Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Bonsoir,

je ne comprends pas, il y a quelques jours, mardi dernier pour être exacte, sortir de chez moi était une aventure.

Je n'ai jamais fait de crise d'angoisse donc je ne sais pas ce que cela fait.

Mardi, quand je suis sorti de chez moi, je me sentais mal, du mal à respirer et surtout angoissé. Mal au possible. Isolé des gens, ça allé mieux, mais à côté d'autres personnes, je me sentais à nouveau mal.

J'ai cherché si une agression avait eu lieu pendant ce moment là, mais non. Mes agressions les plus agressives ne commencent que mi septembre.

Le soucis, c'est que ce sentiment d'angoisse me suit depuis mardi.

Cela vous ai-t-il déjà arrivé? Comment enlever ce sentiment d'angoisse? Si cela vous ai-t-il déjà arrivé, il y a avait forcément un évenement déclencheur?

Merci pour vos réponses.

Aela

Bonjour Aela,

Ca ressemble à des crises d'angoisse oui..
Il n'y avait rien dans ton environnement qui t'a rappelé une agression ? Une odeur, un bruit...?

Pour ma part, il n'y avait pas toujours de déclencheur. Parfois, voir un homme ou juste l'idée de sortir de chez moi suffisait à déclencher ce genre de crises.

"Comment enlever ce sentiment d'angoisse? "
Je n'ai pas vraiment de réponse à cette question..
Juste quelques "trucs" qui permettaient de controler plus ou moins l'angoisse, comme prendre des points de repères rassurants tout au long de ton chemin (un arbre que tu trouves beau, un café où tu aimes bien aller, la maison d'une amie, etc.).
Ecouter la musique que tu aimes pendant tes trajets à pied, te faire des séries de comptage (en comptant à rebours par pas de 7, ou en enlevant tous les multiples de 3, etc). Tout ca pour te garder concentrée et éviter que l'angoisse monte...

A toi de trouver les petites choses qui marchent pour toi, qui t 'apaisent un peu...

Oui compter ça aide beaucoup!  ;)
Hi hi!
ça peut aussi donner l'air zinzin ::)...
Alors il vaut mieux le faire dans sa tête en silence 8)...
Je ne me moque pas hein!

Au lycée,
je comptais les carreaux du carrelage dans les centaines de mètres de couloirs, les marches d'escaliers...
Dans les rues, les arbres, les voitures, les panneaux...
Dans les sentiers ou à la plage, les oiseaux, si ils venaient à manquer, mes pas...
Tout et n'importe quoi en fait!
Et ça m'allait très bien...
C'est passé ça avec le temps,
mais ça m'avait vraiment aidé,
je le faisais sans m'en rendre vraiment compte,
sans que personne ne m'ait conseillé de le faire non plus...

Ça me rassure de voir aujourd'hui que je ne suis pas le seul... ;)

:-* :-*
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Je n'ai jamais eu de crises d'angoisse générales comme tu le décris mais par-contre j'ai eu des crises pendant des moments ou j'étais "coincée" avec d'autres personnes comme des repas, réunions, etc. Etant instit, j'ai toujours plein de travail a faire donc emmener des piles de devoirs/contrôles à corriger m'aide a me refugier dans mon monde et me sentir un peu moins angoissée. Pendants mes pires moments, après m'être souvenue de mon passé, j'ai acheté une peluche que je prenais souvent avec moi et que je pouvais toucher (dans mon sac à main par exemple) faute de pouvoir la tenir dans les bras quand en publique.
Alex.

Dolcezza avait mis aussi des astuces très efficaces dans des posts épinglés que tu trouveras facilement (j'arrive pas à te mettre les liens depuis mon téléphone, désolée...  ::) )

Intime, ca me rassure aussi de voir que je ne suis pas seule à compter ;)
Je compte en murmurant sinon je m'y perds, donc je dois avoir l'air zinzin, mais c'est pas grave j'ai l'habitude  :P

Hi hi!
Si tu comptes les mouton à voix haute la nuit,
c'est pas gagné non plus pour dormir ::)....

Petite astuce 2.0,
porte une oreillette,
comme ça tout le monde pensera que tu es au téléphone et que tu converses avec quelqu'un  ;)
:-* :-*

" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."


Oui, cela m'est déjà arrivé... trop souvent à mon gout.

Plusieurs fois, j'ai fuis en pleine ville devant un danger inexistant, faisant littéralement des kilomètres de détours pour tenter d'éviter le danger inexistant, qu'au fond de moi en plus je savais inexistant. Une fois, il n'était pas possible de faire de détour pour rejoindre ma voiture. Il ne me restait moins de 300 mètres à faire, mais, non. Je suis parti loin en sens inverse, et j'ai appelé mon frère au téléphone (avec qui pourtant je ne suis pas spécialement en bon terme) pour qu'il vienne me chercher. Il n'a jamais compris, et je n'ai jamais rien expliqué.

Souvent, il y a un déclencheur (bruit, type de lieux, personne ayant un air de ressemblance ...). Mais parfois il semble n'y en avoir aucun

J'ai essayer de compter. J'ai essayé à peu près toutes les méthodes de Dolcezza (Apparaît maintenant en tant qu'invité, sous le nom cath83, pour t'aider à les trouver sur le forum). Dans mon cas, aucune ne marchais vraiment. Dans mon cas, cela pouvais ralentir un peu, mais c'est tout ... Bon sur le moment, on se sent vraiment trop nul. Mais on relativise. Généralement personne n'a rien vu et encore moins compris. Donc la honte que l'on croit avoir est purement fictive.



Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Bonsoir,

merci pour vos réponses.

J'ai essayé la technique de compter. Ca n'a pas marché pour moi. La première fois, c'était avec mon chien et toute les 30 secondes, elle me faisait revenir. Et la deuxième fois, en étant toute seule, je me suis sentie mal.

J'ai l'impression que quand je compte, je me coupe en partie du monde autour de moi et je ne supporte pas. Je sais que c'est bête mais je suis sur mes garde si quelqu'un de dangereux se présente ou viens sur moi.

Je sais quel est l'élément déclencheur. J'avais du amener ma mère quelque part mais comme il y avait des sens interdit un peu partout, j'avais du aller par des endroits où mes agressions c'étaient passé. 6 agressions pour être exacte donc un endroit où ça faisait 10 ans que je n'étais pas y retourner. 

Aela

 :( Pas étonnant que ca t'ai donné autant d'angoisse. Je comprends ce que tu veux dire par le besoin de rester alerte, c'est logique.
Alex.

Citation de: Alexandra le Août 26, 2017, 01:33:16 PM
Je n'ai jamais eu de crises d'angoisse générales comme tu le décris mais par-contre j'ai eu des crises pendant des moments ou j'étais "coincée" avec d'autres personnes comme des repas, réunions, etc. Etant instit, j'ai toujours plein de travail a faire donc emmener des piles de devoirs/contrôles à corriger m'aide a me refugier dans mon monde et me sentir un peu moins angoissée. Pendants mes pires moments, après m'être souvenue de mon passé, j'ai acheté une peluche que je prenais souvent avec moi et que je pouvais toucher (dans mon sac à main par exemple) faute de pouvoir la tenir dans les bras quand en publique.

La peluche, je faisais ça aussi pendant un moment ;)
Des fois il y avait un petit bout d'oreille qui d'passait de mon sac..  ;D

Bonsoir,

comme on dit, à chaque problème, il a une solution. Mais c'est compliqué.

Que je retourne sur les lieux des agressions n'a pas aidé, mais à cela j'ajoute ma mauvaise période de l'année. Septembre et Octobre sont des mois assez difficiles, 8 agressions dont les plus violentes avec 2 viols dont celui quand j'avaisn 6 ans.

Mon cerveau est loin d'être mon ami, que ce soit la journée ou la nuit.

Comment faites-vous pour avancer quand votre stresse est au maximum?

Je sursaute à chaque ombre, à chaque personne que je l'entende ou pas. Etre avec mon chien me rassure, mais elle doit sentir mon stresse quand je m'approche d'un homme comme elle grogne sur lui. Je refuse cela.

Est-ce qu'il faut que j'attende que cela passe? Comment faire autrement?

Je ne sais plus... Je suis fatigué par ces moments que je revis... Novembre paraît tellement loin...

Bonsoir Aela  :-\,
J'espère que tu tiens bons quand même,
les périodes "anniversaires" se suivent ici pour chacun(e) de nous,
avec ses lots d'horreurs qui empêchent de vivre,
à des degrés propres aux un(es) et aux autres...

Pas de baguette magique,
s'accrocher, faire front,
tenir bon :P...

En parler,
écrire ici ou dans un cahier,
essayer de se faire aider avec des gens du métier,
ce sont les conseils les plus classiques que je peux te donner...

Il y a les médocs aussi,
bien que j'y sois totalement réfractaire à cause des effets secondaires,
force est de constater qu'ils aident parfois...

A chacun(e) de trouver sa méthode :P...
enfin celle(s) qui lui correspond le mieux...

Les souvenirs traumatiques nous sommes condamnés à vivre avec,
apprendre à les accepter, les "digérer",
en faire des mauvais souvenirs plus supportables,
c'est le chemin que nous devons accomplir,
avec plus ou moins de succès, pour retrouver une vie,
pour oublier le mode survie...

C'est long, mais parfois ça le fait après bien des essais,
qui remuent, qui font mal, et dont le résultat est toujours incertain...

Ce soir j'étais sur la 2,
"envoyé spécial" ,
et un essais thérapeutique tout neuf sur les victimes des attentats,
un protocole tout simple,
suivi par des psy qui se forment en même temps,
sur les suites des premiers essais effectué sur des vétérans au Canada...

15% des vétérans reviennent des zones de conflits traumatisés à vie,
démolis à tout jamais, hantés par les faits de guerre qu'ils ont vécus...

L'essais clinique en cours à lieu sur près de 200 traumatisés des divers attentats qui secouent notre pays depuis 2012...

En seulement 6 séances de moins d'une heure chacune,
sur 6 semaines,
un protocole d'une effarante "simplicité" :o ::),
qui fonctionne pour 2/3 des patients (seulement :-\)
et j'ai aussi envie de dire quand même 8)...

1ère séance,
le patient avale un comprimé assez connu qui sert normalement à la base à contrôler le rythme cardiaque des hypertendus,
ensuite il se lance dans quelques pages d'écritures du traumatisme à travailler en lui même car tout le travail restera basé sur lui et rien d'autre...

son efficacité n'est donc pas encore avérée pour les gens ayant vécu une multitude de traumatismes chroniques sur une longue période pour l'instant...

Ensuite il faut lire son propre témoignage fraîchement rédigé,
peu importe l'état dans lequel ça met,
puis après quelques échanges avec le psy,
remplir un questionnaire sur l'état dans lequel on se trouve,
mais aussi sur tous les symptômes du quotidien,
flash back, cauchemars, angoisses etc...

Chaque réponse vaut pour un nombre de points qu'il suffit d'additionner pour faire le bilan...

Les 5 séances suivantes seront similaires,
sauf qu'il ne sera plus nécessaire d'écrire,
juste de relire le récit de la première séance...

Trois personnes, un homme et deux femmes ont acceptée d'être suivies et filmées durant leurs séances...

c'est très net dans le reportage,
le détachement qui se crée progressivement,
et la facilité des personnes à en reparler, à se relire,
à retourner sur les lieux pour certains,
à reprendre leur boulot et leur vie d'avant :)
avec un traumatisme juste devenu un très mauvais souvenir,
mais qui n'a plus la charge émotionnelle,
qui paralysait et pourrissait toutes leurs vies avant...

Deux des trois personnes filmés ont retrouvé une vie normale en 6 semaines,
là ou le autres traitements, et thérapies diverses,
dont même l'emdr qui est évoqué à demi mot pour l'une d'entre elle au début du reportage,
sur plus de 6 mois avaient échoué...

la troisième n'a pas eu cette chance,
mais retrouvée quelques semaines plus tard,
elle avait une fois digéré la déception de l'échec,
trouvé le recul nécessaire, pour évoquer des mieux êtres,
comme la disparitions des cauchemars et donc une qualité de sommeil retrouvé,
ce qui est déjà énorme  ::),
elle allait tenter une nouvelle fois le même protocole...

Voilà, c'est neuf,
c'est un essais qui ne s'adresse pas encore à nous en France,
mais ça viendra, au Québec ils y viennent...

L'attente est toujours longue,
trop longue :-[...
Je me souvenais avoir déjà lu dans un science et vie un article sur ce médicament,
et les balbutiement de cette recherche,
j'avais du l'évoquer quelque part ici...

Mais là c'est tout proche et ça représente un magnifique espoir pour 2/3 des membres d'ici,
comme d'autres forums de soutien...

Je suis sur que le protocole évoluera encore et trouvera aussi des solutions pour au moins une partie du tiers restant...

Il est trop tard ce soir :P,
mais j'ouvrirai un autre post avec un lien vers un replay qui sera visible pour tous ceux qui vivent en France durant la semaine à venir,
malheureusement Alex pour des histoires de droits d'image ne pourra pas le voir de chez elle, sauf à obtenir une ip française en bidouillant un peu sur le net ,
certains y arrivent assez simplement parait il... ???

Voilà désolé Aela,
ce n'est pas la réponse que tu espérais,
mais ça ouvre quand même un espoir supplémentaire vers un meilleur avenir ;)...

Bon courage à Toi,
et échange ici aussi souvent que tu en ressens le besoin...
:-* :-*
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Je n'ai pas pensé cette nuit,
mais pratiquer une activité physique régulière aide aussi beaucoup  ;)...
Que ce soit 20 minutes de marche à pied quotidienne pour ceux dont le physique ne suit pas trop,
a des activités plus intenses...
D'autres se réfugient dans le boulot pour s'occuper l'esprit et ne pas laisser trop de place aux souvenirs...
Pour sortir des périodes anniversaires, prendre un congé et changer d'environnement et de quotidien aide aussi parfois...

Passe la meilleure journée possible...
:-* :-*
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

L'exercice aide effectivement, ca fait comme un antidépresseur naturel. Il faut juste arriver à se motiver quand ca va mal et même si on n'aime pas ca.
Alex.