Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Février 27, 2015, 01:40:48 AM Dernière édition: Février 27, 2015, 01:47:38 AM par kikinette
Bonsoir,

J'ai 35 ans, je suis mariée, j'ai 2 filles de 5 et 8 ans. Cette information aura son importance, je pense...

Voilà 2 mois que j'ai une sciatique qui ne me lâche pas. J'ai fais appel à une acupunctrice. Lors de sa première séance, elle m'a demandée mon histoire, physique et psychologique... Puis elle m'a dit que j'étais tendue et que mon corps avait lui aussi sa mémoire et qu'il fallait travailler ensemble vers sa guérison, enfin la notre...

Pourquoi cette info, voici ma vie vite fait résumée. Je tremble un peu parce que je viens de prendre conscience que je n'avais pas guéri, malgré les séances de psy... Et c'est dur.

Mes parents se sont séparés lorsque j'avais 18 mois. mon père absent est alcoolique et a refait sa vie avec une femme avec laquelle il a eu 1 fille qui a 18 mois de moins que moi...

A l'âge de 8 ans. je ne sais pas si j'ai envi de raconter..

Je me suis tellement reconnu avec les symptômes vaginisme, mmasturbation compulsive. J'ai mal. Je vais mal.

Je m'excuse je suis un peu brouillonne et désarmée car je n'y pensais pas, je pensais que c'était partie, et aujourd'hui j'ai découvert qu'un jour je suis morte.

Bref, victime d'atouchement par l'homme qui m'emmenait à l'école à 8 ans. Je découvrirai quelques années plus tard qu'une de mes amies avait subi la même chose mais de manière répétée. me concernant, c'est arrivé une fois, une fois de trop. Puis le mari de ma nounou qui m'a embrassé sur la bouche puis mon père... j'avais 13 ans et je crois que je suis morte une 2ème fois même si l'âge m'a permis de ne plus revoir mon bourreau que j'enfermerai quelques années plus tard lorsqu'il fut dénoncé par son autre fille. Je n'y croyais pas. D'ailleurs, ma soeur que je n'avais pas vu depuis cette épisode érotique que m'a fait vivre mon père m'a décrite la scène, ce fut un soulagement, je n'étais pas folle.

Mon père enfermé puis libéré est mort aujourd'hui. Mais l'autre celui de mes 8ans... Mon père, je lui avais dis il m'avait répondu "t'aurais dû me l'dire, je lui aurai cassé la gueule" comment lui a-t-il pu m'infliger çà ? un jour il a dit qu'il ne savaient pas comment nous aimer. Il ne buvait plus à se moment là.

Mon post, ne sert que d'exutoire, j'ai besoin de "poser" ma qualité de victime car je vois que j'ai minimisé. L'acupunctrice m'a dit aujourd'hui que je projettais ma souffrance sur mes enfants et que je m'autodétruisais je n'ai pas d'addiction, ni de troubles alimentaires, je suis hypocondriaque je crois, car ma plus grande peur est la mort, la mienne et celle de mes enfants. Je me suis documentée ce soir et je sais maintenant que je peux projeter mes angoisses à mes filles, mais je ne veux pas, je les veux saines et épanouies. Ma grande a 8 ans, j'avais dis que çà avait une importance. Quelle douloureuse ouverture d'oeil si je puis dire. Je me souviens tellement de la tétanie, je crois que j'ai flotté pour ne pas être dans ce corps....

Mon mari sait à quoi çà sert ? Peut-il m'aider finalement ? Mes amis savent comme une fiche d'identité que j'aurais collée, mais savoir ce n'est pas reconnaitre...

J'ai l'impression de ne plus avoir de force depuis le début de mes séances, je sais pourquoi maintenant. C'était un "point de contrôle" aujourd'hui seulement, je n'aurais jamais imaginé çà...Je pensais que c'était fini et c'est tout !

#1 Février 27, 2015, 01:52:45 AM Dernière édition: Février 27, 2015, 02:01:03 AM par intime idée
Bonjour Kikinette,
bienvenue à toi ici, te voilà face à un nouveau cheminement,
qu'il serve d'exutoire, de lieu de lectures ou de conseils, j'espère que ce forum t'aidera vraiment...
T'avais 8 ans... ta grande à 8 ans, je ne suis pas psy du tout, mais ça n'est pas un hasard :-\
on retrouve des symptômes chez plusieurs parents ici, des peurs des angoisses, quand les enfants arrivent à un age lourd de sens dans nos passés :-[...
Difficile de passer à coté :'(...
A bientôt.
:-* :-*
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

Bienvenue sur le forum. Desolee que ca aille mal, mais ca ne m'etonne pas parce que comme tu dis, ta fille vient d'avoir 8 ans et tu avais cet age au moment des faits la premiere fois. Moi aussi je croyais avoir laisse tout ca dans le passe, jusqu'au jour ou ma fille a eu 6 ans, l'age auquel ca a commence pour moi, et tout est revenu  :(

C'est deja une bonne chose que tu arrives a faire le lien, a realiser une des choses qui cause tout ca d'etre dans ton esprit. Est-ce que tu en as deja vraiment parle avec une/des personnes qui te comprennes, pas qui juste disent "ca a du etre terrible" ou quelque chose comme ca mais qui ne comprennent pas l'amplifieur des consequences, la douleur toujours presente aussi longtemps apres?

Faire face a ce qui fait mal n'est pas facile, mais c'est un passage obligatoire pour se sentir mieux de facon, de "guerir."
Alex.

#3 Février 27, 2015, 08:23:25 AM Dernière édition: Février 28, 2015, 08:09:10 AM par fr69
Bonjour Kinkette

Oui, c'est dur, très dur, parfois même te diras tu peut être que c'est trop dur. A ta manière tu le reconnais par une expression très forte que tu utilise à deux reprises : tu es "morte"

Parmi les réactions possibles (une de celles que tu as eu visiblement), il y a le fait de minimiser : faire comme si cela n'avait pas ou n'avait plus d'importance.

CitationJe pensais que c'était fini et c'est tout
Pour beaucoup d'épisodes de ma vie j'ai fait pareille, je pensais que c'était de l'histoire ancienne, que cela n'avait plus d'importance, jusqu'à ce que je me rende compte un peu comme toi, que ce n'était pas fini du tout. Je me focalisais sur un épisode particulier qui m'était revenu en mémoire le considérant comme la seule cause de mes problèmes. Pour les autres que je n'avais jamais vraiment oublié tout en m'en interdisant l'accès, je pensais oui que c'était fini

Citationje vois que j'ai minimisé
Pour l'épisode de ma vie qui a commencé qui a commencé à revenir il y a dix ans, je l'ai ignoré, refusé comme étant faux. Puis, brutalement tout est revenu, là j'ai été contraint de chercher une aide médicale. Ce sera long m'a-t-on dit. Sauf que j'ai minimisé grandement et à plusieurs reprises la signification de ce long. De même que j'ai grandement minimisé l'impact que cela avait et allait avoir sur moi

CitationT'avais 8 ans... ta grande à 8 ans, je ne suis pas psy du tout, mais ça n'est pas un hasard
Je suis tout à fait d'accord avec Intime Idée. Si je compare à mon expérience personnelle, je constate la présence de déclencheurs. Dans ton cas (et dans d'autres si tu lis les autres post), ce déclencheur semble être l'âge qu'à atteint ta grande 
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Bonjour Kikinette!
D'abord bienvenue sur le forum, j'espère que tu sauras y trouver ce qui te fera un peu de bien... Comme le dit les posts précédents, il y en a d'autres parents comme toi qui ont passé par cette étape... dont moi qui suit en plein dedans! Ma fille arrive a 13 ans, l'âge fatidique aussi pour moi et ça me cause des problèmes d'anxiété assez intense etc... alors je peux comprendre parfaitement ce que tu vis de ce sens là...

On a souvent l'impression de s'être perdue soi-même, de ne pas se retrouver dans rien de ce qu'on est "devenue" après le(s) agression(s)... ce qui donne oui l'impression de mourir de l'intérieur.. d'avoir perdu une partie de soi qui nous permettait de s'identifier, qui nous définissait.. on se reconstruit une vie autour de tout ça et on tente d'oublier, mais c'est toujours enfoui quelque part en nous quand même, menaçant de resurgir à n'importe quel moment par des déclencheurs dont on ne connait pas toujours la signification ou qu'on arrive pas à identifier... 

L'âge de ta fille a en effet beaucoup d'importance et c'est normal jusqu'à un certain point de vouloir les protéger et tout, mais j'en suis au même point également... vouloir les protéger sans les étouffer, les laisser découvrir la vie tout en gardant un oeil ouvert pour identifier quelques problèmes que ce soit qui pourrait arriver. J'ai aussi une peur terrible de la mort.. Je crois que je me reconnais dans plusieurs petites parties de ton post...(moi j'ai 31 ans, 2 filles également : bientôt 13 ans, et une de 20 mois)

Avoir des solutions miracles, je ne crois pas que ce site existerait, par contre, en se servant de cet endroit comme exutoire, comme d'une référence pour peut-être trouver certaines pistes pour t'aider ou pour échanger avec les autres membres... peut-être ça t'aidera à passer un autre cap, ça te donnera des pistes pour continuer... arrêter de minimiser et reconnaitre oui les faits et les conséquences..

Enfin j'espère que ton passage ici te sera bénéfique.

Encore bienvenue ;) à bientôt

Bonjour à toutes et merci pour vos réponses.

Je vais un peu mieux aujourd'hui. L'acupunctrice avec laquelle je travaille m'a mise face à une douloureuse réalité. C'est comme si j'avais ouvert les yeux. Elle m'a dit qu'une partie de moi était morte, qu'on avait enlevé tout ce qui faisait de moi une enfant, mon innonence, ma joie, mon insousciance... Et que, si aujourd'hui j'avais si peur de la mort, c'est parce que quelque part, je suis morte. En effet, je me souviens, comme de nombreuses victimes "être sortie de mon corps".

Elle m'a dit que même si je pensais avoir tourné la page, mon corps lui avait conservé sa mémoire et qu'il fallait l'aider. Je trouve çà impressionnant. L'acunpuncture n'est pas douloureuse, mais ce jour là elle a piqûé un endroit qui m'a fait extrèmement mal (je suis peut-être un peu douillette, mais surtout extrèmement peureuse). C'est comme si j'étais paralysée... Elle m'a dit qu'elle"tenait" quelque chose et qu'il fallait que l'aiguille travaille.

Toujours est-il, qu'elle m'a conseillée de me documenter et de lire les témoignages des femmes violées ou abusées (n'est-ce pas la même chose au fond ?) J'ai été surprise de voir si peu de sites sur le sujet. Malgrè tout, je me suis retrouvée. Moi qui vait chercher tous mes "maux" sur internet, je n'avais jamais pris la peine de lire des témoignages, de me documenter. J'ai parcouru le suivant site, ce fut ma 1ère lecture : http://www.aihus.fr/prod/system/main/main.asp?page=/prod/data/publications/couple/traumatismes.asp

le fait d'écrire sur un site rayon de soleil a tout son sens pour moi.

Je n'ai jamais voulu être une victime, je parle et présente les choses, les faits, les évènements comme s'il ne s'agissait pas de moi. Je ne veux pas être une victime et je croyais que c'était çà la force. Mais finalement est-ce que la force, ce ne serait d'accepter d'être une victime ?

J'ai lu un témoignage qui disait que finalement, elle aurait préféré qu'il aille jusqu'à la pénétration. Pas moi, je trouve que l'attouchement est déjà suffisant... On enlève à l'enfant tellement de chose... Quand je vois le mal que j'ai à faire face à ses multiples attouchements par de multiples personnes, je me dis que ''j'ai eu de la chance". D'ailleurs, j'ai lu des témoignages indiquant cette multiplicité. Quand je m'entends raconter mes histoires car hélas, il y en a plusieurs, je me dis que je suis dingue et que c'est tellement dingue, que les gens ne me croiront pas. Mais aussi cruel que çà puisse paraître, lire des témoignages ressemblant au mien me soulage.

Bref, finalement c'est mon histoire et mon combat que seule une personne ayant vécu une chose similaire peut comprendre.



Citationelle aurait préféré qu'il aille jusqu'à la pénétration. Pas moi, je trouve que l'attouchement est déjà suffisant... On enlève à l'enfant tellement de chose

Tu as raison, on enlève tellement de choses l'enfant...

Pour ce qui est du témoignage auquel tu fais référence, elle aurait "préféré" que cela aille jusqu'à la pénétration, car quand ce sont des attouchements, les victimes s'entendent souvent dire qu'elles n'ont pas de quoi se plaindre, que ce n'est pas si grave, car elles n'ont pas été violées. Alors que si cela avait été jusqu'à la pénétration, elle aurait été considérée comme violée, et n'aurait pas eu à entendre de telles paroles si cruelles.
Dans le témoignage auquel tu fais allusion, auquel j'ai répondu que moi même, bien qu'ayant été pénétré à certaines époques de ma vie, et ayant frôlé la mort, j'aurais dans un sens "préféré" que cela soit encore plus grave, car si cela l'avait été ils auraient été obligé de me faire voir un médecin, ils n'auraient pas pu étouffer l'affaire, faire comme si rien ne s'était passé.

Quand au terme "suffisant", je vois ce que tu veux dire, mais en réalité des attouchements sont déjà "trop"

Citationles gens ne me croiront pas
Là aussi je peux comprendre, car c'est le sentiment que j'ai aussi parfois. Et c'est ce que quelqu'un m'a clairement fait comprendre alors que je ne lui en avait révélé qu'une infime partie. Les histoires tordues j'en ai connu. Des témoignages sur ce site en montrent d'autres. Et je suis persuadé qu'il existe pire.

Alors ceux qui ne peuvent pas croire, ou ne veulent pas croire se contentent de vivre dans leurs illusions douillettes, car regarder la réalité dérange trop
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

#7 Février 28, 2015, 03:06:35 PM Dernière édition: Mars 01, 2015, 10:00:56 AM par kikinette
Citationj'aurais dans un sens "préféré" que cela soit encore plus grave, car si cela l'avait été ils auraient été obligé de me faire voir un médecin, ils n'auraient pas pu étouffer l'affaire, faire comme si rien ne s'était passé.

J'avais tout à fait compris. Je sais ce que c'est. Mon père a été emprisonné pour les attouchements prodigués à ma soeur, mais me concernant, rien n'a été reconnu. Cependant, quand je dénote l'importance des conséquences que celà a dans nos vies, je suis ravie qu'il n'y ait pas eu plus. Tant pis pour la reconnaissance, moi, je sais. j'ai reparlé de l'histoire de mes 8 ans à ma mère, elle avait oublié. çà lui est revenu en parlant, mais elle était concentrée sur l'histoire de mon père. Elle m'a demandée si je lui avais dit. Je lui ai dis 2 ans après les faits, quand l'homme qui m'emmenait à l'école a déménager. Et nous avons reparlé quelques années plus tard avec mon amie qui avait vécu la même chose avec le même homme à plusieurs reprises et avec sa mère. Je me demande comment elle a pu oublier ? C'est peuty-être plus facile pour elle ? A l'époque elle m'a juste demandée si j'étais sûre qu'il n'y avait rien eu de plus comme si la pénétration était nécessaire au viol ? Alors oui je comprends.

Parfois, je me dis que les gens doivent me trouver bargeot. C'est un peu dur car moi, je n'ai rien fais pour mériter çà. Je n'ai pas choisi d'être sensible et un peu névrosée... Une copine a qui j'ai décris une crise d'angoisse m'a dit ne pas savoir ce que c'est. Comme j'aimerais prendre sa place...

Par contre, les hommes qui m'ont détruites ont choisi de le faire...

J'ai lu des témoignages tellement horrifiants sur ce site, je me sens si petite à côté. Je n'arrète pas de dire que chacun a le droit de souffrir de ses propres maux. Mais je ne suis pas sûre de m'être accordée le droit de souffrir des miens.... Mon père a pris toute la place dans l'histoire peut-être parce que quand ma soeur m'a indiquée être sa victime, j'en ai informé toute ma famille, je crois que ma mère s'est "réveillée" à ce moment là. Ma cousine ne croyait pas ma soeur. Mon oncle non plus, vous vous rendez compte ? Comme si on pouvait inventer. Je pense que ma soeur a vécu des choses et que d'autres ont été "transposées" par sa mère. A la mort de mon père, ma soeur flic alcoolique et droguée visiblement, vivait parfois chez mon père qui a fait 2 ans de prison suite à nos témoignages (enfin ma soeur, parce que les actes qu'il m'a fait subir n'ont pas été reconnus par le juge, je ne sais pas si ce juge est conscient du mal qu'il m'a fait... mais ce n'est "qu"un attouchement" qui n'est arrivé "qu'une fois"). Ma tante qui visiblement avait subit des violences sexuelles de la part de son frère (mon père) a vu des photos de ma soeur nue. je crois que ma soeur a survécu comme elle a pu et qu'elle n'a pas pu faire le choix qui a été le mien, l'éloignement. Mes cousines, oncles, tantes, m'ont crue.

Mon oncle à l'époque était surpris et m'a souhaitée une belle vie.

Mon beau-père quand j'en ai parlé il y a une petite année peut-être m'a dit "je ne savais pas que tu avais vécu tout çà".

Je ne sais ce que j'attends des gens au juste ? c'est vrai on ne peut pas en parlé à longueur de temps...