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Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Septembre 21, 2015, 09:00:04 AM Dernière édition: Septembre 21, 2015, 09:04:40 AM par fr69
Je me demandais si cela touchait d'autres personnes, ou si j'étais le seul

Jusqu'à l'âge de huit ans, soit pendant une période bien particulière de mes misères, j'urinais au lit très régulièrement, abondamment, sans même que cela me réveille forcément. J'avais donc en permanence la peau irritée (même si certaines choses ont pu être mises sur le compte de ce problème ou au moins caché par ce problème). Je ne sais plus comment je le prenais, je pense que j'avais l'habitude. Mais je me souviens très bien de ma mère qui lors des premiers cours de piscine en primaire m'a dit de faire très attention, sinon tout le monde le verrait... Lorsque cette période de ma vie s'est terminée, ce problème s'est très fortement calmé, sans jamais réellement disparaitre. Disons qu'il était alors très épisodique. Maintenant, non seulement ce problème réapparait, mais il est de plus en plus fréquent. Les médecins m'ont fait voir des spécialistes, sur le plan physique, il n'y a rien

A partir de l'âge de huit ans, avec un grand pic en période du collège, les malaises ont pris le relais. Cela aussi s'est calmé, mais ne s'est jamais arrêté non plus. Sans compter ceux que je réussis à éviter, je dois compter avec une moyenne de trois pertes de connaissance par an. Là encore médicalement il n'y a rien, pourtant en une occasion l'un d'entre eux a pu observer le phénomène. C'était lors d'une hospitalisation pour un bilan complet de santé. Le phénomène a commencé pendant un examen, et ensuite j'ignore ce qui pu se passer j'étais dans mon lit avec un goute à goute. Mais résultat : Rien

A partir de l'âge de quinze ans, une autre époque très particulière, le problème de diarrhée quotidienne est apparu, et est même devenu parfois incontrôlable. Je partais à l'école avec un slip de rechange, qui ne suffisait pas toujours à tout retenir. Ce coté incontrôlable a disparu avec la fin de l'année, mais pas la diarrhée quotidienne. Le coté quotidien a disparu avec le retour à la mémoire. Elles sont maintenant bien plus rare. Par contre ce qui augmente et réapparait c'est les moments où elles sont incontrôlables. Où elles m'imposent de porter des couches, et où parfois j'aurais mieux fait d'en porter. Ce peut être de jour comme de nuit. En général elles sont assez douloureuses, donc cela me réveille quand c'est la nuit, mais une distance à parcourir d'à peine 10 mètres est bien trop longue. Si je n'avais pas de couches c'est l'accident... Pour la première fois, cette nuit cela ne m'a pas réveillé, c'est au matin que j'ai constaté le problème. Cela je le prend beaucoup moins bien que d'uriner au lit, car c'est beaucoup moins discret ... Mais là encore il n'y a rien

Le seul point qui me laisse tranquille ce sont les vomissements. Je peux avoir une envie terrible de vomir, rien ne sortira. Même une gastro ne me fait plus vomir. La dernière fois que j'ai vomi c'était avant d'entrer au collège, maintenant c'est comme si cela m'était impossible (je ne vais pas m'en plaindre) même si l'envie, la sensation d'être sur le point de le faire est présente.

Les malaises ne me gênent pas, c'est de la routine maintenant, même si les alertes se multiplient. Mais l'incontinence urinaire ou pire fécale, me gène beaucoup plus. Ces trois derniers mois je suis monté à une vingtaine de ces manifestations, la dernière pas plus tard que ce matin (enfin cette nuit). J'essaye de me rassurer, en me disant que ce n'est qu'une période, que cela ne durera pas, que cette multiplication d'incidents n'est que le résultat de ces souvenirs qui se multiplient, se précisent, de ceux que j'avais et que je rejetais jusqu'à ce qu'il soit impossible de les rejeter plus longtemps.
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Salut fr69,
Désolé pas grand chose de comparable pour moi,
quelques coliques en ex Yougoslavie au petit matin avant de partir en mission parce que la peur de ne pas en revenir me tordait l'estomac avec des douleurs atroces, des nausées aussi parfois aux retours de missions le temps de "digérer" les images vues, les odeurs de putréfactions très avancés qui restaient dans le pif très longtemps après... :P

Jamais rien depuis...

Pour les coliques, les médocs fonctionnaient assez bien,
je ne peux pas les citer ici, mais c'était tous ceux dont les noms commençaient par imo...
il y a toute une liste de génériques, ils commencent tous par ces trois lettres...

Désolé que ton toubib ne trouve pas de solutions adéquates pour toi, ces symptômes sont indéniablement liés au stress intenses, ou des moments de grandes frayeurs qui nous rappellent alors que physique et psyché sont intimement liés....

Bon courage  :-\...
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Oui ces médicaments, et d'autres j'en ai pris des années jusqu'au jour où je me suis rendu compte que je les prenne ou non ne changeait strictement rien
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Il y avait un reportage ce midi sur une radio nationale ou un hypnothérapeute disait que l'hypnose donne de très bon résultats pour l'énurésie, et autres problèmes d'incontinences... ???

L'arrêt du tabac, de l'alcool, ou l'accompagnement pour des addictions plus sévères, la gestion du stress, des angoisses post traumatiques, le remplacement d'anesthésie dans de petites opérations je connaissais, mais sur ce sujet je n'en avais jamais entendu parler...

Peut être une piste à creuser pour toi ;)...
Bonne journée.
I.
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Salut,

Je n'ai jamais eu de consequences physiques comme toi mais j'ai aussi eu de petites consequences. Apres m'etre rappele le passe, j'ai eu mal au coeur presque tous les jours pendant presque 2 ans jusqu'a ce que mon mental aille mieux. J'ai aussi des maux de tete lies au stress.

J'ai souvent entendu parler de consequences physiques assez importantes donc ce que tu ecris ne m'etonne pas vraiment, juste m'attriste de voir a quel point le passe affecte toute notre vie, mentale et physique...
Alex.

Bonjour fr69,

'Je suis consciente que ton  post date s'il y a un moment mais je me permets de te partager les maux physiques qui ont émergés dans mon histoire puisque les mots n'arrivaient pas à émerger eux ...

Je suis une femme de 45 ans actuellement qui a vécu (entre autre) de l'inceste de la part de mon grand-père maternel dès l'âge de 3 ans et de l'inceste aussi de la part de mon père à partir de 7 ans.

J'ai aussi subit un viol collectif ( 4 gars) à l'âge de 13 ans.

Voici donc en bref mon bagage d'abus sexuels. Les maux qui se sont manifestés ; j'ai eu des infections vaginales à répétition toute ma vie. J'ai aussi eu des problèmes de migraines envahissantes durant plusieurs années.

Par contre le plus Gand mal est arrivé lors du début de ma première thérapie, dans la semaine qui a suivi ma première séance dans laquelle j'ai fait état de l'inceste perpétré par mon grand-père ( déjà décédé à cette époque) et celle par mon père ( toujours en vie) , j'ai eu une paralysie complète de la moitié de mon visage.

J'acceptais de parler et traiter les abus commis par mon grand- père mais j' étais paralysée de devoir parler de ceux de mon père. Cette paralysie , je vie avec depuis 12 ans , j'ai récupéré une certaine mobilité dans mon visage mais les traces sont encore présente.

Il est vraiment difficile de prévoir et traiter les maux causés par le bagage que nous portons.

Mon conseil est de tenter de trouver des outils médicaux pour atténuer les conséquences des problématiques physiques mais encore plus important c'est la démarche psychologique qui est la Clée de tout.

Bon courage et bonne chance. 

#6 Novembre 21, 2015, 09:30:26 PM Dernière édition: Novembre 21, 2015, 10:06:00 PM par fr69
Merci Neigedeve pour tes encouragements

Je suis désolé de ce qui t'es arrivé. Et je remarque avec surprise qu'une fois de plus l'âge de 13 ans apparaît. Une victime de plus qui a connu des problèmes très sérieux à cet âge.

Pour la manifestation physique, je trouve cela impressionnant. Surtout que dans ton cas cela persiste comme si une partie du cerveau avait grillé à ce moment, quand tu as voulu en parler.

Comme tu le dis, c'est difficile de prévoir les maux causés par ce "bagage" surtout que certains médecins n'y croient pas à ces "maux". (J'ai entendu un médecin (mon précédent) dire à la secrétaire en parlant de moi : "il va encore me jouer sa comédie". Alors j'ai fait croire que c'était passé et que je venais pour autre chose.)

Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Ca me fait plaisir de partager avec toi fr69

Il est toujours triste de voir des prétendus professionnels de la santé porter des jugements inutiles et totalement déplacés .

Je crois par contre que malheureusement le plus grand juge envers nous c'est nous-même la plupart du temps. C'est aussi une des traces insidieuses des abus que nous avons vécus...

Prends soins de toi et au plaisir !