Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Je n'ai ete victime "que" d'attouchements aux yeux de ceux qui savent, mais moi je sais qu'il ne s'agit pas "que" d'attouchements et qu'un abus sexuel est un abus, peu importe la forme.
Pour relancer un peu ce forum, je partagerai avec mon histoire meme si je suis sure que beaucoup d'entre vous l'ont lu sur le site.

J'ai été abusée pendant 5 ans par mon oncle, de 6 a 11 ans. Il avait l'habitude de me toucher partout dès qu'il en avait l'occasion. Ensuite, la même chose s'est passee avec le mari de ma sœur quand j'avais 13 ans. Et puis j'ai été harcelée pendant un an par un prof de tennis a l'age de 15 ans.

J'ai "oublie" tout cela pendant des années. Je m'en suis souvenue seulement en février 2001. Ca a été très dure pour moi. Pendant 2 mois, j'ai vécu quelque chose d'horrible. J'avais l'impression de mourir à petit feu de la douleur que j'avais à l'intérieur à cause de ça. Pendant ces 2 mois, je n'ai pas dormi une seule nuit correctement. Je pleurais sans même savoir pourquoi. J'ai fait une dépression. La douleur que je ressentais à l'intérieur était tellement insupportable que j'ai pensé à me sucider. Heureusement je ne l'ai pas fait.

Apres 2 mois, j'ai commencé à me sentir mieux, à oublier encore d'une certaine façon. L'été s'est plutôt bien passé même si je me sentais mal régulièrement et que j'ai eu un "flash-back" ( images accompagnées de sentiments très forts, souvent la peur ).

Mais au mois de novembre, tout a recommencé de nouveau. Les nuits à rester éveillée, les cauchemars, la peur, la douleur ... Nouvelle dépression ... Je n'arrivais plus à suivre mes cours à l'université, j'étais incapable de me concentrer. Je me sentais vidée rien qu'en essayant de vivre normalement. J'ai donc décide de faire un break pour prendre le temps de réfléchir à tout ça et trouver un moyen de "guérir"

J'ai alors vecu l'enfer. J'avais l'impression d'etre morte a l'interieur, j'avais mal au coeur quasiment constamment. Je ne pouvais pas manger, je suis restee plusieurs fois de suite sans manger pendant 5 jours. Je dormais au maximun 3-4 heures/jour. J'ai cru que jamais je ne m'en sortirais, que le reste de ma vie serait comme ca pour toujours. Mais apres 2 mois d'enfer, j'ai tout doucement remonte la pente. J'ai trouve des buts qui m'ont donne la force de me battre.

Au mois de mai, j'etais suffisamment bien pour arreter un des 2 medicaments que je prenais et j'ai tout arrete au mois de septembre. J'ai retrouve toute ma volonte de vivre et de me battre. Je me sens beaucoup mieux. Bien sur, il y a de temps en temps des jours ou c'est pas trop la forme, mais ces jours sont maintenant beaucoup plus rares. Je pense que je peux dire que j'ai fait le plus gros. Je suis heureuse de vivre a nouveau, j'ai retrouve mon sourire ...
Alex.

Alex, j'ai effectivement deja lu ton histoire sur le site mais je voulais te dire que j'etais tout a fait d'accord avec toi quand tu dis que "que" des attachements est un abus! c'est tout aussi anormale qu'un abus sexuel!

Je t'embrasse et te souhaite une bonne continuation pour ta reconstruction...


mimie

J'ai vécu la même chose ... que des attouchements. D'ailleurs .... aujourd'hui, je me demande si je n'aurais pas préféré qu'il aille plus loin. Ca peut choquer ce que je dis... mais vu les conséquences que ces attouchements ont sur moi.... vu que ma plainte ne va surement pas passer, car encore une fois il n'y a eu QUE des attouchements .... ça aurait peut être été un "mieux" dans mon malheur ? J'en sais rien ....... mais c'est quand même rageant que notre justice ne reconnaisse pas ces attouchements comme un viol !  :cry:

Ce que tu dis ne me choque pas du tout car j'ai parfois la meme pensee...
Je me rappelle, j'avais a peu pres 16 ans quand m'a mere m'a raconte cette histoire de la petite fille d'un collegue avec qui elle travaillait qui s'etait fait violee par son oncle. Elle parlait que bien sur ses parents avaient du porter plainte et l'emmener chez le psy. J'avais envie de lui dire "reveille-toi, j'ai ete moi aussi abusee par mon oncle de 6 a 11 ans, et quand je te l'ai dit, tu n'as rien fait, strictement rien, comme si rien ne s'etait passe!". Je n'avais ete victime "que" d'attouchements dont je ne meritais pas le status de victime, le droit d'obtenir de l'aide et un support ...
Alex.

:( les gens classent la gravité des abus par leur nature, et non pas par la souffrance que cela engendre chez la victime.

c'est bien dommage en effet que la loi est une echelle de degre sur les abus sexuels car la souffrance occasionnee est en connait pas de limite ds la destruction de l'etre  :cry:  :cry:

chaque individu a son ressenti face a l'abus,mais il a besoin aussi d'etre reconnnu comme une victime en tant que telle quelque soit l'abus

pourtant les lois sont faites par des hommes et des femmes pour des hommes et des femmes,mais ceux qui souffrent ds leur corps et ds leur esprit ne sont pas assez entendus et compris,faudra t il attendre qu'il y ait un depute victime pour que la loi change :?:  :?:  :?:

il y a aussi matiere a discussion a matiere de prescription :cry:

enormes bisous a tous et a toutes
pretty

#6 Février 22, 2015, 08:20:47 AM Dernière édition: Juin 30, 2015, 07:41:29 PM par fr69
Bonjour Alexandra

Vu l'ancienneté du POST j'ai longuement hésité à répondre. Bien entendu si ton profil indiquait que tu ne te connectais plus je n'aurais pas répondu. Ensuite j'ai hésité sur la manière de répondre. Sur le POST ou par un MP. Mais considérant que tu avais choisie à l'origine de mettre ton témoignage sur une partie publique et qu'en plus tu as avais choisi un titre provoquant auquel tu ne crois pas toi même, j'ai pensé qu'une réponse sur le POST serait plus appropriée pour les autres, qui comme dans ton cas se sont dit, ou à qui on a dit que "ce n'était que des attouchements"

Je sais que depuis le temps tu as pu "travailler sur toi même" pour guérir (si ce mot a un sens), et si à l'époque tu avais déjà fait le plus gros, alors à combien plus forte raison aujourd'hui. Mais je sais aussi que parfois encore, tu ne vas pas bien du tout (ou du moins je crois le deviner par certaines de tes expressions aux réponses que tu publie pour les autres)

Citationje sais qu'il ne s'agit pas "que" d'attouchements et qu'un abus sexuel est un abus, peu importe la forme
Je suis bien d'accord avec toi. Je n'utiliserais pas le terme abus, mais le terme violence. Ces attouchements étaient une forme de violence sexuelle. Dans certains cas de simples regards même sans aucun contact sont déjà une forme de violence sexuelle. Je suis bien placé pour savoir que ces différentes formes de violence sexuelles engendrent toutes une profonde souffrance. La nature de la souffrance n'est pas exactement la même en fonction de la nature de la violence, mais pourtant si proches.

CitationJ'avais l'impression de mourir à petit feu de la douleur que j'avais à l'intérieur
C'est quasiment mot pour mot la manière dont j'ai décri à ma psy, ce que je ressentais pendant la période du collège, avant de me dire à l'époque que cette sensation était fausse, impossible.

CitationJe n'ai pas dormi une seule nuit correctement. Je pleurais sans même savoir pourquoi. J'ai fait une dépression
Faire une dépression, n'est-ce pas logique ? Depuis le début de mes problèmes je suis en dépression plus ou moins grave, diagnostiquée une seule fois, mais elle est encore là. Ne pas dormir une seule nuit correctement ? A l'époque je ne sais plus. Peur du noir, peur de se lever la nuit pour aller aux toilettes et attendre que le chat passe dans le coin pour l'attraper, et ne pas y aller seul, sachant que peureux comme il l'était si il y avait un danger il m'avertirait (c'était mon raisonnement), somnambulisme. Et aujourd'hui que la mémoire est revenue, cauchemars, insomnies... Pleurer sans savoir pourquoi ? Peut être même sans avoir l'impression d'être triste ? C'est devenu un quotidien

Nos histoires sont très différentes, mais le résultat est très similaire. J'espère que ceux qui osent employer des expressions telles que "pourquoi tu te plains tu n'as pas été violé(e)" ou "ce n'est pas si grave, ce ne sont que des attouchements" réaliseront à quel point ils sont cruels dans leurs paroles et complètement à coté de la plaque.

Citationje me demande si je n'aurais pas préféré qu'il aille plus loin. Ca peut choquer ce que je dis
Non cela ne me choque pas. J'ai exactement les mêmes pensées. Si cela avait été encore plus loin à treize ans par exemple, j'aurais été dans un état tel qu'il aurait été impossible au corps enseignant de cacher ce qui c'était passé. J'étais dans un sale état, j'ai frôlé la mort, mais pas d'assez prêt puisque j'ai pu survivre sans voir un médecin. Donc oui, je regrette dans un sens que ce ne fut pas pire

Citationje ne méritais pas le status de victime, le droit d'obtenir de l'aide et un support
C'est aussi un peu pour cela que je répond quand même à ce vieux POST. Ne pas te répondre, avec la fréquence à laquelle tu te connecte, serait à mes yeux comme de dire que tu ne mérite, ou n'as pas le droit, ou n'as pas le besoin d'un support. Certes, tu es maintenant dans une phase inverse ou tu t'efforce d'aider les autres, mais bien que je sois loin d'avoir lu encore tous les POST, je perçois parfois une certaine souffrance dans tes propos, je me demande jusqu'à quel point au fond de toi, tu n'as pas encore la fausse impression de ne pas avoir droit à un support
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser