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Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Bonjour à tous et toutes,

Je m'adresse à vous, désespérée, parce que mon conjoint a subi des attouchements/viols? , il ne sait pas, il n'a que des flashes, qu'il a gardé son cauchemard pendant presque 20 ans pour lui et que tout est en train de lui revenir depuis la naissance de notre petit garçon qui a trois mois.
Il réagit mal, très mal, il est en train de couler et moi et notre fils avec. il a décidé lundi dernier de se séparer de nous et depuis il coule seul, refusant mon aide.

J'ai lu vos témoignages, tous se ressemblent et tous sont différents à la fois. Mais sa descente aux enfers croise toutes vos expériences.
Je suis à bout de nerfs et je me bats seule depuis le milieu de ma grossesse, depuis que j'ai compris qu'il allait lâcher prise, et j'ai tenu mon homme autant que j'ai pu tout en ne lâchant pas notre bébé. J'ai de l'amour et de la patience à revendre mais comment faire s'il me claque la porte au nez?

Si vous avez un peu de temps, je vais essayer de résumer notre histoire:

J'ai rencontré l'amour de ma vie il y a trois : un garçon de 25 ans, sensible, qui me faisait rire tout en étant très triste lui même, et en colère contre tout le monde, ses parents, ses amis ( dont il se coupe régulièrement après des crises noires), et qui avait enchaîné les histoires d'amour passionnées mais courtes : il ne reste pas plus d'un an ou deux avec ses exs et c'est toujours lui part. Il est toujours amoureux très vite, très fort, et puis ça lâche, sans explication.
J'ai tout de suite senti qu'il avait beaucoup souffert, j'ai même su assez vite que c'était lié à des sévices sexuels, il me disait toujours dans ses colères qu'il était sale, souillé, un monstre, qu'il ne comprenait pas pourquoi je l'aimais, que je partirai un jour et qu'il finirait seul, alcoholique à 40ans.
Au bout de quelques mois il m'a raconté que ses camarades de classe s'était fait toucher dans leur école mais il a toujours nié faire partie des victimes. Pourtant il se posait des questions sur sa sexualité, avait peur d'être bi car toujours attiré par le milieu homo ( il  a beaucoup d'amis gay, j'en connais certains il sont gentils mais aucun ne l'a jamais dragué, comme s'ils sentaient que la réponse à sa douleur n'était pas chez eux).
Et puis il y a eu deux ans de stabilisation : on s'aimait plus doucement que ce qu'il avait l'habitude de vivre, mais plus fort aussi je pense. Il était plus serein dans sa relation avec moi qu'il ne l'avait jamais été. Au bout de deux ans de vie commune, je l'ai poussé à consulter, je me disais qu'il ya des choses qu'on ne peut dire régler avec son conjoint. Il a failli y aller, plus a reculé au dernier moment.
Il ya avait des colères noires encore pourtant et puis son mode de vie qu'il combattait par amour pour moi : l'alcohol, les sorties jusqu'à 7h, la drogue occasionnellement et le sexe dont il était fou sans que cela ne l'apaise jamais vraiment.Et puis des crises d'agoraphobie régulières, il me lâchait tout d'un coup dans les grands magasins , en sueur et rentrait seul à la maison, tétanisé.

Il m'a demandé en marriage, me disant que personne ne l'avait jamais aimé tel qu'il était et que pour la première fois de sa vie, il avait envie d'essayer d'être heureux.
Et puis je suis tombée enceinte. On a beaucoup réfléchi à l'idée de garder ou non cet enfant, moi parce que je le sentais encore fragile, lui parce qu'il en avait toujours voulu mais qu'il ne voulait pas m'imposer cette responsabilité trop tôt. On a décidé de l'avoir.
Et tout s'est écroulé, de façon implacable, sans que j'arrive à parer tous les coups.

Il a commencé à reboire énormément, à sortir, à revenir au petit matin, honteux et désolé de m'abandonner enceinte. Pourtant je vous aime tous les deux me disait-il la main sur mon ventre rebondi. Il est venu à toutes les échographies, a pleuré quand on a compté ensemble les petits doigts.
Nous avons eu un magnifique petit garçon à la fin de l'été. Mon fiancé a été 15 jours un papa parfait et puis il a coulé à pic : il ne le prenait plus dans ses bras, ne voulait pas le touchait quand on lui donnait le bain à deux, passait son temps à écrire sur son ordinateur : il a commencé à raconter un personnage proche de sa vie dès la début de ma grossesse, un homme de son âge qui vit une double vie. J'ai lu les premiers chapitres : toutes ses haines de lui sont couchées sur le papier, j'en pleurais.

Il a repris le travail au bout d'un mois, soulagé de nous quitter moi et le bébé et l'enfer a repris de plus belle : il passait des nuits entières dehors, portable coupé. Il s'arrachait la peau des mains, pleurait dans mes bras en me disait que tout implosait dans sa tête mais qu'il ne sait pas pourquoi.

Un soir j'ai surpris des textos d'une fille de son boulot et j'ai explosé : parce que même s'il souffrait, j'avais moi aussi ma part de douleur et là, je ne méritais pas un adultère. Moi qui veillait notre fils jours et nuits seule, épuisée par l'accouchement, angoissé par la dépression de mon homme, non , pas une autre femme!

Ivre de douleur, je lui parlé toute la nuit : il m'a dit qu'il m'aimait encore, que notre fils et moi nous étions la seule famille qu'il aimait et voulait vivre avec. Mais que cette fille avait été sa confidente, qu'il avait peur du désir qu'il avait pour elle alors qu'il n'en avait plus pour moi depuis l'accouchement. Qu'il était perdu mais voulait se battre pour nous garder.
ALors j'ai passé l'éponge et j'ai eu deux exigence : la première qu'il aille consulter, la deuxième qu'il quitte son travail parce que la demoiselle est dans son bureau tous les jours. Il a dit oui.
Et pendant un mois il s'est effondré mais avec moi au moins; il rentrait tôt, pleurait, me rejettait en me disant qu'il ne supportait pas que je le touche mais qu'il m'aimait malgré tout.

J'ai hurlé de douleur à l'intérieur mais je lui ai tenu la main.
Et puis il a une semaine, j'ai su qu'il avait été dormir chez cette fille. J'ai de nouveau explosé : il m'a dit qu'il n'avait pas couché avec elle, juste dormi dans ses bras. Qu'il pensait en être amoureux mais qu'il m'aimait moi et son fils. Mais qu'il ne pouvait plus supporter de vivre avec nous.

J'ai donc dit alors? Il na pas pu me dire qu'il me quittait. Mais pour moi cétait ce qu'il voulait.Il était 22H.
A 23h, c'est sorti tout seul : il m'a raconté ses flashes, son calvaire de silence de 20 ans, ses parents qui n'avaient jamais voulu rien voir et la haine, profonde, destructrice qui l'habitait et le détruisait à petit feu.
Je me suis sentie anéantie : pourquoi me le disait-il maintenant? Après m'avoir quitté?
J'ai pleuré toute la nuit, au matin il partait.

Et le soir il est revenu, avec un sapin de noel. A l'heure. alors qu'il nétait jamais là avant.
Et tous les soirs de la semaine. Je ne comprend pas. Pourquoi n'est il pas parti chez cette fille s'il est fou d'amour pour elle?
Pourquoi revient-il à la maison?
Vendredi, je lui ai dit de faire ses valises parce que je ne peux pas être son amie et le consoler du mal qu'il me fait. il avait l'air triste.

J'ai oublié de préciser qu'il est allé chez le psy jeudi. Cette séance je l'avais attendue de toutes mes forces, tant qu'on étant ensemble, pensant que c'était le début d'un renouveau pour nous.
Mais là je suis perdue.

Il me dit qu'il fera tout pour son fils et moi on aille bien : il me laisse dans notre appartement, paiera une pension. Mais a coté de ça, il coule seul, sans personne pour l'aider vraiment.
Il dort chez des amis fêtards qui ne l'ont jamais aidé à aller mieux, continue de boire, n'a rien dit à personne : je sais qu'il prétend que l'on se sépare parce qu'il dit n'être plus amoureux de moi, c'est comme ça c'est la vie. Et personne ne le questionne sur son malêtre.

Et moi, je hurle, seule, avec mon fils, devant cet énorme gâchis : on s'aime, on a un fils de trois petits mois. Pourquoi nous rejette-il de sa vie alors qu'il tant besoin de soutien et d'amour en ce moment même?

Est ce que je dois lui reparler de sa torture? lui dire que je l'aime malgré ce qu'il lui est arrivé? Que jamais je ne l'aurais quitté pour ça? Au contraire que mon amour pour lui m'aurait donné la force de traverser ça avec lui? Comment se pardonneratil d'abandonner son fils derrière lui alors qu'il en veut tant à ses parents de lui avoir tourné le dos aussi?

il a fini par dire à des amis que cette fille n'était peut être pas grand chose finalement mais qu'il devait nous quitter.
Et moi je me dis non!!! ne nous lâche pas maintenant, tu as besoin de nous, si tu dis nous aimer laisse nous t'accompagner!!!

Je suis en train de perdre mon amour, ma famille et tout le beau futur que nous aurions pu construire.

Comment l'aider? comment lui parler? comment l'assurer qu'il ne me dégoute pas mois qui attend depuis trois ans qu'il m'en parle? Pourquoi fuit-il maintenant qu'il m'a tout avoué?
retournera-t-il chez le psy? apparemment il ne lui a pas dit grand chose, juste qu'il était dépressif depuis des années.

Aidez moi s'il vous plaît.  Ai je raison de m'accrocher encore et de vouloir qu'il revienne?
quelles sont ses chances de réussir une thérapie en devant en plus gérer sa culpabilité de nous avoir abandonnés?

Qu'est ce que je vais dire à mon fils plus tard?

Bonjour Poupi
tu te retrouves dans une situation terrible, et la première chose importante est de prendre soin de toi et de ton bébé. Je sais, facile à dire...est-ce que tu es entourée par ailleurs ? famille, amies ? Ton homme semble complètement perdu, aggravé par son passé très lourd qu'il n'a jamais pu exorciser, sans doute que beaucoup de choses se mélangent dans sa tête. Il paraît qu'après une naissance, ça arrive souvent que l'homme soit traumatisé par ce gros chamboulement du corps de sa femme. je veux dire par là que ce n'est pas uniquement le fait qu'il soit fragile à cause de ce qu'il a vécu qui le fait réagir ainsi, vis à vis de toi. Plutôt que de chercher à le soigner lui, ce que je comprends tout à fait, parce que c'est bien le fond du problème, vous pourriez vous attaquer plutôt au problème de "vous deux" d'abord ? est-ce qu'il accepterait une consultation pour couples ? ça pourrait dédramatiser et lui faire prendre du recul par rapport à ses problèmes à lui ? Il doit avoir très peur de s'attaquer à ses problèmes personnels, parce que tout cela est terrifiant quand on a passé son énergie à les fuir (alcool, aventures, dérive...), et dans ce cas, si tu replaces le problème non pas uniquement sur lui, mais sur votre relation à tous les deux et avec votre enfant, ça lui fera moins peur, parce que dans un premier temps, ça implique moins de chamboulements pour lui. donc en gros, contourner son problème à lui pour résoudre votre problème à tous les deux. Je ne sais pas si c'est très clair, ce sont des idées qui me viennent. Mais en tous cas, tiens bon, attends de voir plutôt les réponses de nos amies de Rayon qui ont plus d'expérience que moi. plein de courage pour toi

ça c'est une sacrée idée Toma ! drôlement maligne parce que ça peut soulager et redonner des caps actuels
l'homme est chamboulé par bien plus que le changement de corps de sa femme ... devenir père quelle aventure et quelle responsabilité ! ci joint sur l'autre post ma réponse parallèle ...
heureux les coeurs purs ... ce long chemin

le fait qu'il aille pas bien et de se voir devenir pere lui fait surement tres peur c'est surement tres difficil pour lui, je comprend devant cette situation , comme toma le dit ou therapie sur vtre couple peut etre une premiere etape, peut être que la vue de cette enfant lui a peut être rappeller des souvenir attroce pour lui, laisse lui du temps, essaye de le comprendre et de l'accompagner sans lui poser trois mille question.comment as tu reagit quand il t'as parlé d'abus sexuelle dans son passer?
La douleur et la souffrance sont des croix personnelles. On est toujours seul à les porter.