l'incitation au suicide)
Défense des intérêts moraux et matériels des proches des suicidés.
St Germain
13109 Simiane Collongue
Tél : 04 42 22 71 66

Association Nationale Jonathan Pierres Vivantes
Soutien moral aux familles en deuil d'un enfant, notamment par suicide.
4/6, place de Valois
75001 Paris
Tél. : 01 42 96 36 51
Site : http://www.anjpv.asso.fr
E-mail : anjpv@anjpv.asso.fr

ASTREE
Entraide sociale : Ecoute et accompagnement dans différentes villes de France. Bénévoles
73 boulevard Haussmann
75008 Paris
Tél: 01 40 42 21 77
Fax: 01 40 42 49 30
E-mail: astree@fr.europost.org
Site : http://www.astree.asso.fr/

CAP ECOUTE
Service d'Ecoute Téléphonique ANONYME et GRATUIT à destination des Jeunes, des Parents et des Professionnels de la Santé et de l'Education en difficulté.
Ligne d'écoute REGIONALE : 0800 33 34 35
Numéro National : 04 72 33 34 35

CMP Recherche et Rencontres
Accueil, entretiens de soutien psychologique, mise en place de groupes d'expression et de création.
61 rue de la Verrerie
75004 Paris
Tél. : 01 42 78 19 87
Fax : 01 42 78 32 44
E-Mail : cmp.retr@wanadoo.fr
Site : http://www.recherche-rencontres.org

Courbevoie Ecoute Jeune
27 bis av Marceau
92400 Courbevoie
Tél : 01 47 68 94 55

Entr'actes
Unité de psychothérapie : thérapie brève / thérapie familiale
Accueil et permanence téléphonique. Ecoute parents-enfants. Consultation adolescents
Propose également des groupes de travail, de parole ou d'expression
4 rue Jean Bouin
92700 Colombes
Tél : 01 47 85 65 48

FAVEC (Fédération des Associations de Conjoints Survivants)
Regroupant 93 associations. Offre un lieu d'écoute, en tête-à-tête ou en groupe pour personnes endeuillées et les oriente dans leurs démarches administratives
28, place Saint-Georges
75009 Paris
Tél : 01 42 85 18 30
Email: info@favec.asso.fr
Site : http://www.favec.asso.fr

GEPS
Groupement d'étude et de prévention du suicide
Son but est de coordonner les recherches scientifiques et cliniques dans le domaine du suicide et promouvoir toute initiative.
Hôpital Bellevue- CHU- Service de Médecine Légale
42055 Saint Etienne
Tél : 04 77 42 05 23

La Note Bleue
Des psychologues prennent en charge les problématiques liées à l'adolescence (troubles du comportement alimentaire, suicide, fugue, toxicomanie...).
162 Bld du Montparnasse
75014 Paris
Tel. : 01 40 47 73 73


PHARE Enfants - Parents
Combattre l'autodestruction des jeunes en s'adressant aux parents.
A édité un guide : "Repères pour une attitude éducative"
Organise des réunions de groupe de parole pour les parents d'enfants suicidés.
15 rue Guillaumot
75012 Paris
N° Azur : 0810 810 987
Site : http://www.phare.org
Email : vivre@phare.org

SOS Amitié
Les associations de la fédération SOS Amitié France offrent gratuitement un service d'écoute par téléphone assuré exclusivement par des bénévoles, de façon continue, 24 heures sur 24, tous les jours de l'année, avec 48 postes d'écoute répartis dans l'hexagone.
11, rue des Immeubles Industriels
75012 Paris
Téléphone : consulter leur site pour les numéros des différentes antennes régionales.
Site : http://www.sos-amitie.com

SOS Chrétiens à l'écoute
Entraide téléphonique, écoute et dialogues 24 heures sur 24. Réponse adaptée et spécialisée à toute demande émanant de personne suicidaire, déprimée ou de son entourage.
22, rue d'Arcueil
75014 Paris
Tél. : 01 45 35 55 56

SOS Dépression / Urgences Psychiatrie
Écoute téléphonique 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, par des psychologues bénévoles ou stagiaires en psychologie ou bénévoles formés. Conseils, orientation vers d'autres associations. Envoie en cas de besoin de psychiatres à domicile par le biais d'"Urgences Psychiatrie" qui offre un service payant.
17, avenue de Clichy
75017 Paris

SOS Dépression : 01 40 47 95 95

Urgences Psychiatrie : 01 40 47 04 47

SOS Suicide Phénix
Accueil et écoute des personnes suicidaires. Différentes antennes sur la France.
36, rue de Gergovie
75014 Paris
Ligne d'écoute nationale : 01 40 44 46 45
Email : sos-suicide-phenix-paris@wanadoo.fr
Siège social
Fédération SOS Suicide Phénix
40/44, rue de la Sablière
75014 PARIS
Tél.: 01.45.40.39.94
Site : https://sossuicidephenix.pads.fr

Suicide Ecoute
Ecoute téléphonique 24 heures sur 24, faite par des bénévoles formés.
16, rue du Moulin Vert
75014 Paris
Ligne d'écoute nationale : 01 45 39 40 00
Ligne administrative : 01 45 39 93 74
Site : http://suicide.ecoute.free.fr

Vivre Son Deuil
Apporte aide et soutien aux endeuillés en difficulté : écoute téléphonique, entretiens individuels, groupes de parole et de soutien psychothérapique.
7 rue Taylor
75010 PARIS
Ligne d'écoute : 01 42 38 08 08
Ligne administrative : 01 42 38 07 08
Fax : 01 42 38 08 88
Site : http://www.vivresondeuil.asso.fr/

Vie Espoir 2000
Ligne d'Ecoute anonyme et gratuite située en Bretagne
Prévention du suicide, des tentatives de suicides, des conduites suicidaires, auprès de toutes les tranches d'âge mais de manière prioritaire chez l'adolescent.
Siège social :
10 - A - Rue Yves CRESTON
22000 Saint-Brieuc
Ligne d'écoute : 0 800 07 11 91 (N° vert)





Suicide : les numéros d'écoute et d'urgence


On a parfois besoin de parler à quelqu'un sans toujours trouver d'oreille attentive. Voici quelques numéros d'écoute qui vous permettront de partager ce qui vous préoccupe ou simplement trouver un peu de compagnie...


Ecoute :
Pour trouver une quelqu'un a qui parler, voici plusieurs numéros d'écoute :

Suicide Ecoute01 45 39 40 00
Sos Suicide Phénix01 40 44 46 45
Croix Rouge Écoute0 800 858 858
La Porte Ouverte0803 33 33 11
SOS Chrétiens A L'écoute
01 45 35 55 56
SOS Dépression01 40 47 95 95
Cap Ecoute0800 33 34 35(numéro régional Sud-est)Numéro National : 04 72 33 34 35
La Note Bleue01 40 47 73 73
Fil Santé Jeunes0800 235 236
SOS Homophobie01 48 06 42 41
SOS Violences0801 55 55 00
Maltraitance des personnes âgées (ALMA)0892 68 01 18
SOS détenus0800 870 845
Violence scolaire0800 202 223



Urgences :
En cas d'urgence médicale, contactez les numéros suivants :
SAMU : 15
Police : 17
Pompiers : 18
Urgences depuis un téléphone mobile : 112



Voici quelques numéros de téléphones pour ceux et celles étant en état suicidaire. (pour le québec)

1-866-APPELLE (277-3553) Partout au québec.

Tel-Jeunes
(Intervention téléphonique pour les 5-20 ans)
1-800-263-2266

Centre de crise
688-4240
hommes et femmes, adultes
24 heures sur 24, 7 jours sur 7
service d'écoute/ hébergement à court terme

SOS Suicide jeunesse
ville de Québec
Québec
G2K 1W1
Canada
418-684-0266
ou 1-800-595-5580

Pour montréal et les environs :

Montréal

C.L.S.C. Jean Olivier
29 Oka Road, St. Eustache, QC
450-491-1233
Et tout les CLSC

Centre de Prévention du suicide du Haut-Richelieu
St. Jean sur richelieu
Québec
514 348-6300

Suicide-Action Montréal, Inc.
C.P. 310, Succ Saint-Michel
Montréal
Québec
H2A 3M1
Ligne d'urgence 24/7 (514) 723-4000

Centre prévention suicide Haute-Yamaska
Granby
Québec
J2G 3T5
Canada
514 375-6949
514 375-4252

le centre de prévention suicide le faubourg
C.P. 1
St.-Jerome
Québec
J7Z 5T7
514 569-0101
1-866-appelle (1-866-277-3553)

Tel-Aide - Montreal
Succ "H", Montreal, QC H3G 2K7
514-935-1101

Multi-Écoute
Écoute en plusieurs langues
737-3604
du lundi au vendredi
de 9h à 12h et de 13h à17h

Déprimés anonymes
278-2130
24h sur 24 - 7 jours/semaine

à montréal, pour joindre la police, les pompiers ou l'ambulance : 911

Liens internet mis à jour en 2015, mais les numéros de téléphones ne sont peut être plus tous valides :-\