Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Bonsoir tout le monde

je viens tout juste de m'inscrire, j'ai découvert ce forum grâce à Emeraude et après une longue discussion, elle m'a proposé de venir raconter mon histoire ici. Jusqu'ici, je n'en ai parlé à personne à part elle. J'avais honte. Et j'ai toujours honte. Je me sens responsable de ce qui s'est passé.
Bon, je vais essayer de l'expliquer. Pardonnez-moi mes fautes, je suis Tchèque, je n'ai appris le français qu'à l'école...

Quand j'avais onze ans et demi, mon père a trouvé un travail en Allemagne. Alors on a déménagé. Je me suis retrouvée dans un petit village en Allemagne de l'ouest, pas loin de la frontière néerlandaise. La ville me plaisait beaucoup, j'ai rapidement trouvé des amies. Quelques semaines après mon arrivée là-bas, c'était le premier jour d'école. J'étais nerveuse et contente. Surtout, je me demandais si mes connaissances de l'allemand seraient suffisants. Alors, le matin, je me suis lancée dans cette aventure. Une heure de marche pour arriver à l'école. Et une heure de retour. Mais déjà à l'aller, je n'ai pas eu de chance. Un groupe de jeunes m'a arrête sur un parking. Je n'y voyais rien de mal, ils m'ont juste demandé le chemin pour aller dans le centre. Alors je leur ai répondu, mais mon accent m'a trahie. Tout de suite ils m'ont expliqué que les étrangers n'ont rien à faire dans cette ville et que ce serait mieux pour moi que je retournais là-bas d'où j'étais venue. J'étais intimidée et je n'ai rien dit. L'après-midi, en rentrant, j'en ai parlé à ma mère qui m'a dit de ne pas exagérer. Elle disait que ça n'existait plus, les gens comme ça. Le lendemain, en passant à nouveau devant ce parking, j'ai reçu les premiers coups. C'était le même groupe. Ils n'ont pas arrêté jusqu'au moment où je ne bougeais plus. Alors, ce même après-midi, je suis allée porter plainte. Et on m'a dit que ce n'était rien, qu'il fallait attendre, qu'ils ne pouvaient rien faire, que j'exagérais. J'avais honte, alors je n'y suis plus jamais retournée. Les coups n'ont pas cessés pendant deux ans. Chaque fois que je passais devant ce parking, le seul chemin pour aller à l'école, il fallait que je paie ou ils me battaient. Et un jour fatal quand je n'es pouvais plus, j'ai eu l'idée complètement dingue de prendre un autre chemin. Cela allait me faire 30 minutes de marche de plus, mais je pensais que ça valait la peine. Mais, au lieu de pouvoir rentrer tranquillement, j'ai rencontré un autre groupe. Je n'en connaissais qu'un seul, leur chef. Pendant un temps, il faisait partie de l'autre groupe qui attendait sur le parking. Il était un de ceux qui m'ont battue. Et je l'ai blessé une fois quand il essayait de me faire taire. Je me souviens encore très bien de sa fureur et de ses injures. Et là, il était le chef. Je n'ai pas vraiment eu de chance, j'ai hésité un peu trop avant de m'enfuir. Ils étaient six à me violer. Je n'ai oublié aucun détail, leurs visages, leurs odeurs, leurs voix...tout est resté. J'avais 15 ans ce jour-là. J'ai eu très mal, j'étais incapable de bouger, de me défendre. Je voulais crier mais je ne l'ai pas pu. C'était comme si j'étais faite de marbre. J'ai dû les laisser faire...j'avais l'impression qu'ils me déchireraient la peau...quand, enfin, ils m'ont laissé, ils sont partis en riant. C'était un des derniers beaux jours d'août, le soleil brillait encore. Mais j'ai eu froid. Je suis restée par terre je ne sais pas combien de minutes sans pouvoir bouger...avec du sang sur moi et par terre...ce qui m'a blessée presque autant que ces faits eux-mêmes, c'est que les passants, qui ont vu ce qui se passait, sont passés à côté, ils m'ont regardé une petite seconde et puis ils se sont dépêchés pour continuer leur chemin...quand j'ai enfin réussi à me rhabiller, je n'ai pas pu me tenir sur mes jambes. Donc je suis restée assise dans l'herbe. Au bout d'un moment, une femme avec un chien est passée, elle me regardait, j'avais l'impression qu'elle voulait me demander quelque chose, puis elle a vu le sang par terre. Et elle m'a regardé à nouveau. Mais cette fois-ci, il n'y avait que du dégoût dans ses yeux...j'ai eu honte...j'ai voulu mourir...et puis elle est partie. Et un peu plus tard, je me suis relevée aussi pour rentrer à la maison. Il me restait encore presque trois quarts d'heure de marche. Je n'ai pas rencontré l'autre groupe ce jour-là. De retour chez moi, j'ai passé des heures sous la douche...et le lendemain, j'ai repris mon chemin habituel pour aller à l'école...et je me suis faite battre à nouveau...ils l'ont jusifié par le fait que j'avais pris un autre chemin le jour d'avant...je suis encore restée dans cette ville pour quatre ans. Il n'y avait pas une semaine où je n'ai pas dû supporter leurs coups...l'autre groupe, je l'ai rencontré plusieurs fois après les viols. La première fois, c'était juste le jour d'après, ils m'ont arrêtée et ils voulaient recommencer. Mais heureusement, c'était encore assez près de l'école et d'autres élèves sont passés près de nous...ils m'ont donc laissée partir...et les autres fois, ils se sont contentés de quelques coups de couteau par ci par là...
Il y a deux ans, je n'en pouvais plus du tout, j'étais prête à craquer...alors j'ai pris tout le courage qui me restait, et je suis rentrée en Tchéquie.

Maintenant, je vis seule ici dans mon appartement, je ne sors presque pas, je ne peux pas supporter avoir des gens autour de moi, je ne peux pas supporter de voir des hommes qui ressemblent à ceux qui m'ont fait ça, je n'ai pas d'amis, je fais des études par télé-enseignement pour ne pas devoir sortir, pour que personne ne me voie. J'ai honte. De moi, de mon corps, de ma faiblesse. Si je n'avais pas eu cette idée folle de prendre un autre chemin, rien ne serait arrivé. J'ai l'impression que tout est de ma faute.
Je ne vois plus quoi faire...comment m'en sortir...les nuits, je ne dors plus depuis bien longtemps ou bien si je réussis à m'endormir pour quelques heures, je vais d'un cauchemar à l'autre...

Comment avez-vous réussi à sortir de là? Pourriez-vous m'aider? Je me trouve au bout de mes forces...

Merci d'avance

Bonsoir Katerina,
Pour ton français, je le trouve excellent et bien maîtrisé, et, je te félicite vraiment très sincèrement.
Je viens de lire ton douloureux et terrible témoignage, et il est vraiment regrettable que l'on ne prévienne pas les personnes étrangères à une région des dangers qui les guettent dans certains quartiers où la délinquance y fait sa loi.
Tu devais te trouver dans une région ou les bandes de délinquants imposent leur loi, et n'ont aucun respect pour leur environnement et les gens qui ne font pas partie de leurs groupes. Le chômage y doit être fort, et pour cela, les étrangers considérés comme des intrus.

Il ne faut surtout pas que tu t'imagines que tu es responsable de ce qui t'es arrivée, tu ne pouvais pas imaginer qu'une telle violence existait, même si tu en as vu quelques aperçus dès ton arrivée. Toi, Katerina, du haut de tes 11ans, tu as eu un bon réflexe en en parlant à tes parents et en allant porter plainte, mais, tu n'as pas été entendue, les générations précédentes ne privilégiaient jamais la parole de l'enfant, hélas les adultes répétent encore et toujours les mêmes erreurs. Tu n'es en rien responsable de ce qui t'es arrivé. sois en certaine.
Puisque tes parents te disaient que des gens comme ça n'existaient plus, ainsi que la police lorsque tu as été porter plainte t'a dit qu'il fallait attendre, qu'ils ne pouvaient rien, que tu exagérais.

Hélas, beaucoup de jeunes adolescents subissent des violences quotidiennes dans les collèges et lycées, sans que les adultes prennes ce problème sérieusement en main. Alors comment les enfants et les ados, pourront seuls régler ce problème ? Porter plainte semble difficile dans ces cas là ?

Avant de retourner en Tchéquie, n'as tu pas pu en parler à tes parents des violences que tu as subit ? Ne se sont ils jamais aperçu de rien de changé dans ton attitude ? Ne serait ce ta joie de vivre ?

Je suis désolée et en colère, que tant de malheur te soit arrivé dans un pays de la communauté européenne.

Il y a dans ce monde un défaut de communication entre les humains, qui les éloigne chaque jours les uns des autres plutot que de les rassembler. L'internet est un de ses outils de communication, qui, si on sait l'utiliser, peut développer bien des débats, suivis de solutions, constructives.

Katerina, tu as bien fais de venir dans le forum, et merci à Emeraude de t'avoir conseillé de te poser ici.
Ce qui t'a manqué Katerina, c'est d'en parler ouvertement de cette période sombre de ton enfance et adolescence. En Tchéquie, t'est il possible d'avoir des consultations psy, et si oui, les psy, sont ils ouverts à la discussion sur le viol, l'inceste et la pédophilie ? Existe t-il des associations qui luttent contre le viol et qui soutiennent psychologiquement les victimes dans leur démarches ?

Dans ta région, n'as tu pas une amie d'enfance, de la famille ? Pour toi qui aime la natation, ne t'es t-il pas possible de reprendre ce sport pour aider ton corp à se débarrasser de toutes ces tensions qui l'enkilose ?
C'est très important de te concentrer sur la réussite de tes études ?

Surtout n'hésite pas à exprimer ce qui te préoccupe le plus, les questions que tu te poses. Il est très important que tu puisse évacuer vers l'extérieur, toute cette période sombre qui te ronge.
Encore une fois bienvenue Katerina, et à partir de ce soir, je sais que tu vas prendre soin de toi. C'est tout le bien que je te souhaites.

A bientot de te lire Sincèrement Laurine
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate

katerina je suis heureuse que tu es pu déposer ton témoignage sur ce forum tu trouveras ici du soutien et ou personne ne te jugera bien au contraire car on ne peux pas rester avec sa propre souffrance je reste à ton écoute une oreille amie même si les kilomètres nous séparent c'est la magie d'internet de pouvoir enfin savoir que tous les humains ne sont pas malsains et qu'une chaîne de solidarité est en place je t'embrasse
Emeraude

Personne n'a rien remarqué, en tout cas, personne n'a essayé de m'en parler, de me demander ce qui s'était passé. Avec le temps, les amies que j'avais trouvées se sont détournées parce que je n'osais plus sortir avec eux, aller à la piscine en été ou faire les magasins...je ne pouvais pas supporter l'idée qu'elles pourraient voir les traces des coups, les bleus partout...donc tout doucement, je me suis retrouvée seule...je ne portais plus que des pulls pour qu'on ne le voie pas.
Je n'ai pas un bon contact avec ma famille. La communication habituelle se limite à 'bonjour', 'ça va' et 'bonne nuit'. Mes petites soeurs ne revenaient que tard le soir, elles allaient à l'école dans une autre ville. Mon père travaillait toute la journée aussi et ma mère était occupée par sa nouvelle vie et ses nouveaux amis. Bref, la plupart du temps, il n'y avait personne à la maison...donc personne qui aurait pu remarquer quoi que ce soit...en plus, malheureusement, je ne suis pas quelqu'un qui parle facilement de ce qui me fait mal ou me rend triste. J'ai tendance à me taire dès que quelque chose ne va pas...c'est ce qui est arrivé dans cette situation aussi...j'avais fait un premier pas pour en parler...mais comme il n'y avait pas de réponse, je n'ai pas pu en faire un deuxième essai, j'avais tellement honte et j'étais persuadé que les autres avaient raison et que ce n'était pas grave...
Je pense que ça serait possible d'aller voir un psy ici, mais je ne m'en suis pas encore occupée...le problème c'est que je ne sais pas du tout si je serais capable de parler de tout ça dans ma langue...cela me touche beaucoup plus que de le raconter en français - qui n'est pas ma langue et qui me permet de garder une certaine distance...ça paraît peut-être bizarre...
Il me restaient quelques amies d'enfance ici, mais elles se sont aussi détournées quand elles se sont rendues compte que j'avais beaucoup changé. Les études ne sont pas importants. De toute façon, je redouble la première année...j'avais juste commencé à étudier pour me donner un but dans la vie, quelque chose qui m'empêche de me jeter devant le prochain train qui passe...j'y ai souvent pensé...je l'ai même essayé deux fois mais il y avait des passants qui m'ont retenue...pour pouvoir mieux resister à cette envie, j'ai commencé à étudier...j'y pense encore souvent, ce serait tellement plus facile de tout abandonner, mais j'arrive à me retenir...
Merci beaucoup pour votre aide et pour vos conseils...
À bientôt

bonsoir Kate,

J'ai lu ton terrible témoignage. Je suis en colère contre toute cette violence.... :evil:  Je dirais la meme chose que Laurine...

je pense que si tu as la possibilité de voir un psy, fait le, tu n'iras que mieux . Quel age as tu aujourd'hui ?
Travailles tu ? Tu n'es âs coupable de ce qui t'es arrivé.... Comment tes parents et ton entourage n'ont ils rien vu, je ne comprends pas et cela m'énerve.... Et tes soeurs penses tu qu'elles ont été agressées elles aussi ?
Ne te renferme pas sur toi, et en attendant d'aller mieux, n'hésite pas à venir sur le forum ou nous t'écouterons....

Amicalement
Coraline

#5 Novembre 17, 2006, 10:32:47 PM Dernière édition: Mars 05, 2015, 09:59:08 PM par intime idée
Oui, c'est difficile, pour un enfant et un ado de se retrouver finalement seul, sans le soutien de ses parents, à surmonter toutes cette violence subit, de lui faire face sans comprendre pourquoi tout çà, et de se rendre compte, que c'est souvent pour rien que des individus détraqués, brisent des vies. Difficile de communiquer avec sa famille qui ne sait pas ce que communiquer veut dire.
Les études et la formation professionnelle sont des points très important pour se construire, cela permet d'être le plus autonome possible, et ainsi ne dépendre de personne, dans tes choix de vie.
Avoir un projet professionnel, et faire des études pour atteindre ses objectifs, sont des moteurs indispensables, pour notre évolution personnelle. Nous pouvons ainsi utiliser et proposer nos compétences, notre formation et notre expérience à des fins de progrès, d'évolutions, dans une société qui ne demande qu'à s'humaniser un peu plus chaque jours et qui en a besoin.
Essaye d'évaluer tes connaissances, et demande toi ce que tu sais, peux et veux en faire, tu sera surprise des réponses que tu vas trouver.
Par exemple, tu es trilingue, tu parles couramment le tchèque qui est ta langue maternelle, l'allemand puisque tu as été scolarisée plusieurs années en Allemagne, et le Français que tu maîtrises parfaitement à l'écriture et qui t'a permis de communiquer en français avec émeraude sur le net et d'arriver jusqu'à nous.
Sans le net et l'informatique, sans tes connaissances en français, jamais nous n'aurons eu la joie de faire ta connaissance. Ton témoignage est très important et très utile comme tout les témoignages déposés dans le forum. Il nous permet de nous rendre compte que l'on retrouve le ou les mêmes types de violence un peu partout dans le monde et je me dis qu'il serait peut être temps de se pencher sur les causes de cette violences.   
Enfin, Katerina, tout ça pour te dire qu'avec ce que tu sais déjà, tu peux vraiment aller loin, c'est pourquoi, tu dois prendre soin de toi, et de ta vie personnelle.
Saches qu'il existe des gens de valeur, tu en rencontrera sois en certaine. Tu pourras aussi réaliser les projets qui te tiendront le plus à cœur.
Quelle profession souhaites tu exercer plus tard ?

Existe-t-il un site internet tchèque comme rayon de soleil ? Ou des associations comme les liens que je te mets, ci-dessous ? qui informent les victimes de violences par leur expérience sur le terrain :

http://www.cfcv.asso.fr/ (lien mis à jour en 2015)
http://www.sosfemmes.com/index.htm

En France, cela fait seulement une dizaine d'années que les victimes de violences sexuelles sont reconnus en tant que victimeset que des structures se sont vraiment mises en place pour les accueillir. Les mentalités évoluent doucement hélas, mais elles évoluent tout de même, grâce à des associations qui se mettent en place et des personnes qui se mobilisent et se démènent pour que se fléau soit connu du public.

J'espère que tu trouveras un bon psy, qui t'aidera à verbaliser ta souffrance, c'est plus difficile de parler, que d'écrire, les premières séances.
De préférence, choisis un(e) psy spécialiste des traumatismes de violences sexuelles.

Pour le moment, n'hésite pas à venir expimer ce que tu peux et ce qui te préoccupe, dans le forum.
As bientot de te lire  Laurine
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate

Citationbonjour KATERINA,
J'ai lu avec effroi ce qui t'était arrivée. J'ai été horrifiée par l'acte en lui-même, mais aussi par la LACHETE et l'INDIFFERENCE des personnes qui auraient pu intervenir. Par ailleurs, je remercie aussi EMERAUDE de t'avoir incitée à venir sur ce site, moi aussi je suis nouvellement inscrite et je le trouve super à tous points de vue. En ce qui te concerne il faut que tu saches que tu n'est plus seule face à tout cela. Il y a ici plein d'oreilles attentives à ton histoire et prêtes à t'aider de quelque manière que ce soit. De mon côté je ne peux que t'encourager à voir un professionnel. Moi j'ai attendu 40 ans avant de le faire, ne commet pas la même erreur que moi. Mais bien entendu chacun fait comme il le sent. En tous cas. continue de nous donner de tes nouvelles. JE SUIS A TON ECOUTE. Pour le français, aucun problème, il est parfait, ne t'en fait pas pour ça, c'est secondaire. JE T'EMBRASSE TRES AFFECTUEUSEMENT ET ATTEND IMPATIEMMENT DE TES NOUVELLES. BETTY

J'ai 22 ans aujourd'hui. Je ne travaille pas, enfin, pas vraiment. De temps à autre je fais des petites traductions par e-mail pour des sociétés tchèques, françaises ou allemandes. Mais je ne peux pas supporter de voir des gens, de me retrouver dans la foule...ce qui arrive forcément dès qu'on sort à Prague...donc je n'ai pas pu trouver de travail. J'aimerais être traductrice un jour...
Je ne pense pas que mes soeurs aient été agressées elles aussi. Enfin, pour les deux dernières années, je n'en sais rien. Comme je n'ai pas pu partir dès le début...je n'ai pas oublié mes soeurs...on avait un accord: tant que je reste dans cette ville et tant que je les laisse faire ce qu'ils veulent, ils fichent la paix à mes soeurs. Je pensais être plus forte que ça...pouvoir rester plus longtemps...mais, il y a deux ans, je n'ai plus eu de choix...peu importe quelle décision je prenais, je devais partir. Si j'étais restée, je me serais tuée pour de bon. Le résultat pour elles aurait été le même que maintenant. La seule différence pour moi est que je vis encore...
Jusqu'ici, je n'ai pas trouvé de site comme celui-ci en tchèque. Et je ne sais pas si je serais capable d'y écrire quoi que ce soit...le français n'est pas ma langue maternelle...il me permet de garder une certaine distance...comme si je pouvais parler de quelqu'un d'autre, malgré le 'je'...mais en tchèque, je ne sais pas si je réussirais à en dire un seul mot...il existe des associations aussi, j'ai déjà essayé de leur téléphoner...mais j'ai dû raccrocher parce que je ne pouvais pas le supporter...il y a des mots que je ne supporte pas de prononcer, d'entendre...c'est déjà dur de devoir les lire ou écrire...comme si, dans ces mots, tout se répétait à nouveau...
Souvent, je ne vois plus rien de positif, comme si tout était noir...ces jours-là, je dors encore moins que d'habitude, je ne mange plus, je ne sors pas de mon lit. Parfois ça dure plusieurs jours ou même semaines...je suis sortie d'une phase comme ça quelques jours avant de parler à Emeraude...je dois dire que je me sens un peu mieux maintenant, mieux que les derniers mois, les dernières années...c'est comme si une toute petite étincelle avait réussi à entrer dans mon grand trou noir et l'avait illuminé un tout petit peu...MERCI pour vos commentaires et votre aide...

#8 Novembre 18, 2006, 01:38:35 PM Dernière édition: Mars 05, 2015, 10:01:28 PM par intime idée
Puisque aujourd'hui est ton jour d'anniversaire, sache que tu as trouvé ici des personnes qui vont t'aider à retrouver confiance en toi, à reprendre ton avenir en main, et te donner l'énergie qu'il te faut petit à petit pour te construire.
Ce jour de tes 22ans va te permettre de tourner la dernière page des événements de ces dernières années, et de passer à un nouveau chapitre, celui de la délivrance.
Je viens de me relire, et, je me demande si je n'ai pas fais une erreur d'interprétation, est ce bien ton anniversaire. Si, non, c'est pas grave, on peut faire comme, et marquer ta venue parmi nous. 
Je te souhaite d'arriver à la réalisation de tout tes projets, à venir. Je sais que tu vas avancer, car tu en a la force et surtout la volonté, même si en ce moment tu ne t'en rend pas compte, car affaiblit que tu es par ce difficile parcours que tu as du gérer seule, sans aucun soutien.
Aujourd'hui, tu peux exprimer ici, ce qui te préoccupe le plus, et échanger des points de vues.
Puisque tu aimerais devenir traductrice, est ce que tu peux en parallèle donner des cours de langues par téléphone sous forme de "conversations téléphonique" ?
J'ai pensé à ça, puisque tu n'es pas prête pour le moment de travailler à l'extérieur, de travailler pour une entreprise, à partir de ton domicile, te serait profitable et s'ajoutera à ton expérience professionnelle ?
Voici un site professionnel de conversations téléphonique linguistiques pour te donner un aperçu :
http://www.telelangue.com/ (lien mis à jour en 2015)

Pour le site en Tchèque, je te posais la question dans l'idée, que, s'il n'en n'existe pas, et bien, plus tard, quand tu iras mieux et que tu auras avancé en thérapie, peut être que tu pourras en mettre un en place au service des victimes de ton pays. C'est juste une idée que je lance comme ça, un projet à mettre de côté, qui pourrait se concrétiser, un jour. Mais, pour mettre en place, un tel projet, il faut vraiment que tu ailles mieux et bien, que tu sois disponible, motivée pour le mettre en place, ou proposer à une association de le mettre en place.

Ce qui compte aujourd'hui, c'est que tu penses d'abord à te réaliser TOI, et professionnellement et personnellement.

Sincèrement Laurine A bientot de te lire
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate

Dimanche, j'ai eu une très longue discussion sur le chat avec mel13 et alex. Je n'allais pas bien du tout. Le samedi soir j'avais encore essayé d'en finir. Au bout d'un moment, elles m'ont demandé de leur promettre de téléphoner pour avoir de l'aide. D'un côté, j'ai voulu dire 'non, je n'y arriverai jamais, je ne pourrai pas téléphoner, ça ne servirait à rien etc.'. Mais de l'autre côté, j'avais l'impression qu'elles m'avaient pris par la main pour m'aider...et malgré la panique qui m'a prise j'ai dit 'oui'. Je le leur ai promis. Je n'arrivais plus à respirer et je tremblais. Mais j'ai dit oui...j'ai dit oui...
Alors hier matin quand j'ai repris connaissance, j'ai voulu tenir ma promesse...enfin, je voulais au moins l'essayer. Mais au téléphone, je n'ai même pas réussi à prononcer un simple 'bonjour'...ça me faisait tellement bizarre d'entendre quelqu'un parler...en plus ça fait des mois que je n'ai pas prononcé un seul mot...comme il n'y a personne ici à qui parler...en fin de compte, comme je ne disais rien, la secrétaire a raccroché. Et j'ai pleuré. C'était la première fois depuis ce qui s'est passé il y a six ans. C'est incroyable, mais ça m'a fait du bien. Je me sentais soulagée après. Mais je n'ai pas osé réessayer de téléphoner...pour ne pas devoir me dire que j'ai encore échoué complètement, je leur ai écrit un mail. J'ai essayé d'expliquer la situation un peu et j'ai demandé si ce serait possible que je vienne.
Ce matin, j'ai reçu la réponse. J'ai donc un rendez-vous pour lundi prochain. 16h. Je ne sais toujours pas si j'ai bien fait ou si je serai capable d'y aller...mais je veux l'essayer...
Par contre, je n'ai pas pu tenir une autre promesse...je n'ai pas écrit la lettre à mes parents. J'en étais incapable...

Bonjour Katerina,
C'est un grand pas en avant que tu as fais en quelques jours, nous savons combien il est difficile, de faire les premières démarches et se mettre en confiance. Nous te félicitons, tu ne t'en ai pas rendu compte, mais le fait de chercher à communiquer avec nous, t'amène tout doucement à ton rythme à faire les démarches nécessaires pour que tu puisses te sortir de cette impasse.

Heureusement qu'il y a le chat, et que nous soyons plusieurs à intervenir, pour te soutenir. Merci à Mel et Alex.

Si tu n'as parlé à personne et que tu ne vois personne depuis plusieurs mois, il est normal que tu ai des angoisses, d'autant plus que tu repenses sans cesse toute seule à ces années sombres qui t'ont fragilisées.
Si tu penses ne pas pouvoir t'exprimer dans ta langue maternelle, lorsque tu te présenteras à ton rendez vous, je te conseilles de faire un résumé écrit, de ce que tu as vécu en reprenant ton témoignage posté dans le forum, et d'avoir un exemplaire à remettre à la personne qui vas te recevoir. Tu peux aussi choisir de lui lire le résumé si tu préfères.

Comme tu as du temps jusqu'à lundi prochain, je te conseilles de préparer ton entretien, en mettant sur papier tout ce que tu souhaites dire à cet entretien. Même si tu ne dis pas tout ce que tu écriras, le fait d'écrire et de lire et relire, tout ce que tu as envie et besoin de dire, t'aidera à prendre un peu de recul sur les événements et à mieux gérer tes émotions. Ecris pour commencer dans l'ordre que ça vient, tu pourras ensuite remettre tout dans l'ordre qui te conviens.

Pour commencer ton entretien, préviens là personne qui te reçois, que cela fait plusieurs mois que tu n'as pas parlé avec quelqu'un, que tu n'oses pas sortir de chez toi, que tu fuis la foule. Que tu n'as jamais parlé à personne de ton entourage, des violences que tu as subits au quotidien sur plusieurs années, et que tu as vraiment besoin d'un soutien psychologique pour reprendre confiance en toi, que tu supportes de plus en plus mal ton quotidien....

Il faut que tu saches, que de pouvoir en parler enfin, fait remonter les souvenirs qui t'ont le plus marqués, que ces souvenirs défilent sous les yeux à n'importe quels moment d'une journée, on appelle ça des flashs back, c'est normal, pour les évacuer vers l'extérieur, il faut qu'ils remontent en surface qu'ils sortent de ta mémoire. C'est dans le cadre d'un suivi psychologique, que tu pourras évacuer petit à petit ces souvenirs vers l'extérieur.

Vraiment, tu as déjà fais un énorme pas en avant, et je t'encourage prendre soin de TOI, Alex a raison quand elle dit
"ils valent pas le coup c batard qui m'ont fait du mal, je suis la victime, te fais pas plus de mal qui t'en on fait"

Ne te laisse pas envahir par ce que t'ont fait subir tes agresseurs, ton avenir t'appartient à toi pas à eux. Entoure toi de gens de coeur, reste vigilante, et pense à ton avenir.

Tendrement A bientot de te lire Laurine
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate

bonjour kate
je suis très heureuse que tu ai pris rdv çà me rend très heureuse pour toi, car c le premier pas le plus dur.
Hier j'allais pas bien du tout et j'ai quand même réussi à tenir ,bien que ct très dur.
Tout ce que tu vis, il y a meme pas de mot assez fort pour te dire à quel point je suis en colère après eux pour ce qu'ils t'on fait. :evil:
Tu va y arrivé à t'en sortir et c sur pas du jour au lendemain çà serai trop facile, mais petit à petit , nous souffrons toutes ici d'une manière différente, et on veut toutes s'en sortir.
Hier com je t dis , ct pas la joie , g fais une grosse crise de boulimie, puis après je me suis dis "mais ils valent pas le coup c batard qui m'ont fait du mal, je suis la victime, te fais pas plus de mal qui t'en on fait"
C dur mais moi je suis prête à pas te laisser tomber, je te donnerai toute l'aide que je pourrais, car quand je me suis inscrite , très vite laurine ma fais signe à mon appel et çà été le déclanchement pour m'en sortir.
Alors n'hésite pas à venir meme si tu dis rien , peut etre que certains témoignage te ferons du bien
passe une bonne journée et peut etre à ce soir
alex dis sousounet :wink:

Bonjour Katerina,

J'ai pensé à toi aujourd'hui, as tu pu aller à ton Rendez vous ?

Je rentre tard ce soir, travaille oblige, je passerais vers minuit, voir si tu as laissé un message. Si tu préfère plus de discrétion, tu peux m'écrire dans le forum par message privé (mp).

J'espère de tes nouvelles.
A bientôt de te lire   Laurine
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate

Oui, j'ai été à ce rendez-vous. J'ai réussi, j'y suis allée, mais c'était horrible. La panique toute la matinée, puis en chemin, j'ai failli m'effondrer je ne sais pas combien de fois parce que j'en pouvais plus de tout ce stresse et de toute cette peur. En arrivant, je n'ai même pas pu leur dire bonjour. J'avais l'impression d'être tellement bête parce qu'il n'y a rien de plus simple. Mais j'en étais incapable. La psy a essayé de me faire parler pendant un petit quart d'heure mais en fin de compte elle a abandonné. Heureusement que je lui avais expliqué dans mon mail que ce n'était pas exprès que je ne parle pas mais que j'en suis incapable. Alors elle a lu les feuilles que je lui avais amenées. C'était une traduction de ce que j'ai déjà écrit ici. Et j'ai ajouté quelques détails que je n'ai pas osé écrire ici. J'ai passé tout ce temps par terre, dans le coin près du radiateur. J'étais incapable de bouger ou de penser. Il n'y avait que la panique. Et puis, elle m'a dit d'un ton sec et dur: 'Vous auriez dû venir plus tôt.'. C'était comme une gifle. Après, elle a photocopié les feuilles et elle m'a dit qu'elle allait réfléchir à comment faire pour que je m'en sorte. Et elle a envoyé sa secrétaire pour chercher des médicaments à la pharmacie pour moi. Ensuite, cette même secrétaire m'a ramenée à la maison. J'étais vraiment morte.
Et de retour à la maison, j'ai fait une grosse bêtise. J'ai dû faire très peur à Alex et à Betty que j'avais réussi de rejoindre sur le tchat. En fait, j'ai pris tous les médicaments à la fois plus ce qui me restait à la maison. Je n'en pouvais plus tout simplement. Mais cette fois-ci non plus, je n'ai pas réussi. Je pensais que la psy m'avait menti en disant que ces médicaments étaient forts. J'étais furieuse et blessée. Et il y avait toujours la panique. Je n'ai pas pu écrire ici plus tôt à cause des effets secondaires de ces médicaments qui sont quand même assez forts. Je suis toujours très affaiblie et j'ai du mal à bouger. Un autre problème est que je n'ai pas assez mangé ce dernier temps.
J'ai un autre rendez-vous demain. Je panique encore. Je ne sais pas ce qui se passera demain ni si je serai capable d'y aller (vu qu'il me faut déjà trois heures pour parcourir les dix mètres qui séparent mon lit de la cuisine). Je n'en sais rien. Peut-être je lui écrirai pour demander de reporter ce rendez-vous à la semaine d'après. Je ne le sais pas encore mais je pense qu'il ne me reste rien d'autre.

C'est super que tu ai pu aller à ton RV, malgré la panique présente.  Tu as utilisé toute ton énergie et ta volonté, pour aller à ce premier RV qui est très important. L'effort que tu as fourni est vraiment remarquable, et démontre que tu as vraiment envie de briser ce silence et reprendre ton destin en main.
Si la psy, t'a dit à un moment donné d'un ton sec et dur « vous auriez dû venir plus tôt », ce n'est pas un reproche mais une façon de te faire réaliser que tu as perdu beaucoup de temps, et que tu t'es affaiblis,  alors que plus tôt on s'y prend plus vite on reprend le dessus.
Il ne faut pas te laisser impressionner par les paroles de ta psy, il faut vraiment que tu les reçoives  comme un message, une aide, pour te faire reprendre confiance en toi et en ceux qui peuvent te venir en aide.
Il faut que tu lui explique par écrit ou par la parole, que depuis tes onze ans tu supportais toutes cette violence. Que puisque tes parents et la police que tu as été voir pour ce problème qui commençait, t-ont dit que tu te faisait des idées, que tu exagérais, que ce genre d'individus n'existait plus, alors tu as dû, tout ce temps garder tout pour toi. Car les seules personnes en qui tu avais toutes confiance ne t-ont pas entendus.
Que pour ces raisons peut être,  tu ne pouvais imaginer que des adultes puissent écouter et comprendre ce que tu as vécu.
Qu'aujourd'hui, tu t'aperçois enfin, que tu peux après toutes ces années de silences te libérer un peu petit à petit, et c'est pourquoi tu as pris contact avec l'association et que tu veux t'en sortir.

Il faut que tu boives au moins un litre d'eau ou de thé par jour, et de préférence que tu manges.
As-tu des biscottes et du lait chez toi. Je sais combien cela doit être difficile, de te déplacer, mais puisque tu as réussi la semaine dernière, tu le peux sûrement encore demain. Essaye de t'alimenter, c'est très important pour que tu reprennes des forces psychologiques et physiques. L'exemple qu je cite n'est pas le meilleur, mais, sans carburant et sans entretien, un moteur qu'il soit neuf ou usé, ne peut fonctionner, c'est pareil, pour tout ce qui se trouve de vivant dans la nature.
As-tu de quoi manger ce soir, as-tu une amie qui peut t'apporter de quoi manger pour que tu ai suffisamment de forces pour aller à ton RV demain.
Si toutefois tu ne peux pas y aller, prépare un petit mot que tu leur enverra demain, disant que tu ne t'ai pas suffisament alimenté, et que tu es affaiblis au point de ne pouvoir te lever pour te déplacer sur quelques mètres.  
Il est nécessaire et indispensable que tu ne loupes pas ton RV Katerina. Quelqu'un peut il t'accompagner en cas de grandes difficultés ? Les premiers temps ce sera difficile comme le premier RV, mais tu y arrivera à dépasser cette panique, car tu le souhaite au fond de toi.
N'hésite pas à nous en parler ici dans le forum.  Bisous Sincèrement Laurine
"Quand quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'aider." Hippocrate