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Témoignages de Victimes et de Proches => Témoignages de victimes visibles par tous => Discussion démarrée par: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM

Titre: Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
Bonjour,
J'ai besoin de parler, peut-être de partager avec des personnes ayant vécu une histoire similaire. Pour autant, je ne me sens pas légitime. J'ai l'impression de ne pas avoir le droit de me plaindre, qu'il ne s'est rien passé de grave, qu'il y a tellement pire. Malgré tout, sous couvert d'anonymat, je vais venir raconter ma petite vie insignifiante.

Cela faisait quelques temps que je discutais avec l'ami d'un ami. En toute amitié, sans ambiguïté, du moins, je pensais qu'il avait bien compris que je ne voulais rien de plus. Au fil d'une conversation et suite à des questions assez indiscrètes et malgré tout insistantes de sa part, je lui avais fait savoir que je n'ai aucun comportement sexuel, que je n'ai jamais touché qui que ce soit et que personne ne m'a jamais touchée. Et que je n'en avais jamais eu envie. C'était donc clair pour moi qu'il ne devait pas s'attendre à quoi que ce soit d'autre qu'une simple amitié.

Ainsi, lorsqu'il m'a invitée à diner chez lui, je ne me suis pas méfiée. Je me suis dit, c'est cool, c'est l'occasion de me faire un nouvel ami. Je pensais simplement passer 2-3 heures avec lui et rentrer rapidement chez moi. C'était un petit logement, très bordélique, on a finalement mangé assis par terre sur un tapis posé à côté du lit. Ma foi, pourquoi pas. J'étais très mal à l'aise et il le voyait bien. J'étais même complètement stressée. Il a avancé une main vers moi, demandant s'il pouvait toucher mes épaules. J'ai accepté. Je suis quelqu'un de toujours très stressée, très tendue, les muscles de mon dos et de mes épaules sont donc extrêmement durs à force d'être toujours sous tension. Remarquant cela, il m'a dit qu'il connait une technique pour détendre les muscles et m'a donc proposé un massage. J'étais vraiment très mal à l'aise mais je ne pouvais pas refuser... Je l'ai laissé faire. Et je dois admettre que sa technique fonctionne très bien : pour la première fois depuis des années, mon dos était vraiment détendu. Et moi aussi, du coup. Comme à moitié shootée par les endorphines. Je ne savais plus ce qu'il se passait.

Je me suis donc laissée faire lorsqu'il m'a embrassée. Peut-être à cause de cette détente inhabituelle. Ou sans doute à cause d'un violent manque affectif qui me bouffe au quotidien, cette dépression qui me tiraille depuis des années, et la solitude pesante puisque, suite au confinement, j'avais perdu mon emploi et ne voyais presque plus personne. Peut-être son absolue confiance en lui qui le rendait intimidant, presque effrayant. Ou juste la surprise. Son lit étant juste à coté, il a pu me poser dessus avant même que je ne réagisse. J'ai alors commencé à le repousser, lui demandant quel est son plan. Il m'a assuré qu'il n'y a pas de plan et que ça n'ira pas plus loin. J'ai alors laissé faire. Malgré moi, de par ce coeur criant famine, j'appréciais le contact de ses lèvres et de ses mains. Je l'ai seulement arrêté lorsqu'il a commencé à s'attaquer à mes sous-vêtements. Je l'ai repoussé, lui disant que je ne voulais pas aller plus loin. Des calins et des bisous s'il le souhaite, mais rien de plus. Il me dit qu'il a compris.

Malgré tout, il finit par se déshabiller. Il prend ma main pour l'amener vers son entrejambe. Je retire ma main aussitôt, et lui dit une fois de plus que je ne veux pas de ça, que sa bite, je ne veux pas la toucher, ni même la voir. Il fait semblant de laisser tomber, il me caline deux-trois minutes puis il réssaye. Je refuse à nouveau. A ce stade là, j'aurais du me lever, prendre mes affaires et me casser d'ici. Je ne comprend pas pourquoi je suis restée. Ses calins, sans doute. J'avais tellement besoin d'affection. Pour tout vous dire, j'en étais à un stade où, quelques jours plus tôt, le contact du stéthoscope du médecin dans mon dos m'avait fait un bien fou tant j'étais en  manque de contact humain. Alors comment résister? Je suis restée. Il a insisté. Encore et encore. Six ou sept fois, il tentait de me foutre sa bite dans la main, je refusais et il insistait encore. Il disait que je lui devais ça. Qu'il m'avait fait plaisir avec ses calins, et que je devais donc lui faire plaisir en retour. Que ca doit etre donnant-donnant, et que je ne peux pas juste prendre sans donner. J'ai fini par céder. J'ai fini par faire ce qu'il voulait. En m'y prenant comme un pied, puisque je n'avais jamais vu de bite de ma vie, pas même en photo. Il a alors commencé à me toucher l'entre-jambe également. Là encore, je le repoussais. Il a alors bloqué mes mains. Il est bien sûr beaucoup plus fort que moi, et il arrivait à bloquer mes deux mains avec une seule de ses mains, pour continuer à me toucher avec l'autre. Je le repoussais avec mes jambes en le suppliant "non! Arrête! Je ne veux pas de ca, arrête, s'il te plait!!". Il bloquait tout mon corps pour pouvoir continuer, me lachant simplement "tu crois vraiment que je vais arrêter?". Je le suppliais, j'essayais de le repousser, de libérer mes mains, mais rien à faire. Bon, évidemment, il a fini par se rendre compte que j'ai mes règles. Avec le recul, c'est sans doute le seul point qui l'a empêché d'aller plus loin. Mes supplications, il n'en avait rien à faire. Il m'a relachée, j'ai voulu me lever et partir. Mais il m'a rattrapée, me serrait dans ses bras. Il me parlait à nouveau avec gentillesse, me calinait, me disait que tout va bien. Il essayait de me persuader que j'aimais ca, puisque mon corps réagissait. Des réactions purement mécaniques, mais il prenait ca comme pretexte pour essayer de me faire croire que j'en avais envie. Il m'a gardée dans ses bras et m'a recouchée sur le lit. J'étais totalement docile, une brave poupée malléable à loisir. Encore quelques calins, une tendresse imaginaire, et je baissais à nouveau ma garde. Mais il ne comptait pas s'arrêter là pour autant. Il m'a dit qu'il a bien l'intention de jouir. Il se frottait contre moi, ou faisait des mouvements de va-et-viens comme s'il me baisait. J'étais vraiment mal à l'aise, mais je le repoussais à peine. Je le poussais sans force, sans conviction, je me contentais de tourner la tête et de fixer le mur. Il a fini par me demander de le sucer. J'ai refusé. Ca m'avait déja assez dégouté d'y toucher avec la main. Il a insisté. J'ai refusé. Il a redemandé. Cinq fois. Me gratifiant d'un "si tu me suces, ca sera fini et je te foutrais la paix", ce qui montre bien qu'il avait bien conscience que je ne voulais pas de ca. Il a fini par me foutre sa bite devant le visage, insistant pour que je la prenne en bouche. Vision d'horreur. Je me suis retrouvé roulé en boule sur son lit à le supplier d'arrêter tout ça. Il riait gentiment et me prenant dans ses bras, me disant que tout va bien et qu'on ne fait que profiter d'un moment ensemble. Il m'affirmait qu'on apprécie ça tout les deux et que je n'ai aucune raison d'être aussi mal à l'aise. Après m'avoir à nouveau calmée, il m'a remit sa bite dans la gueule ,et j'ai fini par céder. Evidemment, je ne savais pas comment faire, mais je ne pouvais plus fuir. Malgré tout, puisqu'il en a eu marre que je ne sache rien faire, il a fini par s'en occuper tout seul et s'est branlé sur moi. A la limite, tu ne pouvais pas faire ca directement au lieu de me forcer à toucher?!

Malgré tout, je ne suis toujours pas partie. Il m'a effectivement foutu la paix après ca, mais je suis restée chez lui. Sur le coup, je ne savais pas quoi penser de tout ça. J'avais envie de me dire que tout va bien, et qu'après tout, c'est juste un moment de tendresse partagée. Qu'il fait ça parce que je lui plait, qu'il m'apprécie. Je suis finalement rentrée chez moi presque une heure après.

Ce n'est que le lendemain que j'ai réalisé ce qu'il s'était passé. J'ai commencé à me sentir vraiment mal, à angoisser. Je revoyais encore son paquet immonde qu'il me mettait de force devant la tronche. J'en ai finalement parlé à quelqu'un, qui m'a dit que ce gars est un parfait connard et que je ne dois plus jamais le revoir. Je suis restée plus ou moins prostrée sur moi même pendant quelques jours. Malgré tout, il me parlait tous les jours. Pas grand chose, juste la conversation de base.... salut, comment vas tu, quoi de beau.... Il me disait qu'il avait hate de me revoir. Au final, dans ma tête, c'était le bordel. Les premiers jours, j'étais totalement chamboulée, mais après quelques jours, j'ai fini par me persuader que tout allait bien. Que s'il avait agit ainsi, c'est juste parce que mon refus n'avait pas été assez clair. Après tout, j'acceptais ses calins et ses caresses, alors comment pouvait-il comprendre que je ne voulais rien de plus? Et puis, j'ai fini par céder, après tout, alors c'est de ma faute. Il me parlait tous les jours, de façon bienveillante, alors j'ai fini par me dire qu'après tout, c'est juste que je lui plais beaucoup, et que tout ca n'est finalement qu'un début un peu précipité mais néanmoins pas anormal pour une potentielle relation amoureuse. Je n'étais clairement pas amoureuse de ce type, mais à ce stade, j'étais prête à m'en persuader juste pour justifier tout ca. Me dire que c'était normal. Que ce n'était que de l'affection. Pourtant, je sentais une angoisse inexpliquée monter en moi chaque fois que je voyais son nom s'afficher sur mon écran. A un stade, j'osais à peine me connecter à Messenger, de peur de recevoir un message de sa part. J'avais peur qu'il me parle, et pourtant, j'arrivais à me persuader que tout cela avait été une relation consentie, voulue, menée par la tendresse et l'affection de deux personnes qui s'apprécient beaucoup.

J'y suis donc bêtement retournée lorsqu'il m'a invitée à nouveau. Et bien sûr, cette fois, il est allé jusqu'au bout. Je ne me suis même plus défendue, je ne l'ai pas repoussé, je l'ai simplement laissé faire en me persuadant que j'en avais envie aussi. Pourtant, aucun plaisir. Juste un profond dégout, une violente culpabilité. Le sentiment d'être une "fille facile". Le dégout d'avoir laissé ma première fois à ce mec, qui a fini par me foutre à la porte aussitôt sa bite fatiguée. Bien sûr, maintenant qu'il a eu ce qu'il voulait, il ne me parle plus.

Ce n'est qu'après ce deuxième épisode que j'ai fini par comprendre ce qu'il s'était passé dans ma tête. Que je m'étais simplement persuadé qu'il s'agissait d'un début de relation de couple normale et consentie, simplement pour ne pas accepter l'idée d'avoir été forcée. Je ne supportais pas l'idée d'une agression sexuelle, et lorsqu'une autre personne à qui j'ai raconté cette histoire m'a dit le mot viol, j'ai finalement fini par défendre le mec, en disant que non, bien sûr que non, ce n'est pas un violeur et ce n'était pas un viol, le pauvre n'a juste pas compris que je ne voulais pas. Je reste encore persuadée que c'est de ma faute. Coupable de ne pas avoir su me défendre, coupable d'avoir répondu à ses baisers et ses calins, coupable de ne pas avoir été plus ferme dans mes refus. Et, surtout, coupable d'être retournée chez lui. Comment pourrais-je me prétendre victime alors que je suis retournée chez lui ? Je me sens juste profondément coupable. Et profondément sale. Je ne peux que m'en vouloir. Après tout, c'est moi qui suis retournée chez lui, de mon plein gré. Alors comment puis-je prétendre que je ne le voulais pas? Je ne peux pas dire qu'il m'a forcée. Au final, je ne suis pas victime. Je ne sais même pas si ca peut être qualifié d'agression sexuelle. Du forcing, oui, mais peut-être rien de plus.

Alors, de quoi est-ce que je me plains? C'est arrivé début juin, et depuis, je suis incapable de penser à autre chose. De me concentrer sur quoi que ce soit. De travailler, d'etre efficace. Je ne fais que ressasser sans cesse cette histoire. Je me sens sale et coupable. J'ai le sentiment de n'être absolument pas légitime à me plaindre. Après tout, il ne s'est rien passé de grave, les gens à qui j'en parle le confirment. Ca arrive à tout le monde et je n'ai aucune raison de m'en plaindre. Il y a tellement pire. Des gamines qui se font violer par leur père. Et moi, je suis traumatisée pour une pipe. Pourtant, je n'arrive pas à me débarrasser de ces angoisses. Je n'ose même plus circuler dans le coin où il habite. Je suis mal à l'aise en présence de mes amis et refuse le contact physique. Je ne pense qu'à ça, je ne parle que de ça, je reste bloquée là dessus sans réussir à passer à autre chose. Ca me hante et ca me bouffe, et surtout, surtout ,ce sentiment de culpabilité, cette sensation d'être si sale et coupable, c'est pire encore que ce qu'il m'a fait. Ce n'est même pas à lui que j'en veux, c'est à moi même. Je m'en veux d'avoir laissé faire tout ca. D'être retournée chez lui. J'en ai parlé à quelques inconnus sur internet, car j'ai le besoin de faire sortir tout ca, mais je reste incapable d'en parler à mes amis ou mes proches. J'ai beaucoup trop honte, j'ai peur de ce qu'ils pourraient penser de moi. J'ai l'impression qu'ils seraient tellement déçus, dégoutés de moi.

Comment se pardonner? Comment penser à autre chose? Tourner la page?

Je ne sais pas trop comment oublier. Alors j'en parle, encore et encore. Ce message est beaucoup trop long pour que quiconque ai envie de le lire. Je n'avais clairement pas besoin de m'attarder autant sur les détails, j'aurais pu résumer ca en cinq lignes. Mais, justement, c'est le fait de tout détailler qui fait du bien... Parler, parler de chaque chose, de chaque instant, de chaque blessure. Qu'importe si ca parait impudique. Vive l'anonymat.

Et je culpabilise encore, car mon histoire est si insignifiante par rapport à ce que d'autres ont pu vivre....
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Alexandra le Juillet 29, 2020, 03:19:57 PM
Bonjour et bienvenue,
Ton histoire n'est pas insignifiante et je comprends le besoin de donner des détails pour essayer de comprendre toi-même certainement autant que pour expliquer aux autres.
Il y a clairement eu une agression sexuelle la 1ère fois, un traumatisme qui a été créé. Pour moi, ça explique peut-être pourquoi tu es retournée. Peut-être, que inconsciemment, tu as pensé que si tu y retournais et que tu étais consentante, la 1ère fois ne serait plus un abus et tu pourrais vivre avec. Tu as été une victime et tu dois te pardonner.
Si possible, je te conseille d'essayer de voir une psy pour t'aider à avancer. Tu es aussi la bienvenue d'écrire ici aussi souvent que tu en as besoin si ça t'aide d'écrire.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Juillet 29, 2020, 03:40:52 PM
Merci beaucoup pour ton accueil, et pour ta réponse.

Je pense effectivement que j'ai tenté de tourner ça en quelque chose de positif. Je refusais l'idée d'avoir été abusée, je cherchais à lui trouver des excuses, à me persuader qu'il n'avait pas pu comprendre mon refus, je cherchais à me persuader que ça reste un mec bien et que c'est finalement peut-être juste une forme d'amour, une histoire de couple (bien que je n'étais pas du tout amoureuse de lui). Donc, avoir une relation plus ou moins consentante avec lui pouvait finalement permettre de transformer un abus en quelque chose de voulu, pour ne pas avoir à me dire que j'avais été abusée, pour que mon premier contact avec un homme ne reste pas un traumatisme. Mais au final, ça a tout empiré. Au final, je pense que j'aurais préféré me dire que ce n'est pas de ma faute et que j'ai été victime, plutôt que de devoir assumer la responsabilité de cette histoire, et me sentir coupable.

Je n'ai pas les moyens de voir un psy (difficile pour les jeunes diplômés de trouver un emploi en pleine crise Covid :( ), et, honnêtement, je ne suis pas persuadée que ça aide vraiment... Un psy, c'est généralement 30 minutes toutes les 2-3 semaines, est-ce qu'on a vraiment le temps de parler ?
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Juillet 30, 2020, 04:04:11 PM
Bonjour,

Citation de: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
Et je culpabilise encore, car mon histoire est si insignifiante par rapport à ce que d'autres ont pu vivre....

Il n'y a pas d'histoires insignifiantes.

Citation de: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
Je me suis retrouvé roulé en boule sur son lit à le supplier d'arrêter tout ça. Il riait gentiment

Ce sont tes mots, est-ce que tu vois le problème? Si tu me vois embrasser de force une fille dans la rue et qu'elle supplie d'arrête et que tu me vois rire, penseras-tu que je suis gentil? ou quoi?

Citation de: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
j'ai finalement fini par défendre le mec, en disant que non, bien sûr que non, ce n'est pas un violeur et ce n'était pas un viol, le pauvre n'a juste pas compris que je ne voulais pas. Je reste encore persuadée que c'est de ma faute.

Tu penses que quand une fille supplie d'arrêter, ce n'est pas un signal assez clair?

Même si tu ne peux pas voir un psy, tu as besoin de t'exprimer, n'hésite pas à écrire ici tout ce qui te passe par la tête, même des recette de crêpes normandes (les seules vraies crêpes).

Courage à toi.
Titre: Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Juillet 30, 2020, 04:22:45 PM
Je peux avoir une crêpe, s'il vous plait  :'(

Citation de: Anayl le Juillet 30, 2020, 04:04:11 PM
Ce sont tes mots, est-ce que tu vois le problème? Si tu me vois embrasser de force une fille dans la rue et qu'elle supplie d'arrête et que tu me vois rire, penseras-tu que je suis gentil? ou quoi?
Disons que ca participe à mon incompréhension de la situation. Ses actes étaient mauvais, mais il restait pourtant doux et  tendre? Il insistait et me faisait presque du chantage, mais sans agressivité, sans hausser le ton. Il m'immobilisait physiquement mais sans me faire mal, sans violence. Ce n'était pas un rire d'amusement ou de sadisme, mais un rire doux qui se voulait rassurant. De façon générale, il essayait de me rassurer et de me détendre, de me mettre en confiance. Il n'a pas eu un comportement "de méchant". C'est pour ça que je me persuade qu'il n'a juste pas compris mon refus.... qu'il s'est dit que j'étais simplement mal à l'aise et qu'il fallait me pousser un peu pour que je me "décoince".
Je répondais à ses baisers et à ses calins, je le gardais dans mes bras, je le repoussais uniquement quand il s'agissait de contacts sexuels, donc ce n'était pas clair pour lui. J'aurais du le repousser en bloc dès qu'il m'a embrassée. Là, j'étais un peu entre deux eaux, il ne pouvait donc pas comprendre. Il a du se dire que je le repoussais par jeu, comme ça se fait beaucoup.

Je te remercie pour ton message.
Titre: Re : Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Juillet 30, 2020, 06:19:13 PM
Citation de: Cytosine le Juillet 30, 2020, 04:22:45 PM
Ses actes étaient mauvais, mais il restait pourtant doux et  tendre? Il insistait et me faisait presque du chantage, mais sans agressivité, sans hausser le ton.

Si je poignarde quelqu'un sans hausser le ton, diras-tu que mon acte était mauvais mais que je reste gentil?

Citation de: Cytosine le Juillet 30, 2020, 04:22:45 PM
je le repoussais uniquement quand il s'agissait de contacts sexuels, donc ce n'était pas clair pour lui. J'aurais du le repousser en bloc dès qu'il m'a embrassée. Là, j'étais un peu entre deux eaux, il ne pouvait donc pas comprendre. Il a du se dire que je le repoussais par jeu, comme ça se fait beaucoup.

Quand la fille repousse le mec "par jeu", elle ne supplie pas, généralement, elle rigole, là tu as montré une opposition quand il franchissait les limites.

Si ça arrivait à une amie à toi, prendrais-tu aussi la défense du mec?

Je ne sais pas si c'est un violeur, je ne suis pas avocat (ni journaliste qui sait tout), mais je sais que c'est un connard.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Alexandra le Juillet 31, 2020, 04:01:59 PM
Ton message était clair. Selon où tu habites, tu peux parfois avoir accès à un psy gratuitement pour quelques séances. Ici, les séances de psy sont 50 minutes mais je n'habite pas en France. Comme Anayl l'a dit, ce forum est toujours ouvert pour toi. Tu peux parler de ce que tu veux :)
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 05, 2020, 04:47:13 PM
Merci encore à vous deux.
Je reste complètement perdue dans ce que je pense et ressens. J'aimerais me dire que ce n'est pas si grave, que ce n'est rien de mal, et tourner la page, mais rien à faire faire, j'y pense encore et encore, constamment, nuit et jour.

Je ne peux plus passer une journée avec ma famille ou mes amis et avoir un comportement normal. Je vais finir à un moment où un autre par m'enfermer dans le silence, sans plus pouvoir parler, à juste ressasser encore et encore ce fichu souvenir. Je suis mal à l'aise avec mes amis, je suis mal à l'aise avec le contact physique. Je rêve de ce gars quasiment chaque nuit et je me réveille épuisée, dégoûtée.

Je ne sais plus si j'ai besoin de me persuader d'être une victime pour pouvoir me pardonner et m'accepter ou si, au contraire, je dois me placer comme coupable pour refouler le traumatisme. J'ai l'impression que, plus je m'enfonce dans un statut de victime, plus je me sens mal, plus je me conforte dans mon mal-être et mes angoisses, et peut-être que je finis par déformer mes souvenirs pour qu'ils soient pires encore et justifient les accusations que je porte sur ce mec.
Peut-être que, au contraire, je dois me persuader qu'au final j'en avais envie, et qu'il fallait bien commencer quelque part, avoir une expérience un jour, pour oublier ces débuts forcés et traumatiques et me persuader que tout va bien, que je vais bien.

Je pense que la situation serait plus facile si ça avait été un parfait inconnu, ou simplement quelqu'un d'autre.

Bon. Je vais encore raconter ma vie, au point où j'en suis. Rien à voir avec l'abus, et je me doute que ca n'intéresse personne, mais ca fait toujours du bien à écrire.
Ca fait quelques années que je suis dépressive et suicidaire. Je n'ai aucune estime de moi, je me méprise au plus haut point, je suis constamment négative et pessimiste, incapable de voir la bonne part des choses, incapable de croire en l'avenir, ne serait-ce que de m'imaginer un futur. La seule raison pour laquelle j'étais encore en vie, c'est le fait que ma mère m'ai fait promettre de ne jamais lui infliger ca. Pour autant, je n'avais plus l'intention de continuer plus longtemps, et j'avais décidé que 2020 serait ma dernière année.
Mais, c'est tout con, il suffit parfois d'une rencontre pour tout changer (en bien ou en mal). En Janvier, je fais la rencontre d'un nouveau collègue (appelons le S.). De part sa philosophie, son soutien, ses conseils, son affection ou simplement la sincérité d'un sourire pur, il a tout changé en moi. Pour la première fois de ma vie, j'ai eu le sentiment de vouloir vivre, de vouloir construire mon avenir, de vouloir croire en moi et m'aimer. Pour la première fois, je me suis rendue compte que je pouvais également aimer. Ses paroles, son soutien et sa bienveillance, ou simplement l'amour irraisonné que je lui porte, ont suffit à illuminer une vie que je pensais pourtant impossible à sauver.
Désormais, tout ce qui compte pour moi, c'est de pouvoir continuer à lui parler chaque jour, à le voir aussi souvent que possible, à passer du temps avec lui et créer avec lui des souvenirs uniques. Il me propose même de voyager ensemble (après la crise Covid...), découvrir de nouvelles choses, vivre des expériences qui me changeraient bien de mon quotidien morne, moi qui n'ai plus voyagé où que ce soit depuis les voyages scolaires du lycée. Mais quand il me propose de voyager ensemble, ce n'est bien sûr pas en tête à tête, ce serait un voyage entre amis. Notamment, avec l'un de ses amis les plus proches avec qui il explore le monde depuis sept ans. On va l'appeler T., et ce gars, c'est celui dont je parle dans mon premier message.
A la base, si je voulais devenir amie avec ce gars, c'était aussi une manière de me rapprocher de S., surtout dans l'optique de partir avec eux en exploration.
Evidemment, mon ami S. n'est pas du tout au courant de cette histoire. Du moins, si T. lui a raconté quelque chose, il lui aura bien sûr dit que j'étais tout à fait consentante. Il doit être si déçu de moi.

Mais, bien sûr, je ne peux pas parler de cette histoire à mon ami. J'aurais bien trop honte, j'aurais bien trop peur qu'il soit dégouté de moi, ou tout simplement qu'il ne me croie pas, au final. Entre ma version et celle de son ami, pourquoi croirait-il la mienne? Il est bien plus proche de cet ami que de moi.

Du coup, quand, la dernière fois que j'ai vu mon ami, il m'a dit "tiens, la prochaine fois, on se fait une sortie avec T.!", j'ai simplement grincé des dents sans répondre. J'ai vraiment envie (et besoin?) de voir mon ami. Pour tout ce qu'il m'apporte, parce qu'il est le seul à pouvoir me donner envie de vivre, et parce que grace à ce cher virus, je me retrouve plongé dans une certaine solitude depuis Mars qui, comme je l'ai déja expliqué, a un peu tendance à me rendre dingue. J'ai vraiment besoin de voir cet ami.

Mais, du coup, que suis-je censée faire si voir mon ami implique également de fréquenter l'autre? J'angoisse à la seule vision de son nom, je me sens mal dès que je pense à lui, j'enchaine les cauchemars, les crises d'angoisse, mais je vais devoir continuer à fréquenter ce mec et à faire comme si de rien n'était en sa présence. Peut-être partir en vacances avec lui. Pour l'instant, le gars est trop occupé, je peux encore voir mon ami seul. Mais un jour où l'autre, je vais devoir affronter ça.

Alors, comment faire? Me persuader que ce gars est une ordure, et malgré tout faire bonne figure devant lui et faire semblant de l'apprécier? Ou dois-je me persuader qu'il n'y est pour rien, que c'est moi qui ai un problème et suis fautive, et donc ainsi pouvoir m'obliger à continuer à le voir? Il resterait alors à assumer la honte profonde de ce que j'ai pu faire..... et la frustration du mépris total de ce gars envers moi.

Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi foutre de mes idées et pensées.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PM
Bonsoir

Quelques réflexions personnelles en lisant ton message, tu es libre de les écouter ou non, je ne suis qu'une personne comme une autre.

Tu parles sans arrêt de "se persuader", je pense que les choses sont plus simples. Elles sont ou ne sont pas, mais on peut pas les décider.

Pour le reste, je pense qu'il faut peut-être que tu fasses le point sur la façon dont tu vois le sexe. En quoi le fait d'avoir couché avec un homme te rend "moins bien" aux yeux de S. En quoi c'est décevant? Sans compter que tu n'es pas dans la tête de S, et tu ne sais pas ce qu'il en pense non?

Si tu veux savoir si T. a parlé, tu as deux façons : demander à T. (mais il pourrait mentir) ou demander à S. (mais tu devras le lui dire).

Sinon, ils sont amis proches à quel point?

Et au finale, une question à approfondir, tu dis que tu as de l'angoisse en pensant à T. etc, mais à quoi correspondent ces angoisses? A ce qu'il s'est passé entre vous deux? Ou au fait que tu as peur que S. soit au courant et qu'il t'abandonne?

Bon courage !

PS : moi aussi j'avais décidé que 2020 serait ma dernière année, j'avais même prévu comment mettre fin à mes jours, en me jetant sous le passage du RER A le soir de mon anniversaire de mes 50 ans (la veille de Noel) mais avec le covid je ne peux pas retourner facilement à Paris.
Titre: Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 05, 2020, 10:53:39 PM
Je te remercie pour ta réponse. Ce sont effectivement des réflexions intéressantes.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PM
Tu parles sans arrêt de "se persuader", je pense que les choses sont plus simples. Elles sont ou ne sont pas, mais on peut pas les décider.
Je suppose que l'on peut malgré tout modifier sa façon de voir les choses. Après tout, j'avais bien réussi à me persuader que ce mec est quelqu'un de bien et qu'il n'a juste pas compris mon refus.... Certes, ca ne change rien au fait, mais ca peut changer mon ressenti, je suppose.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMPour le reste, je pense qu'il faut peut-être que tu fasses le point sur la façon dont tu vois le sexe. En quoi le fait d'avoir couché avec un homme te rend "moins bien" aux yeux de S. En quoi c'est décevant? Sans compter que tu n'es pas dans la tête de S, et tu ne sais pas ce qu'il en pense non?
J'ai effectivement un problème avec le sexe, je le reconnais. J'ai un point de vue très moyennageux sur la question. Je m'en contrefiche de ce que font les gens et je ne juge pas du tout la vie sexuelle des autres. Au contraire, quand je vois mon frère enchainer les plans culs, je me dis qu'il a bien raison de profiter de sa jeunesse. Mais pour moi, je tenais à ma pureté et mon innocence. C'est un peu bête, mais je voulais garder ma virginité. Je n'avais aucune libido, je n'avais jamais eu le moindre désir, et ça m'allait très bien comme ça, je ne voulais pas que ça change.
Quant à mon ami, je ne sais pas concrètement ce qu'il en pense, mais il semble aussi être un peu "de la vieille école". On a déja discuté de la liberté des relations en France, il me disait qu'il ne comprend pas trop ces relations temporaires, les gens qui se séparent pour une dispute. Dans sa culture, on se marie puis on reste ensemble. Pas de relations éphémères, pas de plans cul. Du coup, même sans avoir abordé ce sujet en particulier, je reste persuadé qu'il serait déçu de moi s'il me voyait comme une fille volage qui s'envoie en l'air avec le premier venu, sans lendemain. Même si ce n'est pas du tout ce que je voulais... Je ne voulais pas du tout le toucher, ce mec. Mais bon, j'ai quand même fini par céder...

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMSi tu veux savoir si T. a parlé, tu as deux façons : demander à T. (mais il pourrait mentir) ou demander à S. (mais tu devras le lui dire).
Je ne parle plus à T.. Je me demandais s'il finirait lui par me reparler, mais je suppose qu'il a du se trouver un autre jouet (consentant, je l'espère...), et tant mieux. Je ne savais pas trop comment l'envoyer chier sans le vexer, et ca me stressait. Je ne peux pas demander à S., je n'ai vraiment pas envie de lui dire....
Mais je dois dire que j'ai peur de la façon dont il aurait pu parler de moi, s'il l'a fait. Il ne me respecte pas, il ne parlerait donc pas de moi avec respect.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMSinon, ils sont amis proches à quel point?
Au point de partir en vacances ensemble tous les ans?
Ils sont tous les deux arrivés en France il y a sept ans, ils ne connaissaient rien à la culture ni à la langue (d'ailleurs, encore aujourd'hui ils ont beaucoup de mal avec le français). Ils se sont retrouvés sur le même lieu de travail et, étant chacun un peu perdu dans ce pays inconnu, ils se sont naturellement rapprochés. Ils partagent la même langue et la même culture, comme un oasis de "terre natale" au milieu de l'hostilité de ce pays inconnu qui leur pose encore souvent problème (je viens tout juste d'avoir mon ami  au téléphone, il me dit encore qu'il en a vraiment marre de la France.... il compte donc partir, que vais-je devenir sans lui? T__T ok, là n'est pas le sujet, pardon). Du coup, forcément, ca rapproche. Ils passent beaucoup de temps ensemble, ils ont visité l'Europe ensemble... C'est important pour eux d'avoir quelqu'un à qui parler dans leur langue.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMEt au finale, une question à approfondir, tu dis que tu as de l'angoisse en pensant à T. etc, mais à quoi correspondent ces angoisses? A ce qu'il s'est passé entre vous deux? Ou au fait que tu as peur que S. soit au courant et qu'il t'abandonne?
Au début, j'angoissais simplement à l'idée qu'il revienne me parler. Après la première fois, j'avais peur d'ouvrir Messenger de peur d'avoir un message de sa part. De quoi avais-je peur? Je ne sais pas trop. Le seul fait de voir son nom, sa photo, ca m'angoissait, j'avais comme un accès de panique. Puis j'ai compris qu'il comptait me revoir et j'ai commencé à avoir peur vis à vis de ca, même si entre temps je m'étais auto-persuadé que je voulais le voir aussi. Je prétendais avoir envie de le revoir tout en ayant une sensation de panique chaque fois qu'il me disait bonjour.... Même juste croiser son nom lorsqu'il publie un truc sur les réseaux sociaux, ca m'angoissait sans raison....
Maintenant, je panique simplement en repensant à ce qu'il s'est passé, comme un traumatisme qui revient en mémoire. Je me sens mal, j'angoisse en me rappelant ce qu'il m'a obligée à faire. Je revois toujours cette même scène, quand il me fout sa bite devant la gueule en me demandant de le sucer... Je ne supporte pas cette vision, mais elle me revient toujours en tête.
Maintenant qu'il ne  me parle plus, je n'ai plus trop cette angoisse de devoir lui parler, mais, pourtant, je me sens toujours mal en voyant une notification sur messenger. Je sais très bien que ce n'est pas lui, surtout en semaine. Mais j'ai toujours une angoisse qui monte, et qui redescend seulement quand j'ai pu constater que ce n'est pas lui. J'ai quand même toujours peur qu'il revienne me parler et demande à me voir, même si je sais qu'il ne le fera pas, puisqu'il s'est déja lassé de son jouet.
Quant à S. , oui, j'ai terriblement peur qu'il soit au courant. Il ne m'abandonnerait pas. Il reste ouvert et bienveillant, il ne m'abandonnerait pas. S'il accepte que son ami proche enchaine les plans cul, il peut sans doute accepter que je couche une fois dans ma vie. Mais je ne sais pas, j'ai un peu peur de la façon dont son ami pourrait parler de moi, sans respect, en me faisant passer pour une chienne ou que sais-je. Ou simplement que mon ami soit déçu de constater que je ne suis pas la fille pure, intègre et attachée à l'amour qu'il pensait que j'étais. J'ai toujours prétendu que je ne coucherais que dans le cadre d'une relation amoureuse, et au final je me laisse faire par un mec qui ne m'adresse même plus la parole. Je ne sais pas, je suis très déçue de moi donc je suis persuadé qu'il le serait aussi.

En même temps, j'ai aussi un peu envie de le prévenir que son ami est un salaud et qu'il devrait le garder éloigné de ses amies.... Mais c'est justement vis à vis de ça que je me questionne. Suis-je vraiment une victime ou suis-je en partie coupable? C'est important d'éclaircir cela si je veux en parler à quelqu'un qui connaisse T.. Je ne veux pas lui faire une "mauvaise réputation" si c'est juste ma vision de la chose qui est biaisée. Je ne veux pas persuader S. que son ami est une ordure si c'est juste moi qui prend mal quelque chose qui était finalement normal.
Il y a une fille sur mon lieu de travail, à qui j'ai à peine parlé, qui m'avait dit avoir eu une mauvaise expérience avec T. et que je devrais me méfier. Elle devait travailler sous sa tutelle, j'en ai donc  déduit qu'elle me parlait juste d'une mauvaise expérience de travail. Par exemple, qu'il est impatient, peu pédagogue... Il m'a lui même confirmé qu'il s'énervait parfois après elle car elle ne suivait pas ses consignes et faisait donc des erreurs qu'elle aurait pu éviter en l'écoutant. Du coup, je n'ai pas cherché plus loin. Ca ne m'avait pas traversé l'esprit qu'il puisse potentiellement s'agir d'une "mauvaise expérience" plus grave que "il n'était pas sympa au taf". Mais j'ai repensé à ce qu'elle m'a dit après coup, et je me suis donc demandé s'il n'y aurait pas eu une histoire plus grave avec elle... Pour autant, je n'ose pas en parler à cette fille car, une fois de plus, j'ai peur d'accuser un homme qui n'est peut-être pas si coupable que ça..


Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMmoi aussi j'avais décidé que 2020 serait ma dernière année, j'avais même prévu comment mettre fin à mes jours, en me jetant sous le passage du RER A le soir de mon anniversaire de mes 50 ans (la veille de Noel) mais avec le covid je ne peux pas retourner facilement à Paris.
Ce n'est que le covid qui t'en empêche? Ou autre chose? Qu'est-ce qui t'amène à ça? Je ne sais pas si tu veux en parler, je ne devrais peut-être pas m'immiscer là dedans. Mais si jamais tu veux parler, discuter d'un point en particulier... Je ne sais pas.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
Il est supertard, et je pense être trop fatigué pour m'exprimer correctement et je ne veux pas te blesser.

Je vais me contenter de te poser quelques questions :

- si une fille que tu connais enchaîne les coups d'un soir, que penserais-tu d'elle?

- tu dis ne pas avoir de libido, est-ce différent maintenant? Et quand tu parles de pas de libido, parles-tu d'attirance envers les garçons? Ou également d'imaginaire érotique/masturbation?

- tu dis avoir raconté ton historie deux fois, dont la seconde fois à une personne qui a parlé de viol? ou est-ce à la même personne? c'est un homme ou une femme?

- as-tu beaucoup d'amis/connaissances avec qui tu parles ou te décris-tu comme solitaire?

- penses-tu que la fille du boulot qui t'a parlé de T. est en danger de se faire agresser par T. ?

- Si cette fille du boulot te disait que T. l'a caressée de force au boulot, mais qu'elle a pas osé dire non que penserais-tu d'elle? de T.?

- Si T. partait et qu'un autre garçon de sa culture arrivait, penses-tu que S. le prendrais comme ami?

- Pourquoi ne pas essayer de sortir et voir d'autres personnes, garçons ou filles?

Courage !
Titre: Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AM
Citation de: Cytosine le Août 05, 2020, 04:47:13 PM
Je ne sais plus si j'ai besoin de me persuader d'être une victime pour pouvoir me pardonner et m'accepter ou si, au contraire, je dois me placer comme coupable pour refouler le traumatisme. J'ai l'impression que, plus je m'enfonce dans un statut de victime, plus je me sens mal, plus je me conforte dans mon mal-être et mes angoisses, et peut-être que je finis par déformer mes souvenirs pour qu'ils soient pires encore et justifient les accusations que je porte sur ce mec.
Peut-être que, au contraire, je dois me persuader qu'au final j'en avais envie, et qu'il fallait bien commencer quelque part, avoir une expérience un jour, pour oublier ces débuts forcés et traumatiques et me persuader que tout va bien, que je vais bien.

Faire face à la vérité est douloureux mais ça fait partie du processus de guérison. Petit à petit, ça ira mieux.


CitationBon. Je vais encore raconter ma vie, au point où j'en suis. Rien à voir avec l'abus, et je me doute que ca n'intéresse personne, mais ca fait toujours du bien à écrire.
Ce forum est là pour pouvoir écrire car écrire, partager ce que l'on ressent aide. Donc n'hésite pas à écrire ici si ça t'aide.

CitationCa fait quelques années que je suis dépressive et suicidaire. Je n'ai aucune estime de moi, je me méprise au plus haut point, je suis constamment négative et pessimiste, incapable de voir la bonne part des choses, incapable de croire en l'avenir, ne serait-ce que de m'imaginer un futur.
Est-ce que tu est suivie par un médecin? Prends des anti-dépresseurs?

CitationMais, bien sûr, je ne peux pas parler de cette histoire à mon ami. J'aurais bien trop honte, j'aurais bien trop peur qu'il soit dégouté de moi, ou tout simplement qu'il ne me croie pas, au final. Entre ma version et celle de son ami, pourquoi croirait-il la mienne? Il est bien plus proche de cet ami que de moi.
Tu n'es pas obligée de lui parler maintenant mais je pense que ça serait une bonne idée à l'avenir si votre relation continue. Pour l'instant, peux-tu lui dire quelque chose comme "Je n'aime pas vraiment T./Je ne suis pas confortable quand il est là" pour ne pas devoir le fréquenter sans devoir tout raconter.

La honte est difficile à vaincre mais rappelle-toi, ce n'est pas toi qui doit avoir honte, c'est lui.


CitationAlors, comment faire? Me persuader que ce gars est une ordure, et malgré tout faire bonne figure devant lui et faire semblant de l'apprécier? Ou dois-je me persuader qu'il n'y est pour rien, que c'est moi qui ai un problème et suis fautive, et donc ainsi pouvoir m'obliger à continuer à le voir? Il resterait alors à assumer la honte profonde de ce que j'ai pu faire..... et la frustration du mépris total de ce gars envers moi.

Il est une ordure. Moi, je dirais qu'il est bien plus qu'une ordure mais un agresseur. Encore une fois, je te conseille de dire à S. que tu préférerais ne pas voir T. sans donner vraiment d'explication pour l'instant.


Titre: Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 11:38:37 AM
Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
- si une fille que tu connais enchaîne les coups d'un soir, que penserais-tu d'elle?
Je n'en penserais rien de spécial. Je ne juge pas ce que font les autres. Je ne juge que moi même.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
- tu dis ne pas avoir de libido, est-ce différent maintenant? Et quand tu parles de pas de libido, parles-tu d'attirance envers les garçons? Ou également d'imaginaire érotique/masturbation?
Je n'avais d'attirance envers personne, ni les filles, ni les garçons. J'avais un imaginaire érotique mais je ne me masturbais pas. Peut-être que dans le fond mon corps en avait envie et m'envoyait parfois des signaux sous forme de rêves, mais au niveau conscient, je bloquais totalement là dessus et la seule idée de me toucher me dégoutait.
Cette idée me dégoute toujours autant mais.... étrangement, mes hormones se sont "réveillées" suite à cette histoire et sont beaucoup plus présentes qu'avant. J'ai fini par y céder... tenter, explorer des trucs. Et je me dégoute encore plus. Je me dégoute de faire ça, mais, surtout, ce qui me dégoute, c'est le fait que ma libido qui était totalement morte s'est finalement réveillée suite à une relation que je ne voulais pas du tout. Comment le désir peut-il naitre d'un abus?!

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMtu dis avoir raconté ton historie deux fois, dont la seconde fois à une personne qui a parlé de viol? ou est-ce à la même personne? c'est un homme ou une femme?
Je l'ai raconté dès le lendemain à une fille à qui je parle très souvent sur internet. Je ne l'ai jamais rencontrée mais ca fait un moment que je lui parle, et je lui avais déja parlé de ce mec dont j'essayais de me rapprocher. Le lendemain, j'ai d'abord préféré ne rien dire, mais je me sentais tellement mal que j'ai fini par tout lui raconter en détail. Elle m'a dit que ce mec est un connard et que je ne dois plus jamais le revoir.
Je traine sur des groupes de discussion sur facebook, et une personne que je ne connaissais pas du tout a remarqué que j'avais besoin de parler. J'ai du laisser quelques sous-entendus sur mon état d'esprit sans mentionner ce qui était arrivé, elle est alors venue me parler en privé pour me dire qu'elle est à mon écoute si j'ai besoin de parler de quelque chose. J'ai fini par lui raconter l'histoire, et elle m'a dit que c'était un viol.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMas-tu beaucoup d'amis/connaissances avec qui tu parles ou te décris-tu comme solitaire?
Je suis solitaire, mais pas vraiment par choix. Je parle facilement aux gens sur internet, je suis très ouverte aux inconnus et j'adore discuter de tout. Des gens que je ne connais pas viennent aussi parfois se confier à moi. Mais en dehors du PC, c'est très compliqué. J'ai le sentiment de ne pas intéresser les gens, d'être trop fade et insignifiante pour pouvoir capter leur attention. J'essaye de me rapprocher des gens (camarades de classe, collègues de travail...), de proposer des sorties, de discuter, mais ca n'accroche pas de leur coté.... J'ai énormément de mal à établir des relations. Il n'y a que ce collègue (S.) que j'ai finalement réussi à apprivoiser, et qui m'apprécie beaucoup.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMpenses-tu que la fille du boulot qui t'a parlé de T. est en danger de se faire agresser par T. ?
Ce mec a démissionné en novembre et elle m'a parlé de ça en janvier. Ils ne sont plus en contact, ils ne se voient plus, et s'il l'invitait chez lui, je pense clairement qu'elle l'enverrait chier. Je ne sais pas si il l'a agressée avant, mais je pense qu'il n'y a plus aucun risque maintenant qu'il a démissionné. En plus, c'était pour un contrat court qui se termine mi-aout, il y a donc de fortes chances qu'il quitte la ville. Par contre, je ne sais pas s'il y a un risque pour ses futures collègues....

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMSi cette fille du boulot te disait que T. l'a caressée de force au boulot, mais qu'elle a pas osé dire non que penserais-tu d'elle? de T.?
Ca confirmerait que c'est bien le gars qui a un problème, et que ce n'est pas moi qui ai une mauvaise vision des faits. Le gars était plus ou moins son supérieur hiérarchique, et la fille semble très douce et timide, je me doute que s'il tentait quelque chose sur elle, elle n'aurait pas forcément la force de se défendre. Mais, contrairement à moi qui était stagiaire et devait donc rester au boulot jusqu'à 19h ou 20h, me retrouvant donc souvent en tête à tête avec mon tuteur de stage voire carrément seule, cette fille est technicienne et quitte donc les lieux vers 16h30. Aucun risque pour elle de se retrouver seule avec ce gars. Je me demande plutôt s'il l'a invitée chez lui.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMSi T. partait et qu'un autre garçon de sa culture arrivait, penses-tu que S. le prendrais comme ami?
Il a rencontré d'autres personnes de son pays entre temps et est généralement ami avec eux (bon, concrètement, ce mec est ami avec absolument tout le monde. Vraiment, toutes les personnes qui le rencontrent sont dingues de lui. Il est formidable, tout le monde l'aime). Mais rien n'égale sa relation avec T.. Quand T. est parti travailler dans une autre ville, S. l'a suivi. Puis T. est revenu ici, et S. l'a suivi à nouveau. Là encore, T. part bientôt, et S. va partir aussi....

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMPourquoi ne pas essayer de sortir et voir d'autres personnes, garçons ou filles?
Parce que je n'ai personne à voir? Je ne demande que ca, moi, voir du monde! (pas dans une optique amoureuse, juste amicalement). Mais encore faudrait-il que les gens veulent de moi.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
Courage !
Merci beaucoup.


Juste une question concernant l'emploi des mots "garçon" et "fille". J'ai tendance à utiliser ces termes pour designer de jeunes personnes (moins de 20 ans), je me demande si c'est le cas ici ou rien à voir? Le mec qui m'a agressée a 35 ou 36 ans, on est plus sur un "homme" que sur un "garçon" ^^'
Titre: Re : Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 11:43:18 AM
Citation de: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AM
Ce forum est là pour pouvoir écrire car écrire, partager ce que l'on ressent aide. Donc n'hésite pas à écrire ici si ça t'aide.
Merci beaucoup. Ca fait vraiment du bien d'écrire, en effet. Mais ca fait encore plus du bien d'être lue. Je vous remercie vraiment pour ce que vous faites ici, je suis bien contente d'être tombée sur ce forum. Merci pour votre temps, votre patience et votre générosité. Vraiment.


Citation de: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AMEst-ce que tu est suivie par un médecin? Prends des anti-dépresseurs?
Non, pas de médecin. Je songe à retourner voir un psy... Mais entre la crise covid qui tue le marché de l'emploi, et les angoisses qui tuent mon efficacité dans mes candidatures, je n'ai toujours pas de travail.... Je vais tenter une demande pour une mutuelle de solidarité ou quoi que ce soit qui puisse être accordé aux chomeurs, si ca ne prend pas de temps, je pourrais peut-etre profiter de ça pour voir un psy en attendant d'avoir un salaire.

Citation de: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AM
Tu n'es pas obligée de lui parler maintenant mais je pense que ça serait une bonne idée à l'avenir si votre relation continue. Pour l'instant, peux-tu lui dire quelque chose comme "Je n'aime pas vraiment T./Je ne suis pas confortable quand il est là" pour ne pas devoir le fréquenter sans devoir tout raconter.
Oui, je peux essayer de lui dire que je suis mal à l'aise avec son ami. Il va forcément me demander pourquoi. Il va vouloir des explications, d'autant qu'il est persuadé que je l'adore. On parlait souvent de lui avant que je n'aille chez T. pour la première fois, j'avais exprimé mon affection pour son ami. Et il sait que je suis allé chez lui. Donc il va forcément se poser des questions, et si je n'y répond pas, il va demander à son ami ce qu'il s'est passé... J'anticipe tout et ca m'angoisse. J'ai trop peur qu'il finisse par poser des questions. Et s'il pose des questions à T., le gars va juste me faire passer pour une salope qui cherche à foutre la merde.
Titre: Re : Re : Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 06, 2020, 02:23:30 PM
Citation de: Cytosine le Août 06, 2020, 11:43:18 AM
Oui, je peux essayer de lui dire que je suis mal à l'aise avec son ami. Il va forcément me demander pourquoi. Il va vouloir des explications, d'autant qu'il est persuadé que je l'adore. On parlait souvent de lui avant que je n'aille chez T. pour la première fois, j'avais exprimé mon affection pour son ami. Et il sait que je suis allé chez lui. Donc il va forcément se poser des questions, et si je n'y répond pas, il va demander à son ami ce qu'il s'est passé... J'anticipe tout et ca m'angoisse. J'ai trop peur qu'il finisse par poser des questions. Et s'il pose des questions à T., le gars va juste me faire passer pour une salope qui cherche à foutre la merde.

Je suis du même avis qu'alexandra, tu devrais parler à ton ami S. mais avant, je vais te demander de faire quelque chose de bizarre :

Réécrire ton histoire, ce qu'il s'est passé chez T. mais avec deux axes uniquement :
1) Les faits précis
2) Ce que tu as ressenti

En occultant totalement les présuppositions que tu fais tout le temps de ce que pensent les gens de toi ou de ce que tu fais.

Je te demande ça parce que je pense que ça t'aidera d'y voir clair dans cette historie avant d'en parler à S.

Sinon, concrètement tu cherches du boulot dans quel secteur? Tu as quoi comme diplôme? Juste pour t'aider à te remotiver dans tes recherches d'emploi.

PS si tu intéresses les gens sur internet, il n'y a pas de raisons que tu ne les intéresses pas dans la vraie vie.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 02:46:05 PM
Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 02:23:30 PM
Je suis du même avis qu'alexandra, tu devrais parler à ton ami S.
Je n'arriverais vraiment pas à lui en parler. Déja, parce que j'ai beaucoup trop honte de ce que j'ai fait. Et aussi car j'ai malgré tout peur d'accuser ce mec "pour rien", d'avoir une vision faussée des choses. Je ne veux pas qu'il s'imagine que je raconte des conneries, que je diffame, que je cherche à foutre la merde...
J'hésite à en parler avec cette fille à qui j'ai parlé au travail. Si elle a aussi eu des problèmes (hors travail) avec T., ca confirmerait qu'il y a effectivement un problème avec lui et que ce n'est pas moi qui ai une mauvaise vision de la chose. Mais j'ai très peu parlé à cette fille et je ne lui ai jamais parlé en dehors du travail, j'ai donc peur que ce soit déplacé, malpoli, de lui envoyer un message demandant de but en blanc ce qu'il s'est passé avec ce mec.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 02:23:30 PMSinon, concrètement tu cherches du boulot dans quel secteur? Tu as quoi comme diplôme? Juste pour t'aider à te remotiver dans tes recherches d'emploi.
Mon soucis, c'est que j'ai juste un master en biologie. Ca ne vaut rien. Pour avoir un travail en biologie, il faut soit un BTS (bac+2), soit un doctorat. Eventuellement une école d'ingénieur. Mais un master, ca ne vaut rien. Et la plupart des labos refusent d'embaucher des diplomés Master pour un poste niveau BTS. C'est d'ailleurs simplement interdit dans les labos publics, car ils considèrent que si on embauche du bac+5 pour un niveau bac+2, ca va tout "shifter", on va finir par embaucher du bac+8 pour du bac+5 et donc, quoi, on demande bac+15 pour les postes bac+8?
Du coup, avec mon diplome "intermediaire", il n'y a finalement pas de poste pour moi. D'autant que, avec le covid, je n'ai pas pu continuer mon stage. Je devais faire 9 mois de stage, mais entre le covid et un autre soucis interne à mon labo, je n'ai pu faire que 2 mois. Je n'ai donc quasiment aucune expérience, aucune connaissance concrète, je ne sais rien faire dans un labo....  Je suis un peu perdue. Et j'ai beaucoup de mal à me concentrer sur ma recherche d'emploi. Pourtant, mon ami m'y encourage et essaye de me pousser, tous les soirs il me demande où j'en suis...
Je viens de faire un tour sur linkedin, puisqu'on me dit que je dois y être actif pour construire mon réseau et trouver un emploi. Mais l'autre con commente partout, on suit les mêmes pages et profils puisqu'on travail dans le même domaine et dans la même ville... Pas moyen de continuer ma recherche plus loin, le seul fait de le croiser sur un réseau social me rend dingue.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 02:23:30 PM
PS si tu intéresses les gens sur internet, il n'y a pas de raisons que tu ne les intéresses pas dans la vraie vie.
Et pourtant. Ce n'est pas faute d'essayer. J'essaye vraiment de m'ouvrir aux autres, et de me comporter de la même façon que je le ferais sur internet, mais, rien à faire, les gens ne m'aiment pas.


Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 02:23:30 PMRéécrire ton histoire, ce qu'il s'est passé chez T. mais avec deux axes uniquement :
1) Les faits précis
2) Ce que tu as ressenti
Les faits et ressentis en même temps, ou en faisant deux textes différents ?
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 06, 2020, 03:58:33 PM
Un seul texte.

Ensuite, éventuellement, si tu as peur d'en parler à S., tu pourrais en parler à cette ancienne collègue, elle ne voit plus T. donc tu n'as pas besoin d'avoir peur. Sa réaction t'aidera à voir plus clair je pense, non? Au lieu de lui demander ce qu'il s'est passé, tu lui racontes ce que toi tu as vécu. Mais une fosi que tu as mis tes idées un peu au clair en séparant les faits, et ton ressenti, de tes supposés.

Bon pour le boulot je comprends, j'ai fait autrefois des études de biologie (master aussi, enfin ça se nommait DESS à mon époque). J'ai galéré et puis je me suis lancé dans la compta, on recrute beaucoup (en France la compta recrute davantage que l'informatique) et c'est franchement facile à côté de la biologie ! Tu peux aussi facilement te reconvertir dans l'informatique. Il y a aussi des emplois dans l'agroalimentaire, si tu as fait de la biochimie ou de la microbiologie. Pense aussi au concours dans la police technique, ils recrutent bcp !

Bref, ne baisse pas les bras, il y a moyen de trouver quelque chose !

Titre: Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 04:15:17 PM
Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 03:58:33 PM
Ensuite, éventuellement, si tu as peur d'en parler à S., tu pourrais en parler à cette ancienne collègue, elle ne voit plus T. donc tu n'as pas besoin d'avoir peur. Sa réaction t'aidera à voir plus clair je pense, non? Au lieu de lui demander ce qu'il s'est passé, tu lui racontes ce que toi tu as vécu. Mais une fosi que tu as mis tes idées un peu au clair en séparant les faits, et ton ressenti, de tes supposés.
Je pense que j'aurais du mal à lui en parler comme ça de façon directe. Comme dit, je ne parle pas avec cette collègue, ce serait donc difficile de lui envoyer un premier message pour lui dire "hey, coucou, ton collègue m'a forcé à faire des trucs". Il faut tout de même un contexte pour adresser la parole comme ca à quelqu'un, non?

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 03:58:33 PMBon pour le boulot je comprends, j'ai fait autrefois des études de biologie (master aussi, enfin ça se nommait DESS à mon époque). J'ai galéré et puis je me suis lancé dans la compta, on recrute beaucoup (en France la compta recrute davantage que l'informatique) et c'est franchement facile à côté de la biologie ! Tu peux aussi facilement te reconvertir dans l'informatique. Il y a aussi des emplois dans l'agroalimentaire, si tu as fait de la biochimie ou de la microbiologie. Pense aussi au concours dans la police technique, ils recrutent bcp !
Je pense que mon plus gros problème, c'est que je refuse la vie métro-boulot-dodo sans passion. Faire un travail que je n'aime pas, un travail qui m'emmerde, juste pour payer mes factures? A quoi bon, autant mourir tout de suite. Si c'est pour passer mes journées à attendre désespérément que le temps passe parce que mon travail n'est qu'une plaie au quotidien, je n'ai vraiment pas envie d'essayer. C'est pourquoi je m'obstine à postuler uniquement à des postes qui semblent un minimum intéressants, ou au moins supportables. La vie est déja suffisamment un fardeau, autant ne pas en rajouter avec le travail... On y passe sa vie, on y perd sa vie, au final.
La police technique, par contre, ça m'intéresse, mais je n'ai pas trouvé comment postuler... Ils donnent des infos générales, mais rien de bien concret (on s'inscrit où, et surtout, quand?). Ou alors, j'ai mal fouillé... J'irais chercher encore.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 05:22:55 PM
Du coup. Je vais tenter de relater les faits à nouveau, sans me référer à mon premier message (sans le relire). Je vais surtout m'arrêter aux événements factuels sans trop me concentrer sur mes ressentis, puisque je finirais forcément par les utiliser pour me justifier.

J'ai rencontré T. lors de mon premier stage dans ce laboratoire (janvier 2019). Il était pote avec ma maitre de stage et venait parfois discuter. J'ai parlé plusieurs fois avec lui, on se croisait parfois dans le tram, ou en sortant du laboratoire, et discutions donc sur le trajet. J'ai une fois participé à une soirée étudiante (j'ai tendance à fuir ce genre de choses, mais une camarade de classe tenait à ce que je vienne) et ai finalement passé la soirée à discuter avec lui (ca fait bien dix ans qu'il n'est plus étudiant, mais visiblement il traine souvent aux soirées étudiantes). J'appréciais beaucoup cet homme, sans jamais avoir réussi à vraiment me rapprocher de lui. Il a démissionné en octobre, je le revoyais quand il revenait régler quelques formalités au laboratoire, ou discuter de son article de recherche qui n'était toujours pas publié. Entre temps, j'avais rencontré S. et compris que ces deux là sont des amis très proches. Je suis assez rapidement devenu proche de S. (on est devenus très proches et complices en quelques mois à peine, on s'appelle tous les jours), et il m'a dit plusieurs fois qu'il aimerait que je vienne avec eux pour leurs prochaines vacances. Je me suis dit que ce serait effectivement sympa de pouvoir faire des trucs à trois, même en dehors des vacances, et ai alors à nouveau cherché à me rapprocher de T.. Durant le confinement, je lui parlais de temps en temps. Il répondait de façon neutre, mais j'avais toujours l'impression de le faire chier. Il répondait à peine, par quelques mots, jamais de phrase complète. Je me suis dit qu'il n'est peut-être pas à l'aise sur un clavier, mais la complexité et la longueur de ses messages sur son mur ou sur linkedin me démontrent le contraire. Tant pis, je me contente de venir aux nouvelles de temps à autres, sans grande prétention. Il me téléphone un soir, on discute de tout et de rien pendant une heure. Un autre soir, on se téléphone à nouveau, on discute de tout et de rien, puis il amène le sujet de la sexualité. Concrètement, il me demande si je suis attirée par les garçons ou par les filles, je répond que je ne suis attirée par rien du tout, et il s'en étonne. Bon, ca a tendance à étonner les gens, qui vont souvent poser des questions à ce sujet, donc j'accepte de répondre à ses interrogations, jusqu'à ce que ca devienne assez indiscret. J'admet ne pas avoir de pudeur, mais quand un même de dix ans mon ainé, et que je connais à peine, me demande si je me suis déja masturbée, et comment je m'y suis prise, ca devient quand même gênant. Je lui dit donc que la conversation me met mal à l'aise, mais il insiste. Tant pis, il est presque minuit, je suis épuisée, je répond à ses questions, puis chacun va se coucher. J'ai tenté de lui reparler une fois après ça, il répond toujours de façon courte et incomplète, je me dis que je le fais chier et que je devrais laisser tomber. J'ai donc laissé tomber. Mais, un mois après, je recroise son nom sur Facebook et, c'est plus fort que moi, je lui envoie un message. Hey, salut, ca va?
Nous sommes un samedi soir, il est 19h, nous échangeons quelques messages, puis il me propose de le rejoindre chez lui pour diner, dans une demi-heure. Je suis très surprise, puisqu'il n'avait pas l'air de s'intéresser à moi, mais, contente de pouvoir enfin me sociabiliser un peu, et dans l'espoir de pouvoir enfin m'en faire un ami, je m'y rend joyeusement. Dans ma tête, c'était une simple invitation amicale. On allait manger ensemble, discuter de tout et de rien (et surtout discuter de travail), puis j'allais rentrer chez moi. Et c'est tout. Bon, il m'avouera en fin de soirée (après les événements) qu'il m'avait invitée simplement parce qu'avec ce confinement, il n'avait eu personne dans son lit depuis un moment et n'avait plus eu le temps de chercher quelqu'un. Bref, tendons de garder les choses dans l'ordre.

Je me retrouve donc chez lui. Je suis super mal à l'aise, complètement coincée. Il s'excuse du bordel et m'emmène dans sa chambre à l'étage. Il a une sorte de tapis posé au pied de son lit (lit sans "pieds", posé au sol), on s'installe là pour manger. Ma foi, pourquoi pas. En voyant le bordel sur les tables de la cuisine et du salon, je suppose que c'est le seul endroit libre. On discute un peu de choses et d'autres. Je manque de mourir avec la nourriture beaucoup trop pimentée. Je ne supporte absolument pas la moindre dose de piment, et il y en avait vraiment beaucoup, mais je n'osais rien dire. Il finit par se rendre compte que ça ne va pas, me demande si je veux autre chose à manger, et fini par me ramener un verre de lait pour faire passer le piment. Je m'efforce de manger autant que je peux, jusqu'à vraiment avoir la gueule en feu. Il remarque que je suis complètement coincée et mal à l'aise, fermée sur moi même dans ma posture. Je lui dit que je suis toujours stressée et tendue. Il tend un bras vers mes épaules et me demande si il peut vérifier un truc. Je le laisse faire, il tate mes épaules, et constate avec stupeur qu'elles sont complètement dures à force d'être constamment tendues et contractées. Il me dit qu'il connait une très bonne technique de massage pour détendre les muscles. Je suis très mal à l'aise, mais je ne peux vraiment pas dire non à un massage.... Je le laisse faire. Il recherche les noeuds et les zones douloureuses, il insiste dessus, suivant les noeuds mais aussi les lignes de muscles. Il me fait également travailler ma respiration. Il dégrafe mon soutien-gorge pour pouvoir suivre les lignes des muscles du dos. J'ai l'habitude avec mon meilleur ami, qui me propose souvent des massages et donc fini aussi par se débarrasser de la lanière du soutien-gorge (mais sans jamais la moindre tentative sexuelle, évidemment), donc je me laisse faire, ça me semble finalement presque naturel dans le cadre d'un massage du dos. Il chasse chaque noeud musculaire tout le long de mon dos. Je l'arrête quand il descend trop bas et que ses doigts s'approchent trop de la  raie de mes fesses. Je lui demande d'arrêter, il insiste à demander si ça fait mal dans cette zone, je lui dit que non, il remonte donc chercher plus loin. Je finis par me détendre. Pas forcément psychologiquement, mais au moins physiquement. Mes muscles se détendent petit à petit, se débarrassant de leurs noeuds, de leur tension et de leurs douleurs, je finis par me retrouver un peu shooté par cette détente inhabituelle, moi qui suis toujours si tendue. Mon cerveau comate à moitié, tandis que T. s'attaque à mes épaules, passant finalement vers l'avant, massant au dessus de ma poitrine. A un moment, il m'a demandé si c'est ok s'il touche ma poitrine. Mon cerveau engourdi a réagit avec dix minutes de retard, je n'ai pas du tout réalisé ce qu'il me demandait. Et je n'ai pas du tout réalisé ce qu'il  faisait. J'ai un soucis de dysphorie physique depuis l'enfance, j'ai totalement refusé l'existence de ma poitrine (pour tout vous dire, je me douche les yeux fermés ou en fixant les murs bien haut, pour être sûre de ne pas la voir). Donc, puisque, pour mon cerveau, mes seins n'existent pas, ca veut dire qu'il n'était pas en train de les toucher, puisqu'il n'existe pas... Bref, je n'ai rien remarqué. Moi, je profitais juste du massage. Il n'était pas concrètement en train de me tripoter les seins (je crois?), mais juste en train de masser autour. Il me dira plus tard, quand je m'étonnais de ses avances, qu'il pensait que j'étais ok puisque je l'avais laissé me toucher les seins. C'est à ce moment là que j'ai rembobiné le film dans ma tête pour comprendre de quoi il parlait. Bref, à ce moment là, je roupille à moitié sous les mains de cet homme qui est bien trop doué en massages pour mon propre bien. Mon corps est totalement détendu pour la première fois depuis bien trop longtemps, et mon cerveau est comme à moitié shooté. Il finit par me prendre dans ses bras par derrière, me poussant en arrière jusqu'à ce que mon corps repose contre le sien, ma tête contre la sienne, sur son épaule. Je n'ai pas réagi lorsqu'il a déposé un rapide baiser dans mon cou. Le temps que l'information montre au cerveau et qu'il accepte de se réveiller.... En fait, non, il refusait de se réveiller.
Il a fini par se glisser face à moi et m'a embrassée. Sous la surprise, je n'ai absolument pas su réagir. Mais ce baiser fut, à ma grande surprise, particulièrement agréable. Je me sentais si bien dans ses bras, sous ses caresses. Il m'a posée sur le lit tout en continuant à m'embrasser. J'ai fini par réagir et comprendre que ça commencait à prendre une direction que je ne désirais pas. Je le repousse doucement en lui demandant quel est son plan. Il me dit qu'il n'y a pas de plan. Je lui dit que je ne compte pas aller plus loin avec lui (je ne me souviens plus de mes mots ici), il semble comprendre. Je baisse ma garde, on se retrouves allongés sur le lit, je le laisse m'embrasser et me caresser. Il finit par retirer mon haut et s'attaque à nouveau à ma poitrine. Je suis mal à l'aise, la situation devient gênante et je n'aime vraiment pas que l'on me rappelle l'existence de mes seins. Mais, ma foi, si ça peut lui faire plaisir... Je laisse faire. Mes doigts finissent par s'aventurer timidement sur son corps, caressant lentement ses cheveux, ses épaules, son dos et ses bras. Je ne réagis pas lorsqu'il retire son pantalon. Tant qu'il garde son caleçon... Je réagis cependant lorsqu'il cherche à retirer le mien. Je l'arrête à nouveau, lui rappelant que je ne veux pas de sexe, pas de contact sexuel. Il me dit qu'il a compris. Je laisse faire. Je ne résiste pas à ses baiser, ses caresses et ses calins. Je ne comprend pas ce que je suis en train de faire, pourquoi je fais ca avec cet homme dont je ne suis pas amoureuse. Mais, sur le moment, il m'est comme irrésistible, et je suis incapable de mettre fin à tout cela, tout en ayant conscience que je ne devrais pas laisser faire ça.

Il prend ma main et la pose sur son entrejambe. Il est en érection, ce qui m'étonne bêtement. C'était pourtant prévisible. Je retire aussitôt ma main et lui dit que je ne veux pas toucher à ca. Je ne veux ni la voir, ni la toucher. Ok. Il continue les calins, puis il rééssaye rapidement. Je refuse encore. Il finit par baisser son caleçon et refermer ma main de force sur sa bite. Je refuse encore, je lui rappelle que je ne veux pas la toucher ni même la voir. J'essaye de me redresser, de me lever, mais il me bloque et me recouche. Je suis incapable de lui résister... Comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, je le vois venir sans pour autant réussir à bouger. Je suis totalement à sa merci, avide de calins et de tendresse, quémandant son affection, oubliant en quelques secondes chaque mauvais geste de sa part. Il insiste encore et encore, je finis par céder. Soit, si c'est juste avec la main...

Pour la suite, j'ai un peu du mal à remettre les choses dans l'ordre ou à me souvenir des détails.

Je me souviens qu'il se frottait à moi, il s'est mis sur moi, sa bite contre ma culotte, et faisait des mouvements comme s'il me baisait. Je le poussais mollement, sans aucune force, de sorte qu'il n'a sans doute même pas remarqué que je le poussais. Je tournais la tête et fixait le mur, j'étais très mal à l'aise mais je n'osais rien dire, à part lui répéter encore et encore que je ne veux pas coucher avec lui. J'ai fini par lui dire que j'ai mes règles. Il me dit que je reviendrais chez lui lorsque je ne les aurais plus. Qu'importe le jour, même en semaine, même s'il travaille, il veut que je revienne chez lui dès que mes règles sont finies. Il m'a dit "I will fuck you so hard", quel romantisme.

Plusieurs fois, je me suis retrouvée roulée en boule sur son lit, cachant mon visage derrière mes bras et mes mains, à marmonner "mais qu'est-ce que je fais? Je ne veux pas faire ca, qu'est-ce que je suis en train de faire?". Il me disait que tout va bien, que je n'ai pas à être gênée, que nous sommes juste deux personnes profitant d'un moment à deux, s'appréciant l'un l'autre. Il me calinait jusqu'à ce que je me détende nouveau.

Il insistait pour que je le suce. Je refusais, évidemment, hors de question que je fasse ça. Il me disait alors que je lui doit ca, parce qu'il m'a fait plaisir avec ses calins et son massage, et que je dois donc lui faire plaisir en retour. Il m'expliquait que c'est donnant-donnant, qu'on ne peut pas recevoir sans donner, que ca ne marche pas comme ca. Que je dois maintenant lui faire plaisir également. Je refusais, je le repoussais, je ne voulais absolument pas m'approcher de son entrejambe, ni même la regarder. Il a fini par me foutre sa bite devant le visage. J'étais couchée sur le dos, un peu relevée avec le coussin, et il s'est mis plus ou moins à quatre pattes pour approcher sa bite de mon visage. J'ai détourné la tête en le repoussant, lui disant que je ne veux vraiment pas faire ça. J'ai à nouveau voulu me lever et partir, il m'a rattrapé en me disant que tout va bien, que tout se passe bien, et m'a recouchée. Quelques calins et à nouveau je baisse ma garde. La troisième fois qu'il m'a mis sa bite devant le visage en me demandant de la prendre en bouche, j'ai fini par céder. Il bougeait au dessus de moi en gémissant. Cette image là reste particulièrement tenace. Il finit par se recoucher et me demande de descendre sur lui pour continuer à le sucer. Je n'essaye même plus de refuser. Je sais bien qu'il aura ce qu'il veut de toute façon, quoi que je dise. J'accède donc à sa demande. Mais comme je ne sais absolument pas m'y prendre et que je manque de m'étouffer avec son machin, il finit par laisser tomber.

Je ne sais plus exactement à quel moment il m'a touché l'entrejambe (comme dit, ces paragraphes là sont posés un peu dans le désordre, je ne sais plus les lier entre eux). Je l'ai tout de suite repoussé, lui demandant de ne pas toucher. Il insistait, je l'ai repoussé plus fermement. Je répétais "non, s'il te plait, arrête!! Je ne veux pas de ca!". Il a alors bloqué mes deux mains, tenant mes deux poignets avec une seule de mes mains (pas compliqué, au vu de la minceur de mes poignets). Je le repousse avec mes jambes. Il bloque mes jambes avec les siennes : il est sur moi, il peut facilement m'immobiliser de part son poids et sa force. Il continue à frotter mon entre-jambe. C'est non seulement genant, mais aussi super désagréable. Presque douloureux. Je continue à le supplier d'arrêter, il me répond juste "tu crois vraiment que je vais arrêter?".

Plusieurs fois, quand je lui demandais d'arrêter, quand je lui répétais que je ne veux pas de tout ca, il me disait que si, j'en avais envie. Qu'il voyait bien que je le voulais, puisque j'avais les tétons qui pointent (et alors? Le froid suffit à les faire pointer, ca ne veut rien dire), et j'avais malgré moi l'entre-jambe humide (mais là encore, c'est purement mécanique, ca ne veut rien dire...). Oui, j'aimais les calins et baisers, mais pas le reste. Je ne voulais rien de sexuel, ni sur lui, ni sur moi, et je n'appréciais pas du tout cela. Je finissais simplement par céder car je n'avais pas la force de me défendre, de le repousser pour de bon ou de partir. Ou parce que j'étais prête à trop accepter juste pour continuer à avoir des calins et des baisers. Je voulais juste de la tendresse, et je voulais vraiment y croire, à cette tendresse. A m'imaginer que tout ca, c'est bel et bien une affection sincère. Je ne voulais pas accepter qu'il n'ai absolument aucune tendresse, aucun sentiment en ma faveur, et qu'il en faisait que réagir aux injonctions de sa bite qui avait visiblement pris le controle sur son cerveau. Bref, lui était persuadé que je voulais tout ca.

Puisque je ne savais pas m'y prendre avec sa bite, il a fini par laisser tomber et s'est simplement branlé sur moi. Je me contentais de tourner la tête et de fixer le mur afin de ne rien voir, essayant d'oublier ce qui était en train de se passer. Il m'a essuyée avec un sopalin puis s'est recouché à coté de moi, enfin calmé.

Il m'aurait sans doute laissée partir à ce moment là. Mais je voulais encore m'imaginer que tout allait bien, qu'il ne se passait rien de mal, et que ce n'était que de la tendresse partagée, une forme d'affection. Je suis restée là encore un moment. Je caressais ses cheveux, sa barbe et son torse, du bout des doigts, timidement. Je restais contre lui, m'accrochant à son bras, caressant ses mains et ses doigts. Je réclamais encore sa tendresse même après tout ça.

Toujours aussi romantique, il me dit qu'il me réveillera durant la nuit pour que je le suce. Attend, quoi, je suis censée rester chez toi? Je lui fais comprendre que je n'ai pas l'intention de dormir chez lui. Il insiste, je lui dit finalement que je n'ai pas prévu assez de protections hygiéniques pour la nuit. L'argument semble fonctionner. Il finit par me laisser repartir. Il m'embrasse encore sur le pas de la porte. J'ai encore envie de croire à sa tendresse.

Titre: Re : Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 06, 2020, 05:45:15 PM
Citation de: Cytosine le Août 06, 2020, 04:15:17 PM
La police technique, par contre, ça m'intéresse, mais je n'ai pas trouvé comment postuler... Ils donnent des infos générales, mais rien de bien concret (on s'inscrit où, et surtout, quand?). Ou alors, j'ai mal fouillé... J'irais chercher encore.

J'ai trouvé ça : https://www.police-scientifique.com/category/recrutement/
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 08:33:10 PM
Mon message dépasse la limite de caractères autorisés, je met donc la suite dans un autre morceau :

Je suis rentrée chez moi, j'ai pris une très longue douche, j'ai tenté de me rincer la bouche une dizaine de fois, puis je suis allée me coucher.

Le lendemain, je me sentais mal vis à vis de tout ça, et j'ai fini par tout raconter à quelqu'un sur internet. J'étais prise d'un profond dégout. J'avais l'impression de sentir encore le goût de sa bite dans ma bouche, de sentir encore son odeur sur mes mains. Je n'arrêtais pas de me laver les mains, mais ca ne partait pas, j'ai fini par me faire à l'idée que c'est juste dans ma tête. J'étais dégoutée de ce qu'il s'était passée, mais aussi dégoutée de moi même. De ce que j'avais finalement accepté de faire. A ce moment là, j'avais bien l'intention de ne plus jamais revoir ce gars. Et je pensais qu'il ne me parlerait de toute façon plus. Je n'avais pas su m'y prendre, alors pourquoi s'embêterait-il avec moi? Il n'a qu'à s'inscrire sur tinder pour trouver une partenarie expérimentée qui saura lui faire plaisir. Je pensais donc être tranquille. Même s'il m'avait encore répété, avant de me laisser partir, que je devais lui dire dès que mes règles seraient terminées.

Malgré tout, il revenait me parler. Il me demandait simplement comment je vais, si je m'en sors avec mes CVs, et me disait de lui envoyer mon CV lorsqu'il sera finalisé pour qu'il puisse me donner des conseils (bon, j'ai fini par lui envoyer le CV mais  n'ai bien sûr reçu aucun commentaire, il veut bien faire semblant d'être gentil mais y a des limites). Bref, il me parlait de facon normale et bienveillante. J'ai alors fini par changer mon discours à son sujet. Au début, j'étais bien d'accord quand mon amie disait que c'est un connard et que je ne dois plus jamais le revoir. Je me sentais vraiment mal par rapport à ce qu'il s'était passé et ce qu'il m'avait forcé à faire. Je me sentais coupable, mais c'est surtout à lui que j'en voulais, car j'étais persuadé qu'il était en tord, que c'était un connard pervers et manipulateur.
Mais petit à petit, je commencais à le défendre, à dire que, finalement, il n'avait juste pas compris mon refus. Qu'en fait, il est sympa, il m'apprécie, et c'est peut-être le début d'une relation. J'ai fini par me persuader d'avoir envie de le revoir et d'aller plus loin avec lui. Quand cette fille à qui j'ai raconté l'histoire me disait que c'est un salaud, je lui disais que non, que le pauvre gars n'y est pour rien, que je n'avais juste pas été assez claire.
J'étais morte d'angoisse du matin au soir, je sursautais à la moindre notification Facebook, j'avais toujours peur que ce soit lui et me sentais mal dès que je voyais son nom. Pourtant, je continuais à vouloir lui parler, à surveiller ses posts sur les réseaux sociaux (je ne regarde absolument jamais les "stories" de mes amis sur les réseaux, ca ne m'intéresse pas du tout. Par contre, dès que lui postais un truc, je regardais de suite...). J'étais terrifiée à l'idée de le revoir. J'avais terriblement envie de le revoir. J'avais détesté ce qu'il m'avait forcée à faire et aurait voulu que ca n'arrive jamais. J'avais envie d'y retourner et d'aller plus loin encore. Je le détestais et l'aimais à la fois. J'avais terriblement peur de lui, j'étais persuadé que c'est un dangereux pervers manipulateur. J'avais le sentiment de craquer pour lui. Je voulais ne plus jamais le revoir. J'envisageais une vraie relation avec lui. Je voulais croire qu'il m'apprécie, qu'il a de l'affection pour moi, voire qu'il est amoureux, et que c'est pour ça qu'il m'avait fait ca. Je voulais que ce mauvais souvenir devienne quelque chose de positif. Que je ne sois pas forcée, mais que ce soit une vraie relation. Me convaincre que j'en avais eu envie, et que j'en voulais plus encore. Et j'étais tiraillée par des hormones qui ne s'étaient pourtant encore jamais exprimées. Comme si cette vie d'abstinence cherchait soudainement à rattraper le coup. Je voulais qu'il m'aime, et j'étais prête à tout pour ça.

Ainsi, lorsqu'il m'a à nouveau invitée à diner chez lui (me promettant simplement que, cette fois, il n'y aurait pas de piment...), j'y suis retournée. Je savais très bien ce qui allait se passer, et je m'étais persuadée d'en avoir envie.
On a mangé à nouveau, il m'a proposé de regarder un film. On s'installe sur le lit. Il coupe rapidement le film et commence à m'embrasser. Je laisse faire, aucune défense. Il me dit "tu sais très bien que cette fois je ne m'arrêterais pas". J'acquiesce sans un mot. Je répond à ses baisers et caresses, et je répond à ses ordres. Il n'insiste qu'une ou deux fois pour que j'accepte de le sucer. Et je le laisse faire pour la suite. Il y va rapidement, brutalement. Je lui dis qu'il me fait mal, il me dit juste "ca fait toujours mal la première fois" et continue son affaire. Je me contente de détourner le regard et d'attendre que ca passe. Je ne sais pas de quoi j'avais envie, mais en tous cas il n'y avait clairement aucun plaisir. Il fait des pauses, et me demande de le toucher ou de le sucer. J'obéis bravement, je suis ses ordres comme un brave toutou. Ca dure presque deux heures. Il veut que je reste chez lui. Soit. Il s'endort rapidement. Je me rhabille, mais je reste. Je ne dors pas de la nuit. Je me tourne encore et encore. Quand il se réveille, j'ai droit à quelques calins. Du moins, je croyais. Je croyais encore betement qu'il voulait juste quelques calins, de l'affection. Evidemment, il me fout rapidement sa bite dans la main. Bon, ok. Quand il s'arrête, je réclame encore des calins. Il me dit qu'il doit travailler mais que je peux continuer à dormir. On est dimanche et il n'est même pas 7h. Il se lève et s'installe sur son PC. Il regarde une série sur Netflix. Je ne peux pas dormir, je me lève et tourne un peu en rond. Il me regarde d'un oeil mauvais et me dit que je dois partir, sinon il ne pourra pas se concentrer sur son travail (mec, tu es en train de mater une série...). Je rentre donc chez moi. Je prend une douche qui dure au moins quinze minutes et je vais me coucher. Je ne dors toujours pas. Je passe la journée dans un état de semi-torpeur, à essayer de comprendre ce qu'il se passe, ce qu'il s'est passé. Surtout, que se passe-t-il dans ma tête? Qu'est-ce que je croyais? Que c'était de l'amour ? Je ne comprend absolument pas pourquoi j'y suis retournée. Je me lave encore, comme si ca pouvait servir à quelque chose.

Je ne sais plus quoi penser de tout ça, et je ne sais plus ce que je voulais ou non. Je ne sais plus si je peux l'accuser de quoi que ce soit après être retournée chez lui. La première fois, oui, il m'a forcée, mais je suis retournée chez lui. Là, il m'a juste traitée sans respect, mais il ne m'a forcée à rien. J'ai cédé à tout sans résistance. Je me rend alors compte que je ne suis plus une victime, j'ai fait de moi une complice, voire une coupable. Je ne peux plus me plaindre à ce stade, et je ne peux plus l'accuser.
Et je me sens de plus en plus mal. De plus en plus sale. Je culpabilise de plus en plus. J'angoisse de plus en plus à la vision de son nom. Et pourtant je le cherche de plus en plus, surveillant toujours ce qu'il peut poster sur internet. Je pense tout le temps à lui, j'en fais des rêves et des cauchemars. Je lui parle de temps en temps, juste pour m'imaginer qu'il y a une relation entre nous. Il répond vaguement, puis ne répond plus. Une fois, il répond de façon agressive et désagréable. Je finis par comprendre. Je finis par comprendre ce qu'il s'est passé dans ma tête. Ca me hante et me torture, et j'ai terriblement besoin de lexprimer. J'en parle à plusieurs personnes sur internet, mais toujours personne que je ne connaisse vraiment. Je m'enfonce dans mes angoisses et une dépression plus violente que jamais. Je suis incapable de me concentrer sur quoi que ce soit. Impossible de travailler sur ma recherche d'emploi. Je ne peux meme pas me concentrer sur un jeu, un film, une vidéo, un dessin. Sauf si je joue avec quelqu'un, éventuellement. Alors, je joue avec une autre personne rencontrée sur internet, à qui je parle beaucoup. On a beaucoup échangé, on s'est beaucoup confiés l'un à l'autre. On joue ensemble en ligne. On passe des heures à discuter. Il cherche à m'aider, me comprendre, me soutenir. Il me dit qu'il est là pour moi et fera tout pour m'aider. Je m'accroche désespérément à lui. J'ai terriblement besoin d'aide et de soutien. Je me sens tellement mal vis à vis de tout cela. Je passe mes journées prostré, à penser encore et encore, à toujours parler de la même chose, à angoisser, à avoir terriblement peur que T. me reparle, et à avoir terriblement envie qu'il me reparle. Tout en me disant que jamais, ô grand jamais je ne remettrais les pieds chez lui. Quelques semaines passent.
Il finit par m'écrire à nouveau. Il me propose de repasser chez lui, "dans une demi-heure". Je met quasiment une heure à lui répondre pour finalement lui dire que je n'ai pas le temps. Il est déja tard alors il n'insiste pas. Le lendemain, dans la soirée, je me dispute avec cet "ami" (je ne l'avais encore jamais rencontré, finalement) sur qui je comptais pour un soutien. Il me dit qu'il ne s'embetera plus à me parler, que je n'en vaut pas la peine, que je ne fais pas d'efforts pour aller mieux et me sortir de ma situation, et que c'est bien normal que tout le monde baisse les bras avec moi et me laisse seul. Il me dit que je mérite d'aller mal. J'allais déja tellement mal, avec mes angoisses vis à vis de l'autre, ma solitude, le stress du chomage qui se rajoute malgré tout. J'ai pété un cable. Je l'ai presque supplié de ne pas m'abandonner, lui disant que j'ai vraiment besoin de son aide. Je me sentais tellement coupable, misérable et seul. J'ai ressenti l'envie de me faire du mal. De me détruire pour de bon. Je n'ai jamais eu de pulsions autodestructrices (en dehors du suicide..... mais, disons, je ne me suis jamais amusé à me découper les bras ou que sais-je), mais, pour la première fois, j'avais vraiment envie de me faire du mal mentalement et physiquement. Au moment où ce pote m'affirmait une fois de plus qu'il me laisse tomber pour de bon, je recois un autre message sur messenger. T. me propose de passer chez lui, là maintenant tout de suite, dès que je peux. Ok. Je voulais me détruire pour de bon, voila la solution qui s'offre à moi. Je n'ai qu'à y retourner, et après ca, je sais que je serais anéanti pour de bon. J'y suis donc retournée une troisième fois dans cette optique. Dans le but de me détruire pour de bon, pour n'avoir plus aucune excuse. J'avais vraiment pour intention de me balancer au fond du trou. Et, ma foi, ca a bien marché. Il m'a traitée encore plus mal que d'habitude, sans aucune forme de respect. Je n'étais qu'un brave jouet docile et malléable dont il pouvait faire ce qu'il voulait. Je ne cherchais plus à me défendre, j'obéissais simplement. Toujours sans plaisir. Il m'a foutue à la porte sitôt sa bite fatiguée, sans plus de considération, sans même un au revoir.
Voila. Je voulais me détruire, j'ai réussi. Après y etre retournée deux fois, je n'ai vraiment plus aucune excuse. Tout est désormais de ma faute et je ne peux plus l'accuser de rien. Et je me sens plus sale encore. Profondément sale. Mais là, je ne peux m'en prendre qu'à moi même.

Je ne comprend vraiment pas ce qu'il s'est passé dans ma tête. C'est totalement insensé. Pourquoi ai-je voulu à ce point me détruire ? De cette manière? Pourquoi ai-je voulu me faire du mal et anéantir le peu d'estime que j'avais encore pour moi ?

Plus le moindre mot de sa part depuis ce jour. Evidemment, je ne lui parle plus non plus.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PM
Bonsoir

Juste quelques mots au début. Tu as parlé d'hormones en route, c'est peut-être une conséquence aussi de tes soucis avec ta poitrine et ton corps?

Ensuite, une autre victime de viol ne vas pas forcément réagir comme toi, chacun est tellement différent. J'ai le souvenir d'une victime (Nina) qui a été violée, non pas 2 fois mais 20 fois, oui 20 fois elle y est retournée.

Ce n'est pas noir ou blanc, tu peux être consentante une fois et violée une autre fois. Le premier cas, que tu as raconté en premier, est un viol à mon avis personnel. Pour les deux fois où tu es retournée, c'est assez courant ces processus de soumission à son agresseur, l'estime de soi est souvent diminuée, alors qu'au départ, tu sembles déjà avoir peu d'estime de toi non? Qu'en penses-tu?

En tout cas, je te recommande de ne plus voir T. du tout, y compris en présence de S. Bien sur, c'est ta vie, tu es libre.

Pour ton ancienne collègue, tu peux peut-être l'inviter chez toi? Et au cours du dîner, lui parler de ton expérience avec T.? Je ne pense pas qu'elle ira lui raconter.

Bon courage pour tout !
Titre: Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 09:29:58 PM
Bonsoir Anayl,

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PM
Juste quelques mots au début. Tu as parlé d'hormones en route, c'est peut-être une conséquence aussi de tes soucis avec ta poitrine et ton corps?
C'est possible. J'ai effectivement un gros problème avec mon corps, ce qui peut expliquer au moins en partie mon asexualité, mon refus de toute forme de sexualité.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PMEnsuite, une autre victime de viol ne vas pas forcément réagir comme toi, chacun est tellement différent. J'ai le souvenir d'une victime (Nina) qui a été violée, non pas 2 fois mais 20 fois, oui 20 fois elle y est retournée.
En effet. L'une des personnes à qui j'ai parlé de cette histoire m'a dit être restée 6 ans sous l'emprise de son agresseur. Elle savait très bien ce qu'elle subissait, mais elle y retournait toujours sans réussir à se contrôler.... Au final, je me demande ce qu'il se passerait s'il demandait à me revoir. Aurais-je la force de lui dire non?

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PMCe n'est pas noir ou blanc, tu peux être consentante une fois et violée une autre fois. Le premier cas, que tu as raconté en premier, est un viol à mon avis personnel. Pour les deux fois où tu es retournée, c'est assez courant ces processus de soumission à son agresseur, l'estime de soi est souvent diminuée, alors qu'au départ, tu sembles déjà avoir peu d'estime de toi non? Qu'en penses-tu?
C'est fort possible, en effet. Il y a souvent des processus psychologiques particuliers qui se mettent en place durant une agression. La victime a souvent tendance à se persuader d'être consentante pour ne pas accepter l'idée de ne pas l'être. C'est assez bizarre, comme processus, mais, après tout, notre cerveau a souvent tendance à faire des choses étranges. Les victimes se persuadent très souvent d'être coupables. Retourner chez son agresseur fait sens avec cela.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PMEn tout cas, je te recommande de ne plus voir T. du tout, y compris en présence de S. Bien sur, c'est ta vie, tu es libre.
J'aimerais vraiment ne plus le voir du tout. Mais je ne supporterais vraiment pas de perdre S.. A ce stade, je préfère mille fois me détruire plus encore, plutot que de perdre S.. Car le perdre serait bien pire que tout. Pourtant, je sais bien qu'il va bientôt quitter l'Europe et que je ne le reverrais plus. Mais, justement, je veux encore plus profiter de chaque instant que je peux passer avec lui avant son départ. Quitte à devoir voir l'autre en même temps. Dussé-je ne jamais m'en remettre. Après tout, j'étais incapable de vivre avant de le rencontrer, alors je veux bien mourir pour lui.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PMPour ton ancienne collègue, tu peux peut-être l'inviter chez toi? Et au cours du dîner, lui parler de ton expérience avec T.? Je ne pense pas qu'elle ira lui raconter.
Ce n'était pas du tout une amie, on ne se parlait quasiment jamais. Ce n'était pas une collègue directe, elle travaillait dans le labo d'à côté. Ce serait trop bizarre de l'inviter à diner seule chez moi. Bien sûr qu'elle n'ira pas lui raconter, puisqu'elle semble vraiment ne pas l'apprécier. Mais ca me semble trop compliqué de l'inviter chez moi sachant que l'on ne se connait pas (d'autant que ca lui ferait une heure de route). Si je devais lui en parler, ce serait plutôt sur internet... Ou si j'ai une fois l'occasion de retourner au laboratoire, mais à priori, je ne pourrais plus jamais y foutre les pieds.


Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 09:10:07 PMBon courage pour tout !
Merci beaucoup.
Titre: Re : Re : Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 06, 2020, 09:47:09 PM
Citation de: Cytosine le Août 06, 2020, 09:29:58 PM
Après tout, j'étais incapable de vivre avant de le rencontrer, alors je veux bien mourir pour lui.

ne dis pas ça, tu es jeune encore non?

Au final, S. est un ami ou tu en es amoureuse?
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 06, 2020, 10:35:58 PM
Oui, je suis jeune, et alors? Cela fait déja des années que j'attend désespérément la mort. Cette vie ne m'intéresse pas du tout. Je me forçais à continuer pour ne pas faire de peine à ma mère, mais je n'en pouvais plus. J'en venais à espérer qu'elle meure pour pouvoir enfin mourir à mon tour. Je n'avais aucun espoir, ni même l'envie d'un espoir. Je n'essayais pas d'aller mieux, j'attendais juste d'avoir enfin le droit de partir.

Certes, il a finalement suffit d'une rencontre et d'un battement de coeur pour tout changer. S. est un ami, et il n'y aura rien de plus entre nous. Mais, oui, je suis amoureuse pour la première fois. Terriblement amoureuse. C'est la première fois que je ressens ce sentiment. Du coup, je suis peut-être juste comme une ado qui tombe amoureuse pour la première fois et je me laisse envahir par mes émotions. C'est beaucoup trop fort pour moi. Mais c'est aussi tellement positif. Il me donne envie de vivre, il me donne envie d'avoir de l'espoir pour ma vie et mon avenir. Il me donne envie de m'améliorer, de devenir meilleure que ce que je suis pour être à la hauteur de l'affection qu'il me porte. J'ai tellement changé depuis que je le connais. J'ai envie de m'ouvrir au monde et à l'avenir. J'ai envie de m'apprécier et de m'accepter, tout en faisant l'effort de m'améliorer encore.
Mais j'ai surtout envie de lui parler tous les jours, de le voir le plus souvent possible, de passer du temps avec lui. J'ai envie de le voir sourire, de l'entendre rire. De tout faire pour le faire sourire. Je veux le voir heureux. Alors, oui, je suis prête à tout sacrifier juste pour passer autant de temps que possible avec lui.
Je sais bien que c'est stupide. Mais je ne veux pas changer ça.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 07, 2020, 12:02:53 AM
Mais tu sais, ce n'est surement pas la dernière fois que tu aimes, tu peux tomber encore amoureuse ensuite.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 07, 2020, 10:39:42 AM
En effet. Ca arrivera peut-être à nouveau. Mais ca ne change rien à ma problématique, au final. Ce n'est pas ca la question.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 07, 2020, 04:32:41 PM
Ben disons, que je n'ai pas vraiment envie que tu te suicides, c'est pas comme ça que tu vas aller mieux :(

En relisant ton message, que penses-tu de T. finalement? Et de ce qui s'est passé?

Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 07, 2020, 04:39:31 PM
Au contraire, j'irais beaucoup mieux en quittant ce monde...

Je suis toujours assez perplexe vis à vis de T.
J'ai finalement réussi à en parler (vite fait, sans détails) à ma tante. Elle m'a dit que c'est normal, que les hommes sont comme ca, que les pulsions prennent le dessus et que le cerveau ne marche plus une fois qu'ils sont excités, et qu'au final il n'y peut rien....
Il n'y avait peut-être aucune méchanceté de sa part. Il n'a juste pas su s'arrêter.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 07, 2020, 06:59:31 PM
Pardon? Heu désolé mais ta tante est débile.

Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 07, 2020, 07:54:39 PM
Non, elle n'est absolument pas débile. Elle a elle même vécu ca plusieurs fois. Elle me dit malgré tout que c'est très  grave, que je dois en parler à ma mère et que je dois porter plainte. Mais elle dit aussi que les hommes fonctionnent comme ca et ne s'en rendent pas forcément compte. Quand le sang descend, le cerveau ne fonctionne plus...
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Anayl le Août 07, 2020, 08:50:01 PM
Et tu es biologiste...

Non les hommes ne fonctionnent pas du tout comme ça.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Alexandra le Août 08, 2020, 01:22:55 PM
C'est des bêtises! Les hommes ne fonctionnent pas comme ça! Un homme peut se contrôler. Il y a plus d'hommes qui sont merveilleux que mauvais. Tu n'as pas eu de chance, tu es tombée sur une personne malsaine. Tu dois couper les ponts.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 08, 2020, 04:51:25 PM
Je n'aurais jamais du en parler à ma tante.

Elle en a parlé à ma mère, qui en a parlé à mon frère.
Mon frère est venu me chercher ce matin pour m'emmener chez ma mère. Réunion de famille avec donc ma mère, mon frère, ma tante et mon beau-frère.
Dans un premier temps, ils voulaient aller casser la gueule du mec (mon frère est sanguin...).
Puis je leur ai expliqué toute l'histoire.

Ce qu'ils m'ont dit :
Si j'accepte les calins d'un homme, ca sous-entend que j'accepte le sexe. Pour eux, un homme ne peut pas faire de calins sans coucher. A partir du moment où j'ai laissé le mec m'embrasser, c'était normal pour lui de vouloir aller plus loin. Même si je lui ai dit plusieurs fois que je ne voulais pas. Ma mère m'a dit que je minaudais, mais que je l'ai allumé. Je l'ai cherché.
Pour eux, repousser le mec en lui demandant gentiment d'arrêter avec des "s'il te plait" ce n'est pas un refus. Un vrai refus, ca aurait été de crier, de lui foutre un coup de poing, et de me barrer. Si je me contente de dire "non" mais que je reste, c'est que je le veux.
Donc c'était normal que le mec veuille me décoincer. C'était normal qu'il ne comprenne pas mon refus.

De toute façon, à partir du moment où je suis retourné chez lui, c'est qu'en réalité je voulais coucher avec lui. Pour  eux, c'est juste que je n'assume pas, que j'ai été touchée dans mon orgueil. Ils ne comprennent pas qu'il ai pu avoir une emprise sur moi, qu'il ai pu m'intimider, pusiqu'à aucun moment il ne m'a menacée ni frappée. Ils disent que si vraiment j'avais été traumatisée qu'il me force à le sucer, alors je n'y serais pas retournée et puis c'est tout.

Ma tante a été violée, elle a eu deux enfants avec son violeur. Ma mère a été violée par un homme qui lui a mis un couteau sous la gorge, elle a continué à fréquenter cet homme et l'a laissé voir l'enfant qu'elle a eu de ce viol (mon frère, donc). Mais moi, je ne pouvais pas être sous emprise psychologique, puisque ce mec ne m'a pas menacée.

Donc on me dit que je me prend juste la tête pour rien parce que j'aime me complaire dans mes plaintes, parce que j'aime me faire du mal et j'aime me forger une dépression. Elle me dit que je suis juste masochiste et que je me complais dans des situations négatives.

Mais qu'au final, si je pleurniche là dessus, c'est juste parce que je n'assume pas ce que j'ai fait, je n'assume pas d'avoir laissé ma virginité à un con, et je suis blessée dans mon orgueil.

La seule et unique chose qu'ils reprochent à ce mec, c'est d'avoir couché avec une vierge. Car, pour eux, la virginité est un truc très important que l'on doit préserver autant que possible, et qui se donne uniquement au sein d'une relation amoureuse longue et forte. Donc ils considèrent simplement que le mec aurait du m'expliquer que l'on ne peut pas donner sa virginité comme ca, parce que l'on perd sa valeur une fois que l'on est "salie".

Ah, et, evidemment, connaissant l'origine ethnique du gars, ils m'expliquent que de toute façon ces gens là sont des animaux, des sauvages, une "sale race" pour reprendre leurs termes, et que mon ami S. est forcément pareil puisqu'il provient du même pays. Bon, là, je me suis énervée, je veux bien qu'on me rabaisse moi, mais je ne tolère pas que l'on insulte mon ami S. juste sur ses origines ^^'  merde, y a des milliers de viols en France et on considère just que ce sont des tarés, des cas isolés, mais dès qu'il s'agit d'un étranger, on met tout le pays dans le même sac.
Pourtant, mon frère étant à moitié arabe, il devrait comprendre ces problématiques, il doit bien savoir qu'il ne correspond pas aux préjugés qu'ont souvent les gens sur les étrangers.

Bref. Pour eux, je minaude, je fais tout un foin pour rien parce que j'aime me faire du mal, mais j'ai allumé le gars, j'ai cherché ce qu'il s'est passé, et c'est juste que je n'assume pas de m'être salie ainsi. Mais du moment qu'on embrasse un mec, un consent à coucher avec. D'ailleurs, ma mère me dit que les femmes n'ont jamais envie de coucher, elles n'ont pas de désir contrairement aux hommes, mais elles doivent se forcer pour satisfaire les hommes, parce que c'est comme ça que ca marche. Donc voila, j'ai allumé ce gars, j'y suis retournée, donc c'est que j'avais envie de me faire sauter. De toute facon, juste dire "non, s'il te plait arrête", ca ne compte pas.


Bref, je regrette amèrement d'avoir fait confiance à ma tante. J'aurais du le savoir. Je m'en suis pris plein la gueule, je me suis faite rabaisser, ils ont insulté mon ami (pourtant, même ma mère reconnaissait que ce mec m'a totalement changée et lui était reconnaissante de m'avoir sauvée de ma dépression et de mon suicide programmé), ce fut un moment très agréable.
Ils ont retrouvé le gars sur Facebook, j'ai quand même peur qu'ils aillent lui parler.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: intime idée le Août 09, 2020, 12:34:33 PM
je ne suis pas surpris par les réactions des tiens,
même si ça me choque toujours autant de lire ça,
au lieu de partager ton fardeau et de te soutenir, ils et elles t'enfoncent encore plus...
c'est la raison qui fait que je ne conseille jamais ou presque d'en parler aux proches...

Elles disent que tu n'étais pas sous l'emprise et que tu te complais dans la situation :o...

Tu es malheureusement entourée de personnes qui ont souffert des mêmes maux et à l'époque n'avaient d'autre solution que de s'en sortir seules du mieux possibles...
Aujourd'hui les aides et moyens de soutiens extérieurs existent et seront bien meilleurs pour Toi...
Enfin sans vouloir jeter la faute sur tes proches, il est possible par leurs attitudes et leurs passés qu'elles n'aient pas su te donner les moyens de faire face à ces situations, n'ayant pas su pour elles avant non plus...
Elles t'ont peut être inconsciemment prédisposé à ces situations, ne sachant les gérer elles même, en colportant des à priori sur la gente masculine qui serait plus commandé par des hormones qu'un cerveau...
Quand on dit non c'est non, peut importe le sexe ou la situation, et même si c'est très frustrant, le non doit rester entendu...
De mon coté je demande toujours avant, et le moindre refus ou la moindre hésitation m'arrêtent,
ce doit être un beau moment de partage et d'union, en aucun cas de contrainte et de domination, sauf peut être dans le cadre d'un "jeu" pré-établis et consenti des deux cotés pour ceux qui aiment ça...

Je te souhaite de pouvoir te retrouver, et écouter ton "moi" intérieur profond, si tu as mal vécu ton histoire c'est qu'elle ne s'est pas bien passée, tu n'as pas été entendue ni respectée, ni par lui à l'époque ni par tes proches, leurs maladresses, et propres cicatrices...
Réagis, pour Toi, pour tes enfants plus tard, pour dire "merde" aux cons et sourire à la vie ;) 8).
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 09, 2020, 12:42:26 PM
Merci beaucoup pour ton message, très réconfortant. Je suis bien contente d'être tombée sur ce forum. Merci à vous trois pour votre temps et votre générosité.

Je n'aurais vraiment pas du en parler à ma tante, en effet. Je ne voulais vraiment pas en parler à ma famille. Mais elle a plus ou moins amené le sujet et j'ai craqué. Elle m'a promis qu'elle ne dirait rien sans moi mais m'a trahie malgré tout. Cela fait longtemps que l'on me dit que ma famille est malgré elle toxique pour moi, il était temps que je m'en rende vraiment compte. Beaucoup d'amis me l'ont fait remarquer et m'on suggéré de prendre mes distances. J'ai longtemps encaissé, mais là, me prendre ce genre de remarques dans cette situation, c'est le truc en trop. Tant pis, qu'ils pensent ce qu'ils veulent. J'espère juste que mon frère ne va pas aller parler au gars (il a réussi à retrouver son profil facebook), car il lui en veut beaucoup d'avoir dépucelé sa petite soeur. Pour lui, c'est ca le crime. Ca m'angoisse, mais, clairement, s'il va lui parler, je ne saurais jamais lui pardonner.

Je m'en sortirais malgré tout, car mon histoire n'est clairement pas si grave que ça. Je n'ai pas de raison de rester bloquée là dessus pendant des années. Il me faut juste un peu de temps pour m'en remettre, car j'étais beaucoup trop fragile sur ce genre de sujets. J'ai toujours eu un gros blocage sur la sexualité, donc, forcément, j'ai eu du mal à encaisser cette histoire. Mais ca ira. Pouvoir en parler ici, ou à d'autres personnes qui me comprennent sans me juger, ca me fait beaucoup de bien.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 10, 2020, 06:20:41 PM
Je me suis disputée avec ma mère. Elle me répète constamment qu'elle regrette de ne pas avoir eu plus d'enfants, car en en faisant plus elle aurait pu avoir une fille bien, une fille à son goût. Moi, je suis un fardeau, elle n'en peut plus de moi, je ne serais jamais assez bien pour elle. M'enfin. Ce n'est pas la question.

Elle répète que je fais des histoires pour rien, que le mec ne m'a obligée à rien. Que si je ne suis pas partie, c'est qu'au fond je le voulais. Sinon, dès qu'il a commencé à me toucher, je me serais levée et je serais partie, tout simplement. Je l'aurais frappé quand il me rattrapait et puis c'est tout. Au final, si j'ai laissé faire, c'est que je le voulais. Et de toute façon, je suis retournée chez lui, donc c'est que même la première fois il n'y avait aucun soucis.
Elle dit que je m'invente toujours des histoires. Que j'invente des problèmes. Elle me rappelle que je me plaignais de harcèlement scolaire alors que je n'ai jamais été frappée. Donc là encore, ca ne comptait pas. En effet, je n'ai jamais prétendu qu'il s'est passé quelque chose de grave à l'école. Juste que ca me blessait dans mon estime et ma confiance de me faire constamment insulter, rabaisser, d'être LE mouton noir de l'école sur lequel tout le monde s'acharnait, même si ca n'a (presque) jamais été physique.

Mais là encore, elle dit que ce mec n'a rien fait de mal et que je me fais des histoires toute seule pour me complaire dans ma dépression. Qu'au final, je voulais totalement ce qui est arrivé. Elle m'a même engueulé parce que je ne lui parle plus. Elle dit que j'aurais du continuer à lui parler, et établir une relation de couple avec lui si déjà il m'a salie. Elle l'a retrouvé sur Facebook, elle le trouve beau et charmant (ah bon? Y a deux jours tu disais que c'est une sale race et que ce sont des animaux sauvages), il est docteur, donc ca devrait suffire à ce que je me case avec pour justifier tout ca. Au lieu de bêtement faire des histoires, que j'aille donc le séduire!

Au final, je ne sais plus quoi penser. A force de m'entendre répéter ca de la part de ma famille, j'en viens à me dire qu'ils ont raison. Que je fais un scandale pour rien et que j'accuse cet homme de faits qu'il n'a jamais commis. Que je fais peut-être partie de ces personnes qui crient à l'abus pour rien, qui voient des agresseurs là où il n'y en a pas. Je n'ai jamais prétendue avoir été violée. Je me demandais juste si c'est normal que le mec me force après une vingtaine de "non" de ma part. Mais au final, peut-être que tout cela, je le voulais, et c'est juste que je n'assume pas.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: intime idée le Août 11, 2020, 02:57:19 AM
Ne te laisse pas influencer par cette culpabilité supplémentaire qu'elle essaye de te faire porter...

Les réponses sont en Toi,
au plus profond de Toi,
écoutes tes ressentis avant tout...

Aucune profession ne rend absolument respectable... ::)

Il n'y a pas de parent parfait,
ni d'enfant parfait...

Aucune école ne nous prépare à vivre nos vies d'enfants, ni nos vies d'adultes,
nous sommes tous différents et il ne suffit pas de répéter encore et encore nos vies pour qu'elles deviennent idéales ::)

J'ai commis plein de maladresses dans ma vie d'enfant surement
et peut être encore plus dans ma vie de parent :'(,
je ne programme pas de faire d'autres enfants pour me donner d'autres chances ou rechercher un peu d'autosatisfaction ::)...

Une aide psychologique pourrait t'aider à faire le tri en Toi, peut être y voir un peu plus clair,
retrouver de l'estime de Toi, et espérer ainsi aussi celle de tes proches...

Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 11, 2020, 10:52:37 AM
Je ne veux toujours pas l'accuser d'abus, et encore moins de viol. Je lui reproche juste de m'avoir forcée. J'ai toujours eu un blocage sur ce genre de choses donc, forcément, je n'aime pas que ca ai été fait comme ca. Qu'il m'ai forcée, intimidée (même sans le vouloir), qu'il ai tant insisté, allant jusqu'à bloquer mes mains quand je le repoussais. J'avais peur, même s'il ne m'a pas menacée. Même lorsque je suis retournée chez lui, il manquait de respect. Il s'en fichait lorsqu'il me faisait mal.
Pour autant, je ne pense pas qu'il y ai eu une mauvaise intention de sa part. Je pense qu'il ne se rendait juste pas compte que ça n'allait pas pour moi. Je n'ai pas été assez claire. Tout ce que je peux lui reprocher, c'est d'avoir insisté encore et encore alors que j'avais déja dit non vingt fois.
Mais au final, ce n'est pas plus grave que cela et je ne peux l'accuser de rien.

Quant à mes proches.... Je suis blasée. Quoi que je fasse, ils ne m'aimeront jamais de toute façon. Ma mère cherche la perfection en moi, elle ne me pardonnera jamais de ne pas être l'enfant dont elle rêvait.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: intime idée le Août 12, 2020, 10:03:05 AM
Accepter son statut de victime est un premier pas souvent difficile à franchir,
peut être n'es tu pas encore prête, peut être te faut il du temps...

Pour tes proches, je suis désolé, ce n'est pas de ce coté là que tu trouveras de l'aide,
ça ne te consolera sans doute pas, mais il est très rare que ce soit le cas...

Bon courage.
Titre: Re : Victime ou coupable ?
Posté par: Cytosine le Août 12, 2020, 10:46:21 AM
Mais est-ce vraiment une bonne chose de se voir comme une victime, au final? Ne vaut-il pas mieux se mettre en tête qu'il ne s'est rien passé de mal? Cet homme ne pensait pas à mal, donc autant ne pas lui en vouloir. Rester éloignée de lui (même en pensant qu'il n'y est pour rien, je déteste l'idée de le revoir...), mais ne pas lui en tenir rigueur. Et ne plus rester bloquée sur cet expérience.
Ok, ma première expérience s'est mal passée car je suis tombée sur un gars qui ne comprenait pas que je ne veuille pas le faire. Mais, au final, le problème vient peut-être plutôt de moi qui fais bêtement un blocage là dessus.

Je ne sais pas, je me dis que je dois peut-être juste changer ma façon de voir les choses, et que ce n'est finalement pas une bonne chose de se conforter dans un statut de victime.

Malgré tout, je te remercie encore pour tes messages. Ils m'aident à ne pas me sentir coupable, malgré tous les reproches que l'on me fait.