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Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Bonjour à tous... je suis nouvelle ici. Je m'appelle Aurélie, j'ai 20 ans et j'habite Paris. J'aimerais apporter mon témoignage... et avoir votre avis.

C'est une bien triste histoire...  :cry:

j'ai été victime entre 16 et 18 ans de harcelement moral et de viols par mon premier petit copain. Pas de viols comme à la télé, c'était plus vicieux et plus pervers que ça. Je disais oui à tout, tout en pensant non. Depuis je ne parviens plus à prendre du plaisir avec qui que ce soit. Malgré le fait que j'ai rencontré un homme merveilleux en qui j'ai confiance. J'ai tout essayé, medicament, préliminaires, pommades, préservatifs, thérapie... mais c'est tjrs pareil, le sexe me dégoute, quand je fais l'amour, ça me brule, me pique et je dois attendre 45 min dans l'eau fraiche pour que ça passe. Je pleure même en faisant l'amour. Du coup j'ai arreté et depuis plusieurs mois, je n'ai plus de vie amoureuse ni sexuelle. En effet difficile de trouver un homme et lui demander de ne pas me toucher... Personne ne comprend le principe du harcelement moral.  Tout le monde me dit "comme a la télé?" et moi je réponds "non..." et on me balance "c'est pas vraiment un viol alors"... Vous savez, comme la pub sur les antibiotiques.

J'ai déjà commmencé une thérapie bien sûr. D'ailleurs je suis amenée à chercher loin jusque dans mon enfance. Malheureusement c'est très long. Et je ne sais pas dans combien de temps j'arriverai à aller mieux.     J'évite d'en parler à mon entourage parce qu'ils ne croient pas au "viol". Ils me disent tous que j'ai juste été "lache", "faible", "trop jeune", "bete"... tant de mots qui me rabaissent encore plus. On me demande pourquoi j'ai pas porté plainte. Mais comment aurais-je pu? Je ne savais pas que j'étais violée sur le moment. Je trouvais ça "normal", parce que c'était mon premier petit copain et surtout, surtout, j'avais très peur. Peur qu'il m'abandonne, peur qu'il se fâche, peur qu'il soit violent, peur qu'il me quitte...
Ce garçon était obsédé par le sexe. Il passait ses moments de liberté pour surfer sur le net et voir des sites X. Il enregistrait des photos et me les envoyait, bien que je lui disais que je ne voulais pas de ce genre de photo. Il s'en foutait, toujours dans mes mails j'avais des photos de lesbiennes, de trio etc... Il parlait aussi beaucoup de sexe via le tchat. Il faisait comme si c'était réel, mais avec des mots. Moi j'étais mal à l'aise et j'aimais pas ça. Il m'a aussi forcé a jouir au téléphone en me touchant. Bien évidemment moi je faisais semblant. Mais je trouvais cela répugnant et dégradant. Il m'a forcé aussi de faire des photos de moi nue, que je devais lui envoyer ensuite. J'ai obéis. Il me traitait comme son chien.
Il voulait battre des "record" en faisant l'amour 5 fois en une matinée par exemple. (j'étais vierge alors je vous dis pas dans que l'état j'étais apres les 5 fois, je pouvais a peine marcher), il me forcait a l'attacher et a lui faire des choses... et je me forcais, je me forcais... toujours et encore. Et moi, sans savoir pourquoi encore, je ne me rebellais pas.
Un jour il m'a dit un truc méchant... j'ai fait la tête. Il m'a dit "je t'aime, excuse moi, je t'aime... tu m'excuses?" j'ai répondu: "oui" et il a dit: "c bien t'es un bon chien" Ca m'avait choquée.
Mon psychiatre a évoqué la possibilité que, étant moralement harcelé, tout le mépris qu'il avait pour moi et le manque de respect, je le trouvais normal. En effet, à force d'entendre qu'on est fou, nul, bête, pas interessant etc etc... bien on peut finir par le croire! Alors c'est moi qui culpabilisait, je pensais que TOUS les problemes étaient de MA faute. Alors j'allais pas en rajouter en disant non a tous ses caprices... Au bout de 2 ans, j'ai découvert qu'il était raciste, lepeniste, pour ne pas dire Hitlerien! Il passait son temps à parler de guerre, de géopolitique (tout en disant n'importe quoi bien sur, il était loin de maitriser le sujet). Il me réveillait la nuit à 3h du matin au téléphone pour me demander: "que penses-tu de la france dans l'europe?" Il voulait tuer tous les arabes (qu'il appelait bougnoules) il ne parlait que d'eux. Ils vénéraient les policiers et l'armée. Ils connaissaient toutes les armes de chaque pays. Ils savaient à quoi elles ressemblaient et comment on s'en servait. Aussi, il a finit un jour par prendre une carabine, et à s'entrainer dans son jardin. Mon père étant egyptien, je me sentais constament "visée". J'ai fini par prendre peur par ses paroles et ses gestes. Je suis allée voir une psychologue qui m'a aidé a le quitter. 2 ans plus tard, aujourd'hui, j'ai tjrs de grosses séquelles. Je me méfie des hommes, ils me font peur, et sexuellement c la catastrophe

Je me pose en effet encore beaucoup de questions. Parfois je me demande pas si j'ai pas été un peu "chochotte", et à force d'entendre que j'exagère, des fois je me demande si j'ai pas tout inventé ou exagéré comme ils disent tous! (je suis encore quelqu'un de très influençable)  
Mon copain actuel prend parfois même sa défense (ça, ça m'énerve au plus haut point    ) Mais je lui pardonne parce qu'il ne sait pas ce que c'est et que je n'ai jamais pu tout lui raconter, les larmes dans les yeux et la rage au ventre...    
Je n'en ai pas parlé au départ à mes parents (qui sont divorcés) parce que j'avais honte de ce qui m'arrivait et que, étant d'une nature assez pudique, je me voyais raconter ma sexualité à ma mère. Malgré ses avertissements, son écoute, je savais que je pouvais lui parler, mais ça ne venait pas.    Mon père est egyptien, d'une culture différente, avec un caractère bien à lui... si je lui avais dit, il aurait tué le mec. J'avais vraiment peur qu'il se retrouve en prison à cause de moi, où qu'au contraire, vu notre différence d'âge, (il a 62 ans et moi 20) qu'il ne comprenne rien du tout, ou tout de travers... genre qu'il me prenne pour une "salope" et que c'était bien fait pour moi. Le premier à qui j'en ai parlé, c'est mon meilleur ami. Puis à d'autres amis, tous, ce me disaient de le quitter, que c'était un malade etc... et moi je ne sais pas pourquoi, je ne les croyais pas. Je ne voyais rien. J'étais persuadée que tout finirais par s'arranger. Je faisais des efforts pour avoir "la pêche le soir". Il faut savoir que cet homme habitait à Valence et moi à Paris. On communiquait via le tchat. Voilà aussi pourquoi je n'expose pas mon problème à tout le monde. Déjà peu de personne de mon entourage ne croit en l'amour via Internet. Peu de personne ne comprend on peut être harcelé moralement... par Internet!! Ca tient du délire!     Alors le plus souvent, je passe pour une folle ou une mazo qui aime et qui a aimé souffrir. Souvent on me demande: "pourquoi y es-tu retournée?", "pourquoi tu continuais de lui parler?", "pourquoi tu redescendais à Valence, sachant que tu allais souffrir?"... pourquoi, pourquoi, pourquoi... Bien, "tout simplement" parce que je l'aimais et que bêtement je pensais que les problèmes venaient de moi et que c'était donc à moi de les résoudre. Donc je devais le satisfaire sexuellement et dans tous les autres domaines. Mort à moi si je venais à le contre-dire! Je devais faire, penser comme lui. Dans les discutions il n y en avait que pour lui. Sa passion c'était le VTT... moi l'équitation. Je parlais très peur d'équitation (c'était pas interessant) et lui passait ses soirées à me parler de VTT, des pièces qu'il changeaient... j'avoue j'en avais rien à foutre, je comprenais rien, mais je l'écoutais. C'était quelqu'un de très instable, de très lunatique. Parfois il était très gentil, amoureux, demonstratif, attachant, et d'autres jours j'avais l'impression d'avoir le diable en face de moi. Il était indifférent, ne me parlait pas ou très peu, "pétais les plombs" et disaient n'importe quoi. Par exemple, la veille de partiels, il devenait comme fou. Je lui parlais et lui m'écrivait des formules de chimie incompréhensibles. J'avais l'impression de parler au mur, de parler dans le vide... à force j'en ai conclu que j'étais ininteressante. Et ô combien de personne me disent aujourd'hui que je le suis! Moi? Intelligente?    Mais comment puis-je y croire? Après le "lavage de cerveau" que j'ai subi? Je me sens, sale, souillée, nulle, moche, faible et lache. (entre autres) Et est venu le jour, où à force de parler à mon psychiatre, à force d'aider les gens, à force d'entendre que parait-il, je suis intelligente, le doute est venu. Et si je m'étais trompée sur moi? Et si je n'étais pas comme ce violeur m'a décrite? J'essaye de me voir comme je suis, mais c'est difficile. Je me dévalorise très facilement. Je me souviens que pendant notre relation (entre mes 16 et mes 18) je pleurais sans arrêt. Je suppose qu'on ne pleure jamais "pour rien"? (en tout cas c'est pas mon genre) Je pleurais tous les soirs quand je lui parlais. Ca durait parfois des heures entières, + le début de la nuit le temps que je m'endorme. Soit je sortais de la discussion frustrée (parce que je n'avais pas réussi à m'exprimer), soit blessée (parce qu'il m'avait fait du mal), soit souillée (parce qu'il m'avait parlé, fait parlé de sexe ou autre), soit énervée et dégoutée (paske la politique ça va 5 min et l'extermination des arabes ça va 0 seconde) Et sachant qu'il ne viendrait pas avant le lendemain soir, je pleurais parfois la journée. Pire, je me faisais des films, je pensais, lorsqu'il avait 5min de retard, que ça y est, il m'avait quitté réellement. Je me mettais à pleurer... mes amis du net me consolaient, mais ça ne suffisait pas. Je voulais mourir. Je devenais suicidaire. Mes pseudos c'était "killed" ou "dead", et je pleurais, je pleurais devant mon PC... jusqu'à 1h du matin parfois... où soudainement il apparaissait. Où était il? Nulle part, il regardait juste la télé. J'avais l'impression de devenir folle. Moi, contrairement à lui, j'ai fait l'erreur de faire le vide autour de moi. J'ai perdu mes amis car je ne téléphonais plus (la ligne était prise par Internet), ma passion l'équitation (parce que je perdais gout à la vie, donc gout à faire ce que j'aimais), je ne lisais plus mes magazines préférés consacrés aux chevaux, je n'allais plus voir mes amies au centre équestre, ni celles de l'école, je ne voyais pas mon père le week end (de peur de raté mon copain ds la journée), je ne regardais plus la télé le soir avec ma mère. Je ne faisais plus rien. Tout ce que j'aimais passait après cet homme. Ca allait de mes devoirs, à mes séries préférées à la télé. Je n'avais plus qu'une chose en tête, c'était lui et la peur qu'il me quitte. L'obligation d'être parfaite envers lui et de le satisfaire pleinement. Pour ça, c'est sûr, fouillé dans mon enfance avec une psychothérapie est vraiment très utile! Alors le problème finalement il vient de mon enfance et de cet homme qui a vraiment abusé de moi? Vous voyez, encore maintenant je me pose des questions!      Depuis mon enfance, j'ai toujours eu des problèmes (phobie de vomir depuis l'age de 7 ans, hypocondriaque, angoissée...j'ai tjrs eu l'habitude de pleurer tous les soirs 5min dans la douche) Mais jamais je n'étais tombée en depression. Jusqu'à ce que je rencontre cet homme. Le fait de m'être isolée, me rendait + vulnérable. Je n'avais rien pour me changer les idées. J'ai commencé à avoir des crises de larmes, 6 mois après l'avoir connu, lui et son caractère de chien. Il me faisait du mal, j'étais affaiblie et ainsi tout et tout le monde me faisait du mal. J'ai pleuré tout ce temps, 2 ans de larmes quotidiennes...
Quand je l'ai quitté, il m'a fait du chantage au suicide. C'est alors que de Paris, j'ai appelé les Pompiers qui sont venus chez lui. D'après mes dernières sources, il s'est retrouvé chez un psy. Et moi je pleurais toujours. Tellement que lorsque ma mère s'en est appercu, elle m'a conseillée de voir un psy aussi. Je n'ai pas hésité. Depuis je suis en depression grave. Mais depuis quand? Cet homme a t il été la petite goutte eau qu'a fait débordé le vase? Etais-je depressive avant lui? Est-il responsable de ma depression aujourd'hui? De mes angoisses, de mes peurs? De mon impossibilité de m'endormir chez moi?          
Je pense souvent aux filles qui ont pu le connaitre après moi.
Aussi, j'ai pensé à porter plainte.
Mais franchement... quel abruti va gober mon histoire? Quel juge me donnera raison? J'ai quoi comme preuve? Rien... c'est ma parole contre la sienne, c'est peine perdue...  

Voilà... Je ne sais pas si c'est très clair... j'aimerais porter plainte. Mais je ne sais pas comment m'y prendre....