Rayondesoleil.org

Un forum pour les victimes d'abus et de violence

bonjour,
En vous lisant toutes, je pense que j'ai un besoin de raconter ma propre histoire même si beaucoup de faits me sont encore inconnus... il ya 2 ans, je me suis rappelée mes abus... Bien sur, avant, en primaire, j'ai pu émettre des remarques, avoir mon comportement qui étais différent, mais personne ne le remarquait. je disais à mes copines, que moi, j'avais déjà fait l'amour.. bien sur, elles ne me croyaient pas... mais si... façon de parler évidemment. J'ai toujours paru plus âgé que mon âge, j'ai été réabusée pour ma "première fois", si on peut appelé ça comme ça... alors que j'avais trop bu, faisant mes expériences à 13-14ans... j'avais dit à ma meilleure amie de l'époque que mon frère avait abusé de moi... elle m'a dit c'est normal qu'il fasse ça... donc je me suis ahbon, peut être pourquoi pas... et finalement, j'enfuiais tout en moi... parfois il est vrai que mon comportement ou ma façon de réagit m'intriguait, mais rien de bien mal... en 5ème humanité, j'étais avec un copain, pour qui j'ai eu le coup de foudre. il m'a quitté et là : chute libre totale... dépression... je me mutilait, ma mère l'a découvert bien longtemps après et ne comprenait pas pourquoi. moi même je ne comprenais pas tout, je me disais c'est parce que j'aimais trop mon ex... finalement, rdv chez le psy, une fois, qui m'a fait rebondir sur mes pieds... mais pour bien longtemps... ça n'a jamais cessé : automutilation, dépression, mal être, pleure, expériences, sexe avec mes copains de l'époque mais jamais vraiment pcq je le voulais, ça me semblait dans la normalité de le faire... et puis, arrivé à l'université, j'ai fait un stage dans un centre pour enfants difficiles, enfants ayant des problèmes psychologiques : des enfants abusés, des abuseurs... ça m'attirait de faire un stage dans ce domaine... finalement, maintenant je sais pourquoi. ce stage m'a ouvert ou plutôt réouvert les yeux! réalité difficile! trop difficile que de se le rappeler... un grand frère abuseur! terrible, trop dur! comment a-t-il pu faire ça? comment ma famille ne m'a pas protégée ? comment est-ce arrivé? pourquoi? tellement de question mais aussi des réponses à mes comportements. je comprenais pourquoi j'étais ce que je suis jusqu'à maintenant, pourquoi je n'arrivais à m'investir dans une relation, pourquoi la vie n'avait pas de but pour moi, pourquoi beaucoup de choses. mais aucunes réponses sur pourquoi mes abus... je ne me souviens pas de tout, mais des flash sont bien présents : flash dans la salle-de-bain, dans sa chambre, dans ma chambre... je ne sais exactement combien de temps cela a duré, mais de toute façon des mois... je ne me rappelle plus comment j'ai fait pour stopper cette situation, mais elle a fini. Je me demande souvent, comment a-t-il pu faire ça à sa soeur, sa petite soeur, innoncente, pourquoi a-t-il pris mon enfance et fait que j'ai tellement de problèmes dans ma vie! pourquoi!!!! je lui en veux, mais en même temps c'est mon frère et je vis encore avec lui, pas tous les jours... mais je le vois toujours... et bien évidemment que personne de ma famille n'est au courant... s'en doutent-ils seulement? et dire que parfois ça parait étrange que je m'entende mieux et soit proche de mon autre frère... normal non... normal aussi que mon frère abuseur n'a jamais accepté de contact "proche" avec moi, donner un bisous pour dire bonjour ou aurevoir,... se souvient-il seulement de tout ce qu'il m'a fait? comment peut-il être bien avec lui même? comment peut il encore se retrouver face à moi, comment peut il vivre normalement. je lui en veux, j'en veux à ma famille... mais cela ne sert à rien, c'est arriver et je ne pourrai plus le changer. j'espère seulement pouvoir changer le cours de ma vie et trouver qui je suis vraiment, ce que je veux vraiment, ce que moi j'aime et non pas les autres,... je cherche à être bien avec moi même, ne plus désirer la mort, ne plus tomber dans le mal être, ne plus autant pleurer, ne plus faire souffrir les autres personnes que j'aime, ni mon copain qui fait beaucoup de choses pour m'aider, arriver à vivre ma sexualité et ma vie "normalement" ou comme moi je pourrais le faire, malgré ma vie. tellement difficile, d'autant plus quand je vis encore dans cette maison où tout s'est passé. Tellement de choses à dire. tellement de peur : du noir, du vide, de rester seule dans la maison, peur dans ma chambre, peur quand je marche dans la rue (suite à une autre agression sexuelle dans la rue)... mais pas de peur de la mort... cela a toujours étonné les personnes autour de moi. mais moi pas. j'aimerais trouver plus de paix en moi, arriver à m'ouvrir et arriver à savoir tout ce que je veux pour mon bien être. mais je sais que pour tout ça, je dois encore et toujours recommencé un travail sur moi même... tellement difficile en même temps de le faire... j'ai déjà pu le faire, quand je sombrais en dépression, mais là, c'est dur de recommencer, d'essayer de trouver la bonne personne. mais je là, je suis décidée, je commence à chercher quelqu'un, pour moi et mon copain... sinon, ça n'ira plus. c'est déjà tellement difficile... surtout au niveau sexualité, je n'arrive plus à avoir d'intimité avec lui, je suis bloquée, je suis dégoutée! je suis distante de lui, malgré mon amour pour lui... difficile de vivre une relation à long terme quand on n'a pas encore fait suffisamment de travail sur soimême, qu'on est pas bien avec soi même et qu'on découvre à chaque fois de nouveau élément qui sont influencés par ses abus! je le déteste, pourquoi a-t-il fait ça!

enfin, je pense que là, je me suis laissée pour la première fois allée à parler de moi... ça fait du bien en même temps de voir que je ne suis pas seule à vivre tout ça, à avoir des problèmes de confiance, de vivre, de peurs, de savoir ce que je veux, de savoir ce qui est bon pour moi, de sexualité, d'intimité, d'amour, de vivre pour l'avenir et non pas au jour le jour...
bien souvent, je m'excuse auprès de mon copain d'être ce que je suis, d'être un poids, de toujours poser des problèmes, de ne pas aller bien,... enfin, merci à ce forum où je peux me permettre et oser raconter un peu mon histoire et exprimer mes sentiments.

Salut Babe,

C'est deja pas facile d'avoir ete abusee, mais c'est encore plus complique quand c'est quelqu'un de ta famille, que tu es obligee de voir tous les jours ou presque, surtout un frere...

La bonne chose, c'est que maintenant tu sais pourquoi tu ne vas pas bien. C'est plus facile de fixer un probleme quand on connait la cause du probleme...

Tu peux parler autant que tu veux ici, n'hesite pas a partager tes doutes, tes peurs, tes difficultes, etc.
Alex.

Bonjour Babe,

Je voulais te souhaiter la bienvenue sur ce site et te féliciter pour témoignage, je sais quels efforts ça demande d'écrire ce que l'on a vécu !

Je te trouve très courageuse, d'une part pour avoir réussi à écrire ton témoignage, mais surtout parce que tu es obligée de vivre avec ton frère alors qu'il t'a fait subir un véritable calvaire.

Je souhaite une nouvelle fois la bienvenue et espère que ce forum t'apportera soutien et réconfort...
L'optimisme, c'est voir la vie à travers un rayon de soleil...

Je vous remercie pour votre soutien... ça fait du bien de trouver un endroit où parler, sans qu'il n'y ait de répercussions... répercussions que des éléments soient transmis à ma famille. actuellement je ne désire pas divulger ma vie à ma famille, je ne désire pas supporter le mal que je ferais en le faisant et la rupture que je créerais. d'autant qu'il faut encore qu'on me croit... comment croire en effet quand je n'ai aucunes preuves et pourquoi mon frère irait dire que c'est la vérité. il a un travail, une bonne position, est reconnu par tous... je ne me sentirais pas mieux, je pense, à casser sa vie et celle de ma famille, malgré qu'il ait brisée la mienne.
Je pense que certaines choses iront peut être mieux quand je ne serai plus chez moi et le verrai moins souvent... déjà les week-end, quand il rentre, je ne suis pas souvent là, je ne pourrais tenir un wk entier à ses côtés... ça me torture et je me dis souvent tellement de choses en tête. souvent, quand ma mère me parle de lui, je me dis "tu n'imagines pas ce qu'il a fait à ta petite fille chérie..., si seulement tu savais" et si seulement ils savaient, ils comprendraient beaucoup de choses sur moi, sur mon mal être, sur mes problèmes... il n'y aurait plus d'incompréhensions, on reconnaîtrait mes difficultés. c'est d'autant plus dur vu que ma famille est considérée comme "bonne" famille, qu'il n'y a, à priori, aucuns problèmes particuliers, que mes frères et moi avons jusqu'à présent toujours réussi nos études, qu'on a une situation considérée comme stable. alors comment pourrait-on imaginer que des abus se sont produits... impossible.
Cest aussi incompréhensible pour mes parents et famille que je puisse avoir été en dépression (d'ailleurs le mot n'a jamais été dit par eux...), ou que je puisse me mutiler ou être mal, pleurer,piquer des crises (surtout sur mon frère abuseur). ils se disent, j'ai tout pour plaire, je réussis dans la vie, j'ai un copain depuis presque 2ans, j'ai des amis, une vie sociale,... comment cela pourrait-il être possible. et pourtant... ils n'imaginent pas mes peurs, que je me retourne sans cesse dans la rue, que j'écoute chaque pas derrière moi, que j'allume toutes les lumières de la maison quand je suis seule, que je pleure sans cesse, que je me mutile (je suis bien obligée de le cacher, ça ferait trop de problèmes...).
Et avec tout ça, mon copain qui ne comprend rien à qui je suis... je ne peux pas tout lui expliquer sur mes abus. il ne peut pas savoir que c'est mon frère, sinon il serait furieux, ne lui parlerait plus, créerait des problèmes. ainsi, il ne sait même pas la moitié de mon histoire. il ne peut comprendre mes distances, mes pleurs, mes mal êtres, mon refus d'intimité avec lui, mon refus de sexualité. pour lui, tout est une question de passer au dessus, ça va passer, il y a des solutions.... c'est dur quand c'est la personne en qui j'ai le plus confiance actuellement.
enfin, merci à vous deux pour votre soutien et votre mot.

Coucou Babe,

Ce qui tu écris me touche beaucoup. J'ai fait une grosse dépression en 2003, mes parents n'ont pas du tout compris. Ils me répétaient sans arrêt que j'avais tout pour être heureuse, qu'il fallait que je pense aux gens "vraiment" malheureux, etc. Evidemment, ils ne connaissent rien de mon passé, des abus, des viols dont j'ai été victime.

C'est dur, vraiment très dur, parfois on a envie de leur dire "si seulement vous saviez", etc !

Sincèrement, je ne sais pas comment tu fais pour supporter de voir ton frère, ça doit être tellement dur. Tu fais vraiment preuve d'un courage hors pair !

Quant à ton ami, je comprends que tu ne puisse tout lui raconter, c'est difficile ! J'ai été abusé par mon ex petit-ami, il est décédé aujourd'hui (je racontes mon histoire dans la rubrique "témoignages"), mais avant lui, j'ai été violée par deux hommes. Quand je lui en parles, il est fou et souhiate du plus profond de son être les tuer. Quant à mon ex, il est déjà mort, alors pour mon amoureux actuel, ça facilite les choses, si on peut dire ça ainsi !

Enfin, tout ça pour te dire que ce n'est vraiment pas évident. PArfois, on voudrait se confier aux gens qu'on aime, mais à chaque fois, quelque chose nous en empêche !

En tous cas, saches qu'ici, tu es vraiment la bienvenue et tu peux vraiment nous parler à coeur ouvert, n'hésites surtout pas !

Je te souhaite beaucoup de courage et t'embrasse...
L'optimisme, c'est voir la vie à travers un rayon de soleil...

merci beaucoup Plaby.. j'ai lu ton témoignage et c'est terrible, quelle souffrance tu as du subir et supporter. nous avons toutes et tous tellement souffert. je me rend compte combien nous sommes malheureusement nombreux, chacun avec son histoire personnelle, ses horreurs personnels, ses malheureux, ses peurs, ses hontes, ses dégouts. je me rend compte en te lisant et lisant les autres témoignages qu'effectivement, tout ce que je ressens, ai pu ou peux vivre est vécu par d'autres. c'est un réconfort malgré tout. je me rend compte aussi que peut être nous pouvons trouver certaines formes de bonheur. que nous pourrons, je l'espère, arriver à vivre plus sereinement et plus pleinement la vie... je comprend que les gens ne peuvent nous comprendre et je l'accepte mais c'est tellement dur en même temps, d'autant plus quand il s'agit de personnes qu'on aime.
moi, il est certain qu'être avec mon copain est un cadeau, je rencontre peu d'homme me respectant, m'écoutant même si il ne comprend pas et n'a malheureusement pas souvent les bonnes réactions, attitudes ou mots... mais je sais que ça s'apprend. c'est, je pense, surtout pour nous que je me bat malgré tout, que je pense à me faire aider pour essayer d'améliorer notre quotidien, nos rapports, faciliter les choses...
Je pense que si on a trouvé une personne de confiance et qui nous aime, avec qui nous pouvons construire quelque chose de sain, c'est déjà une aide précieuse. Mais je me rend compte combien ce n'est pas suffisant..
effectivement, comme tu le dis si bien, les gens disent souvent "pense à ceux qui n'ont rien, qui sont plus malheureux que toi, qui eux ne demandent qu'à vivre et pas à mourrir..." mais bien souvent ils ne savent pas ce que nous avons du endurer et ce qui nous pèse sans cesse.... peut être alors ne diraient-ils pas ces mots là qui raisonnent en nous et peuvent nous blesser.
mon copain ne comprend pas non plus comment je peux parler de mon ex (qui a abusé de moi la dernière fois que je l'ai vu, quand j'étais encore avec lui, sans l'être vraiment et que ça allait être fini...) si simplement. mais il ne se rend pas compte que je peux parler aussi de mon frère si simplement pcq je n'ai pas eu le choix et n'ai pas le choix de vivre encore avec lui, de le cotoyer, de lui parler, de l'entendre, de le voir... je n'ai pas le choix, enfin si : soit je le vois et je ne dis rien et supporte, soit je ne le vois plus mais alors je met toute ma famille à mal avec cette réalité de mes abus... et j'ai fait jusqu'à présent le choix de supporter sa présence, d'être "normale", même si au fond de moi ça crie, ça pleure, ça hurle, c'est en colère, en souffrance. je me suis toujours construite comme ça à supporter le mal des autres, ayant du supporter le mal de mon frère. j'ai toujours accepté le mal que les autres me faisaient. quand quelqu'un pouvait me blesser, volontairement ou non, je ne bronchais pas (sauf à la maison bien souvent, mais pas avec mes amis ou autres personnes de mon entourage) j'étais toujours là pour les gens m'ayant fait du mal.
c'est ça ma vie, ma façon de m'être construite. je sais que ça me fait du mal, mais c'est peut être avec un travail sur moi même que j'arriverai à fonctionner autrement...

en tout cas je te remercie pour tes mots et je te trouve énormément courageuse avec tout ce que tu as du endurer. c'est une chance que tu ais trouvé un amoureux qui te respecte, t'aime, essaye de t'aider... ça doit te faire du bien et t'aider à te reconstruire. dans tes témoignages, j'ai pu voir combien c'est difficile encore et que parfois, à d'autres moments, l'espoir est là pour un avenir meilleur. Quel travail sur toi même tu as du aussi faire pour redonner ta confiance en un homme... je suppose que tu as du avoir encore des peurs... mais quel courage et quel force tu as en toi pour arriver à te reconstruire, sans que cela ne soit facile tout les jours j'imagine.

Je t'embrasse aussi, un grand merci pour tes mots.

Ca me touche beaucoup ce que tu as écrit sur moi, merci...Parfois j'ai le sentiment que ce que je fais pour m'en sortir est "normal", il m'arrive de demander à mon amoureux si il me trouve "forte", etc. et parfois, je n'ai pas autant de reconnaissance, d'encouragements que je le souhaiterai.
Alors forcément, quand tu me dis que je suis courageuse, ça me touche beaucoup et ça me booste à continuer. Je sais que je ne devrai pas trop attendre des autres, mais c'est parfois plus fort que moi...

C'est vrai que ce n'est pas facile tous les jours mais je reste optimiste quant à l'avenir, du moins, j'essaye, je me dis que le plus dur est derrière moi et que le plus beau reste à venir... Bien sûr, tous les jours il faut se battre. Il faut lutter contre nos peurs, nos angoisses, et tout ce qui nous gâche un peu la vie, mais ça vaut vraiment le coup !

Il arrive aussi que même les personnes au courant de notre histoire ne nous comprennent pas. Et dans ces moments là, on se rend compte que même si l'on est parfois ou souvent entourée, c'est à nous de nous battre, à nous seules. Personne ne peut faire le travail à notre place. Dans ces moments là, on a l'impression de devoir déplacer des montagnes !

Je te comprends quand tu me dis que pour ton frère, tu ne peux rien dire, par rapport à ta famille, etc. Et en même temps, ça me révolte, pourquoi est-ce à toi de souffrir encore aujourd'hui ? Pourquoi le "protéger" ? Mais, je te comprends tellement. Moi même, je n'ose pas parler à ma famille de peur de les rendre malheureux, etc.

Et puis quand tu me dis aussi que ton ami n'a pas toujours les bonnes réactions, les bons mots, etc. Même si je suis très heureuse avec mon amoureux, même si il est très attentif et tout et tout, il arrive que parfois, certains de ces mots me blessent.

Nous sommes tellement fragiles par moment que nous attendons des réactions, des gestes, des mots précis. Et lorsque leurs réactions ne collent pas à nos attentes, alors nous avons le sentiment d'être incomprises, etc. C'est assez compliqué à expliquer mais je suis certaine que tu me comprends !

Voilà, je te souhaite une nouvelle fois bien du courageet t'embrasse...
L'optimisme, c'est voir la vie à travers un rayon de soleil...

tu dis vrai... que le travail il ne tien qu'à nous même, avec l'aide et les encouragements des autres évidemment... nous sommes seules face à notre souffrance, notre passé et c'est à nous d'accepter de vivre avec lui, d'arriver à le vivre comme une cicatrice et non plus une souffrance quotidienne... pas évident tous les jours effectivement. et on attend souvent trop des gens, je suis comme toi... on attend d'autant plus lorsqu'on est mal... en tout cas moi... je sais que certains mots de ma part attendent une certaine réaction et c'est rarement celle que je souhaite pour apaiser ma souffrance... mon copain, n'a vraiment pas encore appris comment réagir, il ne comprend pas vraiment qui je suis, une personne construite sur un inceste... mais je ne peux lui en vouloir même si parfois ça me révolte et souvent je pleure d'être incomprise ou de ne pas avoir suffisamment ou vraiment quand j'en ai besoin une épaule et des bras pour me reposer et me sentir protégée. ne vivant pas avec lui, c'est encore plus difficile de l'avoir près de moi et je me sens parfois si vulnérable.
Mais il est sur aussi qu'ayant du enfuir et me taire sur mes réalités, je n'ai pas pris l'habitude d'aller pleurer chez les amis ou mon copain, je n'ai pas pris l'habitude de me plaindre et de parler de moi... difficile de changer et de s'ouvrir, mais je progresse, grâce à mon homme.

C'est vrai que souvent on a besoin d'entendre de la part des personnes qu'on aime le plus qu'on est forte, qu'on va s'en sortir, qu'on a des qualités, qu'on nous valorise,...
mais je suis vraiment sincère, je sens dans tes propos que tu mets beaucoup en place pour relever la tête, que tu essayes de vaincre tes peurs et tes angoisses, que tu travailles beaucoup sur toi même, au jour le jour avec des hauts et des bas, mais chaque haut est un pas visiblement en avant et encore plus quand ton homme est malgré tout là pour t'aimer et te soutenir...
J'espère vraiment que tu vas continuer sur cette lancée, ne pas rechuter fortement (parce qu'il est certain que nous rechutons toujours un peu, certains jours plus que d'autres, certaines semaines plus aussi...), j'espère que ta lancée est prise et que tout n'ira qu'en progressant et en ouvrant la lumière sur tes jours. comme tu le dis si bien, le passé noir est derrière soi, c'est déjà un élément important que de le savoir. savoir que c'est derrière et que ce n'est plus notre réalité d'aujourd'hui...
Moi, à ce niveau, tu t'en doutes peut être un peu, j'ai encore du mal étant donné que mon abuseur, je le vois encore sans cesse... mais j'espère vraiment avancer dans mon travail sur moi même en me trouvant une psy adéquate et partir bientôt de la maison pour ne plus être dans cet environnement.
Je ne sais si quelqu'un a déjà eu ça, mais : j'avais une psy que j'aimais vraiment beaucoup, j'avancais bien avec elle, mais voilà, je suis partie un mois à l'étranger et je n'ai plus jamais donner de nouvelles. alors, maintenant, je n'ose plus demander de retravailler avec elle... même si des amies me disent que les psy sont là pour nous quoi qu'on fasse et que c'est leur métier... mais en même temps je me sens gênée de ne pas avoir donné signe de vie, parce que en revenant, je croyais que ça allait mieux, mais ce n'est jamais fini tant qu'on a pas fait un travail important, laborieux et long sur nous même.

Voilà, j'espère que ton week-end aura été plaby... je t'embrasse.

Coucouc Babe,

En réponse à ta question, oui, j'ai passé un excellent week-end. Ca m'a fait beaucoup de bien, je me sens ressourcée, c'est très agréable !

En ce qui concerne ta psy je pense réellement que tu devrais la recontacter. Dis lui ce que tu viens d'écrire. Que tu pensais aller mieux mais que ça n'était pas encore trop ça, etc. Franchement, tu n'as rien à perdre et si tu ne l'appelles pas et que tu choisis quelqu'un d'autre, tu le regretteras sûrement. Appelles là et parles lui...

Sinon, je comprends que ça doit être dur d'avancer, de se battre à 100 % quand on est toujours en contact avec son abuseur. Il ne faut cependant pas mettre sa guérison entre parenthèses, il faut essayer d'avancer tout de même... Je sais que c'est facile à dire, mais c'est nécessaire pour se sentir un peu mieux.

A part ça, je suis persuadée que petit à petit, tu vas apprendre à t'ouvrir, à te confier. Depuis que je suis sur ce site, j'y arrive de mieux en mieux. Et pourquoi pas proposer à ton ami de venir lire tes post. Je sais que mon amoureux le fait avec moi de temps en temps, et ainsi il comprend un peu mieux... Enfin, c'est juste une idée.

Sinon il m'arrive d'enregistrer quelques petites choses dans un dossier sur mon disque dur (des témoignages qui m'ont interpellé car les sensations, les sentiments, les angoisses des personnes sont les mêmes que les miennes, des paroles de chansoons, des poèmes, etc). Du coup, si il veut les lire, ile le peut, ça lui permet de mieux comprendre ce qui se passe dans ma tête parfois.

Je sais aussi qu'une personne du forum écrit sur un cahier ce qu'elle n'arrive pas à dire à son amoureux. Il lui réponds ensuite soit sur le cahier, soit de vive voix, si j'ai bien compris. Ca peut être bien aussi si tu as parfois du mal à parler.

Je ne sais pas si ces quelques conseils vont t'aider, du moins je l'espère.

Je te souhaite une très bonne soirée et surtout, continues d'être aussi courageuse.

Je t'embrasse...
L'optimisme, c'est voir la vie à travers un rayon de soleil...

Salut Babe

Ton témoignage m'a marquée car je suis en quelque sorte dans la même situation que toi, à savoir que je vis toujours dans la maison où mon abuseur est, et qui, en l'occurence est "mon père".
C'est atrocement dur parfois, souvent même, car ma famille ne sait rien (je me demande encore comment cela est possible), à part une de mes soeurs qui a également été victime de ses abus, mais je ne sais pas exactement de quelle nature cela a été...
En plus, depuis quelque temps, j'ai commencé à réaliser (alors que j'ai toujours cru le contraire) que "ma famillle" ne sait pas ce qui s'était passé. Et pourtant, ce n'est pas peine de m'être débattue et d'avoir crié... et crié et crié...
Alors ça me révolte mais en même temps je suis dans la même position que toi, à savoir que je suis face à un tabou: tabou que je me fixe à moi-même, par crainte de ne pas être crue en fait. Et ça, je sais que ça fait très mal pour l'avoir "vécue". En effet, j'en avais parlé une fois à ma mère qui m'a tout simplement répondu que "ce n'était pas possible, qu'il n'aurait jamais fait cela"... Et pourtant Dieu seul sait que c'est un sale pervers, exhibiteur... et j'en passe tellement ça me dégoûte... alors comment veux-tu faire quand quelqu'un qui t'a enfantée ne veut même pas te croire???! C'est une impasse... en plus, vu que je me suis récemment aperçue que le reste de mes frères et soeurs ne le savaient peut-être pas, ça me.. je n'ai même pas les mots qui puissent exprimer ce que je ressens. ça fait mal. De se dire qu'il se pourrait bien que si je dévoilais tout au grand jour, en mettant tout le monde face à ses responsabilités, que même cela, ça ne ferait rien... c'est tout simplement affreux. Affreux de se dire qu'on pourrait souffrir dans une indifférence totale.
Maintenant je ne sais pas ce qu'il faudrait faire... mais je me dis que de toute façon un jour je le dirai à voix haute et intelligible, mais certainement quand je ne vivrai plus dans cette "maison" car l'environnement y est tellement infecte...
On peut toujours tenter d'en parler avec les gens de sa famille, peut-être que ça déclenchera un séisme, je l'espère...
En tout cas je te souhaite tout plein de courage...

Je voudrais aussi rajouter que si tu fais confiance à ton copain, alors tu devrais lui en parler, ainsi il comprendra tes réactions et t'aidera, rien que d'avoir un soutien moral est extrêmement important. Et le fait de pouvoir en parler aussi.

En ce qui concerne ta psy, n'hésites surtout pas à la recontacter, dis-toi qu'elle ne te jugera pas, le doute lorsque l'on commence une thérapie, doit , je pense, être une donnée normale.

Plaby, j'ai lu aussi le témoignage concernant le cahier... depuis quelques temps, avec mon copain, nous n'avons pas vraiment de cahier, mais j'ai toujours instauré l'écriture, pcq c'est comme ça que je m'exprime le mieux. Je n'arrive qu'après lui avoir fait lire mes écrit à parler et répondre à des questions, je ne sais pas la parole directement le dire... c'est un bon moyen l'écriture.
Mais actuellement j'ai encore décidé de ne pas lui faire lire mes écrits, sinon il saura que c'est mon frère mon abuseur, chose que je ne désire pas... je ne désire pas créer un malaise chez lui et des réactions que moi même je ne pourrai contrôler, si il sait que c'est lui. c'est gentil pour tes conseils, mais il est vrai que j'ai pensé lui dire d'aller sur le site et de lire les témoignages, sans savoir que je suis dedans et qui je suis, quel pseudo... je le ferai peut être... en tout cas je lui ai dis d'éventuellement s'informer davantage sur les abus et qui sont les victimes, comment elles se sont construites, pour peut être davantage me comprendre et arriver à faire face.
Merci aussi pour me dire que je dois recontacter ma psy, pas évident, mais peut être le ferai-je si c'est vraiment avec elle que j'avançais le mieux.
Il est vrai que je sens que ça me fait du bien d'avoir trouvé ce site pour s'exprimer, dire ce qu'on ne dit pas aux autres, dire nos pensées et nos doutes, nos espoirs et nos faiblesses,...
Merci pour ton soutien et je pense que c'est tellement important le soutien des autres...
Contente que ton wk t'a ressourcé et t'a fait du bien. Je me rend vraiment compte qu'avoir un homme qui nous aime et nous respecte auprès de nous est un attout et un bien précieux, que nous ne devons laisser échapper...
L'air de rien, tout d'abord bonjour... j'ai lu ton témoignage qui m'a bouleversée parce qu'effectivement, même si ce n'est pas la même personne familiale, nous vivons des choses semblables. Devons supporter de voir encore notre abuseur, vivre à ses côtés, être dans les pièces où nous avons été abusées,... et surtout que ça soit un tabou et que les autres membres de la famille ne puisse même pas l'imaginer.
Ce qui est encore plus terrible dans ton cas, c'est que ta sœur aussi est victime, moi je suis la seule. Mais en fait, je sais qu'on garde une peur importante de dévoiler la réalité, de dire les choses, qu'on ne nous croit pas. Toi, tu as déjà pu le voir en le divulgeant à ta mère...  qui ne t'a pas crue... douloureux que d'avoir sa propre mère qui ne croit pas sa fille, tellement innocente surtout au moment des faits...
Personnellement, je m'oblige tellement souvent à ne pas penser... ne surtout pas penser à ces abus, sinon j'en suis malade. Je me rappelle la peur de m'endormir car je savais que bien souvent il venait et me réveillait (heureusement, parfois c'était mon alibi : ne pas me réveiller et attendre d'entendre mon frère repartir et sa porte de chambre se refermée... ouf sauvée pour cette fois...). Je me rappelle la peur quand j'étais dans mon bain, je me rappelle que parfois je devais moi faire des choses, il regardait dans des livres, il demandait des positions, il faisait tout ce qu'il aurait du faire avec sa petite amie, n'en ayant pas une... ouf ! difficile que d'écrire cela... ça fait mal, tellement mal... ces jours-ci sont tellement difficiles, mais je tiens le coup pour mon travail, mes études... bien obligée de faire bonne figure... je pleure seule dans mon lit ou quand je suis seule à la maison... ne surtout pas montrer... difficile que de dire ce qu'il se passait, comment, où... déjà en image, mais alors en mots... et encore, ce ne sont que des brides de souvenirs... je me rappelle tellement peu... et je pense ne désire pas me rappeler, alors je me force à ne pas penser, surtout pas...
Comme tu le dis, tes frères et sœurs et ta mère ne le savent « peut être » pas... le peut être reste important, car moi même je ne me dis parfois, cmt ne pourraient-ils pas savoir !!! ce n'est pas possible... je me dis que ce n'est pas possible !!! mais peut être aussi que si, ils étaient aveugles et tellement naïvement conscients...
Tu dois aussi en avoir du courage de vivre avec lui, comme tu le dis, et dire que on appelle ça « son père », mais ça ne peut l'être en même temps. Je suis révoltée et surement l'est tu aussi. Comment peut-on faire ça à un enfant !!! mais c'est la vie, avec ses pervers...
Je pense qu'effectivement, ça doit te soulager déjà d'être aux études hors de chez toi, de ne plus être sans cesse sous le toît parental, où tout s'est passé, avec l'auteur des faits : ton père.
Comme j'ai dit à plaby, c'est sur que je fait confiance à mon homme, mais je n'ai pas confiance en ses réactions.. le connaissant je sais qu'il sera révolté et ne pourra s'empêcher de changer son comportement face à mon frère, mon abuseur. Je sais aussi qu'il voudra qu'il soit puni, que je parle à ma famille, à mon frère,... alors je ne préfère pas. Peut être ne suis-je pas encore assez forte que pour arriver à le faire... peut être à l'avenir y arriverai-je...
En tout cas, j'espère que ce site t'apportera du soutien et un bien fait de parler, d'écrire anonymement, en sachant qu'on est écoutée et comprise surtout, et non jugée...
Je pense bien à vous... que le courage soit toujours là, de vaincre ce passé et d'ouvrir une vie vers des jours meilleurs... renaître un peu...

C'est vrai que c'est génial de pouvoir s'exprimer ici, ça fait un bien fou !

Ca m'aide beaucoup aussi, car même si mon ami est très attentif et très à l'écoute, j'évite de lui parler trop souvent. En fait le truc, c'est que je n'ose pas forcément lui dire dès que je me sens mal, où dès que je repense à mon passé. Je ne veux pas le rendre triste, du coup, j'évite de lui parler à chaque fois que j'en éprouve le besoin. C'est pour ça que le site est si important pour moi, ici pas besoin de "délais" entre les posts et les messages, on peut en poster dès qu'on le souhaite !

Et tout comme beaucoup d'entre vous, je trouve plus facile de m'exprimer par écrit, les mots sortent beaucoup plus facilement et font moins mal, au moins, ils ne restent pas coincés au fond de la gorge (enfin je trouve)...

Babe, je trouve ça bien que tu ais dit à ton ami de se renseigner sur les personnes victimes d'abus, si il le fait, c'est encore mieux. Moi, mon amoureux vient de temps en temps lire des messages avec moi, où alors quand je le lui propose il lit ce que j'ai enregistré sur mon disque-dur mais c'est vrai qu'il n'y va pas de lui-même, par "curiosité", etc.

Sincèrement je vous trouve toutes les deux très courageuses, réussir à vivre avec son agresseur, ça demande vraiment une force incroyable ! Parfois, il m'arrive d'avoir peur lorsque je suis seule chez moi. Bien que mon ex soit décédé, j'ai souvent peur qu'il revienne,  peur qu'en me réveillant, il soit en face de moi, à me regarder avec son regard plein de haine. Peur de voir la porte de la salle de bain s'ouvrir lorsque je suis sous ma douche, peur de le croiser dans la rue, etc. Il m'arrive parfois d'être à la limite de la crise d'angoisse. Il me hante et me fait toujours aussi peur qu'avant... Alors je n'ose imaginer les états dans lesquels vous pouvez parfois vous retrouver ! Bravo à vous pour le courage dont vous faites preuve !

Je vous envoie tout mon soutien et pense vraiment fort à vous...
L'optimisme, c'est voir la vie à travers un rayon de soleil...

Salut,
Ton témoignage m'a beaucoup touchée.
je me suis revues trois ans en arrière, et surtout j'ai été une victime comme ton d'un pseudo grand frère. Ce n'est pas un cas dont on entend souvent parler, et pourtant...
Pendant longtemps, j'ai voulu tout remiser, faire comme si c'était une chose oubliée, parce que je ne voulais pas "perturber" tout le monde autour de moi.
Je ne m'imaginais pas être à l'origine de souffrances et douleurs que ma parole aurait provoquée.
Mais je me suis enfoncée chaque année un peu plus, me persuadant que j'étais trop bête de ne pas savoir prendre ma vie en charge, de ne pas mieux profiter de ce que la vie m'avais donnée, un mari adorable, trois enfants merveilleux et des capacités largement suffisantes pour mener à bien une carrière professionnelle.
Mais mon fils allait mal, un gamin précoce, mais qui allait si mal !
Nous avons fini par l'emmener consulter un psy, dans un CMPP et là, le déclic.
Cette psy a vite vu que le problème de mon petit amour venait de notre relation. Je n'arrivais pas à être avec lui comme avec ses soeurs, et sa précocité ne faisait qu'accentuer sa perception des choses.
Un enfant sent tout de sa mère, et  l'hypersensibilité de mon fils lui a fait avoir des réactions encore plus prononcées.
La psy a voulu me voir seule, plusieurs jours de suite. Tout est revenu, et je ne pouvais plus me taire. J'étais en crise totale, j'ai d'abord appelé ma mère. Elle était paniquée au téléphone (1000 km nous séparent) et je lui ai dit que j'allais lui écrire, et puis tout est sorti. 1 heure à parler, parler et parler sans m'arrêter. Ensuite, j'ai tout dit à mon mari.
Mes parents ont bien réagi, et m'ont soutenue, même s'ils sont restés à distance de ma thérapie. Je ne voulais pas qu'ils en parle à celui que j'appelle mon étau.
Même si j'ai toujours mal, je peux aujourd'hui avoir une vie bien plus calme et posée.
Je ne regrette pas une seconde d'avoir parlé, ni de me considérer aujourd'hui comme fille unique.
Cela fait trois ans que je n'ai plus aucun contact avec celui qui m'a pris ma force de vie. Je ne suis pas sure encore de pouvoir l'affronter s'il le fallait, mais j'ai ma vie et elle est bien plus importante que lui. La seule joie qu'il pourra un jour me proccurer, c'est quand on me dira qu'il est mort. Je me vois parfois faire comme cet enfant d'un spot de sensibilisation qui passait à télé, et qui crachait sur la tombe de celui qui l'avait sali.
Tu sais, moi aussi je me suis demandée pourquoi ma famille n'avait pas su me protèger. Mais comment une mère , un père, (mes parents sont adorables et s'aiment comme des fous après 37 ans de vie commune), comment pouvaient-ils une seconde imaginer que leur fils (beau-fils pour mon père) puissent être capable d'un tel acte ?
Ma mère m'a dit que jamais elle avait imaginé qu'une telle chose puissent exister.
On ne parle de l'inceste que depuis quelques années, avant, on croyait que seul 'l'idiot du village" pouvait se rendre coupable de tels choses.

Un jour , vers 17 ans, il a fallu que je choisisse entre la vie et la mort.
j'ai choisi la vie.
Tu es jeune et tu as un long chemin à faire. je te souhaite beaucoup de courage, et surtout parle.
Moi, j'ai beaucoup écrit, ça m'a aidée.
Va voir un psy quand tu te sentiras prête. vois le (ou la) comme un défouloir. Ne vois pas ce professionnel comme un être humain, mais comme un moyen de refourguer toute ta nausée. Fais le quand tu te sentiras prête, (il m'a fallu 10 ans).

bon courage.

Chupita, merci pour ton témoignage. Waouw, quel cran tu as eu de tout raconter à ta famille, je t'admire et te trouve vraiment courageuse. peut être est-ce dû à l'âge aussi... et à la distance que tu avais malgré tout parce que tu as un mari, des enfants et habite loin de ta famille... peut être qu'à ce moment la force me viendra...
C'est vrai, j'en veux à ma famille de n'avoir rien vu mais en même temps je me dis qu'effectivement ils n'ont rien dû voir, sinon ils auraient fait quelque chose et ils sauraient et se douteraient pourquoi j'ai pu être en dépression, me mutiler,devoir aller voir une psy...
Clair que c'est vraiment pas évident d'aller voir qqun, c'est se retrouver face à soi même, chose tellement difficile. c'est déjà tellement difficile comme ça, alors ressasser tout et me rappeler davantage tout ce qu'il m'a fait et tout ce que j'ai vécu aussi à cause de ça (abus pour ma première relation sexuelle à 14ans et puis autres abus aussi plus tard... et tout ce que je vis aussi maintenant avec mon copain : non-confiance en moi, malgré mes capacités,... plus de relations d'intimité, vie au jour le jour,...)
Enfin, mais en même temps, je me dis sans cesse qu'il n'y a que ça qui puisse vraiment m'aider. J'ai normalement décidé de prendre mon courage à deux mains et aujourd'hui ou demain téléphoner à un centre pour abus sexuel et viols pour demander des informations, trouver un ou une bon(ne) psy et puis voir pour commencer à travailler sur moi même, car il y a de quoi.
En tout cas, je suis malgré tout heureuse de t'entendre dire que tu as un mari auprès de et trois enfants... ça doit être du bonheur ça, malgré surement encore des difficultés... c'est une vrai réussite! ça motive de voir ça et de se dire que malgré tout, nous pouvons construire une vie "normale"...
mais ce que tu as vécu avec ton fils est quelque chose qui m'a toujours fait peur... peur d'avoir un enfant ou plusieurs et que ma relation avec eux soit perturbée par mes abus, que ça ait des répercussions négatives sur eux... c'est pour cela aussi que je me dis que je dois commencer ma thérapie assez jeune, pour éviter cela, même si on est jamais à l'abri... je sais qu'une chose qui me fait déjà peur, c'est si je n'ai pas coupé les liens avec mon abuseur, que mes enfants l'appelle "oncle" et surtout je sais que je ne permettrai jamais que mes enfants aillent dormir chez lui! oh que non!
Il est vrai, que je n'entend vraiment pas de témoignage d'abus de la part d'un frère... rare mais tellement terrible et destructeur.
Avec toi, malgré la tristesse que ça se soit passé aussi pour toi, je vois que je ne suis pas la seule dans le cas...

Merci pour ton écrit... tes réflexions et tes explications sur comment toi tu as vécu les choses et divulgé la vérité... (chose qui me fait encore tellement peur et tellement de mal de me dire qu'un jour je dirais tout et ferais tellement souffrir ma famille...)

J'espère que maintenant, pour toi, les choses sont plus faciles et vont mieux et que tu as pu trouver une relation différente et bénéfique avec ton fils.

plaby, en relisant ton message, je me dis que ça doit être terrible de vivre encore avec la peur de l'autre... la peur qu'il soit là, malgré qu'il soit décédé et ne pourra plus rien te faire... non, c'est quelque chose qui t'as tellement marqué, que s'en dépétrir est difficile. les sensations restent bien présentes... les flashs, les peurs...
Moi, je peux comparer cela surtout à mes angoisses dans la rue quand je marche seule, surtout quand il fait noir... j'écoute tout, je me retourne, j'ai mal au ventre, je suis angoissée, j'ai peur... peur que quelqu'un ne vienne à nouveau derrière moi et m'agresse, comme mon agresseur a pu le faire il y a quelques années... peur que finalement, plus se passe, heureusement pour moi, il ne m'a pas violée, menacée avec un couteau, j'ai alors pu être forte devant lui, mais il aurait pu... et un autre aussi pourrait le faire...
En tout cas, je me rend compte combien nous devons toutes et nous le sommes toutes courageuse... courageuse de garder la tête haute, de se battre pour des jours meilleurs, pour une vie plus sereine... courageuse de vivre avec notre passé si lourd, alors que tellement de personnes sont "libres" et tellement "légères"...
C'est bon, de lire dans les messages que des femmes abusées ont pu trouver un certain équilibre dans leur vie de couple, enfants, travail... mais je vois aussi combien n'importe quel petit élément, n'importe quelle phrase ou geste peut blesser et nous refaire chuter... que ce sont les gens qui nous entourent qui font que nous allons "bien" ou non... que cela dépend beaucoup d'eux...
comme quand je lis martine ou d'autres par rapport à leur mari ou copain qui est maladroit, qui fait souffrir, qui ne nous comprend pas, qui ne nous respecte pas,... terrible!
J'ai vraiment de la chance, comme toi plaby visiblement, d'avoir un homme respectueux...

Bonne journée, ensoleilée ici chez moi... ça fait tellement de bien le soleil, c'est ce que je préfère...