Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

J'avais déjà posté ce message, il est seulement simplifié et l'histoire de la gamine a été supprimée

J'ai un statut un peu particulier car je suis à la fois une victime de plusieurs salops, dont certains d'une manière plus que brutale, et j'ai été la fois proche de plusieurs autres (J'ai toujours attiré et recueilli les oiseaux blessés, que ce soit au sens propre comme au sens figuré).

Il y en a une qui a été pendant un temps amie avec ma sœur, et dont le père m'a appris que sa fille avait dû changer d'école à la suite d'une agression à caractère sexuel. Il ne m'a pas donné de détail et je n'en ai pas demandé. Cette fille là même si elle a maintenant un enfant et mariée depuis peu reste perturbée (bien plus même que lorsque ma sœur l'a connue). Elle est bien plus jeune que moi (elle était encore scolarisé quand elle a connu ma sœur, moi je travaillais déjà depuis longtemps), mais à l'époque j'ai tout de même essayer de l'aider sans lui dire que je savais, car je considérais que son père l'avait trahie en me faisant cette confidence, et à sa place je n'aurais pas apprécié du tout cela. J'ai essayé de trouver quel était son monde secret sans y parvenir. Même si elle me disait qu'au moins avec moi on ne se prenait pas la tête (en ce sens qu'elle pouvait dire ce qu'elle voulait sans risquer de se voir jugée), je n'ai jamais réussi à aller au-delà...  Peut-être que je cherchais quelque-chose qui n'existait pas dans son cas ... Ou peut-être l'avais-je trouvé sans en avoir conscience, et dans ce cas j'aurais pu aller plus loin ?

Je ne sais pas si c'est le cas de chaque enfant, mais je pense qu'un enfant dans cette situation va se constituer son monde secret, imaginaire, et/ou accorder une importance que beaucoup jugeront déplacée en certaines choses. Trouver ce monde secret, et montrer qu'on le respecte, qu'on ne le juge pas sans importance, ridicule, puéril ou autre est une clé à mon avis (pour ce qu'il peut valoir) pour créer un lien propre aux confidences. Inversement, se permettre même accidentellement de dénigrer cette chose rend à mon avis définitivement quasi impossible toute confidence.

Moi j'avais mon monde imaginaire (très puéril je le reconnais que j'ai conservé toute ma scolarité). Et j'avais aussi les animaux auxquels j'accorde une très grande importance. Quand la mort a emporté certains d'eux, tout ceux qui ne comprenaient pas pourquoi cela me faisait pleurer et sortaient des réflexions du genre "ce n'est qu'un animal" ont été définitivement classés dans la catégorie des personnes dont il faut se méfier, qui ne méritent aucune confiance. Actuellement j'ai un autre animal (qui a été maltraité pendant ses jeunes années avant que je ne l'achète et qui est donc franchement imprévisible). Une personne a cru me rassurer quand je lui disais que j'avais parfois du mal à supporter mon animal et que cela me faisait peur, en me disant que c'était peut-être une bonne chose que cela montrait que je remettais les animaux à la place qui est la leur. Paroles maladroites de sa part, mais qui dénigrait une facette de mon monde secret. Même à 39 ans, on n'a pas le droit de toucher à cela, il ne saura plus rien. Il est rayé de très courte liste des confidents. J'ai aussi deux ou trois objets pour lesquels il peut paraitre puéril de prêter la moindre attention, mais on n'a pas le droit de s'en prendre à eux.

C'est ce genre de monde secret que je cherchais chez cette fille que je n'ai pas du tout réussi à aider

Dans le cas d'une autre (elle devait avoir entre 11 et 12 ans), je me rend compte qu'une parole maladroite sur un détail en apparence, mais vital pour elle, aurait fait que je n'aurais jamais rien su. Si je m'étais moqué de ses peluches envahissantes et de ses jeux, elle m'aurait menti dès la première question au lieu de répondre son timide « quelques fois » qui je pense était déjà une semi-vérité. Quand j'ai poussé le bouchon un peu plus loin, au lieu de se laisser interroger, même sans répondre un seul mot, elle se serait rebellée (son langage corporel suffisait : le refus de répondre en regardant le vide comme pour se déconnecter, sa manière de se figer quand j'ai poussé un peu plus loin, la lutte visible qu'elle menait pour ne pas pleurer, et enfin ses pleurs répondaient à toutes mes questions). C'est une évidence. J'aurais agi pareille. Son univers, sa bouée de secours c'était ses peluches j'en suis persuadé, elles étaient donc « sacrées » à ses yeux. Y toucher c'était se constituer en ennemi. Comme au contraire, je m'y étais intéressé, et qu'en plus elle savait qu'à mon âge j'avais encore une peluche(j'avais 15 ans quand j'ai rencontré et à peine 16 lorsqu'un incident m'a convaincu qu'il y avait un problème), que jamais je ne m'étais moqué de ses jeux et y avait même participé à l'occasion, j'avais un statut particulier qui a facilité les choses
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser