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Un forum pour les victimes d'abus et de violence

Citation de: fr69 le Avril 04, 2017, 05:46:53 PM
Bonjour Aela

Je rejoins les autres réponses, en disant que tu n'es pas responsable, et que la réponse de la psy est du grand n'importe quoi.

D'une manière générale un enfant ne parle pas de ce genre de choses. Le fait que tu aies tenté de le faire par le passé est quelque-chose de remarquable, dont tu peux être fière, que peu d'enfant ont le courage de faire... Et à chaque fois je pense, on se reproche par la suite, en grandissant, de ne pas l'avoir fait.

Tu vois, personnellement, à six ans, ma mère a compris que quelque-chose d'anormal se passait à l'école, elle avait même compris avec qui. Mais je n'ai dit qu'une infime partie de la réalité. Ils ont cru régler le problème mais n'ayant pas les données, forcément cela a échoué.  A neuf ans, quand cela a recommencé en bien pire, cela s'est vu, le médecin a diagnostiqué une dépression. Je n'ai rien dit... Ces deux fois, quelque part on m'incitait à dire ce qui se passait, et je n'ai rien dit... Plus tard, à 11 ans, à 13 ans, je n'ai rien dit non plus. A 14 ans j'ai franchi une nouvelle limite. Je n'ai rien dit, et en plus je faisais tout pour brouiller les pistes, cacher. A 15 ans, c'était presque de la double vie, tant je dissimulais, inventait pour que personne ne puisse imaginer quoi que ce soit...

Hélas, parler se retourne quelque fois contre soi. Lorsque mon épouse a eu le courage de parler pour ce qu'ils lui faisaient, elle a du s'enfuir de chez elle, disparaître. Dans mon cas, lorsqu'il y a quelques années j'ai dit une partie de ce que j'avais vécu, mon frère n'en a rien cru. Quelqu'un que je pensais être un ami potentiel, a pensé que c'était de la fiction. Ma mère a accepté, elle s'en veut, ne comprends pas pourquoi je n'avais rien dit...

Si tu lis les autres témoignages ou que tu discute avec certains, tu verras que cette dissimulation que j'ai évoqué plus haut est courant. Que ne rien dire est presque la règle. Que se rendre volontairement en un lieu tout en sachant ce qui va se passer est courant ... Que ta réaction en fait n'est pas exceptionnelle, pas anormale, mais classique hélas.

Prends le temps qu'il te faudra... Tu n'as pas à te sentir coupable. Les responsables ce sont ceux qui t'ont fait cela. Ceux qui ont refusé de voir, refusé de croire.

Bonsoir,
merci pour ta réponse.

Pour moi, il n'y a rien de remarquable d'en avoir parler. Je ne comprenais pas et je voulais juste que l'on m'explique. Je peux comprendre que des personnes regrettent de ne pas en avoir parler mais moi c'est le contraire. Peut-être que si je ne lui en avais parler, je n'aurais pas son "tais toi" qui me suit.

J'ai eu régulièrement ce souvenir qui revenait et j'avais toujours ce que ma mère m'avait dit "ce n'est qu'un rêve" et je me sentait malsaine et sale d'avoir ce genre de rêve. Au final, peut-être que je l'aurais vécu différemment.

Après, avec des peut-être ou des si, ça ne changerai rien à ce qui c'est passé.

Je suis désolé de ce qui t'es arrivé... Tu penses que si tu avais donné toutes les données, tu aurais évitais tout ça? Tu regrettes?

Juste, c'est possible de faire une dépression à 9 ans? Il n'a pas cherché plus loin?

J'ai du mal parfois à comprendre pourquoi l'on ne nous croit pas. Est-ce qu'il pense que c'est parce qu'on veut attirer l'attention? C'est des choses tellement horribles...

J'ai lu pas mal de témoignages et je me suis rendue compte que la loi du silence était plus qu'utilisé. Moi même, je me suis tu pendant des années, même encore. Mais si une fois, malgré moi, on m'a vu. Ma mère m'avait vu plaqué contre un mur par 2 gars. Si on voisin n'était pas sorti, je m'étais faite violée devant ses yeux. Le lendemain, j'avais eu un "ça va"?. J'avais failli répondre "oui, je ne me suis pas faite violée" mais j'avais opté pour un "oui". En retour, j'avais juste un "ok" et puis elle était passé à autre chose.

Merci pour votre aide qui m'apporte beaucoup d'aide et de courage pour la suite.

#16 Avril 06, 2017, 10:00:25 AM Dernière édition: Avril 06, 2017, 10:06:19 AM par fr69
CitationJ'ai du mal à croire en moi pour ça. Ça fait 1 an que j'ai laissé mes souvenirs remonté à la surface. Avant, je les avais bien enfermé dans ma boite. Quand j'avais ouvert cette boite, tous les souvenirs étaient remontés. Pour tous, j'avais douté. J'avais vite arrêté comme des que je doutais, je revivais l'agression
Personnellement, j'ai tout refoulé aussi. J'avais des cauchemars récurrents, que je ne comprenais pas. Parfois certaines images très spéciales, que je me reprochais tant c'était dégoutant. Je ne savais pas d'où elles sortaient, c'était toujours les mêmes. Je pensais que c'était de l'ordre du fantasme. Il y a très peu j'ai fait le rapprochement...
Mes premiers vrais souvenirs ont commencé à revenir à trente ans environ, près de 15 ans après les derniers viols. Je n'y a pas cru une seconde, et j'ai tout refoulé à nouveau. Puis six ans plus tard soit 21 ans après les derniers viols tout a commencé à revenir. Je n'y ai pas cru, j'ai tout noté à la recherche d'incohérences, d'impossibilités. Je vérifiais chaque détail possible... Aujourd'hui, encore cinq ans après je continue de douter parfois. Pourtant, j'ai retrouvé une personne qui a pu me confirmer certaines choses. Elle a su en partie à l'époque (ce qui s'est passé lorsque j'avais 13 ans). J'ai noté toutes les recherches, les questions, les réponses... Si je suis réaliste, je ne peux plus douter... Mais je continue parfois à le faire, peut être car c'est plus simple pour moi.

CitationJe ne comprenais pas et je voulais juste que l'on m'explique
A un certain âge, aucun enfant ne comprends. A six ans, je me laissais caresser les fesses par un autre garçon juste pour ne pas être seul. Parallèlement, cela faisait déjà quelques années que je subissais les viols en compagnie d'une autre victime, qui est devenue ma seule amie. C'est elle qui m'a dit que c'était mal ce que je laissais faire. Alors j'ai fuis ce garçon. Là ma mère a vu que quelque chose d'anormal se passait avec ce garçon. Elle n'a jamais su quoi. J'ai dit qu'il me pinçait... Pendant ce temps, tout ce qui se passait avec cette autre victime est resté secret.

CitationJe n'aurais pas son "tais toi" qui me suit
A l'époque de ce qui se passait avec l'autre victime à laquelle je fais référence juste avant, avant mes cinq ans, à l'époque où je ne savais pas encore parler (fort retard d'apprentissage du langage), j'ai à priori quand même tenté de faire comprendre quelque chose. Je ne sais quoi. Mais j'en ai payé un tel prix, que je n'étais pas près de recommencer. A neuf ans, j'ai obéi à mes parents qui me demandaient de les prévenir si un professeur me frappait. Je leur ai parlé de la gifle. Je l'ai terriblement regretté. Quand on a commencé à s'en prendre à moi sexuellement parlant, j'ai essayé de me plaindre, mais cette professeur a fermé les yeux, c'était faux, et si il y avait une parcelle de vérité alors je n'avais qu'à me défendre, donc c'était ma faute... Elle est devenue complice et actrice par la suite. Elle m'a traité à un moment de pervers devant tous... Une élève de ma classe a fini par être témoin de ce qui se passait. Elle a sans doute parlé... La maitresse a été mise à pied (officiellement malade)...

Cela peut te paraître étrange, mais encore aujourd'hui, penser à ce que m'a couté le fait de parler (enfin pour le peu que j'ai dit), génère de l'angoisse en moi.

Citationje me sentais malsaine et sale d'avoir ce genre de rêve
Comme évoqué, le peu d'images que j'avais avant, je pensais que c'était un fantasme. C'était si dégoutant, que je ne pouvais qu'être un porc, un monstre pour avoir une telle chose en tête. Quand les souvenirs ont commencé à revenir, c'est encore moi que j'ai blâmé. C'est moi qui était sale, coupable de tout...

CitationAprès, avec des peut-être ou des si, ça ne changerai rien à ce qui c'est passé.
J'ai souvent dit, si seulement je n'avais pas... si seulement j'avais... Mais finalement, la plupart du temps au moins cela n'aurait rien changé. Une victime adulte ne s'en sort pas toujours. Alors enfant... Quel chance avions nous ?

CitationTu penses que si tu avais donné toutes les données, tu aurais évitais tout ça? Tu regrettes
Bien, pour tout ce qui s'est passé avant mes neuf ans, je ne vois pas ce que j'avais pu y changer. Pour mes 9 ans, si j'avais dit ce qui se passait pour moi, depuis longtemps (sans que ce soit sexuel), alors peut être, en me changeant d'école ... Et lorsque cela a commencé, si j'avais fait comme cette élève de ma classe, cela n'aurait il pas tout changé ? Je ne sais pas. Ma mère me reproche de n'avoir rien dit. Elle m'aurait fait soigner, au lieu de m'enfoncer dans la dépression.
Pour les 13 ans, je l'ai longtemps cru que j'aurais pu éviter. En fait, c'est improbable. Mais si j'avais parlé après... Je suis tombé cette année là presque immédiatement après, dans l'auto-mutilation... Cela j'aurais peut être pu l'éviter. Pour 14 ans, si je regrette d'avoir rien dit, c'est qu'ils on certainement continué avec d'autres. Pour les 15 ans... J'aurais du parler. J'étais en âge. Et je n'aurais pas la mort probable d'une jeune fille sur la conscience, même si dans le fond, je sais que je n'y peut rien.

Parfois je regrette autre chose. A 13 ans j'aurais du en mourir, c'est ce qu'ils avaient prévu. Je regrette parfois de ne pas être resté évanoui quelques minutes de plus, ou d'avoir tant lutté pour sortir de ce qui allait être ma tombe. Juste attendre quelques minutes. Mort noyé ou par hypothermie... Même regret parfois pour 15 ans. A deux reprises, j'aurais pu en mourir. La seconde fois je voulais même me laisser mourir. Seul de toute façon je ne pouvais que mourir. J'ai eu une aide inattendue...

En fait, quoi que l'on ait fait, ou pas fait. Quoi qu'il se soit passé... On s'en veut toujours... On ne nous a pas fait assez de mal selon nos yeux, alors d'une certaine manière on se punit davantage encore avec ces reproches que l'on s'adresse

CitationJ'ai du mal parfois à comprendre pourquoi l'on ne nous croit pas
Je n'ai pas de réponse à cela. Il y a tout un tas de raisons, qui n'en sont pas en réalité.

CitationMa mère m'avait vu plaqué contre un mur par 2 gars. Si on voisin n'était pas sorti, je m'étais faite violée devant ses yeux. Le lendemain, j'avais eu un "ça va"?. J'avais failli répondre "oui, je ne me suis pas faite violée" mais j'avais opté pour un "oui". En retour, j'avais juste un "ok" et puis elle était passé à autre chose
Je suis désolé. Je ne sais pas pourquoi elle a réagi ainsi. N'a-t-elle pas mesuré la gravité de la situation ? A-t-elle préféré minimiser croyant que c'était ce que tu voulais ? Ou car c'était plus simple, se sentant impuissante ? Coupable ? Je ne sais pas

S'ils (au sens large) avaient bien voulu ouvrir les yeux, ils auraient vu, compris... On ne parvient jamais à réellement tout cacher
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Je vois que j'ai oublié de répondre à cette question:

CitationJuste, c'est possible de faire une dépression à 9 ans? Il n'a pas cherché plus loin
Il y a de nombreuses anomalies dans mon carnet de santé pour lesquelles ils n'ont pas cherché plus loin. A priori, à l'époque ils n'ont pas compris, et pas cherché outre mesure. Des médecins ont suggérés à plusieurs reprises de me faire consulter une psy. J'ignore si cela avait été évoqué à cette époque là... Je me souviens de quelques médecins qui en ont parlé... Le dernier c'était vers 14/15 ans

Mais il est vrai que personne n'a fait attention aux signes :  craintif, ne s'intégrant nulle part, sans aucun ami, solitaire, haine du sport, refus de tout contact (bises par exemple) et pour le dernier médecin que j'ai en tête qui avait conseille la psy : peur limite panique quand il avait soulevé le slip pour voir l'avancement de la puberté.

Et puis la dépression si jeune, si longue deviens vite de la dysthimie. On la confond avec la personnalité
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Pour ma part, un médecin m'a déclaré dépressive à 8ans à cause de mon père (le médecin lui a dit tel quel, devant lui et devant moi...).
Une de mes cousines qui a beaucoup subis aussi, à fait 3 tentatives de suicides entre 8 et 11 ans....
"Nous travaillerons ensemble pour soutenir le courage là où il y a la peur, pour encourager la négociation là où il y a le conflit, et donner l'espoir là où règne le désespoir "

Nelson Mandela

La culpabilité, oui, c'est une vraie plaie...
Même si intellectuellement, on arrive à envisager qu'on n'est pas coupable, qu'on était juste des enfants, émotionnellement, c'est plus difficile...

Je suis désolée que ta mère ne t'ait pas soutenue ni protégée...

Je ne sais pas non plus pourquoi les gens ont tant de difficultés à nous croire... Surtout nos parents...
Peut-être que c'est plus simple pour eux, moins culpabilisant, moins effrayant, peut-être qu'ils pensent qu'on veut attirer l'attention, comme tu dis, peut-être que c'est une forme de déni...
Je ne sais pas, je ne comprends pas non plus comment on peut douter lorsqu'un enfant dénonce des faits aussi horribles...

Mais je pense comme fr69 et Lily qu'il est possible de faire une dépression quand on est enfant...

#20 Avril 08, 2017, 12:15:08 AM Dernière édition: Avril 08, 2017, 12:54:43 AM par aela777
Bonsoir fr69,

merci de partager ton histoire avec moi.  $Je suis désolée de ce qui t'es arrivée....
Désolé si mes questions sont indiscrètes et si tu ne veux pas y répondre, je comprendrai.

Tu ne te souvenais pas de ce que tu avais subi avant? Tu avais fait une amnésie? Je n'emploie pas le bon terme désolé. Je sais que des fois, quand le traumatisme est trop important, on a une sorte d'amnésie pour se protéger.
L'ordre du fantasme...j'ai connu ça. Avec tous les sentiments que ça engendre. Et ceux sont loin d'être les meilleurs.

Il y a un événement déclencheur qui a fait revenir tes souvenirs?

C'est horrible... Tu penses que c'était parce que tu l'avais dénoncer pour la gifle? Pardon....?! Tu n'avais qu'a te défendre? Tu n'étais qu'une enfant! C'est elle qui aurait vraiment pu te défendre. Son comportement est pitoyable et je reste polie.
Une mise à pied pour non assistance à personne en danger... Chercher l'erreur.

Je veux bien te croire que cela génère de l'angoisse comme à chaque fois tu as (sacré) retour de bâton. Tu as réussi par la suite a en parler?

C'est vrai. Nous n'avions aucune chance étant enfant si aucune personne ne pouvaient nous protéger. C'est pour ça que si quelque chose comme ça arrivait à mes enfants (je touche du bois) comme à n'importe qu'elle enfant (je touche aussi du bois), je ferai tout pour le protéger et le défendre. Même à un adulte s'il le faut.

Ta mère te reproche de ne pas l'avoir dit? Tu penses qu'elle s'en veut? Ils ont tué une jeune fille...? Tu as failli mourir pas mal de fois quand même...

Ben je sais qu'elle m'a vu parce que quand je suis rentré, elle était resté bloqué devant sa fenêtre. Je ne sais pas pourquoi elle a réagi ainsi. On en jamais reparlé et c'est tant mieux ainsi. C'est la dernière personne à qui je voudrais parler de ça.

Non, il y a forcément des choses dans le comportement qui fait que l'on ne pas le cacher. Même si on essaye de se contrôler au mieux.
Tes parents ne t'ont jamais amené voir un psy? Il y a des signes qui ne trompes pas.

Merci beaucoup pour tes réponses et bravo pour ton courage.



Citation de: Lilyfr69 le Avril 06, 2017, 07:05:47 PM
Pour ma part, un médecin m'a déclaré dépressive à 8ans à cause de mon père (le médecin lui a dit tel quel, devant lui et devant moi...).
Une de mes cousines qui a beaucoup subis aussi, à fait 3 tentatives de suicides entre 8 et 11 ans....

Je ne pensais pas que l'on pouvais tomber en dépression en étant enfant.

Merci pour ta réponse qui est très instructive.

Citation de: beebeevit le Avril 07, 2017, 08:56:44 PM
La culpabilité, oui, c'est une vraie plaie...
Même si intellectuellement, on arrive à envisager qu'on n'est pas coupable, qu'on était juste des enfants, émotionnellement, c'est plus difficile...

Je suis désolée que ta mère ne t'ait pas soutenue ni protégée...

Je ne sais pas non plus pourquoi les gens ont tant de difficultés à nous croire... Surtout nos parents...
Peut-être que c'est plus simple pour eux, moins culpabilisant, moins effrayant, peut-être qu'ils pensent qu'on veut attirer l'attention, comme tu dis, peut-être que c'est une forme de déni...
Je ne sais pas, je ne comprends pas non plus comment on peut douter lorsqu'un enfant dénonce des faits aussi horribles...

Mais je pense comme fr69 et Lily qu'il est possible de faire une dépression quand on est enfant...


Bonsoir beebeevit,

je suis d'accord avec toi. Une vraie plaie...

Une fois, j'avais presque réussi à me convaincre qu'une partie de ce qui m'était arrivé n'était pas de ma faute. Mais l'émotion à vite repris le dessus et limite après c'était pire. Comme si c'était un rappel qu'elle était bien ancrée.

Oui, en principe on devrait avoir nos parents de notre côté.
Oui tu as raison, peut-être que c'est plus simple pour eux. Peut-être aussi qu'ils se sentent coupable de ne pas avoir pu su nous protéger et qu'ils préfèrent fermer les yeux. Je ne sais pas.

Je pense que j'ai eu la confirmation indirectement de ce que ma mère pense. On était à un repas et quelqu'un qui travaille avec les enfants avait dit qu'elle avait une petite de 5 ans qui s'imaginait des choses. La, ma mère avait dit "à 5 ans, on ne peut pas croire un enfant". Je sais que ce n'était pas pour moi mais ça m'a indiqué le fond de sa pensée. Je sais que ça ne me concerne pas forcement mais étrangement, j'avais 5 ans. Et puis il y a peu de temps de cela, elle m'avait dit que les enfants mentaient très facilement. Mais bon, j'arrête de penser.  ;)

Merci pour ta réponse.

Bonjour "aela777",
étrange réaction de ta maman  ???,
une enfant de 5 ans ne peut inventer des faits qu'elle n'est pas sensée connaitre à cette age là...
Il y a des détails dans les récits, des dessins, des attitudes et mimes parfois dans les jeux ou le quotidiens qui ne trompent pas chez les jeunes victimes et qui devraient alarmer les adultes sans l'ombre d'un doute....
Ne pas voir, ou refuser de le faire est juste une façon de se protéger de l'inimaginable, éviter un problème auquel ils ou elles ne sont pas préparés et ne savent comment réagir...
Comment admettre que l'on a pas été présent au bon moment, pas été assez attentif, que l'on n'a pas su protéger sa progéniture...
Je ne cherche pas d'excuse pour les parents, mais c'est à mes yeux une explication qui se tient...
Bon week-end...
:-* :-*
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."

#24 Avril 08, 2017, 11:07:49 AM Dernière édition: Avril 08, 2017, 12:15:57 PM par fr69
Bonjour Aela

CitationTu ne te souvenais pas de ce que tu avais subi avant? Tu avais fait une amnésie? Je n'emploie pas le bon terme désolé. Je sais que des fois, quand le traumatisme est trop important, on a une sorte d'amnésie pour se protéger.
Techniquement en parle de refoulement post traumatique. Il y a un site web sur la mémoire traumatique qui explique le processus biologique associé (qui peut bien entendu se compléter d'un processus psychologique où on s'interdit de se souvenir).
Disons que pour répondre à ta question, je n'ai jamais oublié la fillette qui a partagé mon sort jusqu'à mes sept ans environ, mais je pensais que c'était une amie imaginaire, sans existence propre. Je l'aimais tout en pensant qu'elle n'existait pas... Le jour où je l'ai vu en photo, je l'ai reconnue. A partir d'une simple photo j'ai su qui et où... Mon épouse a fait des recherches à partir des quelques éléments que je lui ai donné. Cette amie imaginaire existe bien, habitait bien là où je pensais (etc...)
Pour ce qui s'est passé à l'école en primaire et au collège, je n'ai gardé aucun souvenir pendant longtemps. Seuls des cauchemars laissaient apparaître quelques petites brides, mais qui pour moi n'avait rien de réel. Pour ce qui s'est passé au lycée, c'est pareille. Une cicatrice physique d'une blessure jamais soignée, dont je ne comprenais pas l'origine, rien de plus. Pour ce qui s'est passé en voyage scolaire à 13 ans, je me suis mutilé à partir de là, mais j'étais incapable de savoir pourquoi. Ma mère avait été étonnée de l'état de certains de mes vêtements, ceux que je portais cet après midi là, enfin ceux qu'ils n'ont pas gardés (ou qui ont seulement été perdus), mais je pense que je ne savais réellement plus ce qui s'était passé. Et je ne comprenais pas le sens de certains cauchemars très récurrents, ni le sens de certaines phobies apparues brutalement. Je crois en fait que je refusais de me poser des questions. Lorsque les premiers souvenirs ont ressurgis, juste quelques images, je savais où, quand, mais je n'y croyais pas, je les ai rechassés de mon esprit quelques années de plus.  Puis je n'ai plus pu. Ils ont commencés à revenir... Mélangés avec d'autres périodes au départ, classés impossible dans mon dossier... Et puis comme cela un jour la psy me dit : "Il est hautement improbable que ce viol ait été le premier ni même le dernier". Sur le moment je n'y ai pas cru une seconde... Mais quelques minutes après j'ai réalisé qu'elle avait raison. Ce qui ne collait pas était seulement mal daté... Cela a recommencé à revenir à partir de cette date. Mais il me reste des zones d'ombre encore presque total sur certaines journées. J'ignore si cela reviendra ou pas

CitationIl y a un événement déclencheur qui a fait revenir tes souvenirs
Bien une année brutalement, j'allais au travail, et j'ai fait demi tour. J'ai décidé d'aller voir le médecin, je ne savais pas trop pourquoi. Je me trouvais paresseux, mais j'y suis allé. Dépression grave. J'ai eu quelques images à cette époque. Je ne le savais pas encore, mais ce jour là c'était la date anniversaire du viol à 13 ans. J'avais alors 31 ans. A priori le cerveau change à partir de 30 ans environ, c'est pourquoi la loi sur la prescription des viols pendant l'enfance a changé. C'est l'âge à partir duquel les souvenirs refoulés reviennent généralement

CitationTu penses que c'était parce que tu l'avais dénoncer pour la gifle?
Je ne sais pas. Mon père lui a écrit une lettre, elle a souri bizarrement en me regardant. J'ignore le contenu de cette lettre, j'ignore ce que signifiait ce sourire

CitationC'est elle qui aurait vraiment pu te défendre. Son comportement est pitoyable et je reste polie. Une mise à pied pour non assistance à personne en danger
Bien c'est plus grave que cela. Elle est devenue actrice indirecte à un moment. J'ignore ce que l'élève qui a parlé a dit. Cette élève a du changer d'école peu après, ce n'était plus possible pour elle suite à la dernière fois (juste avant la mise à pied)


CitationTa mère te reproche de ne pas l'avoir dit? Tu penses qu'elle s'en veut? Ils ont tué une jeune fille...? Tu as failli mourir pas mal de fois quand même
Oui, elle me reproche (ou m'a reproché) de n'avoir rien dit. Elle s'en veut car elle n'a pas compris. Elle a protégé ma sœur, mais elle a oublié que cela n'arrive pas qu'aux filles, que cela pouvait aussi arriver à son fils.
Pour la jeune fille, je ne suis pas sûr.  C'est une possibilité, une probabilité. J'avais une famille... S'ils n'ont pas craint de m'amener à une mort certaine, ils ont encore eu moins peur avec elle (Sans une aide inattendue, je serais mort. Sans le soutiens de cette aide ensuite, je ne serais sans doute suicidé). Ce qu'ils lui ont fait était abominable. Je ne l'ai jamais revue...
Pour mourir pas mal de fois, il y a ces trois fois que j'ai caché à tous (12 avril 1989, 10 (?) décembre 1990, 17 (?) décembre 1990). Mais auparavant, tout petit, vers 5/6 ans à une ou deux reprises cela aurait pu arriver. Mes parents n'ont pas su ce qui m'avait mis dans un tel état (choc affectif, psychologique entrainant une crise d'asthme très sérieuse, jamais connu de telles crises depuis). Mais là je ne me souviens que peu de mon état réel (essentiellement ce que l'on m'en a dit), et je n'avais pas conscience à l'époque de sa gravité. Alors je ne le compte pas

CitationTes parents ne t'ont jamais amené voir un psy?
Non comme je te l'ai dit, plusieurs médecins l'avaient conseillé, mais cela n'a jamais été fait

CitationC'est la dernière personne à qui je voudrais parler de ça
Je comprends, je ne sais pas non plus pourquoi elle n'a pas réagi. Dans certaines mentalités, le mieux que l'on puisse faire face au viol c'est de le cacher, soit disant pour protéger la victime de la honte. Fausse excuse... C'est peut être sa mentalité. Une part de déni peut être aussi, refuser de croire ce que l'on a vu... Le pire c'est que dans ce cas, elle ne s'en souviens sans doute plus, alors toute question resterait sans réponse

J'espère avoir répondu à tes questions

Courage à toi
Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Moi aussi j'ai "oublié" pendant plusieurs années ce qui m'était arrivé. Une toute partie au fond de moi le savait mais je n'en n'était pas consciente. C'est maintenant, en repensant a certaines de mes réactions que je réalise qu'une toute partie de moi avait un doute mais je ne savais pas, j'avais oublié le pourquoi de ces réactions étranges. Je pense que l'élément déclencheur pour moi a été quand j'ai commencé à fréquenter un homme pour la première fois, qui d'ailleurs est maintenant mon mari. Je pense que parfois c'est la combinaison des souvenirs du corps quand il a commencé à me toucher plus savoir que j'avais une personne à qui je pouvais faire confiance.

Ma mere ne m'a jamais vraiment dit si elle m'a cru ou non. Je pense que oui. Je lui ai dit que c'était arrivé juste une fois et j'ai minimisé les faits. Par-contre le sujet est devenu tabou et ca n'a plus jamais en été parlé. J'en veux toujours a ma mere a cause de ca. Certainement idiot mais ces paroles quelques années les faits m'ont fait beaucoup de mal. Pour la seule fois, elle a abordé le sujet d'abus. Elle m'a dit que la petite fille d'un collègue avait été abusée. Ca remarque a été quelque chose comme "pauvres parents, ca va leur couter une fortune en psy." Dans ma tête, j'ai pensé quelque chose comme "et moi, tu n'as rien fait pour moi, tu n'as parle de voir un psy, la petite fille va plus souffrir que les parents." Mon exemple personnel. Je pense que peut-être elle cherchait à se protéger mais en faisant ça, elle ne m'a pas protégée a moi et offert de l'aide qui aurait pu faire une différence.

Je pense que c'est important de te reconnaître en victime car ca enlève la culpabilité et t'aide a reconnaître qu'il y a un probleme a resoudre. Par-contre, je préfère le mot "survivant" pour après car ca implique que oui tu as ete victime mais tu as survécu ou tu vas survivre et pouvoir vivre comme les autres personnes ou presque. Porter plainte aurait rendu les choses pires pour moi mais ca aide aussi des personnes. C'est un choix très personnel que personne ne peut faire pour toi.
Alex.

Citation de: intime idée le Avril 08, 2017, 10:44:52 AM
Bonjour "aela777",
étrange réaction de ta maman  ???,
une enfant de 5 ans ne peut inventer des faits qu'elle n'est pas sensée connaitre à cette age là...
Il y a des détails dans les récits, des dessins, des attitudes et mimes parfois dans les jeux ou le quotidiens qui ne trompent pas chez les jeunes victimes et qui devraient alarmer les adultes sans l'ombre d'un doute....
Ne pas voir, ou refuser de le faire est juste une façon de se protéger de l'inimaginable, éviter un problème auquel ils ou elles ne sont pas préparés et ne savent comment réagir...
Comment admettre que l'on a pas été présent au bon moment, pas été assez attentif, que l'on n'a pas su protéger sa progéniture...
Je ne cherche pas d'excuse pour les parents, mais c'est à mes yeux une explication qui se tient...
Bon week-end...
:-* :-*

Bonsoir intime idée,

Oui je suis d'accord avec toi.
D'ailleurs, j'ai retrouvé mes carnets scolaires et mes professeurs indiqué un changement de comportement important. J'étais renfermée sur moi même et je ne m'exprimais plus. Après, quand cela c'est passé avec mon cousin, j'avais 5 ans donc il y a 24 ans. L'abus n'était pas autant pris au sérieux si je ne me trompe pas.

Oui, c'est une explication qui se tient pour moi aussi. Mais c'est la suite qui n'est pas logique.
Tu dis que "c'est une façon de se protéger de l'inimaginable, éviter un problème auquel ils ou elles ne sont pas préparés et ne savent comment réagir". En tant qu'adulte, ils ont plus de ressources. Pourtant, il laisse leur enfant devant ça.

Comment un enfant peut réagir face à l'imaginable tout seul si l'adulte qui a plus de clé pour affronter l'imaginable? Après, je considère qu'un adulte à plus de clé qu'un enfant comme il a plus de vécu et a connu plus de chose. Même si ça ne concerne pas les abus, il a plus de clés. Je pense que personne n'est préparer à subir un abus sexuel. Enfant ou adulte. Mais un adulte a plus de liberté qu'un enfant tributaire de ses parents.

Je peux comprendre que ma mère n'était pas préparer à ça et ne savait pas comment réagir. Mais j'avais 5 ans. Peut importe l'âge des enfants qui sont abusés mais on ne sait encore moins comment réagir face à ça qu'un adulte.

Citation de: fr69 le Avril 08, 2017, 11:07:49 AM
Bonjour fR69r.

A chaque agression, tu faisais un refoulement post traumatique?

Tu as retenu toutes les dates de tes agressions?

Je ne savais pas qu'à 30 ans, les souvenirs pouvaient ressurgir. Comment as-tu gérer ces souvenirs qui revenaient?

C'est à dire actrice indirecte....? Tu penses que l'on a demandé à l'élève de quitter l'établissement?

Cette jeune fille avait essayé de t'aider?

Oui,je pense que le plus simple pour elle était de le cacher. Qu'allait pouvoir penser les autres? C'était le plus important.
Je pense qu'elle s'en souvient parce que depuis que j'ai fait ressurgir ses souvenirs, mon comportement à changer même si j'essaye de le cacher.

Oui, merci pour tout. Courage à toi aussi.

#28 Avril 09, 2017, 11:08:20 AM Dernière édition: Avril 09, 2017, 11:21:02 AM par fr69
CitationA chaque agression, tu faisais un refoulement post traumatique?
Non, bien sûr que non. Le processus biologique décrit sur le site "mémoire traumatique" nécessite des conditions bien particulières. Il est difficile de dire combien de fois cela a pu arriver, surtout que tout n'est pas forcément revenu. Comme cela, je dirais que cela s'est probablement produit deux fois au moins. Le reste s'apparente plus à un refoulement purement psychologique, la volonté d'oublier en somme.
Pour tout ce qui se passait dans ma toute petite enfance, mis à part une journée bien particulière, le reste c'était très régulier. Chaque semaine ou presque voire plusieurs fois par semaine on me déposait là bas... Se passait il quelque chose à chaque fois ? Dans un sens oui, car les conditions étaient anormales. Mais au delà ce cela ? quelque chose de vraiment dérangeant pour la compréhension que j'avais, probablement pas...
Pour ce qui s'est passé en CM1 à 9 ans, vers 11/12 ans et à 14 ans le choc n'était pas assez fort pour déclencher un refoulement traumatique biologique. Pour ce qui s'est passé en seconde à 15 ans, je ne sais pas trop. Avec l'habitude de ce genre de choses, il faut plus pour déclencher un choc traumatique biologique.
Par contre, ce qui s'est passé à 13 ans était si nouveau par tant de choses, si brutal, haineux et a eu un tel impact que oui. Là je suis convaincu d'en avoir fait un

CitationJe ne savais pas qu'à 30 ans, les souvenirs pouvaient ressurgir. Comment as-tu gérer ces souvenirs qui revenaient?
Disons que c'est un âge statistique, lié au fonctionnement du cerveau. Cela peut se produire ou pas. Et c'est un âge moyen
Comment ai-je réagit ? J'ai refusé d'y croire et me suis empressé d'oublier à nouveau. Dépression grave... Puis quelques années plus tard tout est revenu très brutalement, sans nouveau refoulement possible. Refus d'y croire, dépression grave, pleurs, crises de paniques, agoraphobie, envies suicidaires, presque un passage à l'acte...

CitationC'est à dire actrice indirecte....?
Cela se passait après les cours à la piscine... Et cette fois là j'étais tombé dans un piège pourtant évident. Au lieu de réaliser ce qui se passait, de me croire enfin, elle a prolongé l'humiliation en m'interdisant de me rhabiller, en me faisant attendre nu près de la sortie, et en faisant défiler tous les élèves de ma classe devant celui qu'elle a appelé le "pervers", les encourageant à me guérir de ma perversité en m'infligeant la punition qu'ils jugeaient approprié, pour mon bien, puisque elle en tant qu'adulte n'avait pas le droit d'intervenir...

CitationTu penses que l'on a demandé à l'élève de quitter l'établissement
Non, mais cette fille que tout le monde surnommait "la folle" a eu un geste de compassion pour moi. Elle l'a payé cher, et je pense que psychologiquement elle ne pouvait plus pour son bien rester dans cette école

CitationTu as retenu toutes les dates de tes agressions?
Oh non hélas ! Pour la date à 13 ans, c'était en voyage scolaire. Je connaissais le lieu, la période approximative. Puis j'ai retrouvée une ancienne camarade de classe qui avait encore dans ses papiers plus de vingt ans après la convocation pour le voyage et le programme de ce voyage. A partir de là déterminer la date était facile
En seconde, je sais juste que c'était un jour où je ne rentrais pas à midi, et où j'avais peu de cours l'après midi. Je sais que ce n'était pas un mercredi, et que l'excuse que je sortais pour expliquer mon retard rend impossible que ce soit un vendredi. JE crois que c'était un lundi, mais sans certitude absolue. Ensuite je sais à quelle période c'était, et quelques souvenir d'évènement parallèle (grèves des lycées), et du temps qu'il faisait. En combinant le calendrier des vacances scolaires, les archives météo, les dates extraite des journaux de l'époque pour la grève (etc...) j'ai pu déterminer des dates probables mais incertaines


Refuser de renoncer c'est refuser d'accorder une nouvelle victoire aux pourris que l'on eu le malheur de croiser

Bonjour aela777,
Je n'ai pas toutes les réponses :-\...

80% des cas sont intra-familiaux,
et là quand ils sont dénoncés,
la majorité des parents tombent dans le déni,
parfois pire encore, ils accusent la victime d'avoir menti,
d'autres se retournent même contre elle, en lui reprochant d'avoir cherché ou provoqué tout ça...
C'est incompréhensible pareille réaction de rejet...

la peur de problèmes qui les dépassent,
la peur du risque de l'éclatement familial que ça pourrait entraîner,
avec toutes les conséquences qui en découleraient...

L'incapacité à comprendre que la victime portera des séquelles à vie,
c'est parfois tellement plus simple de minimiser, ignorer...

L'éducation aussi fait beaucoup, on parle ici du plus tabou des sujets...
Alors l'omerta, la loi du silence est parfois un réflexe conditionné chez les victimes comme chez les parents...

Les médias en parlent de plus en plus régulièrement,
c'est une des clés je pense,
aider les adultes à comprendre, pour qu'ils aient la meilleur réaction possible,
et soient plus attentifs...
Que ce soit le harcèlement scolaire ou numérique très "à la mode" maintenant, les abus, et autres déviances...
La meilleure réponse est d'en parler...

Mais malgré les prises de consciences et les petits progrès de ces dernières années,
  le chemin sera encore long... :-[
" Les cicatrices nous rappellent d'où on vient, mais elles ne doivent nous dire où aller."