Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Bonjour,
J'ai besoin de parler, peut-être de partager avec des personnes ayant vécu une histoire similaire. Pour autant, je ne me sens pas légitime. J'ai l'impression de ne pas avoir le droit de me plaindre, qu'il ne s'est rien passé de grave, qu'il y a tellement pire. Malgré tout, sous couvert d'anonymat, je vais venir raconter ma petite vie insignifiante.

Cela faisait quelques temps que je discutais avec l'ami d'un ami. En toute amitié, sans ambiguïté, du moins, je pensais qu'il avait bien compris que je ne voulais rien de plus. Au fil d'une conversation et suite à des questions assez indiscrètes et malgré tout insistantes de sa part, je lui avais fait savoir que je n'ai aucun comportement sexuel, que je n'ai jamais touché qui que ce soit et que personne ne m'a jamais touchée. Et que je n'en avais jamais eu envie. C'était donc clair pour moi qu'il ne devait pas s'attendre à quoi que ce soit d'autre qu'une simple amitié.

Ainsi, lorsqu'il m'a invitée à diner chez lui, je ne me suis pas méfiée. Je me suis dit, c'est cool, c'est l'occasion de me faire un nouvel ami. Je pensais simplement passer 2-3 heures avec lui et rentrer rapidement chez moi. C'était un petit logement, très bordélique, on a finalement mangé assis par terre sur un tapis posé à côté du lit. Ma foi, pourquoi pas. J'étais très mal à l'aise et il le voyait bien. J'étais même complètement stressée. Il a avancé une main vers moi, demandant s'il pouvait toucher mes épaules. J'ai accepté. Je suis quelqu'un de toujours très stressée, très tendue, les muscles de mon dos et de mes épaules sont donc extrêmement durs à force d'être toujours sous tension. Remarquant cela, il m'a dit qu'il connait une technique pour détendre les muscles et m'a donc proposé un massage. J'étais vraiment très mal à l'aise mais je ne pouvais pas refuser... Je l'ai laissé faire. Et je dois admettre que sa technique fonctionne très bien : pour la première fois depuis des années, mon dos était vraiment détendu. Et moi aussi, du coup. Comme à moitié shootée par les endorphines. Je ne savais plus ce qu'il se passait.

Je me suis donc laissée faire lorsqu'il m'a embrassée. Peut-être à cause de cette détente inhabituelle. Ou sans doute à cause d'un violent manque affectif qui me bouffe au quotidien, cette dépression qui me tiraille depuis des années, et la solitude pesante puisque, suite au confinement, j'avais perdu mon emploi et ne voyais presque plus personne. Peut-être son absolue confiance en lui qui le rendait intimidant, presque effrayant. Ou juste la surprise. Son lit étant juste à coté, il a pu me poser dessus avant même que je ne réagisse. J'ai alors commencé à le repousser, lui demandant quel est son plan. Il m'a assuré qu'il n'y a pas de plan et que ça n'ira pas plus loin. J'ai alors laissé faire. Malgré moi, de par ce coeur criant famine, j'appréciais le contact de ses lèvres et de ses mains. Je l'ai seulement arrêté lorsqu'il a commencé à s'attaquer à mes sous-vêtements. Je l'ai repoussé, lui disant que je ne voulais pas aller plus loin. Des calins et des bisous s'il le souhaite, mais rien de plus. Il me dit qu'il a compris.

Malgré tout, il finit par se déshabiller. Il prend ma main pour l'amener vers son entrejambe. Je retire ma main aussitôt, et lui dit une fois de plus que je ne veux pas de ça, que sa bite, je ne veux pas la toucher, ni même la voir. Il fait semblant de laisser tomber, il me caline deux-trois minutes puis il réssaye. Je refuse à nouveau. A ce stade là, j'aurais du me lever, prendre mes affaires et me casser d'ici. Je ne comprend pas pourquoi je suis restée. Ses calins, sans doute. J'avais tellement besoin d'affection. Pour tout vous dire, j'en étais à un stade où, quelques jours plus tôt, le contact du stéthoscope du médecin dans mon dos m'avait fait un bien fou tant j'étais en  manque de contact humain. Alors comment résister? Je suis restée. Il a insisté. Encore et encore. Six ou sept fois, il tentait de me foutre sa bite dans la main, je refusais et il insistait encore. Il disait que je lui devais ça. Qu'il m'avait fait plaisir avec ses calins, et que je devais donc lui faire plaisir en retour. Que ca doit etre donnant-donnant, et que je ne peux pas juste prendre sans donner. J'ai fini par céder. J'ai fini par faire ce qu'il voulait. En m'y prenant comme un pied, puisque je n'avais jamais vu de bite de ma vie, pas même en photo. Il a alors commencé à me toucher l'entre-jambe également. Là encore, je le repoussais. Il a alors bloqué mes mains. Il est bien sûr beaucoup plus fort que moi, et il arrivait à bloquer mes deux mains avec une seule de ses mains, pour continuer à me toucher avec l'autre. Je le repoussais avec mes jambes en le suppliant "non! Arrête! Je ne veux pas de ca, arrête, s'il te plait!!". Il bloquait tout mon corps pour pouvoir continuer, me lachant simplement "tu crois vraiment que je vais arrêter?". Je le suppliais, j'essayais de le repousser, de libérer mes mains, mais rien à faire. Bon, évidemment, il a fini par se rendre compte que j'ai mes règles. Avec le recul, c'est sans doute le seul point qui l'a empêché d'aller plus loin. Mes supplications, il n'en avait rien à faire. Il m'a relachée, j'ai voulu me lever et partir. Mais il m'a rattrapée, me serrait dans ses bras. Il me parlait à nouveau avec gentillesse, me calinait, me disait que tout va bien. Il essayait de me persuader que j'aimais ca, puisque mon corps réagissait. Des réactions purement mécaniques, mais il prenait ca comme pretexte pour essayer de me faire croire que j'en avais envie. Il m'a gardée dans ses bras et m'a recouchée sur le lit. J'étais totalement docile, une brave poupée malléable à loisir. Encore quelques calins, une tendresse imaginaire, et je baissais à nouveau ma garde. Mais il ne comptait pas s'arrêter là pour autant. Il m'a dit qu'il a bien l'intention de jouir. Il se frottait contre moi, ou faisait des mouvements de va-et-viens comme s'il me baisait. J'étais vraiment mal à l'aise, mais je le repoussais à peine. Je le poussais sans force, sans conviction, je me contentais de tourner la tête et de fixer le mur. Il a fini par me demander de le sucer. J'ai refusé. Ca m'avait déja assez dégouté d'y toucher avec la main. Il a insisté. J'ai refusé. Il a redemandé. Cinq fois. Me gratifiant d'un "si tu me suces, ca sera fini et je te foutrais la paix", ce qui montre bien qu'il avait bien conscience que je ne voulais pas de ca. Il a fini par me foutre sa bite devant le visage, insistant pour que je la prenne en bouche. Vision d'horreur. Je me suis retrouvé roulé en boule sur son lit à le supplier d'arrêter tout ça. Il riait gentiment et me prenant dans ses bras, me disant que tout va bien et qu'on ne fait que profiter d'un moment ensemble. Il m'affirmait qu'on apprécie ça tout les deux et que je n'ai aucune raison d'être aussi mal à l'aise. Après m'avoir à nouveau calmée, il m'a remit sa bite dans la gueule ,et j'ai fini par céder. Evidemment, je ne savais pas comment faire, mais je ne pouvais plus fuir. Malgré tout, puisqu'il en a eu marre que je ne sache rien faire, il a fini par s'en occuper tout seul et s'est branlé sur moi. A la limite, tu ne pouvais pas faire ca directement au lieu de me forcer à toucher?!

Malgré tout, je ne suis toujours pas partie. Il m'a effectivement foutu la paix après ca, mais je suis restée chez lui. Sur le coup, je ne savais pas quoi penser de tout ça. J'avais envie de me dire que tout va bien, et qu'après tout, c'est juste un moment de tendresse partagée. Qu'il fait ça parce que je lui plait, qu'il m'apprécie. Je suis finalement rentrée chez moi presque une heure après.

Ce n'est que le lendemain que j'ai réalisé ce qu'il s'était passé. J'ai commencé à me sentir vraiment mal, à angoisser. Je revoyais encore son paquet immonde qu'il me mettait de force devant la tronche. J'en ai finalement parlé à quelqu'un, qui m'a dit que ce gars est un parfait connard et que je ne dois plus jamais le revoir. Je suis restée plus ou moins prostrée sur moi même pendant quelques jours. Malgré tout, il me parlait tous les jours. Pas grand chose, juste la conversation de base.... salut, comment vas tu, quoi de beau.... Il me disait qu'il avait hate de me revoir. Au final, dans ma tête, c'était le bordel. Les premiers jours, j'étais totalement chamboulée, mais après quelques jours, j'ai fini par me persuader que tout allait bien. Que s'il avait agit ainsi, c'est juste parce que mon refus n'avait pas été assez clair. Après tout, j'acceptais ses calins et ses caresses, alors comment pouvait-il comprendre que je ne voulais rien de plus? Et puis, j'ai fini par céder, après tout, alors c'est de ma faute. Il me parlait tous les jours, de façon bienveillante, alors j'ai fini par me dire qu'après tout, c'est juste que je lui plais beaucoup, et que tout ca n'est finalement qu'un début un peu précipité mais néanmoins pas anormal pour une potentielle relation amoureuse. Je n'étais clairement pas amoureuse de ce type, mais à ce stade, j'étais prête à m'en persuader juste pour justifier tout ca. Me dire que c'était normal. Que ce n'était que de l'affection. Pourtant, je sentais une angoisse inexpliquée monter en moi chaque fois que je voyais son nom s'afficher sur mon écran. A un stade, j'osais à peine me connecter à Messenger, de peur de recevoir un message de sa part. J'avais peur qu'il me parle, et pourtant, j'arrivais à me persuader que tout cela avait été une relation consentie, voulue, menée par la tendresse et l'affection de deux personnes qui s'apprécient beaucoup.

J'y suis donc bêtement retournée lorsqu'il m'a invitée à nouveau. Et bien sûr, cette fois, il est allé jusqu'au bout. Je ne me suis même plus défendue, je ne l'ai pas repoussé, je l'ai simplement laissé faire en me persuadant que j'en avais envie aussi. Pourtant, aucun plaisir. Juste un profond dégout, une violente culpabilité. Le sentiment d'être une "fille facile". Le dégout d'avoir laissé ma première fois à ce mec, qui a fini par me foutre à la porte aussitôt sa bite fatiguée. Bien sûr, maintenant qu'il a eu ce qu'il voulait, il ne me parle plus.

Ce n'est qu'après ce deuxième épisode que j'ai fini par comprendre ce qu'il s'était passé dans ma tête. Que je m'étais simplement persuadé qu'il s'agissait d'un début de relation de couple normale et consentie, simplement pour ne pas accepter l'idée d'avoir été forcée. Je ne supportais pas l'idée d'une agression sexuelle, et lorsqu'une autre personne à qui j'ai raconté cette histoire m'a dit le mot viol, j'ai finalement fini par défendre le mec, en disant que non, bien sûr que non, ce n'est pas un violeur et ce n'était pas un viol, le pauvre n'a juste pas compris que je ne voulais pas. Je reste encore persuadée que c'est de ma faute. Coupable de ne pas avoir su me défendre, coupable d'avoir répondu à ses baisers et ses calins, coupable de ne pas avoir été plus ferme dans mes refus. Et, surtout, coupable d'être retournée chez lui. Comment pourrais-je me prétendre victime alors que je suis retournée chez lui ? Je me sens juste profondément coupable. Et profondément sale. Je ne peux que m'en vouloir. Après tout, c'est moi qui suis retournée chez lui, de mon plein gré. Alors comment puis-je prétendre que je ne le voulais pas? Je ne peux pas dire qu'il m'a forcée. Au final, je ne suis pas victime. Je ne sais même pas si ca peut être qualifié d'agression sexuelle. Du forcing, oui, mais peut-être rien de plus.

Alors, de quoi est-ce que je me plains? C'est arrivé début juin, et depuis, je suis incapable de penser à autre chose. De me concentrer sur quoi que ce soit. De travailler, d'etre efficace. Je ne fais que ressasser sans cesse cette histoire. Je me sens sale et coupable. J'ai le sentiment de n'être absolument pas légitime à me plaindre. Après tout, il ne s'est rien passé de grave, les gens à qui j'en parle le confirment. Ca arrive à tout le monde et je n'ai aucune raison de m'en plaindre. Il y a tellement pire. Des gamines qui se font violer par leur père. Et moi, je suis traumatisée pour une pipe. Pourtant, je n'arrive pas à me débarrasser de ces angoisses. Je n'ose même plus circuler dans le coin où il habite. Je suis mal à l'aise en présence de mes amis et refuse le contact physique. Je ne pense qu'à ça, je ne parle que de ça, je reste bloquée là dessus sans réussir à passer à autre chose. Ca me hante et ca me bouffe, et surtout, surtout ,ce sentiment de culpabilité, cette sensation d'être si sale et coupable, c'est pire encore que ce qu'il m'a fait. Ce n'est même pas à lui que j'en veux, c'est à moi même. Je m'en veux d'avoir laissé faire tout ca. D'être retournée chez lui. J'en ai parlé à quelques inconnus sur internet, car j'ai le besoin de faire sortir tout ca, mais je reste incapable d'en parler à mes amis ou mes proches. J'ai beaucoup trop honte, j'ai peur de ce qu'ils pourraient penser de moi. J'ai l'impression qu'ils seraient tellement déçus, dégoutés de moi.

Comment se pardonner? Comment penser à autre chose? Tourner la page?

Je ne sais pas trop comment oublier. Alors j'en parle, encore et encore. Ce message est beaucoup trop long pour que quiconque ai envie de le lire. Je n'avais clairement pas besoin de m'attarder autant sur les détails, j'aurais pu résumer ca en cinq lignes. Mais, justement, c'est le fait de tout détailler qui fait du bien... Parler, parler de chaque chose, de chaque instant, de chaque blessure. Qu'importe si ca parait impudique. Vive l'anonymat.

Et je culpabilise encore, car mon histoire est si insignifiante par rapport à ce que d'autres ont pu vivre....

Bonjour et bienvenue,
Ton histoire n'est pas insignifiante et je comprends le besoin de donner des détails pour essayer de comprendre toi-même certainement autant que pour expliquer aux autres.
Il y a clairement eu une agression sexuelle la 1ère fois, un traumatisme qui a été créé. Pour moi, ça explique peut-être pourquoi tu es retournée. Peut-être, que inconsciemment, tu as pensé que si tu y retournais et que tu étais consentante, la 1ère fois ne serait plus un abus et tu pourrais vivre avec. Tu as été une victime et tu dois te pardonner.
Si possible, je te conseille d'essayer de voir une psy pour t'aider à avancer. Tu es aussi la bienvenue d'écrire ici aussi souvent que tu en as besoin si ça t'aide d'écrire.
Alex.

Merci beaucoup pour ton accueil, et pour ta réponse.

Je pense effectivement que j'ai tenté de tourner ça en quelque chose de positif. Je refusais l'idée d'avoir été abusée, je cherchais à lui trouver des excuses, à me persuader qu'il n'avait pas pu comprendre mon refus, je cherchais à me persuader que ça reste un mec bien et que c'est finalement peut-être juste une forme d'amour, une histoire de couple (bien que je n'étais pas du tout amoureuse de lui). Donc, avoir une relation plus ou moins consentante avec lui pouvait finalement permettre de transformer un abus en quelque chose de voulu, pour ne pas avoir à me dire que j'avais été abusée, pour que mon premier contact avec un homme ne reste pas un traumatisme. Mais au final, ça a tout empiré. Au final, je pense que j'aurais préféré me dire que ce n'est pas de ma faute et que j'ai été victime, plutôt que de devoir assumer la responsabilité de cette histoire, et me sentir coupable.

Je n'ai pas les moyens de voir un psy (difficile pour les jeunes diplômés de trouver un emploi en pleine crise Covid :( ), et, honnêtement, je ne suis pas persuadée que ça aide vraiment... Un psy, c'est généralement 30 minutes toutes les 2-3 semaines, est-ce qu'on a vraiment le temps de parler ?

Bonjour,

Citation de: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
Et je culpabilise encore, car mon histoire est si insignifiante par rapport à ce que d'autres ont pu vivre....

Il n'y a pas d'histoires insignifiantes.

Citation de: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
Je me suis retrouvé roulé en boule sur son lit à le supplier d'arrêter tout ça. Il riait gentiment

Ce sont tes mots, est-ce que tu vois le problème? Si tu me vois embrasser de force une fille dans la rue et qu'elle supplie d'arrête et que tu me vois rire, penseras-tu que je suis gentil? ou quoi?

Citation de: Cytosine le Juillet 28, 2020, 12:00:10 PM
j'ai finalement fini par défendre le mec, en disant que non, bien sûr que non, ce n'est pas un violeur et ce n'était pas un viol, le pauvre n'a juste pas compris que je ne voulais pas. Je reste encore persuadée que c'est de ma faute.

Tu penses que quand une fille supplie d'arrêter, ce n'est pas un signal assez clair?

Même si tu ne peux pas voir un psy, tu as besoin de t'exprimer, n'hésite pas à écrire ici tout ce qui te passe par la tête, même des recette de crêpes normandes (les seules vraies crêpes).

Courage à toi.
« Les Hommes naissent libres et égaux en droit. Après, ils se démerdent. » (Jean Yanne)

Je peux avoir une crêpe, s'il vous plait  :'(

Citation de: Anayl le Juillet 30, 2020, 04:04:11 PM
Ce sont tes mots, est-ce que tu vois le problème? Si tu me vois embrasser de force une fille dans la rue et qu'elle supplie d'arrête et que tu me vois rire, penseras-tu que je suis gentil? ou quoi?
Disons que ca participe à mon incompréhension de la situation. Ses actes étaient mauvais, mais il restait pourtant doux et  tendre? Il insistait et me faisait presque du chantage, mais sans agressivité, sans hausser le ton. Il m'immobilisait physiquement mais sans me faire mal, sans violence. Ce n'était pas un rire d'amusement ou de sadisme, mais un rire doux qui se voulait rassurant. De façon générale, il essayait de me rassurer et de me détendre, de me mettre en confiance. Il n'a pas eu un comportement "de méchant". C'est pour ça que je me persuade qu'il n'a juste pas compris mon refus.... qu'il s'est dit que j'étais simplement mal à l'aise et qu'il fallait me pousser un peu pour que je me "décoince".
Je répondais à ses baisers et à ses calins, je le gardais dans mes bras, je le repoussais uniquement quand il s'agissait de contacts sexuels, donc ce n'était pas clair pour lui. J'aurais du le repousser en bloc dès qu'il m'a embrassée. Là, j'étais un peu entre deux eaux, il ne pouvait donc pas comprendre. Il a du se dire que je le repoussais par jeu, comme ça se fait beaucoup.

Je te remercie pour ton message.

Citation de: Cytosine le Juillet 30, 2020, 04:22:45 PM
Ses actes étaient mauvais, mais il restait pourtant doux et  tendre? Il insistait et me faisait presque du chantage, mais sans agressivité, sans hausser le ton.

Si je poignarde quelqu'un sans hausser le ton, diras-tu que mon acte était mauvais mais que je reste gentil?

Citation de: Cytosine le Juillet 30, 2020, 04:22:45 PM
je le repoussais uniquement quand il s'agissait de contacts sexuels, donc ce n'était pas clair pour lui. J'aurais du le repousser en bloc dès qu'il m'a embrassée. Là, j'étais un peu entre deux eaux, il ne pouvait donc pas comprendre. Il a du se dire que je le repoussais par jeu, comme ça se fait beaucoup.

Quand la fille repousse le mec "par jeu", elle ne supplie pas, généralement, elle rigole, là tu as montré une opposition quand il franchissait les limites.

Si ça arrivait à une amie à toi, prendrais-tu aussi la défense du mec?

Je ne sais pas si c'est un violeur, je ne suis pas avocat (ni journaliste qui sait tout), mais je sais que c'est un connard.
« Les Hommes naissent libres et égaux en droit. Après, ils se démerdent. » (Jean Yanne)

Ton message était clair. Selon où tu habites, tu peux parfois avoir accès à un psy gratuitement pour quelques séances. Ici, les séances de psy sont 50 minutes mais je n'habite pas en France. Comme Anayl l'a dit, ce forum est toujours ouvert pour toi. Tu peux parler de ce que tu veux :)
Alex.

#7 Août 05, 2020, 04:47:13 PM Dernière édition: Août 05, 2020, 06:28:58 PM par Cytosine
Merci encore à vous deux.
Je reste complètement perdue dans ce que je pense et ressens. J'aimerais me dire que ce n'est pas si grave, que ce n'est rien de mal, et tourner la page, mais rien à faire faire, j'y pense encore et encore, constamment, nuit et jour.

Je ne peux plus passer une journée avec ma famille ou mes amis et avoir un comportement normal. Je vais finir à un moment où un autre par m'enfermer dans le silence, sans plus pouvoir parler, à juste ressasser encore et encore ce fichu souvenir. Je suis mal à l'aise avec mes amis, je suis mal à l'aise avec le contact physique. Je rêve de ce gars quasiment chaque nuit et je me réveille épuisée, dégoûtée.

Je ne sais plus si j'ai besoin de me persuader d'être une victime pour pouvoir me pardonner et m'accepter ou si, au contraire, je dois me placer comme coupable pour refouler le traumatisme. J'ai l'impression que, plus je m'enfonce dans un statut de victime, plus je me sens mal, plus je me conforte dans mon mal-être et mes angoisses, et peut-être que je finis par déformer mes souvenirs pour qu'ils soient pires encore et justifient les accusations que je porte sur ce mec.
Peut-être que, au contraire, je dois me persuader qu'au final j'en avais envie, et qu'il fallait bien commencer quelque part, avoir une expérience un jour, pour oublier ces débuts forcés et traumatiques et me persuader que tout va bien, que je vais bien.

Je pense que la situation serait plus facile si ça avait été un parfait inconnu, ou simplement quelqu'un d'autre.

Bon. Je vais encore raconter ma vie, au point où j'en suis. Rien à voir avec l'abus, et je me doute que ca n'intéresse personne, mais ca fait toujours du bien à écrire.
Ca fait quelques années que je suis dépressive et suicidaire. Je n'ai aucune estime de moi, je me méprise au plus haut point, je suis constamment négative et pessimiste, incapable de voir la bonne part des choses, incapable de croire en l'avenir, ne serait-ce que de m'imaginer un futur. La seule raison pour laquelle j'étais encore en vie, c'est le fait que ma mère m'ai fait promettre de ne jamais lui infliger ca. Pour autant, je n'avais plus l'intention de continuer plus longtemps, et j'avais décidé que 2020 serait ma dernière année.
Mais, c'est tout con, il suffit parfois d'une rencontre pour tout changer (en bien ou en mal). En Janvier, je fais la rencontre d'un nouveau collègue (appelons le S.). De part sa philosophie, son soutien, ses conseils, son affection ou simplement la sincérité d'un sourire pur, il a tout changé en moi. Pour la première fois de ma vie, j'ai eu le sentiment de vouloir vivre, de vouloir construire mon avenir, de vouloir croire en moi et m'aimer. Pour la première fois, je me suis rendue compte que je pouvais également aimer. Ses paroles, son soutien et sa bienveillance, ou simplement l'amour irraisonné que je lui porte, ont suffit à illuminer une vie que je pensais pourtant impossible à sauver.
Désormais, tout ce qui compte pour moi, c'est de pouvoir continuer à lui parler chaque jour, à le voir aussi souvent que possible, à passer du temps avec lui et créer avec lui des souvenirs uniques. Il me propose même de voyager ensemble (après la crise Covid...), découvrir de nouvelles choses, vivre des expériences qui me changeraient bien de mon quotidien morne, moi qui n'ai plus voyagé où que ce soit depuis les voyages scolaires du lycée. Mais quand il me propose de voyager ensemble, ce n'est bien sûr pas en tête à tête, ce serait un voyage entre amis. Notamment, avec l'un de ses amis les plus proches avec qui il explore le monde depuis sept ans. On va l'appeler T., et ce gars, c'est celui dont je parle dans mon premier message.
A la base, si je voulais devenir amie avec ce gars, c'était aussi une manière de me rapprocher de S., surtout dans l'optique de partir avec eux en exploration.
Evidemment, mon ami S. n'est pas du tout au courant de cette histoire. Du moins, si T. lui a raconté quelque chose, il lui aura bien sûr dit que j'étais tout à fait consentante. Il doit être si déçu de moi.

Mais, bien sûr, je ne peux pas parler de cette histoire à mon ami. J'aurais bien trop honte, j'aurais bien trop peur qu'il soit dégouté de moi, ou tout simplement qu'il ne me croie pas, au final. Entre ma version et celle de son ami, pourquoi croirait-il la mienne? Il est bien plus proche de cet ami que de moi.

Du coup, quand, la dernière fois que j'ai vu mon ami, il m'a dit "tiens, la prochaine fois, on se fait une sortie avec T.!", j'ai simplement grincé des dents sans répondre. J'ai vraiment envie (et besoin?) de voir mon ami. Pour tout ce qu'il m'apporte, parce qu'il est le seul à pouvoir me donner envie de vivre, et parce que grace à ce cher virus, je me retrouve plongé dans une certaine solitude depuis Mars qui, comme je l'ai déja expliqué, a un peu tendance à me rendre dingue. J'ai vraiment besoin de voir cet ami.

Mais, du coup, que suis-je censée faire si voir mon ami implique également de fréquenter l'autre? J'angoisse à la seule vision de son nom, je me sens mal dès que je pense à lui, j'enchaine les cauchemars, les crises d'angoisse, mais je vais devoir continuer à fréquenter ce mec et à faire comme si de rien n'était en sa présence. Peut-être partir en vacances avec lui. Pour l'instant, le gars est trop occupé, je peux encore voir mon ami seul. Mais un jour où l'autre, je vais devoir affronter ça.

Alors, comment faire? Me persuader que ce gars est une ordure, et malgré tout faire bonne figure devant lui et faire semblant de l'apprécier? Ou dois-je me persuader qu'il n'y est pour rien, que c'est moi qui ai un problème et suis fautive, et donc ainsi pouvoir m'obliger à continuer à le voir? Il resterait alors à assumer la honte profonde de ce que j'ai pu faire..... et la frustration du mépris total de ce gars envers moi.

Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi foutre de mes idées et pensées.

Bonsoir

Quelques réflexions personnelles en lisant ton message, tu es libre de les écouter ou non, je ne suis qu'une personne comme une autre.

Tu parles sans arrêt de "se persuader", je pense que les choses sont plus simples. Elles sont ou ne sont pas, mais on peut pas les décider.

Pour le reste, je pense qu'il faut peut-être que tu fasses le point sur la façon dont tu vois le sexe. En quoi le fait d'avoir couché avec un homme te rend "moins bien" aux yeux de S. En quoi c'est décevant? Sans compter que tu n'es pas dans la tête de S, et tu ne sais pas ce qu'il en pense non?

Si tu veux savoir si T. a parlé, tu as deux façons : demander à T. (mais il pourrait mentir) ou demander à S. (mais tu devras le lui dire).

Sinon, ils sont amis proches à quel point?

Et au finale, une question à approfondir, tu dis que tu as de l'angoisse en pensant à T. etc, mais à quoi correspondent ces angoisses? A ce qu'il s'est passé entre vous deux? Ou au fait que tu as peur que S. soit au courant et qu'il t'abandonne?

Bon courage !

PS : moi aussi j'avais décidé que 2020 serait ma dernière année, j'avais même prévu comment mettre fin à mes jours, en me jetant sous le passage du RER A le soir de mon anniversaire de mes 50 ans (la veille de Noel) mais avec le covid je ne peux pas retourner facilement à Paris.
« Les Hommes naissent libres et égaux en droit. Après, ils se démerdent. » (Jean Yanne)

#9 Août 05, 2020, 10:53:39 PM Dernière édition: Août 05, 2020, 11:36:47 PM par Cytosine
Je te remercie pour ta réponse. Ce sont effectivement des réflexions intéressantes.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PM
Tu parles sans arrêt de "se persuader", je pense que les choses sont plus simples. Elles sont ou ne sont pas, mais on peut pas les décider.
Je suppose que l'on peut malgré tout modifier sa façon de voir les choses. Après tout, j'avais bien réussi à me persuader que ce mec est quelqu'un de bien et qu'il n'a juste pas compris mon refus.... Certes, ca ne change rien au fait, mais ca peut changer mon ressenti, je suppose.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMPour le reste, je pense qu'il faut peut-être que tu fasses le point sur la façon dont tu vois le sexe. En quoi le fait d'avoir couché avec un homme te rend "moins bien" aux yeux de S. En quoi c'est décevant? Sans compter que tu n'es pas dans la tête de S, et tu ne sais pas ce qu'il en pense non?
J'ai effectivement un problème avec le sexe, je le reconnais. J'ai un point de vue très moyennageux sur la question. Je m'en contrefiche de ce que font les gens et je ne juge pas du tout la vie sexuelle des autres. Au contraire, quand je vois mon frère enchainer les plans culs, je me dis qu'il a bien raison de profiter de sa jeunesse. Mais pour moi, je tenais à ma pureté et mon innocence. C'est un peu bête, mais je voulais garder ma virginité. Je n'avais aucune libido, je n'avais jamais eu le moindre désir, et ça m'allait très bien comme ça, je ne voulais pas que ça change.
Quant à mon ami, je ne sais pas concrètement ce qu'il en pense, mais il semble aussi être un peu "de la vieille école". On a déja discuté de la liberté des relations en France, il me disait qu'il ne comprend pas trop ces relations temporaires, les gens qui se séparent pour une dispute. Dans sa culture, on se marie puis on reste ensemble. Pas de relations éphémères, pas de plans cul. Du coup, même sans avoir abordé ce sujet en particulier, je reste persuadé qu'il serait déçu de moi s'il me voyait comme une fille volage qui s'envoie en l'air avec le premier venu, sans lendemain. Même si ce n'est pas du tout ce que je voulais... Je ne voulais pas du tout le toucher, ce mec. Mais bon, j'ai quand même fini par céder...

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMSi tu veux savoir si T. a parlé, tu as deux façons : demander à T. (mais il pourrait mentir) ou demander à S. (mais tu devras le lui dire).
Je ne parle plus à T.. Je me demandais s'il finirait lui par me reparler, mais je suppose qu'il a du se trouver un autre jouet (consentant, je l'espère...), et tant mieux. Je ne savais pas trop comment l'envoyer chier sans le vexer, et ca me stressait. Je ne peux pas demander à S., je n'ai vraiment pas envie de lui dire....
Mais je dois dire que j'ai peur de la façon dont il aurait pu parler de moi, s'il l'a fait. Il ne me respecte pas, il ne parlerait donc pas de moi avec respect.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMSinon, ils sont amis proches à quel point?
Au point de partir en vacances ensemble tous les ans?
Ils sont tous les deux arrivés en France il y a sept ans, ils ne connaissaient rien à la culture ni à la langue (d'ailleurs, encore aujourd'hui ils ont beaucoup de mal avec le français). Ils se sont retrouvés sur le même lieu de travail et, étant chacun un peu perdu dans ce pays inconnu, ils se sont naturellement rapprochés. Ils partagent la même langue et la même culture, comme un oasis de "terre natale" au milieu de l'hostilité de ce pays inconnu qui leur pose encore souvent problème (je viens tout juste d'avoir mon ami  au téléphone, il me dit encore qu'il en a vraiment marre de la France.... il compte donc partir, que vais-je devenir sans lui? T__T ok, là n'est pas le sujet, pardon). Du coup, forcément, ca rapproche. Ils passent beaucoup de temps ensemble, ils ont visité l'Europe ensemble... C'est important pour eux d'avoir quelqu'un à qui parler dans leur langue.

Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMEt au finale, une question à approfondir, tu dis que tu as de l'angoisse en pensant à T. etc, mais à quoi correspondent ces angoisses? A ce qu'il s'est passé entre vous deux? Ou au fait que tu as peur que S. soit au courant et qu'il t'abandonne?
Au début, j'angoissais simplement à l'idée qu'il revienne me parler. Après la première fois, j'avais peur d'ouvrir Messenger de peur d'avoir un message de sa part. De quoi avais-je peur? Je ne sais pas trop. Le seul fait de voir son nom, sa photo, ca m'angoissait, j'avais comme un accès de panique. Puis j'ai compris qu'il comptait me revoir et j'ai commencé à avoir peur vis à vis de ca, même si entre temps je m'étais auto-persuadé que je voulais le voir aussi. Je prétendais avoir envie de le revoir tout en ayant une sensation de panique chaque fois qu'il me disait bonjour.... Même juste croiser son nom lorsqu'il publie un truc sur les réseaux sociaux, ca m'angoissait sans raison....
Maintenant, je panique simplement en repensant à ce qu'il s'est passé, comme un traumatisme qui revient en mémoire. Je me sens mal, j'angoisse en me rappelant ce qu'il m'a obligée à faire. Je revois toujours cette même scène, quand il me fout sa bite devant la gueule en me demandant de le sucer... Je ne supporte pas cette vision, mais elle me revient toujours en tête.
Maintenant qu'il ne  me parle plus, je n'ai plus trop cette angoisse de devoir lui parler, mais, pourtant, je me sens toujours mal en voyant une notification sur messenger. Je sais très bien que ce n'est pas lui, surtout en semaine. Mais j'ai toujours une angoisse qui monte, et qui redescend seulement quand j'ai pu constater que ce n'est pas lui. J'ai quand même toujours peur qu'il revienne me parler et demande à me voir, même si je sais qu'il ne le fera pas, puisqu'il s'est déja lassé de son jouet.
Quant à S. , oui, j'ai terriblement peur qu'il soit au courant. Il ne m'abandonnerait pas. Il reste ouvert et bienveillant, il ne m'abandonnerait pas. S'il accepte que son ami proche enchaine les plans cul, il peut sans doute accepter que je couche une fois dans ma vie. Mais je ne sais pas, j'ai un peu peur de la façon dont son ami pourrait parler de moi, sans respect, en me faisant passer pour une chienne ou que sais-je. Ou simplement que mon ami soit déçu de constater que je ne suis pas la fille pure, intègre et attachée à l'amour qu'il pensait que j'étais. J'ai toujours prétendu que je ne coucherais que dans le cadre d'une relation amoureuse, et au final je me laisse faire par un mec qui ne m'adresse même plus la parole. Je ne sais pas, je suis très déçue de moi donc je suis persuadé qu'il le serait aussi.

En même temps, j'ai aussi un peu envie de le prévenir que son ami est un salaud et qu'il devrait le garder éloigné de ses amies.... Mais c'est justement vis à vis de ça que je me questionne. Suis-je vraiment une victime ou suis-je en partie coupable? C'est important d'éclaircir cela si je veux en parler à quelqu'un qui connaisse T.. Je ne veux pas lui faire une "mauvaise réputation" si c'est juste ma vision de la chose qui est biaisée. Je ne veux pas persuader S. que son ami est une ordure si c'est juste moi qui prend mal quelque chose qui était finalement normal.
Il y a une fille sur mon lieu de travail, à qui j'ai à peine parlé, qui m'avait dit avoir eu une mauvaise expérience avec T. et que je devrais me méfier. Elle devait travailler sous sa tutelle, j'en ai donc  déduit qu'elle me parlait juste d'une mauvaise expérience de travail. Par exemple, qu'il est impatient, peu pédagogue... Il m'a lui même confirmé qu'il s'énervait parfois après elle car elle ne suivait pas ses consignes et faisait donc des erreurs qu'elle aurait pu éviter en l'écoutant. Du coup, je n'ai pas cherché plus loin. Ca ne m'avait pas traversé l'esprit qu'il puisse potentiellement s'agir d'une "mauvaise expérience" plus grave que "il n'était pas sympa au taf". Mais j'ai repensé à ce qu'elle m'a dit après coup, et je me suis donc demandé s'il n'y aurait pas eu une histoire plus grave avec elle... Pour autant, je n'ose pas en parler à cette fille car, une fois de plus, j'ai peur d'accuser un homme qui n'est peut-être pas si coupable que ça..


Citation de: Anayl le Août 05, 2020, 09:01:08 PMmoi aussi j'avais décidé que 2020 serait ma dernière année, j'avais même prévu comment mettre fin à mes jours, en me jetant sous le passage du RER A le soir de mon anniversaire de mes 50 ans (la veille de Noel) mais avec le covid je ne peux pas retourner facilement à Paris.
Ce n'est que le covid qui t'en empêche? Ou autre chose? Qu'est-ce qui t'amène à ça? Je ne sais pas si tu veux en parler, je ne devrais peut-être pas m'immiscer là dedans. Mais si jamais tu veux parler, discuter d'un point en particulier... Je ne sais pas.

#10 Août 06, 2020, 01:59:33 AM Dernière édition: Août 06, 2020, 04:22:07 AM par Anayl
Il est supertard, et je pense être trop fatigué pour m'exprimer correctement et je ne veux pas te blesser.

Je vais me contenter de te poser quelques questions :

- si une fille que tu connais enchaîne les coups d'un soir, que penserais-tu d'elle?

- tu dis ne pas avoir de libido, est-ce différent maintenant? Et quand tu parles de pas de libido, parles-tu d'attirance envers les garçons? Ou également d'imaginaire érotique/masturbation?

- tu dis avoir raconté ton historie deux fois, dont la seconde fois à une personne qui a parlé de viol? ou est-ce à la même personne? c'est un homme ou une femme?

- as-tu beaucoup d'amis/connaissances avec qui tu parles ou te décris-tu comme solitaire?

- penses-tu que la fille du boulot qui t'a parlé de T. est en danger de se faire agresser par T. ?

- Si cette fille du boulot te disait que T. l'a caressée de force au boulot, mais qu'elle a pas osé dire non que penserais-tu d'elle? de T.?

- Si T. partait et qu'un autre garçon de sa culture arrivait, penses-tu que S. le prendrais comme ami?

- Pourquoi ne pas essayer de sortir et voir d'autres personnes, garçons ou filles?

Courage !
« Les Hommes naissent libres et égaux en droit. Après, ils se démerdent. » (Jean Yanne)

Citation de: Cytosine le Août 05, 2020, 04:47:13 PM
Je ne sais plus si j'ai besoin de me persuader d'être une victime pour pouvoir me pardonner et m'accepter ou si, au contraire, je dois me placer comme coupable pour refouler le traumatisme. J'ai l'impression que, plus je m'enfonce dans un statut de victime, plus je me sens mal, plus je me conforte dans mon mal-être et mes angoisses, et peut-être que je finis par déformer mes souvenirs pour qu'ils soient pires encore et justifient les accusations que je porte sur ce mec.
Peut-être que, au contraire, je dois me persuader qu'au final j'en avais envie, et qu'il fallait bien commencer quelque part, avoir une expérience un jour, pour oublier ces débuts forcés et traumatiques et me persuader que tout va bien, que je vais bien.

Faire face à la vérité est douloureux mais ça fait partie du processus de guérison. Petit à petit, ça ira mieux.


CitationBon. Je vais encore raconter ma vie, au point où j'en suis. Rien à voir avec l'abus, et je me doute que ca n'intéresse personne, mais ca fait toujours du bien à écrire.
Ce forum est là pour pouvoir écrire car écrire, partager ce que l'on ressent aide. Donc n'hésite pas à écrire ici si ça t'aide.

CitationCa fait quelques années que je suis dépressive et suicidaire. Je n'ai aucune estime de moi, je me méprise au plus haut point, je suis constamment négative et pessimiste, incapable de voir la bonne part des choses, incapable de croire en l'avenir, ne serait-ce que de m'imaginer un futur.
Est-ce que tu est suivie par un médecin? Prends des anti-dépresseurs?

CitationMais, bien sûr, je ne peux pas parler de cette histoire à mon ami. J'aurais bien trop honte, j'aurais bien trop peur qu'il soit dégouté de moi, ou tout simplement qu'il ne me croie pas, au final. Entre ma version et celle de son ami, pourquoi croirait-il la mienne? Il est bien plus proche de cet ami que de moi.
Tu n'es pas obligée de lui parler maintenant mais je pense que ça serait une bonne idée à l'avenir si votre relation continue. Pour l'instant, peux-tu lui dire quelque chose comme "Je n'aime pas vraiment T./Je ne suis pas confortable quand il est là" pour ne pas devoir le fréquenter sans devoir tout raconter.

La honte est difficile à vaincre mais rappelle-toi, ce n'est pas toi qui doit avoir honte, c'est lui.


CitationAlors, comment faire? Me persuader que ce gars est une ordure, et malgré tout faire bonne figure devant lui et faire semblant de l'apprécier? Ou dois-je me persuader qu'il n'y est pour rien, que c'est moi qui ai un problème et suis fautive, et donc ainsi pouvoir m'obliger à continuer à le voir? Il resterait alors à assumer la honte profonde de ce que j'ai pu faire..... et la frustration du mépris total de ce gars envers moi.

Il est une ordure. Moi, je dirais qu'il est bien plus qu'une ordure mais un agresseur. Encore une fois, je te conseille de dire à S. que tu préférerais ne pas voir T. sans donner vraiment d'explication pour l'instant.


Alex.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
- si une fille que tu connais enchaîne les coups d'un soir, que penserais-tu d'elle?
Je n'en penserais rien de spécial. Je ne juge pas ce que font les autres. Je ne juge que moi même.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
- tu dis ne pas avoir de libido, est-ce différent maintenant? Et quand tu parles de pas de libido, parles-tu d'attirance envers les garçons? Ou également d'imaginaire érotique/masturbation?
Je n'avais d'attirance envers personne, ni les filles, ni les garçons. J'avais un imaginaire érotique mais je ne me masturbais pas. Peut-être que dans le fond mon corps en avait envie et m'envoyait parfois des signaux sous forme de rêves, mais au niveau conscient, je bloquais totalement là dessus et la seule idée de me toucher me dégoutait.
Cette idée me dégoute toujours autant mais.... étrangement, mes hormones se sont "réveillées" suite à cette histoire et sont beaucoup plus présentes qu'avant. J'ai fini par y céder... tenter, explorer des trucs. Et je me dégoute encore plus. Je me dégoute de faire ça, mais, surtout, ce qui me dégoute, c'est le fait que ma libido qui était totalement morte s'est finalement réveillée suite à une relation que je ne voulais pas du tout. Comment le désir peut-il naitre d'un abus?!

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMtu dis avoir raconté ton historie deux fois, dont la seconde fois à une personne qui a parlé de viol? ou est-ce à la même personne? c'est un homme ou une femme?
Je l'ai raconté dès le lendemain à une fille à qui je parle très souvent sur internet. Je ne l'ai jamais rencontrée mais ca fait un moment que je lui parle, et je lui avais déja parlé de ce mec dont j'essayais de me rapprocher. Le lendemain, j'ai d'abord préféré ne rien dire, mais je me sentais tellement mal que j'ai fini par tout lui raconter en détail. Elle m'a dit que ce mec est un connard et que je ne dois plus jamais le revoir.
Je traine sur des groupes de discussion sur facebook, et une personne que je ne connaissais pas du tout a remarqué que j'avais besoin de parler. J'ai du laisser quelques sous-entendus sur mon état d'esprit sans mentionner ce qui était arrivé, elle est alors venue me parler en privé pour me dire qu'elle est à mon écoute si j'ai besoin de parler de quelque chose. J'ai fini par lui raconter l'histoire, et elle m'a dit que c'était un viol.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMas-tu beaucoup d'amis/connaissances avec qui tu parles ou te décris-tu comme solitaire?
Je suis solitaire, mais pas vraiment par choix. Je parle facilement aux gens sur internet, je suis très ouverte aux inconnus et j'adore discuter de tout. Des gens que je ne connais pas viennent aussi parfois se confier à moi. Mais en dehors du PC, c'est très compliqué. J'ai le sentiment de ne pas intéresser les gens, d'être trop fade et insignifiante pour pouvoir capter leur attention. J'essaye de me rapprocher des gens (camarades de classe, collègues de travail...), de proposer des sorties, de discuter, mais ca n'accroche pas de leur coté.... J'ai énormément de mal à établir des relations. Il n'y a que ce collègue (S.) que j'ai finalement réussi à apprivoiser, et qui m'apprécie beaucoup.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMpenses-tu que la fille du boulot qui t'a parlé de T. est en danger de se faire agresser par T. ?
Ce mec a démissionné en novembre et elle m'a parlé de ça en janvier. Ils ne sont plus en contact, ils ne se voient plus, et s'il l'invitait chez lui, je pense clairement qu'elle l'enverrait chier. Je ne sais pas si il l'a agressée avant, mais je pense qu'il n'y a plus aucun risque maintenant qu'il a démissionné. En plus, c'était pour un contrat court qui se termine mi-aout, il y a donc de fortes chances qu'il quitte la ville. Par contre, je ne sais pas s'il y a un risque pour ses futures collègues....

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMSi cette fille du boulot te disait que T. l'a caressée de force au boulot, mais qu'elle a pas osé dire non que penserais-tu d'elle? de T.?
Ca confirmerait que c'est bien le gars qui a un problème, et que ce n'est pas moi qui ai une mauvaise vision des faits. Le gars était plus ou moins son supérieur hiérarchique, et la fille semble très douce et timide, je me doute que s'il tentait quelque chose sur elle, elle n'aurait pas forcément la force de se défendre. Mais, contrairement à moi qui était stagiaire et devait donc rester au boulot jusqu'à 19h ou 20h, me retrouvant donc souvent en tête à tête avec mon tuteur de stage voire carrément seule, cette fille est technicienne et quitte donc les lieux vers 16h30. Aucun risque pour elle de se retrouver seule avec ce gars. Je me demande plutôt s'il l'a invitée chez lui.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMSi T. partait et qu'un autre garçon de sa culture arrivait, penses-tu que S. le prendrais comme ami?
Il a rencontré d'autres personnes de son pays entre temps et est généralement ami avec eux (bon, concrètement, ce mec est ami avec absolument tout le monde. Vraiment, toutes les personnes qui le rencontrent sont dingues de lui. Il est formidable, tout le monde l'aime). Mais rien n'égale sa relation avec T.. Quand T. est parti travailler dans une autre ville, S. l'a suivi. Puis T. est revenu ici, et S. l'a suivi à nouveau. Là encore, T. part bientôt, et S. va partir aussi....

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AMPourquoi ne pas essayer de sortir et voir d'autres personnes, garçons ou filles?
Parce que je n'ai personne à voir? Je ne demande que ca, moi, voir du monde! (pas dans une optique amoureuse, juste amicalement). Mais encore faudrait-il que les gens veulent de moi.

Citation de: Anayl le Août 06, 2020, 01:59:33 AM
Courage !
Merci beaucoup.


Juste une question concernant l'emploi des mots "garçon" et "fille". J'ai tendance à utiliser ces termes pour designer de jeunes personnes (moins de 20 ans), je me demande si c'est le cas ici ou rien à voir? Le mec qui m'a agressée a 35 ou 36 ans, on est plus sur un "homme" que sur un "garçon" ^^'

Citation de: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AM
Ce forum est là pour pouvoir écrire car écrire, partager ce que l'on ressent aide. Donc n'hésite pas à écrire ici si ça t'aide.
Merci beaucoup. Ca fait vraiment du bien d'écrire, en effet. Mais ca fait encore plus du bien d'être lue. Je vous remercie vraiment pour ce que vous faites ici, je suis bien contente d'être tombée sur ce forum. Merci pour votre temps, votre patience et votre générosité. Vraiment.


Citation de: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AMEst-ce que tu est suivie par un médecin? Prends des anti-dépresseurs?
Non, pas de médecin. Je songe à retourner voir un psy... Mais entre la crise covid qui tue le marché de l'emploi, et les angoisses qui tuent mon efficacité dans mes candidatures, je n'ai toujours pas de travail.... Je vais tenter une demande pour une mutuelle de solidarité ou quoi que ce soit qui puisse être accordé aux chomeurs, si ca ne prend pas de temps, je pourrais peut-etre profiter de ça pour voir un psy en attendant d'avoir un salaire.

Citation de: Alexandra le Août 06, 2020, 10:40:28 AM
Tu n'es pas obligée de lui parler maintenant mais je pense que ça serait une bonne idée à l'avenir si votre relation continue. Pour l'instant, peux-tu lui dire quelque chose comme "Je n'aime pas vraiment T./Je ne suis pas confortable quand il est là" pour ne pas devoir le fréquenter sans devoir tout raconter.
Oui, je peux essayer de lui dire que je suis mal à l'aise avec son ami. Il va forcément me demander pourquoi. Il va vouloir des explications, d'autant qu'il est persuadé que je l'adore. On parlait souvent de lui avant que je n'aille chez T. pour la première fois, j'avais exprimé mon affection pour son ami. Et il sait que je suis allé chez lui. Donc il va forcément se poser des questions, et si je n'y répond pas, il va demander à son ami ce qu'il s'est passé... J'anticipe tout et ca m'angoisse. J'ai trop peur qu'il finisse par poser des questions. Et s'il pose des questions à T., le gars va juste me faire passer pour une salope qui cherche à foutre la merde.

Citation de: Cytosine le Août 06, 2020, 11:43:18 AM
Oui, je peux essayer de lui dire que je suis mal à l'aise avec son ami. Il va forcément me demander pourquoi. Il va vouloir des explications, d'autant qu'il est persuadé que je l'adore. On parlait souvent de lui avant que je n'aille chez T. pour la première fois, j'avais exprimé mon affection pour son ami. Et il sait que je suis allé chez lui. Donc il va forcément se poser des questions, et si je n'y répond pas, il va demander à son ami ce qu'il s'est passé... J'anticipe tout et ca m'angoisse. J'ai trop peur qu'il finisse par poser des questions. Et s'il pose des questions à T., le gars va juste me faire passer pour une salope qui cherche à foutre la merde.

Je suis du même avis qu'alexandra, tu devrais parler à ton ami S. mais avant, je vais te demander de faire quelque chose de bizarre :

Réécrire ton histoire, ce qu'il s'est passé chez T. mais avec deux axes uniquement :
1) Les faits précis
2) Ce que tu as ressenti

En occultant totalement les présuppositions que tu fais tout le temps de ce que pensent les gens de toi ou de ce que tu fais.

Je te demande ça parce que je pense que ça t'aidera d'y voir clair dans cette historie avant d'en parler à S.

Sinon, concrètement tu cherches du boulot dans quel secteur? Tu as quoi comme diplôme? Juste pour t'aider à te remotiver dans tes recherches d'emploi.

PS si tu intéresses les gens sur internet, il n'y a pas de raisons que tu ne les intéresses pas dans la vraie vie.
« Les Hommes naissent libres et égaux en droit. Après, ils se démerdent. » (Jean Yanne)